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Full text of "Chronique de Denys de Tell-Maré, quatrième partie;"

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THE INSTITUTE OF MEDIAEVAL STUDIES 

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PRESENTED BY 

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ClIliONIQUE 



DE 



DENYS DE TELL-MAIIUÉ 



QUATRIEME PARU H 



CHALON-SUR-SAONE, IMP. FRANÇAISE ET ORIENTALE HE L. MARCEAU 



CIIIK^NIOIIK 



DE 



IIK^VS m: TKLL-MAIIIil'] 



QUATIUKMK 1>ARTI K 



PUBLIKE ET TRAUUirE PAU 



J.-R. €ll4KOT 



TRADUCTION FRANÇAISE 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

61, RUK DE RICHELIEU, AU PRKMIER 



1895 




APR 1 6 19^3 



IMIUJdTlIKUllK 



1)1-; i/i'icoij-: 



DES MAI rh:S ÉTUDIAS 



i'uiii.ii:i-, sous i.ivs Aiisrn*i-:s 



DU minis'ikkp: di-: i;i.\si klciion iMiiiLigUE 



SCIEi\(M^S P[IIL()K()(;1QIjMS KÏ IIISTOKK^UKS 



CKiM-IIOlZlKMK FASaCllJ; 

QUATRIKMK PAIJTIK DK LA riIltO.NIQUn: SYRIAQITR 
DE DENYS DE TELL-MAIHU: 

prni.iÉE d'après le manuscrit clxii de la bibliotiiî:que vaticane 

AVEC UNE TRADUC'l'ION FRANÇAISE 
UNE INTRODUCTION ET DES NOTES HISTORIQUES ET PHILOLOGIQUES 

PAR M. J.-I3. CHABOT. 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

C', RCE DK r.ICHELIEU, AU PREMIER 



189ê 



Sur Tavis de M. Ch. Clehmont-Cjannkau, dinicteur de la 
Conférence d'Archéologie orientale, et de MM. A. Carkikre et 
H. Dehenbouro, commissaires responsables, le présent mémoire 
a valu à M. Jean-Baptiste Chabot le titre &' FAève diplômé de la 
Section d'histoire et de philologie de f Ecole pi-alique des Hautes 
Études. 

Paris, le 7 janvier 1894. 



Les Cotnmissaifcs responsables. 

Signé: A. Carrière, 

H. Derenbourg. 



Le Directeur de la Conférence 
d'archéolofjie orientale, 

Sir/né : Ch. Clermont-Ganneau. 



Le P/-é-<cdent de la Section, 
Signé : G. Paris. 



3357 
.151 



A monsii:lh 

CLER M N T - G A N N E A U 

MEMBRE DE l'iNSTITUT 
DIRECTEUR d'ÉTUDES A l'kCOLE DES HAUTES ÉTUDES 



HOMMAGE RESPECTUEUX DE SUN ELEVE 



INTRODUCTION 



DENYS DE TELL-MATTRfi 

SA VIE. — SES ÉCRITS 
I 

Denys, patriarche des Syriens jacobites\ auteur de l'ou- 
vrage que nous publions aujourd'hui, figure au premier rang 
parmi les écrivains de sa secte qui florissaient au ix*^ siècle. 

Ses écrits, — du moins ceux qui sont parvenus jusqu'à 
nous, — ne fournissent aucun renseignement sur sa vie. 
Mais sa biographie nous a été conservée avec assez de dé- 
tails dans la Chronique ecclésiastique de Bar Hébréus'. 

Denys naquit en Mésopotamie, au petit village de Tell- 
Mahré, situé près de la rivière du Balikh, entre les localités 
actuelles de Er-Rakkali, l'ancienne Callinice, et de Hins- 
Maslamah*. Nous ne connaissons ni le nom ni la condition 
de ses parents^ ni même l'année de sa naissance que nous 
devons placer, par conjecture, vers la fin du viii^ siècle. 

Il fit son noviciat dans la vie religieuse au monastère de 
Qen-Nésrê*. Ce couvent, fameux dans l'histoire des Jaco- 

1. C'est-à-dire des Syriens monophysites. Cf. Assemani, Dessert, de Syris 
monophysitis, passim. 

2. Bar Hebr.«i Clironlcon ecclesiasiicum, éd. Abbeloos et Lamy. Lovanii, 
1872, t. I, coll. 343-386. — C'est toujours à cette édition que se rapportent nos 
citations de la Chronique ecclésiastique de Bar Hébréus. 

3. Cf. HoFF.MANN, Z. D. M. G., t. XXXII (1878), p. 742, n. 2. 

4. Ce monastère est aussi appelé couvent de Bar Aphtonius (Bar Hebr., 
Chron. écoles., I, 259). 

* 



X DENYS DE TELL-MAHRE 

bites, était situé près de la ville de ce nom, cité très 
florissante au moment de la conquête musulmane, qui 
n'est plus aujourd'hui qu'une misérable bourgade sur les 
bords du Covaic, à une bonne journée de marche au sud 
d'AlepV 

Le monastère était, à cette époque troublée, un véritable 
centre de culture intellectuelle. Les lettres grecques surtout 
y étaient enseignées avec succès. C'est là que furent initiés 
aux connaissances helléniques deux des hommes qui firentle 
plus grand honneur à la littérature syriaque : Thomas 
d'Héraclée, auteur de la recension du Nouveau Testament 
qui porte son nom, et Jacques d'Édesse, Tauteyr le plus uni- 
versel qui ait écrit en langue syriaque'. 

Nous ne savons pas combien de temps Denys put jouir en 
paix des loisirs de l'étude à Qen-Nésre. Le couvent fut 
détruit par un incendie, en 815, et cet accident amena forcé- 
ment la dispersion des moines. 

Denys se retira alors au couvent de Mar Yaqoub, à 
Kaisoum, entre Alep et Édesse*, dans le district de Sa- 
mosate, autre monastère célèbre qui devint môme plus tard 
momentanément le lieu de résidence du patriarche jacobite*. 

Quelques auteurs ont cru, à la suite d'Assemani^. que 
Denys avait aussi mené la vie religieuse dans le monastère 
de Zour|onin. près d'Amida. Mnis, connue Ta fait observer 
Wrighf, la phras(^ (pii ;i donné lieu îi cette supposition 
paraît devoir s'entendre dans un tout ;uitre sens. L'expres- 
sion de notre auteur qui appelle ce couvent a noire monas- 



1. AssEMANi, nissert. de Syris rnonnphf/s., p. 85. Kitter, F.rdktmde 
WoM-A!^ion, XVI Th., V Abth., pp. 1592, 15U7. 

2. On lit.iussi dans la vie du patriarclio Julien (|-5'.)5) qu'il avait appris le 
grec à Qen Nrsn*', et dans celle du patriarche Georges (| T'.M») qu'il y avait 
étudié les saintes écritures dans les livres syriaques et grecs. — Cfr. Assi> 
MANi. liihl. or. A. I, p. 267, 2'.)(). 21)5 et :{26. 

.1. AssKVJANi. DissiTt. (h' Syris mnnn/tfiys.. p 75. 

4. lÎAii Hkhh.kos, (Jhrnn. rrrlctt., I, 486. 

5. m ht. orient., t. II. p. OH. 

6. Syriar Liternfnrr. nouv. nd., p. 1%. 



INTI{.()I)UCri()N XI 

tôro », siirnifio très vriiisoinhlahloinont « notre inonaslèrc à 
nous jîic.ohitcs », siiiis hi. luoindro allusion à iuk; nilation 
porsonn(illo ontro l'autour ot co liou\ 

C'est donc ii Qon-Nôsrô ot ensuite à Kaisoum, que Donys 
s'adonna aux études liisl;ori(iues. 

Des troubles religieux le (iront sortir de sa retraite (ti 
amenèrent son élection au patriarcat. 

Le patriarche jacobite, Cyriaque, était engagé dans une 
vive controverse avec les moines de Cyrrhus et de Goubba- 
Barraya au sujet de l'emploi des mots pain céleste usités 
dans la liturgie. Les moines mécontents refusaient obstiné- 
ment de reconnaître son autorité et s'étaient choisi un pa- 
triarche dans la personne d'Abraham, moine du célèbre cou- 
vent de Qartamin, situé près de Mardin, en Mésopotamie'. 

Cyriaque mourut en 817. 

Selon -Bar Hébréus^ les moines de Cyrrhus et de Goubba, 
qui n'avaient pas réussi à entraîner de nombreux partisans, 
désiraient eux-mêmes profiter de cetévénementpourseréunir 
au reste de la secte. Us allèrent trouver l'anti-patriarche 
Abraham et lui dirent : a Jusqu'à quand demeurerons-nous 
dans le schisme? Le patriarche Cyriaque qui voulait faire 
supprimer les paroles à propos desquelles nous nous sommes 
séparés, est mort. Il faut maintenant nous réconcilier avec 
l'Église. )) Abraham leur répondit : « N'ai-je pas moi-même 
souffert l'ignominie à cause de vous? Attendons jusqu'après 
l'élection du nouveau patriarche. Si on choisit quelqu'un qui 
emploie ces paroles, ne fût-ce qu'une seule fois, que je sois 
anathème si je n'abdique aussitôt ma dignité pour rentrer 
dans le silence. » Cet homme rusé et astucieux espérait que 
les évêques, dans la crainte de voir les dissensions se pro- 
longer, le choisiraient lui-môme pour patriarche. 

Au mois de juin de l'année 818, un synode de quarante- 



1. Voir ci-dessous, p. 54. 

2. Cfr. AssEMANi, Dissert, de Syris monophys., p. 76. 

3. Chron. eccL, col. 346. 



XII DENYS DE TELL-MAHRK 

cinq évêques se réunit à Callinice pour procéder à l'élection 
du patriarche, sous la présidence du maphrian Basile I®^ 
Le maphrian, qui avait son siège à Tagrit, était une sorte de 
métropolitain suprême qui exerçait sur les diocèses jacobites 
de la Mésopotamie et de la Syrie une autorité analogue à 
colle du patriarche sur les diocèses de l'Occident, et presque 
indépendante de ce dernierV Abraham y vint lui-même avec 
une bande de moines qui commencèrent à exciter de vives 
discussions au sujet des mots/)am céleste. 

Le synode s'occupa d'abord de cette question et finit par 
décider que chacun serait libre de réciter ou d'omettre ces 
paroles, selon son bon plaisir, sans qu'il pût être inquiété au 
sujet de sa conduite à cet égard. 

On rétablit ensuite la paix entre le maphrian et les moines 
du couvent de Mar Mattal, qui étaient aussi engagés dans 
une autre controverse dont nous parlerons plus bas. 

Quand ces affaires furent réglées, on songea à procéder à 
l'élection du patriarche. Chacun des évêques prit la parole Ix 
son tour. Beaucoup d'entre eux déclarèrent qu'ils ne connais- 
saient personne dans les monastères de leur juridiction qui 
fût digne d'être élu. Quelques-uns proposèrent des per- 
sonnages célèbres, entre autres un certain Mar Euthonius, 
(jualifié de Docteur et Interprète. L'évêcjue de Kaisoum, 
Théodore, |)i it la parole à son tour : « 11 y a chez nous, dit-il, 
un frère du nom dcDenys qui est venu du monastère de Mar 
Jean Bar Aj)htonius, de Qen-Nésrê. Il y a deux ans qu'il est 
|)rès de nous et nous savons cpi'il est digne d'être choisi pour 
patriarche. » L'avis de Théodore prévalut. Les évêques 
souscrivirent à l'élection de Denys et donnèrent leur con- 
sentement |)ar écrit, à commencer par le maphrian Basile 
qui présidait le synode. 

Denys n'avait point été consulté. Il était simple moine 
et n'avait pas reçu les ordres. Théodore avait peut-être 
(|uel({U(^sou[)(;on des répugnances avec lescjuelles le religieux 

1. Cfr. ci-dossous, p. 8, ii. 8. 



INTriODllCTlON XIII 

accop [(M'ait hi nonvc^llo do son ('^lociioii. 'l'oujours osl-il (jii'oii 
prit l(»s pivcîuitions ii(''.('-(^ssa,ir'(>K pour ('vitcr un refus dr; sa 
part ot rol)li^(M'â accepter la di^^uitc'; (pi(^ l(i syiiodo voulait 
lui conférer. 

Denys nous avait rotracc», lui-niôin(i, dans sos Annales, lo 
récit do son ordination. T>e f raffinent a été conservé par Har 
HébréusV Rn voici la traduction : « Juscprà ce jour je m'étais 
a|)pliqu(i à l'histoire. Je n'ai loué ni blâmé cpielrpTun en 
faisant acception de |)ersonne. Je cherchais un autre écrivain 
qui pût corriger mes erreurs et transmettre lui-même à la 
postérité ce qu'il aurait jugé bon dans mes écrits. Personne 
ne me connaît mieux que moi-même ; sans vouloir faire de 
la fausse humilité, je reconnais etconfesse ma faiblesse et mon 
incapacité. J'étais le moindre et le plus méprisable des 
hommes. Cependant, je ne sais comment, les vénérables 
Pères furent prévenus, ou plutôt trompés, dans leur jugement 
sur moi. Comme des hommes simples, ajoutant foi à des 
rapports étrangers, ils envoyèrent deux moines courageux au 
monastère de Mar Yaqoub, où je résidais, car les moines de 
Qen-Nésrê étaient dispersés. Ceux-ci étant donc venus vers 
moi, s'emparèrent de ma personne et me gardèrent à vue, 
comme un malfaiteur, jusqu'à l'arrivée des évêques qui me 
parurent encore plus durs et tout à fait sans pitié. Je fus 
conduit malgré moi au milieu du synode, et, tandis que je 
protestais, en pleurant et en me prosternant, de ma faiblesse 
et de mon incapacité, ils se jetèrent violemment sur moi^ et 
se levant de leurs sièges, ils se précipitèrent à mes pieds, 
bien que je proclamasse que le sacerdoce était chose difficile 
à accepter, non seulement pour moi, homme vil et mépri- 
sable, mais même pour ceux qui sont parvenus au sommet 
de la vertu. Il y avait à craindre que je ne persévérasse dans 
mon refus. Le vendredi ils m'ordonnèrent diacre dans le 
monastère du Pilier^ ; le samedi ils me firent prêtre dans le 

1. Chron, eccL, col. 340-351. 

2. Ou couvent de Bizona, près de Callinice. 



XIV DFNYS DK TKLL-MAI.IRE 

couvont (liMMar /iicliee ;ciilin 1(^ dimanche l'^'août ll^U (818) 
ils in(* proiniHviit à l'ordre ])arf;nt du souverain sacer- 
doce, dans r(\^lise nK-tiopoIitainc* dr l;i vill<^ de, Cailinice, et 
m'établirent héritiei' et possesseur d(\s sièges, comme ils 
disent, moi qui ne suis pas môme digne de dénouer les 
cordons des souliers. » 

Ce fut Théodore, évoque de Callinice, (jui lui imposâtes 
mains. 

L'anti-|)atriarche Ahraljam devint furieux en voyant ses 
espérances trom])ées. S 'adressant aux évêques de (ioubba- 
Barraya qn'il avait amenés avec lui : a Voyez, leur dit-il, ce 
qu'(mt fait les évêques; ils se sont choisi un patriarche dans 
un couvent où la formule pain céleste a été abolie. Mainte- 
nant donc, par la parole de Dieu, je vous prescris de laisser 
mon corps sans sépulture jusqu'à ce que vous ayez éta])li un 
autre patriarche pour me remplacer, et je vous défends de 
vous réconcilier avec ceux-ci. » 

Comme on le voit, les débuts du nouveau patriarche ne 
s'annonçaient pas sous des auspices favorables. 

Denys, plein de zèle et de bonne volonté, entreprit, 
aussitôt après son élection, la visite du territoire soumis à sa 
juridiction et commença par la région septentrionale. Il 
essaya de ramener à l'obéissance les habitants de la Cyrrhes- 
tique qui avaient suivi dans le schisme les moines de la 
capitale. Ces derniers paraissaient d'ailleurs beaucoup moins 
attachés à leur opinion que ceux de Goubba-Barraya. 

Il se rendit donc àCyrrhus où le peuple s'assembla avec les 
|)rêtres et les diacres. Ayant appris qu'il ne défendait pas 
l'usage des paroles : pain céleste, ils s'attachèrent à lui. 
Ce premier snccés ne fut pas de longue durée. L'antipa- 
triarche Abraham ayant lancé une sentence d'excommuni- 
cation contre les habitants de Cyrrhus^ ceux-ci se séparèrent 
de Denys. 

Le patriarche quitta Cyrrhus pour aller à Antioche, lieu 
du siège patriarcal, avec l'intention de se rendre ensuite à 
Bagdad en traversant la Mésopotamie. Il lui fallait en effet 



iN'i'irohiicrioN XV 

obtonii' (lu |K)iivoii* civil un diplôinr de, ((mlir'iiiîilioii de son 
aiitoril(''. I )('|>uis rin\ ;isi<>ii ninsulni.inc, (ns (li|tl('tMi('s <'n;ii<3rit 
indispcMisiihlcs ;iu\ piiiiiMiclics de toutes l<;s coiilrssions. (.'e 
n'i'^iîiil |):is uiio simples M|)|)i"ol);ilion de l^'loclion dôjii faito, 
mais (Ml niruK^ ic^nips \i]\r. rcMMuinnissancc, ou plulôl unr soi'l/; 
de déléfîjation di^ rautoriié judici.iirr (|uo les (';vô(|ues con- 
tinuaient d'exercer, avoc raiçHîmcut de la piu'ssancci civile, 
dans les alTaires iitii^^ieuses des chrétiens soumis à l(;ui- juri- 
diction. Ces diplômes n'étaient accordés h\ plus souvent (ju'au 
prix de fortes sommes V 

Le khalife était alors Al-Ma*moun\ aussi connu sous le 
nom de ^Abdallah III ; ce prince était bon et tolérant, ])i-otec- 
teur éclairé des lettres et des arts. Il accorda sans difficulté 
le diplôme d'usage, et le patriarche reprit le chemin de la 
Syrie. 

Les habitants deTagrit avaient invité le patriarche, lors de 
son retour, à passer chez eux la fête de Pâques; mais le 
maphrian Basile avait, de son côté, écrit à Denys pour le dis- 
suader d'accepter les offres bienveillantes de ses diocésains, 
lui disant « que le moment présent, où les chrétiens venaient 
d'être opprimés par un récent édit de l'autorité civile, était 
inopportun». Le patriarche abandonnant donc la route de 
Tagrit et de Mossoul, prit le chemin de l'Euphrate, gagna 
Circesium, séjourna quelque temps dans les villages de la 
région du fleuve Haboura, et remontant ce cours d'eau, 
visita la célèbre ville de Nisibe et la florissante cité, aujour- 
d'hui ruinée, de Dara. Du village de Kepher-Touta, il 
regagna Callinice, pour saluer l'émir *Otman, gouverneur de 
la région. Il obtint de celui-ci Tautorisation de faire recons- 
truire le couvent de Qen-Nésrê, détruit par un incendie, 
comme nous l'avons dit plus haut. 

Près de Téléda, aujourd'hui Hasya ou Hassieh, dans le 



1. Cfr. Éloge de Mar Denha, par le moine Jean, publié par nous dans le 
Journ. Asiatique, IX» série, t. V, p. 131, n. 

2. Cfr. Weil, Geschichte der Chaliphen, II, pp. 200-294. 



XVI DENYS DE TELL-MAHRE 

désort de Syrie, sur la route de Homs à Damas, se trouvait 
un couvent important connu sous le nom do monastère 
(VEuscboffrf, qui devait surtout sa réputation au séjour 
qu'avait fait dans son enceinte le célèbre stylite saint 
Siméon. Les moines de ce couvent avaient embrassé le parti 
d'Abraham. Le patriarche, en regagnant Antioche, les visita 
et les ramena à l'obéissance. 

A cette nouvelle inattendue, Abraham se rendit à Callinice 
près de l'émir ^Abdallah Ibn Taliir dans le but de s'assurer 
la protection de ce dernier. Denys, averti du fait, se rendit 
de son côté près de *Al)dallah. Les deux adversaires furent 
inti'oduits en présence de l'émir et admis à faire valoir leurs 
arguments. 

Bar Hébréus raconte ainsi Tissue de cette entrevue ^ : 
(( Après beaucoup de discours de part et d'autre, l'émir com- 
manda i\ l'un des siens de sortir et d'interroger les chrétiens 
qui se tenaient à la porte, pour savoir quel était leur pa- 
triarche. La multitude s'écria: « Abraham n'est point notre 
patriarche, il n'est pas môme chrétien. » L'émir s'emportant 
alors contre Abraham : « Je vois bien, lui dit-il, que tu n'es 
qu'im menteur et un imposteur. )) M ordonna en outre de le 
dépouiller des ornements patriarcaux et le chassa en lui 
disant: « Que je ne t'entende plus appeler patriarche. Va, 
retourne à ta solitude, et congédie les moines qui sont avec 
toi. » Denys rentra à Antioche, heureux de son succès. Mais 
les partisans d'Abraham ne se tinrent pas pour battus. 

L'antipatriarche avait un frère nommé Siméon, homme 
très audacieux, qui se chargea de rétablir les afTaires des 
dissidents, fort compromises par le jugement de ^Abdallah. 

*Ali, le gendre du Prophète, avait, disait-on. autrefois 
octroyé un diplôme au monastère de Goubba-Rarraya, con- 
rédnnt certains privilèges à ce couvent'. On tira le vénérable 

1. Chron. ceci., col. 356. 

2. l>es prétendues concessions do diplômes faites par *.\li sont très nom- 
hrenses. Voir une communication à ce sujet dans les Mémoires ffu Conjrrs 
fies Orientalistes de Génère (1894). 



INTItODlK I ION XVII 

parcluMnin (\r^ iir'clnves clou le coiiliaà Sim('()injiii sn rendit 
à n;i}^Ml;i(l. muni du prcu'icMix dociunrni. 

II maïKiMivra si \nr\\ d:ins l;i. cMpiJîdn, ol l(;s- partisan.s 
do *Ali l'uivnl, |);ii;iil il. si louchrs on voyîiid r<''r ri tu m do 
1(MM" Mucôti'o, ([u'ils lui ohlimvnl de M;i'in<»iiii lui diplôino 
îinnulîini l;i dôcision do rôniir'AbdMlhdi. 

Siméon rovint on liâto à ('allinic-o, où il r^Muiit un ^a\'ind 
nombre do m()in(\s. Oonys, pn'vofui dos a^dssomonts do ses 
adversaires, y accourut aussi ot plaida chaleurouscm(Mit sa 
cause auprès de réinir. Cependant, ^Abdallah, on voyant 
le diplôiiK^, du khalife rapporté par Simëoii, hésita quokiue 
temps sur le parti qu'il devait prendre. Il se décida enfin à 
expédier lui-même un messager à Bagdad. L'envoyé revint 
au bout de vingt jours apportant un nouvel édit de Ma'moun 
annulant le diplôme accordé à Siméon. 

'Abdallah livra Abraham à la discrétion du patriarche. 
Selon l'usage des jacobites, le patriarche ne peut sortir de sa 
demeure sans être coifîé do la coussita, sorte de tiare semi- 
sphérique, considérée comme insigne de sa dignité. Denys 
se contenta d'arracher la coussita qui recouvrait la tête 
d'Abraham et chassa celui-ci de sa présence. 

L'antipatriarche retourna à Cyrrhus. Bientôt il excita 
de nouveaux troubles parmi les chrétiens de cette ville. La 
nouvelle en parvint aux oreilles de l'émir 'Abdallah qui le 
fit amener, enchaîné comme un malfaiteur, et le fit dépouiller 
de ses vêtements en sa présence et en celle de ses familiers, 
afm de le couvrir de confusion, dans l'espoir qu'il cesserait 
de fomenter la division. Malheureusement pour Denys, il 
n'en fut rien. 

En 825, 'Abdallah fut envoyé en Egypte pour apaiser la 
rébellion de 'Obaidallah Ibn as-Sarî\ Il resta dans ce pays en 
qualité de gouverneur jusqu'en 827. Son frère, Mohammed 
Ibn Tahir, avait été nommé à sa place gouverneur de la 

1. Cfr. WùsTENFELD, Die Statthalter aon yErjypten, I Abth., p. .S2 sqq. 
De Sacy, Relation de VÉgypte, par Abd-Allatif, pp. 501-508, 552-557. 



XVin DFNYS DE TRIX-MAHRÉ 

M(>s;oj)r)|ainio. Loin d'imiti^r 'Abd.illah dans sa modération, 
il sjnrnala so\] arriver j);ii' une violonte persécution contre les 
clu'étiens. Les iMlf^ssenicns surtout eurent à soudrir de sa 
part. La plupart {\i's ('dilices rclif^ncux (pj'ils avaient cons- 
truits av(^c l'autorisation des klinlifes furent détruits ou con- 
viM'tis en mosquées. En présence des maux qui afiligeaient 
son peuple, Denys se décida à entreprendre le voyage 
d'Egypte, pour prier *Abdallnh d'intervenir près de son 
frère et de faire cesser la persécution. 

La traversée ne fut pas heureuse. Une violente tempête 
jeta le navire dans le port de la ville de Tanis « qui est 
comme une île au milieu d'un lac formé par les brandies du 
Nil et la Méditerranée ». Les chrétiens de la ville, au nombre 
d'environ trente mille, l'accueillirent avec empressement. 
Le patriarche jacobite d'Alexandrie, Jacques \ vint aussi 
avec des évêques le visiter en cet endroit. Ils se réjouissaient 
de le voir, car depuis le temps de Sévère le Grand (f 617), 
aucun patriarche d'Antiochc n'était venu en Egypte. 

Denys rappela à Jacques un pacte d'union, conclu autrefois 
entre les églises d'Antiochc et d'Alexandrie, par les pa- 
triarches de ces deux sièges. Il avait été convenu que les 
lettres synodiques du patriarche d'Antiochc seraient lues 
dans les églises soumises à la juridiction de celui d'Alexan- 
drie, et réciproquement. 

Mais, observe Denys : « Nous avons constaté que chez 
eux on omettait ces lectures, parce cjuc la science des 
livres était négligée. » Ce qui veut probablement dire qu'à 
cette époque les Alexandrins négligeaient complètement 
l'étude du syriaque, langue dans laquelle étaient rédigées les 
lettres du patriarche d'Antiochc. 

De ce lieu, Denys se rendit au[)rès de 'Abdallah Ibn Tahir, 
dans un endroit appelé le Camp des Perses. L'émir, qui le 
tenait en grande estime, l'accueillit favorablement : « Qu'a- 
vais-tu besoin, hii dit-il, d'entreprendre ce voyage fatigant, 

1. Cfr. Kenaudot, flist. patr. Alcxand r . ^ p. 266 et suiv. 



IN IHODlIC/noN XIX 

|)uis(jih' lu poiivîiis ^'JMll'(^ss('|• ;i iimi |);ir liîttnî? » l,*; pjiliiiii- 
chi^ hii i'(',|)(»ii(lil par les coiiipliiiu'iils <r(isîi;4(^ al lui ('Xposii 
niismto hi Irislc siliialioii ïn'iU) aux cliri'liciis |)îir son fro-ie. 
l/ôinii*. ('.oiisoiiUiii :i sc.s (h'îsiis, (unavil. dr, sa pi'opic iiiaiiiîi 
Mohiinuiiod, U) hiamaiit dcî s;i roinhiiU; vÀ Uii (lél'<;iid;ii.it do 
niolostcr lo [)alriiii"clio ou do losor los privilôgos dos églis(is. 

Eiicouriigo |Kir c(5tto biouvoilliuiccî, iJ(Miys voulut iôiiioi- 
gner sa rocoiiuaissîuico aux habitants do 'l'anis cpii l'avaiont 
si bion aocuoilli, on lour obtonant un(3 diniinuùoii ot uno 
rôpartition [)lus oquitabio dos impôts, (^liaipio habitant ri(*ho 
ou i)auvro ôtait taxô [)()ur ciiui dinars, sans ôgard a sa 
condition. 'Abdallah statua c^u'â l'avoiiir losriohos [)ayerai(Mit 
quaranto-huit zouzô, ooux do oondition moyonno vingt, ot 
los pauvros seuloment douze. 

Nous avons dit que les habitants d'Édosso surtout avaient 
eu à soulîrir de la persécution excitée par Mohammed. Or, 
l'évoque d'Édesse, Théodose \ était le propre frère de Donys. 
Il avait accompagné ce dernier en Egypte, pour présenter à 
l'émir les doléances doses ouailles. (( Il est étonnant, dit Bar 
Hébréus*, qu'on ne trouve, dans les ouvrages de Denys, 
aucune mention de cet homme, qui fut pourtant un savant 
distingué. Il avait traduit du grec en syriaque les composi- 
tions poétiques du Théologien* ^ au témoignage du moine 
Antoine le Rhéteur, dans son cinquième discours intitulé 
Rhétorique à Philoponos, où il vante sa connaissance éten- 
due de plusieurs langues. » 

Le patriarche quitta l'Egypte et revint en Syrie, heureux 
du succès de ses démarches. Il espérait sans doute jouir enfin 
d'un peu de calme. Il n'en fut rien. 

Les jacobites de Nisibe avaient alors pour évoque un 
intrigant nommé Philoxène. L'archidiacre Nonnus*, homme 
d'une grande piété et très considéré, Taccusa de crimes 

1. Cfr. Wright, Syrlac Literature, p. 203. 

2. Chron. eccl.,co\. 362. 

3. Saint Grégoire de Nazianze. 

4. Cfr. Wright, Syriac Ltteraturc, p. 205. 



XX DENYS DE TELL-MAHRE 

al)oniin«iblos, devant un synode de quarante évoques, réuni 
dans la petite ville de liis^aïn. Philoxène fut déposé. 

Il se tourna dès lors du côté de l'antipatriarche Abraham 
qui, on le conçoit, accueillit avec empressement cette nou- 
velle recrue. Une partie des chrétiens de Nisibe demeurèrent 
attachés à Philoxène : de là la division et le trouble dans 
cette église. 

Au commencement de Tannée 829, le patriarche se mit en 
route pour Bagdad, afin de conférer avec le sultan Al- 
Ma*moun au sujet d'un édit motivé par les dissensions sur- 
venues entre les Juifs à propos de l'élection de leur chef, édit 
dans lequel les chrétiens se trouvaient impliqués indirec- 
tement. 

Les Juifs avaient eu à élire leur chef de la dispersion. 
Ceux de Tibériade avaient choisi un certain David ; ceux de 
Babylone avaient donné leurs suffrages à un nommé Daniel, 
de la secte des *Ananites, qui profanaient le sabbat et obser- 
vaient le repos du quatrième jour de la semaine. L'affaire fut 
portée au tribunal de Ma*moun. Le khalife rendit un édit 
déclarant « que si dix hommes appartenant à la même con- 
fession,» réunis ensemble^ voulaient se constituer un chef 
religieux, personne ne devait les en empêcher, quelle que 
fût leur religion ; fussent-ils juifs, chrétiens ou mages ». 

On voit combien ce décret favorisait le schisme et l'insu- 
bordination. Ce fut un des princi[)aux motifs qui décidèrent 
le patriarche à entreprendre le long et dispendieux voyage 
de Bagdad. 

Il y avait alors pour évoque jacobite dans cette ville un 
certain Lazare Bar Sabhtha, aussi connu sous les noms de 
IMiiloxèneet de Basile, selon Assemani '. La plus grande par 
tie des diocésains étaient hostiles à cet cvê(|uo. Des l'arrivée 
du patriarche, avant môme que celui-ci eût pu obtenir une 
audience du khalife, ils déposèrent entre ses mains une 
accusation contre Lazare. Le patriarche promit d'examiner 

1. Cfr. WiuoiiT, Synac LUcraturc, p. 204. 



INTKODÏJCTION X\l 

ralïîiiro lorscjn'il soniit cl(^ i'(;tour à Tagiit, afin (\u(i ces dis- 
cussions (Milrc l(;s (•lirc'tirns lU) (hîvinsseni pîis un sujet (1<5 
dérisiou [univ l(^s pjiKuis, (^1, peut (Hi'(î jiussi poui* innioii^MMirsii 
déférence au ina|)hrian. 

L(^ jxmple impatient ne voulut rien entendre. On nnjlt[)lia 
les accusations et les preuves contre Lazare, et le patriarche 
fut contraint de le déposer. Mais révéque avait ses ])artisans; 
il s'ensuivit des troubles parmi les chrétiens et la chose 
parvint aux oreilles du khalile. Naturellement, les défen- 
seurs de Lazare rendirent le patriarche responsable de ces 
divisions. uCependant, ditBar Hébréus^ qui nous a conservé 
le récit détaillé de Tentrevue du patriarche et du khalife, — 
tiré probablement des écrits mômes de Denys, — cependant, 
Ma'moun, en homme prudent, ne voulutpas molester un prélat 
venu de loin pour le saluer et lui olïrir des présents. Quelque 
temps après, il accorda une audience au patriarche qui eut 
la permission de venir seul, sans les évéques de sa suite, 
trouver le khalife pendant que celui-ci faisait sa promenade 
à cheval dans son jardin. Le khalife tendit la main à Denys 
et lui dit : « Comment vas-tu? Comment vont tes affaires? o 
Le patriarche, après les compliments d'usage, commença par 
parler de l'affaire de Lazare qui, bien que jugé légalement, 
condamné et déposé, osait dire : u II y a un édit qui permet à 
dix hommes d'entre nous de se choisir un chef. » Le khalife 
reprit : « Nous avons rendu cet édit pour les Juifs et nous 
n'avons pas l'intention de vous imposer de force un prélat. » 
Le patriarche reprit : « Ta prudence n'ignore pas que depuis 
le temps où nos pères vous ont livré un grand nombre de 
cités, il existe entre nous et vous des promesses et des 
traités assurant que nos lois ne seraient point modifiées en 
un sens défavorable. La loi ne peut exister sans législateur. 
Or, nous avons une loi touchant l'épiscopat. » 

Le patriarche parla longuement. Le khalife l'interrompit 
enfin en lui disant : « Les chrétiens^ et surtout vous autres 

1. Chron. eccl, col. 368-372. 



XXII DENYS DE TELL-MAHRÉ 

jacobites, vous nous causez beaucoup d'ennuis. Va-t-en pour 
aujourd'hui et reviens un autre jour. » 

Une dizaine de jours après le patriarche aborda un des 
familiers de Ma'moun, un certain Lazare, qui se chargea de 
rappeler au khalife sa promesse. Le khalife répondit : « Qu'il 
vienne demain. » Il convoqua en même temps ses juristes. 
Ceux-ci vinrent avec empressement. Ma'moun les interrogea : 
(( Devons-nous autant qu'il est en notre pouvoir protéger les 
ëvêques des chrétiens? Que vous en semble? » Les légistes 
répondirent : « Non, nous devons seulement ne pas les con- 
traindre par force à changer leur religion et leurs coutumes, 
pourvu toutefois qu'ils gardent l'obéissance et qu'ils vivent 
tranquilles, contents de la paix dont ils jouissent sous notre 
gouvernement. » Quand ceux-ci furent partis, le patriarche 
dit au khalife : « Tes ancêtres, d'heureuse mémoire, ont 
reconnu notre patriarcat et nous ont donné des diplômes, 
comme tu m'en as donné toi-même. Qu'on ne porte donc pas 
maintenant une nouvelle loi contre nous. » Le khalife lui 
demanda : « Mais pourquoi donc cette loi est-elle plus oné- 
reuse pour les chrétiens que pour ceux qui professent 
d'autres religions? » Le patriarche répondit : « Les autres 
se plaignent aussi; mais, en outre, le ])ouvoir des juifs et 
des mages est un pouvoir temporel, le nôtre est un pouvoir 
sj)irituel. Chez eux, quand il est lésé, sa perte peut se com- 
penser au ])rix de l'or; chez nous, c'est notre foi même qui 
est atteinte. La j)reuve, c'est que les peines (|U(* nous pro- 
nonçons contre les couj)ables ne sont point l;i mort ou la 
s|)oliation des biens; mais s'il s'agit d'un évôcpie ou d'un 
prêtre, il est déposé; s'il s'agit d'un hiiciue, il est excommu- 
nié. » Le khalife reprit : « Nous ne vous emj)êchons point 
de déposer un C(nipal)l(* ni de h' piiver de sa dignité: mais 
nous pensons que vous n'avez pas le droit d'excomnumier 
fjuehju'im. ni de l'empêcher de venir à la prière, car ce 
sont surtout les pécheurs cjui doivent prier Dieu et lui de- 
mniidcr pardon de leurs fautes. » 

Le khalife finit cependant par reconnaître le bon droit du 



INTRODUCTION XXIII 

pali'iai'chc. II donna ses ordres à un jiigo noinmô Lazanj : 
(( l'ixainino l'alïaii'o, lui dit-il, et si l'éviMiiui Lazare est vrai- 
ment selon sa profession de foi le sujet du p:itriar('li(î, (pi'<jn 
exécute la sentence de ce dernier. » 

Le patriarcluî (piitta ainsi le khalife après avoir ol)t(;nu 
piin de cause et mérité des élof];es pour sa constance. 

Ces choses se passaient au mois de mars de l'an 829. 

Denys demeura à Bagdad jusqu'au mois d'octobre. A cette 
épocpie il ordonna un évoque ])oui' succéder à Lazare; puis il 
reprit le chemin d'Antioche. 11 passa par Tagrit et par 
Mossoul. Sur ces entrefaites, le maphrian Basile étant mort 
dans le monastère de Anikia, près de Balada, ville située sur 
le Tigre à une quinzaine de lieues de Mossoul, Denys ordonna 
pour lui succéder un moine nommé Daniel, du monastère de 
Bir-Koum, dans la même région. Au mois de décembre, il 
gagna la Syrie. 

L'année suivante (830), le patriarche ayant appris que le 
khalife se trouvait à Kaisoum, se rendit dans cette ville pour 
lui présenter ses hommages. Mais il ne l'y rencontra point. 
Ma'moun était parti subitement pour Damas. Le patriarche 
prit le parti d'aller le rejoindre dans cette ville. Il lui fit 
remettre les présents qu'il avait apportés avec lui. Le khalife, 
satisfait, accueillit favorablement Denys. Il se disposait alors 
à descendre en Egypte et donna ordre au patriarche de 
l'accompagner dans ce pays. « 

L'expédition de Ma^moun était motivée par la révolte des 
chrétiens de la basse Egypte, connus sous le nom de Basmou- 
riks\ Ils appartenaient à la secte des Jacobites. Le dessein 
du khalife était de leur envoyer Denys comme négociateur. 
Il espérait que le patriarche d'Antioche aurait assez de 
crédit pour amener les rebelles à la soumission. Mais les 
bonnes intentions du khalife et les efforts du patriarche 



1. PocKOKE dans la version d'Eutycbius (t. II, p. 429) les appelle Bya- 
mites, Bimaie, Byrmades; Lequien, Oriens christ., t. II, p. 1373, les 
nomme Bsammy rites. 



XXIV DENYS DE TELL-MAHRE 

furent stérilisés par le mauvais vouloir du général AphsinV 
Celui-ci fit la guerre à outrance. Il détruisit les villages des 
chrétiens, brûla leurs vignes et leurs jardins, tua un grand 
nombre d'entre eux et envoya les autres chargés de fers à 
Antioche, d'où ils furent expédiés à Bagdad. 

Le patriarche jacobite d'Alexandrie, Joseph', s'était joint à 
Denys pour le seconder dans sa mission pacifique. Ces deux 
hommes voyant leurs efforts inutiles retournèrent près de 
Ma*moun. Denys déclara à celui-ci que les chrétiens avaient 
été injustement maltraités, et, avec la permission du khalife, 
il quitta l'Egypte pour se rendre à Damas. 

Denys avait inséré dans ses écrits le récit de son voyage. 
Bar Hébréus nous en a conservé quelques fragments*. Ces 
extraits intéressants ne peuvent que nous faire regretter 
davantage la disparition des ouvrages de notre auteur. 

Parlant du patriarche et des évéques égyptiens il s'exprime 
ainsi : a Nous les avons trouvés chastes, sincères, humbles, 
et pleins de l'amour de Dieu. Ils nous reçurent avec tant 
d'empressement qu'ils nous rendirent tous les honneurs 
réservés à leur patriarche, aussi longtemps que nous demeu- 
râmes parmi eux. Nous avons cependant observé chez eux 
des usages indignes de leur vertu. Ils n'étudient point les 
saintes Écritures; les moines surtout manquent de cette 
science. Ceux qui aspirent aux fonctions sacrées ne se préoccu- 
pent nullement d'acquérir les connaissances nécessaires, mais 
bien de recueillir la somme sufTisantc, car, à moins de deux 
ou trois cents dariques, personne ne peut parvenir à l'épis- 
copat. Nous les blâmâmes au sujet de ces choses. Le patriar- 
che nous répondit pour s'excuser qu'il avait trouvé établi 
cet usage coupable. Nous les avons aussi blâmés de ce qu'ils 
ne baptisent î)oint les garçons avant le quarantième, ni les 



1. Cfr, Wkil, GeschirhtP (1er C/ialiphrn,\l\, 246; Wùstfnpeld, op. cit., 
I Abth., pp. 40-1.1. 

2. Cfr. Kenaudot, Ilint. pntriarc/i. Alexandr., p. 21^ et siiiv. 

3. Chron. eccL, coll. 375-.'T82. 



INTRODUCTION XXV 

lilh^s avniil le (|ii:i(i"(' \ iii^liriiic jour npics Icin- ii;iiss;iiic(î ; cr3 
(|iii ('s( ciiiisc (juc l)('aii(M)ii|) (rciil'.-iiils meurent sans avoir 
rcru 1(^ baptcnK». » 

l)(^nys ne décrivait pas senlcinont los nni^urs des régions 
(|u'il traversa, mais aussi los momunents. 

(( Nous vîmes là, dit-il, l<'s obélisques d'IIéliopolis, la 
capitale des Kgy))tiens, dont lNi1i|)har, le beau-père de 
Joseph, était prétie. (^luKiue obélis(pie est formé d'une seule 
pierre, haute de soixante coudées, large et épaisse de six; 
non pas d'une piei're tendre, mais d'une espèce de marbre. 
(Les t/'ilithcs de l'autre Héliopolis, c'est-à-dire de Baalbeck, 
ont seulement quarante coudées de hauteur.) Au sommet de 
chacun d'eux, il y a comme une sorte de casque de soldat 
en airain blanc. Chaque casque pèse plus de mille livres. 
C'est pourquoi les Arabes, malgré leur avarice, n'ont pu 
monter et les enlever, comme ils ont enlevé le colosse de l'île 
de Rhodes, dont ils ont retiré, après Tavoir renversé et brisé, 
trois mille charges d'airain. Jérémie avait prophétisé du 
Christ « qu'il briserait les colonnes du temple du soleil )). Il 
faut peut-être entendre cette destruction de l'abolition du 
culte, puisque les colonnes ne sont pas brisées. 

» Nous avons vu en Egypte ces pyramides dont parle le 
Théologien dans ses chants. Ce ne sont pas les greniers de 
Joseph, comme quelques-uns l'ont pensé, mais d'admirables 
édifices bâtis au-dessus des tombeaux des anciens rois. Ils 
sont massifs et pleins, et non pas creux et vides. Nous avons 
examiné l'ouverture qui existe sur le côté de l'une de ces 
pyramides : elle a environ quarante coudées de profondeur. 
Nous avons constaté que ces pyramides sont formées de 
pierres taillées superposées, de manière à former une base de 
cinq cents coudées de long sur autant de large, et dont les 
assises vont en diminuant, de sorte que le sommet n'a plus 
qu'une coudée. Elles ont deux cent cinquante coudées de 
hauteur. Chaque pierre mesure de dix à quinze coudées en 
tous sens. Elles apparaissent de loin comme de hautes mon- 
tagnes . 



XXVI DENYS DE TELL-MAHRK 

» J'ai vu aussi une construction bâtie sur le Nil, à un 
endroit où le fleuve coule encore dans son plein avant de se 
diviser en quatre branches. Cet édifice estcomme une piscine 
carrée. Au milieu se dresse une colonne de pierre sur laquelle 
sont marqués des degrés et des mesures. Quand le fleuve 
déborde, au mois de septembre, et que les eaux entrent dans 
rédifice, les préfets de la ville viennent chaque jour pour 
observer combien les eaux ont monté sur la colonne. Si elles 
restent au-dessous du quatorzième degré, il n'y a qu'une 
petite partie de l'Egypte inondée : on ne sème pas de blé, 
on ne perçoit pas d'impôt. Si elles atteignent le quinzième 
degré;, il y a une récolte moyenne et l'impôt est en propor- 
tion. Quand elles arrivent à dix-sept ou dix-huit degrés les 
moissons et le tribut sont complets; mais si elles vont jus- 
qu'au vingtième degré elles causent la ruine, et il n'y a pas 
de moisson cette année-là. o 

De nouvelles difïicultés attendaient le patriarche en Syrie, 
à son retour de l'Egypte. 

A quelques lieues au nord-ouest de Mossoul se trouve 
un monastère jacobite, connu sous le nom de couvent de Mar 
Mattaï. L'histoire de ce couvent, le plus célèbre de tous les 
monastères de la Mésopotamie, est intimement liée 'i tous 
les événements de l'histoire ecclésiastique qui se passèrent 
dans cette région. Fondé au iv« siècle, par un solitaire du 
nom de Matthieu (en syriaque Mar Mattaï), il acquit promp- 
tement une très grande im])ortance\ Lors des luttes et des 
divisions religieuses qui signalèrent le v« et le vi« siècle, 
a[)rès diverses vicissitudes le couvent demeura aux mains 
des jacobites. L'évéque de Mossoul ou do, Ninive était, 
d'ordinaire, le supérieur du couvent et y faisait sa résidence. 

Or, nous avons dit que le maphrian résidait àTagrit. Les 
moines de Ta^rit avaient une église à Mossoul. Comme ils 



1 . l«i vie de Mar MulUiï est insérée dans la vie de Mar Behnam publiée par 
Bkdjan (Acta martyr, et Sanct., II. p. 397 sq.). Nous l'avons résumée dans 
noire dissertation : De S. Isaaci Ninirilac cita, sm'ptis et doctrina, pp. 4-5. 



INritODliCTlON \XVFF 

relovaioiii diroctemoni du innpIniMn. bien (\\i<) doiiKîiir.uil 
(l;ms Icdiocèso du nK^i'opolilniii do Mossoid. ils l'ofusaicnt 
dC' iioiniiuu' ('(^ dcniKM* dans les pi'irros pul)li(|iH;s. De là uno 
qii(M'oll(^ vi()l(;iilocntr(* les in()in(\s do iVlar Mattai et ceux do 
Tagrit. Le ])atrlarclie fut obli^i'^ do venir (in Mcisopotaniic 
pour mettre lin à ces discordcîs. Il se rendit à Mossoul, en 
835. Il s'elïorra de satisfainî les religieux de Mossoul, qui 
avaient pour eux les canons eccl(3siastiques, sans olîenser ceux 
de Tagrit, (pii paraissaient résolus à ne pas s'y soumettre. Il 
dëcrëta donc que ces derniers ne seraient tenus de nommer le 
métropolitain de Mossoul que deux fois par an: le dimanche 
des Hameaux et le jeudi saint. 

Le maphrian David étant mort à cette époque, Denys se 
rendit à Tagrit, ordonna Thomas, son successeur, et retourna 
en Syrie. 

Peu après, il entreprit de nouveau le voyage de Bagdad. 
En 833, le khalife Ma'moun mourut en Cilicie, pendant une 
guerre contre Tempereur de Constantinople \ Son fils 
al-MouHasim lui avait succédé et venait de faire son entrée à 
Bagdad. Le patriarche jugea prudent d'aller offrir ses félici- 
tations au nouveau souverain. Il trouva à la cour de ce der- 
nier le fils du roi de Nubie qui était venu dans le même but. 

L'anti patriarche Abraham mourut en 837. Sa mort ne 
mit pas fin au schisme. Les évoques, ses partisans, fidèles à 
a promesse qu'ils lui avaient faite, se réunirent pour lui 
donner un successeur. Leur choix s'arrêta sur Siméon, frère 
d'Abraham, qui s'était signalé parson habileté etson dévoue- 
ment à la secte, ainsi que nous l'avons vu plus haut. Le 
peuple, dit Bar Hébréus, aurait voulu revenir à l'unité et se 
ranger sous l'autorité de Denys, mais ses chefs l'entraînè- 
rent. Philoxène, l'évêque déposé de Nisibe, imposa les mains 
à Siméon qui se mit à la tête des dissidents. 

Denys mourut sans avoir eu la satisfaction de voir rentrer 
au bercail les brebis égarées. 

1. Weil, op. cit., II, p. 293. 



XXVIII DENYS DE TELL-MAHRÉ 

Ses dernières années furent abieuvées d'amertumes cau- 
sées tant par les dissensions religieuses qui divisaient les 
chrétiens soumis à sa juridiction, que par les vexations de 
l'autorité musulmane. 

Une vie si agitée avait engendré dans l'âme sensible et 
compatissante de Denysune profonde mélancolie. Il en était 
venu à désirer la mort qu'il regardait comme un bienfait et 
une délivrance. S'adressant à Jean de Dara% à qui il avait 
dédié ses Annales, il lui écrivait en achevant son ouvrage': 
(( 11 n'est pas nécessaire de fatiguer ton esprit par le récit des 
calamités au milieu desquelles je passe les nuits sans 
sommeil et les journées sans repos. Je tairai les autres 
angoisses et la multitude des souffrances qui brisent mon 
cœur et tourmentent mon corps : car un cœur attristé est un 
ver rongeur qui dévore les os. Je pleure et je m'afflige d'avoir 
été laissé, à cause de mes péchés, pour boire ce calice, pour 
soufïrir et pour avoir le cœur brisé de douleur à la vue des 
peines et des calamités que supportent les enfants de l'Église. 
Chaque jour nos maux s'accroissent. Il ne me reste plus 
qu'une délivrance: la mort, que je souhaite comme un bien- 
fait et un bonheur. » Telles étaient les dernières paroles de 
son ouvrage. Il écrivait ces lignes vers l'an 844. 

La mort qu'il désirait ne tarda pas avenir. Il rendit le 
dernier soupir le 22 août 845. Son corps fut déposé dans le 
monastère de Qen-Nésrô où il avait passé les premières années 
de sa vie religieuse, et qu'il avait fait reconstruire. 11 avait 
occupé le siège patriarcal pendant vingt-sept ans et ordonné 
une centaine d'évêques. Après sa mort, le siège demeura 
vacant plus d'une année. 

Les évéques, réunis dans le monastère de Mar Sila, situé 
dans les environs de Saroug, lui donnèrent pour successeur 
Mar Jean, du monastère de Mar Zachée. à Callinice. Celui-ci 
reçut la consécration le 21 novembre 84G. 

1. Cfr. sur cet aulcur Wuk.iii, Sy/iac Uterature, p. iiOl. 
a. Apud Bar Hebu.kus, Chron. eccL, coll. 384-386. 



INTHODIICIION XXIX 



II 



Donys s'était applicjiK'^ do i)r('fcron(:e aux études histo- 
riques. Il écrivit, sous le titre d'A/i/ia/es, un vaste ouvrage 
qui embrassait la période entière de l'histoire du monde 
depuis la Ci'cation jusqu'à son tem])s, c'est-à-dire jusque vers 
l'année 837, et peut-être même un peu plus tard^ . 

Il y avait deux rédactions différentes de cet ouvrage; 
l'une plus longue, dédiée à Jean, évêque de Dara, semble 
avoir été disposée en une série de courts chapitres portant 
des titres particuliers.il ne nous en reste que les nombreuses 
citations de Grégoire Bar Hébréus et un fragment conservé 
dans le cod. cxliv de la Bibliothèque Vaticane, publié par 
Assémani\ 

La rédaction plus courte a obtenu le nom de Chronique. 
Elle nous est parvenue dans un manuscrit, unique jusqu'à ce 
jour, conservé à la Bibliothèque Vaticane. Assémani le 
décrit dans son Catalogus Bibliothecœ Vaticanœ sous le 
n^ CLxii, en ces termes^: « Codex in-folio, membranaceus, 
pervetustus, foliis constans 174, Syracis Stronghylis litteris 
exaratus^ » Plus loin, il ajoute : a Unus ex codicibus, quos 
Moyses Nisibenus, cœnobiarcha, e Mesopotamia in Sce- 
tense S.Mariae Syrorum monasteriumintulit', » et il termine 
en disant: « Is codex, initie et fine mutilus, ante annum 
Graecorum 1243, Christi 932, exaratus. )) Mais comme l'a 



1. Bar Hebr., Chron. eccl., I, 383-385. 

2. Bibl. Or., II, 72-74.— Cfr. Cat. Bibl. Yat., III, 232. 

3. Tom. III, p. 328. Cfr. Bibl. Or., t. II, pp. 98-99. 

4. Tullberg (p. 11) fait cette remarque : « Litterae stronghy lac iure quodam 
carte noininari possunt ; ad morem tamen aetatum posteriornm ita sunt 
accommodatae, utperpaucaetantum modo formara vere antiquamosteudant. » 

5. C'est en l'an 932 que Moyse fit une ample collection de manuscrits 
pour la BibliothAque du couvent de Scété. La plupart de ces volumes sont 
aujourd'hui au British Muséum. V. Wright, Ca^. ofsyr. ms., préface. 



XXX DENYS DE TELL-MAHRF. 

fait observer Wright', aucune note du manuscrit ne justifie 
ces dernières assertions'. 

Cette Chronique, beaucoup plus courte que les Annale!^, 
est disposée par années, à la manière duC/î/'o/^/co?id'Eusèbe. 
Denys l'avait dédiée à Georges, chorëvéque d'Amida', à 
Eutëlius, archimandrite*, au pcriodeute Lazare, au moine 
Anastase, et aux autres frères du couvent. 

D'après le témoignage de l'auteur lui-même, dans la 
préface qui se trouve au commencement de la quatrième 
partie\]a Chronique s'étendait depuis le commencement du 
monde jusqu'à l'année 1086 des Grecs (774-775 de notre ère). 
Cette même préface explique la distribution de l'ouvrage en 
quatre sections distinctes. 

La première va depuis l'origine du monde jusqu'à Cons- 
tantin le Grand. L'auteur suit, comme autorité principale, le 
Chronicorum Canonum Liber d'Eusèbe, mais il a aussi fait 
appel à d'autres documents et y a incorporé des extraits de 
V Histoire ecclésiasticjue du même auteur, de la Chrono- 
cjraphie de Jules Africain, du Clironicon Edessenum\, de la 
Ale^arral/i Ga:zzê ou Caverne des Trésors\ du Roman 
d'Alexandre*, de VHistoire des Sept Dorniants\ de la 
Guerre jinve de Joséphe. 

Le texte de cette première partie a été publié de 1848 à 
1851, par les soins de Tullberg. sous la forme^ chez nous 
insolite, de trente-deux thèses inaugurales soutenues par 

1. Syrinr Litcraturc, p. 200, n. 5. 

2. Voir de plus amples détails sur ce ins., thiiis notre préface du texte 
syriaque. 

.3. Cf. ci-dessous, p. 96. 

4. Probablement, du couvent de Zoutienin, C'est sans doute ce Mar Eutal 
dont il est question dans Ij Chroni(|ue. Cf. ci-dessous, p. 60. 

5. Voir ci des.sous, i>p. 1-2. 

6. Cf. sur cet ouvrage \Vi<i(.irr. Si/fi(xr I^tnattirc, p. 101. 

7. Ouvrage traduit en allemand par Bczold, Die Srhatshohlo, 1883. Le te.Tte 
syriaque a paru seulement en 1888. Cfr. Sifriar Literature, p. 98. 

8. Publié el traduit en anglais par Budge. T/te liistory of Alexandcr, 
Cambridge, 188'.). — Cfr. Sf/nac Lit., p. i;U). 

9. Cfr. GuiDi. Testi OrientaUinrcUti ffopra L Setter>ormienti di £r/cso (Reale 
Accad. dei Lincei, 1883). — Cf. Syr. Ut., p. 34, n. 3. 



INTRODUCTION XXXI 

aillant do sos ('Ir.vns. La collcclion (1(^ ces llicses a étc cnsuiUî 
rèiiiiio (Ml volume sous ('(» jilro : Dionysii Tmm.mafjfirknsis 
C/tf'()ffi('f lihrr /)/'i/utfs, c codice vaticano cdidit, i/liist/'aoîl 
(). /''. TuUhct'<i\ — Los extraits dTMisèlxî ont été traduits et 
comparés, autant que faire se pouvait, avec Torif^inal ^rec, la 
version latine de saint JérôuKi et la version ariiKÎniiïnne, par 
Siegfried et Gelzer, dans l'ouvrage intitulé : Kusebil Cano- 
nuni Epitonie ex Diotiykii Telniahrc/isis Clirotiico pctita^. 

Pour la seconde partie, qui va de Constantin à Théodose 
le Jeune (374-408), Denys s'est surtout servi de Socrate. 
Cette partie ne présente pas beaucoup d'intérêt, et pourrait 
tout au plus servir à contrôler quelques leçons douteuses du 
texte original de l'historien grec. 

La partie la plus intéressante de l'ouvrage est certainement 
la troisième. Elle embrasse la période qui s'étend de Théo- 
dose le Jeune à Justin II (408-5G5). L'auteur y a suivi prin- 
cipalement Jean d'Asie ou d'Éphèse, son compatriote. Il y a 
inséré en entier la précieuse Chronique de Josué le Stylite et 
la Lettre de Siméon de Beit Arsam sur les martyrs Hymia- 
rites. Ces différents ouvrages ont été édités et leur publi- 
cation rend à peu près inutile celle du texte de Denys'. 

1. Upsalse, 1851, 4". -- Cf. Land, Johannes Blscliof con Eplies^os. pp. 39- 
41. — La Bibliothèque de l'Ecole des Langues orientales vivantes, à Paris, 
possède un exemplaire de cet ouvrage formé de la collection même des 
thèses. Voici, à titre de curiosité bibliographique, les noms de ceux qui ont con- 
tribué delà sorte à la publication de ce volume : J. Rosell;J. E. Ligner; 
F. G. Ligner; G. F. Koraen : S. A. Lefïler; A. F. Rosengren; A. W. 
Ekman; S. Brandell; L. A. Wadner; S. A. Lefïler; H. L Rydin; A. J. 
Nordenstam; G. F. Koraen; O. F. Bursie; C A. Lindstrôm; V. E. 
Schultz; S. D. Fougberg ; J . L. Carlberg; L U. Sôrensson;C. F. Lind- 
gren; M. A. Wendbladh; A. M. Rydberg; A. F. Rosengren; A. L. Moss- 
berg; J. I Brodén; F. Walliu (1848); G. G Carlberg; C V. Engelbrecht 
(1849); S. S. Forsgàrd (1850) ; C. H. Bergman; C. V. Charleville; C. J. 
Sandberg (1851). 

2. Berlin, 1884. — Cir. Gutschmiu, UiitersuchunQen ûber d. syrischc 
Epitorne der Eusebischcn Canoncs (1886). Le texte n'a pas été toujours 
fidèlement traduit. 

3. The third part of the ecclesiastical history of John bi.<hop of Ephesus 
noLO first eded b. W. Curkton (Oxford, 1853). 11 y a une traduciion anglaise 
de Payne Smith (1860) et une allemande de Schônfelder (1S62).— Johannis, 
episcop. Ephes., scripta historlca quotqaot adhuc Inedita supcrsunt, 



XXXII DENYS DE TELL-MAHRE 

Enfin, la quatrième partie, qui forme l'œuvre originale de 
l'auteur, va depuis la mort de Justin II jusciu'à Tannée 1086 
des Sëleucides (774-775 de notre ère). C'est l'objet de notre 
publication. Le manuscrit incomplet s'arrête à l'année 1085. 

Assurément, cet ouvrage n'a pas l'importance de la Chro- 
nique de Jean d'Asie, et l'analyse assez complète qui en a 
été donnée par Assëmani^ diminue encore l'intérêt histo- 
rique qui s'attache à ce texte. Cependant, comme on le 
verra, bien des détails, qui ne pouvaient entrer dans le cadre 
d'un résumé, méritaient d'être connus et publiés. 

Si les historiens n'ont pas l'occasion de faire une ample 
moisson dans ce champ assez vaste, il n'en sera pas de même 
des philologues. En efïet, dans le texte de Denys, outre des 
constructions de phrases particulières à l'époque de déca- 
dence littéraire où il vivait et dans lesquelles l'influence de 
la syntaxe arabe se fait trop sentir, on trouve aussi un 
assez grand nombre de formes jusqu'ici sans exemple, et 
plusieurs mots usités avec des significations nouvelles ou 
dont l'emploi justifie des acceptions regardées encore comme 
douteuses'. 

Pour ces motifs nous n'avons pas cru devoir supprimer 
les longues et fastidieuses digressions de l'auteur ni les inter- 
minables lamentations auxquelles il se laisse aller en parlant 
des malheurs qui accablèrent la Syrie pendant les dernières 
années. 



syriace ediditJ. P. N. Landi (Anecd. syr.,t. II). Cfr. Si/r. Litcrat., p. 102 
Sfjq. — Chronique de Josur le Sff/Iitr, ('diléo par l\ Maitiin, lb76 (dans le 
vol. Vides Ab/iandlunr/en fur die Kuude dcr Morgenlaiides); T/ic Chroniclc 
of Josliiia the Stylitc, by Wiiigiit, 1882. Cf. St/r. Litcr., p. 78.— Guini. La 
Lctiera di Simcnne Ye^^coro di Bet/i-Arsdm sopra i Ma/tiri Omertti. (Reale 
Ace. dei Liiicei; Roma, 1881). 

1. Bihl. Or., H. pp. 98-110. 

2. Voir la préface du texte syriaque. 



INTRODUCTION XXXIII 



Il nous l'aiil (lire un mol. en lorininani, des prinoij'X's dont 
nous nous sonnucs iiis|)ii('' dans cotte publication. 

Nous avons réuni dans la couile inti'oduction (jui pi'ccèdo 
le texte syi'iaxpie un ceitain nombre d'observations philo- 
logiques destinées à compléter celles de Tullberp^V 

Nous nous sommes efforcé de donner une traduction aussi 
littérale que possible, sacrifiant volontiers l'élégance à la 
fidélité. Les notes sont peu nombreuses. Nous nous sommes 
borné le plus souvent à renvoyer aux historiens qui ont traité 
les mêmes sujets. Pour donner un commentaire du texte de 
Denys, vu la concision de ses notices et Tctendue des matières 
qu'il traite, il faudrait écrire une histoire complète de l'Orient 
aux vi^-vii^ siècles de notre ère. Tel n'était pas notre but. 
Nous nous sommes simplement proposé de procurer à ceux 
qui voudront à l'avenir traiter cette matière un document 
nouveau et complet, en mettant au jour un ouvrage im- 
portant pour l'histoire de la littérature syriaque. 

Les données chronologiques de Denys sont pour la plupart 
fautives*. Pour éviter de multiplier les notes, nous avons 
préféré les redresser d'une manière générale dans les tableaux 
synoptiques qui font suite à cette Introduction \ Nous ferons 
aussi remarquer à ce sujet que notre auteur ne suit pas tou- 

1. Dans la préface mise en tête de l'ouvrage cité plus haut. 

2 Denys se sert dans le cours de son ouvrage de trois époques : 1" de 
l'époque du monde, depuis l'origine jusqu'à Abraham; 2" de l'époque de la 
vocation d'Abraham jusqu'à Constantin; 3" de l'ère des Séleucides depuis 
Constantin jusqu'à la fin. — Assémani fait observer {Blbl. 0/\,II, 101) que 
dans cette dernière chronologie, beaucoup de faits sont placés dix ans trop 
tard, ce qui pourrait donner à penser que l'auteur se servait d'une ère spé- 
ciale. Nous ne le croyons pas. Nous pensonsqu'il faut attribuer ces erreurs, 
soit aux indications erronées des sources auxquelles l'auteur a puisé, soit 
au peu d'importance qu'il attribuait, comme il le déclare lui-même (cf. 
p. 2, s. f.), à la date des événements, soit à la difficulté qu'il avait d'établir 
une concordance exacte entre les dates des différentes ères (cf. pp. 11-12). 

3. Ces tables permettront au lecteur de redresser les erreurs qui se rencon- 



XXXIV DENYS DE TELL-MAHRK 

jours, dans son récit, Tordre chronologique et que certains 
faits, dont l'année est déterminée avec précision, sont rap- 
portés antérieurement ou postérieurement'. Assémani, dans 
son analyse, a transposé ces données, comme il l'avait fait 
pour le texte même du Chroiiicon Edes8enum\ Nous avons 
cru préférable de suivre le texte du manuscrit'. 

Les chitïres en caractères gras insérés entre crochets dans 
la traduction indiquent la correspondance des pages du texte 
syriaque. — Les citations bibliques sont indiquées d'après 
l'édition de la Pesitta^ donnée par Lée*. (Londres, 1826.) 

Nous remercions sincèrement tous ceux qui ont bien 
voulu nous aider de leurs conseils dans notre travail, et en 
particulier M. le professeur l. Guidi, qui a eu l'obligeance 
de mettre à notre disposition sa propre copie du manuscrit 
du ^^atican^ et qui de plus a pris la peine de collationner 
nos épreuves sur ce dernier pour tous les points douteux et 
spécialement pour les noms propres. 



tient dans la quatrième partie de la Chronique. Comme Denys rapporte un 
certain nombre d'ôvénements qui se sont pass;''s en Arménie, nous avons 
cru bon de joindre à la liste des empereurs de Constantinople et à celle des 
khalifes un tableau chronologique des princes arméniens, que nous avons 
emprunté aux Mémoires historiques et rjéoijraphiques de Saint-Martin 
(I. I, p. 474) en conservant l'orthographe des noms propres donnée par cet 
auteur. Nous y ajoutons un tableau comparatif des dates fournies par Deuys 
et Bar Hébréus relativement aux patriarches jacobites d'Antioche. 

1. Voir par oxemple, pp. 10 et 11; 06 et 67. 

2. Cf. Hallikh, Untersuc/iunfjen ûbcr die edcssenische Chronik; Leip- 
zig, 1892. 

3. La mf'thode d'Ass(hiiani a l'inconvénient de faire disparaître des élé- 
ments d'information s»ir les sources des écrivains. Nous avons donc reproduit 
le texte tel qu'il se présente dans le manuscrit, en tenant compte toutefois do 
la transposition d'un cahier entier ot de queUiues feuillets séparés, due à 
l'inattention du relieur (V. la préface du toxic syriaque). 

4. Nous avons préparé notre travail à l'aide du ms. 285 de la Bibl. Natio- 
nale. C'est une copie du msc. du Vatican exécutée à Home, en 1867, par 
l'abbé P. Martin. Elle s'arrête au fol. 153 h du ms. de Kome et renferme 
V)eaucoup d'inexactitudes. Nous avons eu aussi à notre disposition, pour la 
partie qui va du fol. 153 b i\ la fin du ms., une autre copie que NL l'abbé 
r.raffln avait fait jadis exécuter à Rome, et qu'il nous a communiciuée avec 
beaucoup d'obligeanco. Même avec le secours de cette double copie, il 
nous eût été impossible d'éditer le texte sans la nouvelle collation que 
^L (iuidi a eu la bonté de nous faire. 



TAItLES r.llUONOLOliiaUKS 



[Voir ci-c/cft.-ius, p. .V.V.V///, n. .?.| 



I. — Empereurs de Constantinople 



LISTE ET dates' 
VÉRITABLES 

Justiiiien 1 527 

Justin II 505 

Tibère II 578 



Maurice 582 

rhocas 602 

Hcraclius 610 

Héraclius-Constantin. . 641 

Héracléonas-Constantin 641 

Constant II 641 

Constantin III Pogonat 668 

Justinien II (1«) 685 

Léonce 695 

Tibère [II fj Apsimare. 698 

Justinien II (2o) 705 

Philippique 711 

Anastase II 713 

Théodose III 716 

Léon III, /'/&«z(7"/(?;/. . . 717 
Constantin IV, Copro- 

rif/me 741 

Léon IV, le Khazare. . 775 



liste et dates' 
d'après denys 



Justinien 

Justinien IV [avec Ti- 
bère 

Tibère [seul] 

Maurice 

Maurice [alias] et Théo- 
dose son fils 

Phocas 

Iléraclius. 



587 
590 
594 

601 
612 
622 



Constantin le Jeune . . . 654 



Constantin 655 

Constantin [alius] 681 

Justinien 697 

Léonce 707 

Tibère-Apsimare 711 

Justinien [alias] 

Philippique 

Anastase 

Théodose-Coustantin. . 

Léon 717' 

Constantin 741 

(Léon IV) 775' 



1. Les dates sont celles de l'avènement. 

Z. Cf. p. 11. — 3. Cf. p. 14 et p. 28. — 4. Cf. p. 2S, 



XXXVI 



DENYS DE TELL-MAIIRE 



II. - Khalifes. 



LISTE ET DATES ' 
COMMUNÉMENT ADMISES 



Abou-Beckr 632 

Omar 1 634 

Otman 644 

*Ali 656 

Hassan 660 



LISTE ET dates' 
DONNÉES PAR DENYS 

Mohammed 620* 

Abou-Beckr 627 

Omar(I) 632 

Otman 644 

^Abbas 656 



Omiades. 



Mo'awia I 661 

Yézid 1 680 

Mo'awiall 683 

Merwan 1 684 

Abdel-Mélik 685 

Walid I 705 

Soliman 715 

Omar II 717 

Yézid II 720 

Hisam 724 

Walid II 743 

Yézid III 744 

Ibrahim 744 

Merwan II 744 



Mo'awia . . . 
Yézid (I)... 



662 

677 



Merwan (I) 681 

*Abdel-Malik 683 

Walid (I) 703 

Soliman 712 

Omar (II) 721 

Yézid (II) 723 

Hisam 727 

Walid (II) 744 

Yézid (III) 744 

Ibrahim 745 

Merwan (II) 746 



Ahbassides. 



Aboul-'Abbas al-Saffah 750 

Abou-Djaffar al-Man- 
sour 754 



'Abdallah Ibn Moham- 
med 749' 

* Abdallah Ibn Moham- 
med* 754 



1. Les dates sont celles de l'avènement. 

2. Cf. p. 5, 11. 21 et 32. -3. V. pp. 11 et 17; cf. p. 11, 1. 20.— 4. Cf. p. 43. 
— 5. Cf. pp. 55 et 62. 



'r\IU,I-:s CIIRONOI.OCWQIJKS XXXVII 

m. — Princea Arméniens 

MarzlatiH 
[ou Gouveriieiirs noimnôs par les rois do Perse.] 

571. Variai!, siiinonunc Pltolchr (le l'ctit) piincc do Daron, de 
la race des Mainigoiiêans, prince iiidépendaiit, soutenu par 
les Grecs, qui à la (lu fut chassé par les Persans. 

578. Mihran-Djilirveghon, Persan, nommé par Chosroès le Grand. 

593. Sempad, surnommé Pazmaïaghih (le Victorieux) de la race 
des Pagratides, nommé par Chosroès II. 

601. David, de la race des Saliarhouniens, nommé par Chosroès II. 

625. Varazdirots, fils de Sempad, nommé par Chosroès II. 

Goiwerneurs 

[nommés par les Empereurs de Constautinople et par les Khalifes de 
Damas et de Baghdad, appelés par les Arméniens Osdigans, et décorés 
par les Empereurs des titres de Patrice et de Curopalatc .] 

632. David, ancien marzban, nommé par Héraclius. 

635. Troubles pendant une année. 

636. Théodore, prince des Rheschdouniens, nommé par Héraclius. 

643. Varazdirots, ancien marzban, nommé par Constant II. 

644. Sempad, fils de Varazdirots. 

654 . Hamazasb, de la race des Mamigonéans, fils de David, prince 

de Daron, nommé par le patriarche et les grands du pays ; 

tributaire de l'empereur et du khalife. 
659. Grégoire, frère de Hamazasb, nommé par Mo'awia. 
683. Troubles pendant deux ans. 
685. Aschod, fils de Piourad, de la race des Pagratides, patrice 

tributaire de l'empereur et du khalife. 
690. Nerseh, prince de Schirag, de la race des Gamsaragans, 

nommé par Justinien II. 
693. Abd-AUah, premier gouverneur Musulman, envoyé par 

Abd-Almélik. 
695. Sempad, de la race des Pagratides, frère d'Aschod, fils de 

Piourad; curopalate, nommé par Léonce. 
704. Kasem, gouverneur envoyé par Abd-Almélik. 
717. Walid, envoyé par le khalife Omar. 

727. Mohammed, fils du khalife Merwan I, envoyé par Yézid II. 
732. Abd-Alaziz, envoyé par Hescham. 



xxxvni 



DENYS DR TKLL-MAIIRK 



737. Merwan (depuis lors khalife), envoyé par Hescham. 

743. Aschod, fils de Sahag [Vasag?] (Pagratide), nommé prince 

des princes de l'Arménie et palrice par Merwan II. 
758. Yézid, nommé par Abou-Djafar-Almansour. 
760. Sahag, fils de Pakarad, de la race des Pagratides. nommé 

par Yêzid, déposé par Almansour. 
760. Souleïman, envoyé par Almansour. 
769. Bekir, envoyé par le même khalife. 
778. Hasan, envoyé par le khalife Moliamraed-Mahady. 
781 . Les princes Arméniens sont indépendants et sans chef 

pendant cinq ans. 



IV 



Patriarches d'Axitioche. 

DATE 



DE LA MORT 

d'après 



Denys. 

Pierre de Callinice ' 902 

Julien I (omitl.) 

Athanase le Chamellier 955 

Jean I 961 

Théodore 976 

Sévère Bar Maska 994 

Athanose II 1015 

Julien II 1019 

Elias 1040 

Athanase III 

Jean II 

Isaac 1(366 

Athanase (IV) Sandale ja 

Georges 

Joseph 

Cyriaque 

Denys de Tell-Mahré 



Barhéliréui. 

902 

906 

942 

960 

978 

991 

998 

1019 

1034 

1051 

1066 

1067 

1069 

1101 

1103 

1128 

1156 



1. Les années sont celles de l'ère des Séleucides. 



CITATIONS lilHLUa'KS 



[Cette Uible comprend l'indication des citations textuelles et des 
passages auxquels il est manifestement l;iit allusion. Comme l'au- 
teur semble souvent citer de mémoire, on ne peut mallieureuse- 
ment pas, d'après son texte, conjecturer l'état de la recension des 
Ecritures dont il faisait usage. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est 
qu'elle s'écartait peu du texte ordinaire de la Pesilta. — On remar- 
quera qu'il cite V Ecclésiastique et Tobie.] 



Ancien Testament. 



GENESE 

I, 3, 14 73 

I, 22-24 18 

III, 6 51 

IV 150 

XVIII, 17-20 149 

XIX, 24 71 

EXODE 

V, 9 98 

XX, 12-17 150 

LÉVITIQUE 

XXV, 37 91, 151 

DEUTÉRONOME 

V, 16-21 150 

XXIII, 19 92 

XXVIII, 61 143 

XXXII, 7 2, 110 

XXXII, 15 88, 98 

XXXII, 16, 17 73 

XXXII, 22, 24 128 

xxxii, 46 2 



JOB 

III, 24 76, 164 

m, 25 59, 164 

XIII, 27 142 

XXXIX, 29 112 

I SAMUEL 

IV 71 

XVI 91 

II ROIS 

II 21 

XII 57 

I CHRONIQUES 

XXVIII, 9 147 

PSAUMES 

X, 7 151 

XII, 2-3 151 

XV, 4-5 151 

XVII, 4 150 

xvni, 15 112 



xviii, 38, 39, 42. 43 91 

XXXV, 10 77 

xxxvi, 6 35 

xxxvii, 1-2 93 

xxxvii, 21 153 

Lv, 21 133 

Lv, 22 152 

Lviii, 2 151 

ux, 6 155 

Lx, 3 163 

Lxiv, 3-7 155 

Lxiv, 7-9 112 

Lxviii, ^'Z 77 

LXXVI, 10, 11 142 

Lxxviii, 30 20 

Lxxviii, 46 53 

Lxxviii, 48-49 ... 98 

i.xxix, 1... 116, 141 

Lxxix, 1-2 114 

Lxxix, 3-7,9,10.. 116 

LXXXII, 5 19 

LXXXIV, 7 171 

xcii, 6 19 

c, 5 150 

civ, 22-23 45 

cvi, 40-43 116 



XL 



DENYS DE TELL-MAIIRi: 



cvn. 27 40 

cix. 16 79 

cix. 17 155 

cxviii, 24 57 

PROVERBES 

XV. 2.Ô 93 

XIX, 25 116, 141 

XXVI, 11 117 

XXIX, 12. 91,141,1G4 



ECCLESIASTE 



1,15. 
II, 14 
v,9. 



XIII, Zô 



130 

112 
125 
113 



[ecclésiastique 
XIX-, 26 86] 

ISAÏE 

I, 11-15 115 

I, 21-23 155 

I, 2;3-24. 84, 110, 165 

m. 4 155 

III, 4-5 46 

m, 9 157 

III, 12 153 

111,17-24 132 

V, 25 116 

VI, 13 76 

vil, 18-19 43 

VIII. 15 163 

IX, 17 100 

IX. 21 148 

X, 5 43, 142 

X, 5-G 2, 100 

X, 9. 14 100 

X. 23 171 



X, 24-25, 



132 

X, 28 100, 108 

X. 32 100 

XIII, 7 38 

XIII, 14. 21, 22. . . 168 

XIV, 17 91 

XV, 2 38 

XXI, 9 79 

XXIV. 1-11 166 

ixiv. 4 37 



XX1\ , / 

XXIV, 16-20 

XXIV, 18 

XXIV, 19 34 

XXIV, 20 

XXVI, 20 

XXVIII, 10 

XXVIII, 16 

XXIX, 9 

XXIX, 14 

XXXVII, 29, 34. . . . 

XLi, 25 

LVI, 8 



OSEE 



IX, 7-8.. . 

XIII, 8, 15. 

XIV, 1. . . . 



169 

165 

173 

, 42 

64 

132 

171 

163 

34 

139 

75 

40 

27 



167 
109 
109 



JOËL 

î, 2-4 53, 106 

I, 3 110 

I, 5,6, 7 109 

1,9 169 

1,13, 15 33, 132 

II, 2-7 44 

AMOS 

IV, 7-8 146 

IV, 9 52 

IV, 10 37, 67 

VIII, 4-7, 10 145 

VIII, 8 33 

IX, 2 163 

ARDIAS 

4 163, 167 

6 167 



MICIIEE 



... 155 

... 67 

... 155 

... 145 

... 154 

... 96 

VII, 15 155 



II. 1, 2. . . 

V, 9 

VI, 12-15 . 

VI, 15. . . . 

VII. 2-3 . . 
VII, 6, . . . 



NAHUM 

II. 4, 11 44 

iH, 16 168 

HABACUC 

1,6 45 

I, 10 46 

II, 15, 16 163 

SOPHONIE 

I, 8, 9, 13, 15, 17. 139 

11,10 139 

m, 3-5 155 

III, 4 115 

AGGÉE 

I, 9-11 145 

ZACIIARIE 

XIV, 6(?) 159 

JÉRÉMIE 

I. 14 40 

IV, 22-23... 1.57, 168 

V, 5-6. . 157 

VI, 21-25 39 

VII, 33-34 158 

VIII, 1-3. 158 

VIII. 21.. 33 

IX, 1, 10 32 

,x, 15...... 54, 144 

IX. 15-16. 142, 168,176 

IX, 17. 33 

IX, 18,20-22 32 

IX. 45 136 

XII, 13 51 

XIV, 2-6 31 

XV, 1-4 31, 171 

XXIII, 15 176 

XXIV, 10 34, 176 

XXV, 15 144 

XXV, 15 17 162 

XXV, 27, 29-31 162 

XXIX, 17 146 

XXXVIII, 16 163 

xi.\iii,43-44 79 

Li. 46 171 

Li, 58 56 



CITATIONS iniU.IQlIMS 



XI. I 



r.AMKNTATIONS 

I, 4, (i. l). 10 ITf) 

I, 8,10 MO 

II, (). 7. 140 

!i, 8 50 

II, If). 17 14:^ 

III, 4!)-;.4 173 



V, 1^ 



K/i;cjiiEr. 



VII, 17 
XII, 8. 



175 
143 



133 

38 
Î38 



XII, )IS IVJ 



DANIKL 



XII, 7 



IOUI1-: 



1)7 



15] 



Nouveau TcHiçuiicnt. 



s. MATTHIEU 




VII.1.V19 


85 


VII, 5 


117 


X, 14 


19 


XXII, 37,39,40. . . 


149 


XXIV, 6 


08 


XXIV, 1^ 


158 


XXIV. 16, l'J-21. . . 


68 


XXIV, 23, 24,26.. . 


117 


XXIV, 29 


68 


S. MARC 




XIII. 24 


68 



s. LUC 
IX, 5 


19 


IX, 23 


99 


X, 10 


19 


XXI, 25 


08 


S. JEAN 
XI, 34 


16 



ACTES 
11,19 112 

11,20 68 

XII, 23 175 

XX, 29 70, 85 



I CORINTHIENS 

I, 19 139 

1 TIMOTHÉE 

M, 10 125, 147 

HÉBREUX 

I, 1, 2 131 

XI, 13 92 

APOCALYPSE 

XIX, 20 124 

XX. 4 104 



K-*.1è 



ERRATA 



Page IX, 1. 12; après Tell-Mahré, ajoutez : « aujourd'hui Tell 
el-Menahir, » 

Page 80, 1. 9; au lieu de « Callinice », lisez : « Qaliqala ». 



GIlRONrOUE 



DENYS DE TELL-MAiniÉ 



ou AT II 11^ mi: PAUTIIi 



[Préface'] 



Cette Chronique commence à l'origine du monde et court jusqu'à 
la naissance d'Abraham et au royaume de Ninus qui fonda Ninive 
et y régna cinquante-deux ans. Or, le patriarche Abraham est né 
la quarante-deuxième année du règne de Ninus, au témoignage 
d'Eusèbe à qui nous avons emprunté les matériaux de cette his- 
toire jusqu'au temps du Bdèle empereur Constantin. 

Depuis cette époque, jusqu'à Théodose le Jeune, nous avons 
suivi le novatien Socrate ^ 

Depuis Théodose jusqu'à l'empereur Justinien % c'est-à-dire 
jusqu'à l'an 885 des Grecs, nous avons eu pour guide saint Jean, 
évêque d'Asie ^ 

Depuis ce temps, jusqu'à l'année dans laquelle nous sommes 
actuellement, c'est-à-dire l'an 1086 d'Alexandre, 158 de l'Hégire, 
nous n'avons trouvé personne qui, à l'exemple des anciens écri- 
vains, ait décrit soigneusement l'histoire et les cruelles calamités 
qui sont survenues du temps de nos pères ou du nôtre, notamment 
cette tempête de tribulations [2] que nous avons soufferte à cause 
de nos péchés quand nous avons été livrés entre les mains des 
Assyriens et des Barbares. 

1. Cette préface mise par Deuys ea tête de la partie originale de son 
œuvre fait suite au récit précédent, dans le msc, sans aucune interruption. 

2. Lire Justin II. — Voir page 3, note 1. 

3. La question de savoir si l'historien Socrate appartenait à la secte des 
Novatiens n'est pas élucidée. Le témoignage de Denys a donc quelque 
importance. 

4. Sur Jean d'Asie ou d'Epbèse voir Wright, Syriac Literature, nou- 
velle édition, 1894, pp. 102-107, — Duchesne, Jean d'Asie, historien 
ecclésiastique, lecture faite à la réunion annuelle de l'Institut (25 oct. 1892). 

1 



2 CHRONIQUE 

Or, afin de conserver la mémoire de ces temps calamiteux et de 
la cruelle affliction que la terre a soufferte de nos jours de la part 
des Assyriens, — que le Prophète désigne quand il dit ^ : « Assur 
est la verge de ma fureur, le bâton de mon indignation est dans leurs 
mains; je les enverrai vers une nation trompeuse et je leur donne- 
rai des ordres touchant le peuple de ma vengeance, » — nous 
avons voulu faire connaître la verge, le bâton du Seigneur, qu'il a 
livré à Assur pour châtier la terre, et qui est même apparu au ciel 
pendant plusieurs jours -. Peut-être ceux qui viendront après nous 
trembleront-ils, craindront le Seigneur, et marcheront devant lui 
dans la justice, de peur qu'eux-mêmes ne soient livrés comme nous 
aux mains de ce loup rapace. 

Il est écrit ^ : « Transmettez à vos fils, » et encore * : « Inter- 
roge ton père et il t'instruira; demande à tes ancêtres et ils te racon- 
teront. )) Or, ayant parcouru nous-mêmes beaucoup de pays et 
n'ayant point trouvé une histoire exacte des événements, mais 
seulement l'annotation de quelques faits particuliers, nous avons 
formé le dessein de réunir par ordre dans un seul livre, les choses 
que nous avons apprises des vieillards témoins oculaires ou que 
nous avons vues nous-mêmes. Quiconque trouvera [ce li^rej et le 
regardera avec mépris doit savoir que ces événements si divers ne 
se sont pas passés dans un seul lieu, ni dans un seul royaume, ni 
dans une seule région. Si donc il rencontre une autre chronique qui 
ne s'accorde pas avec celle-ci, qu'il se souvienne que les écrivains 
antérieurs eux-mêmes ne sont pas d'accord entre eux; mais l'un 
diminue, l'autre exagère, l'un écrit sur l'histoire ecclésiastique, 
|3| Tautre sur d'autres sujets. 

Il importe peu aux hommes sages et craignant Dieu [de savoir] 
si un événement s'est passé un an ou deux ans plus tôt ou plus 
tard; mais il leur suffit de connaître les châtiments des générations 
passées pour qu'ils s'éloignent eux-mêmes de l'iniquité dans la 
crainte d'attirer sur eux les mêmes fléaux. 

Prends donc garde à toi et crains le Seigneur ton Dieu, de peur 
qu'il n'envoie sur toi ces afîlictions. 

Nous commençons à l'année 898 ^ 

1. Is.. X, 0-6. 

2. Allusion aux phénomènes météorologiques (com'Hes, étoiles filantes, 
etc.) que l'autpur enregistrera plus loin. 

H. Deut , x.\xn, 46. 
4. Dcut., XXXII, 7. 

f). Ue l'ère des Séleucides. Cette année commeuçait au 1" octobre 586 de 
noire <>re. 



Dl-: DKNYS I)i: l'Ml.l. MAIIItl-: 



|4] L'an ^98, luounil rcmpcn'ui- .)iisiiiii<;n ' cL Justinicii fV 
régna avec Ti hère-César. 

L'an DOl (589-590), Jnstinien mourut et Tibère régna seuL 

L'an 902 (590-591), mourut le saint patriarche d'Antiocbe, 
Pierre '. 

L'an 905 (593-594), mourut Tibèi-e. Il eut pour successeur Mau- 
rice qui régna liuit ans. 

L'an 912(600-(;0I),il y eutaumilieudu jour de grandes ténèbres: 
les étoiles s'élevèrent et apparurent comme pendant la nuit. Elles 
restèrent environ trois heures, après quoi les ténèbres se dissipèrent 
et le jour brilla comme auparavant. — Cette année mourut Mau- 
rice. Un autre Maurice et Théodose régnèrent pendant douze ans'. 

L'an 914 (602-603), Narsès, général des Perses \ s'empara 
d'Édesse '. Étant entré dans la ville, il fit saisir et lapider l'éveque 
Sévère^ qui mourut dans ce supplice. 

L'an 915(603-604), saint Athanase fut fait patriarche d'Antioche \ 

L'an 916 (604-605), Édesse fut prise ^ 

1. Il s'agit de Justin II. La confusion entre les noms de Justin et Justi- 
nien est chose habituelle chez les écrivains syriens. Le Justiuien IV dont 
il est question ici. n'a jamais existé. Denys a adopté l'année 89S comme 
date de la mort de Jusiin sur la foi delà chronique de Jean d'Asie, qu'il a 
suivie dans sa troisième partie. Nous avons dit dans notre ir.troduction ce 
qu'il fallait penser de la chronologie de l'auteur. Pour la rectification des 
dates le lecteur est prié de se reporter aux tableaux synoptiques que nous 
avons donnés à la suite de cette introduction. 

2. Pierre de Callinice. — 'Voir B.\r Hëbr.kus, Citron. eccL, t. I, pp. 250 
sqq. — WRUiUT, Sy/-. Lit., pp. 113-114. 

3. Il n'y a eu qu'un Maurice qui régna vingt ans. Théodose son fils, qui 
avait été associé à l'Empire, fut assassiné avec ses frères par ordre de Phocas, 
mais Khosroës II exploita habilement la rumeur populaire qui voulait que 
le jeune prince eût échappé au massacre. Cfr. Theophane, Chronogr., ad 
aun. muudi 6095; Patr. graic, t. CVIII, col. 614. Theophylacte, lib. VIII, 
cap. ult. 

4. Narsès était le général romain. Khosroës II devait son trône à Maurice, 
et voulut venger son bienfaiteur. Narsès, s'allia avec le roi de Perse contre 
Phocas, s'enferma dans Édesse et fit lapider Sévère qui lui était hostile. 

5. VoirRuBENs Duval, Histoire d'Édesse, pp. 222-132.3, note 1. 

6. Voir R. Duval, Histoire d,' Édesse, pp. 237-238. 

7. Athanase ne succéda pas immédiatement à Pierre (ci-dessus ad ann. 
902), mais à Julien. Cf. Asse.mani, Bibl. or., II, 333; Bar Hebr.^us, Chron. 
eccl., I, 259-260, note. 

8. Sur la vraie date de la prise d'Édesse (probablement 609), cf. R. Duval, 
Histoire d'Edesse, p. 223, note 2. 



4 CHRONIQUE 

L'an 923 (611-G12), Maurice fut misa mort avec Théodose, son 
lil>, et Pliocas régna huit ans. 

L'an 928 (Gl()-617), l'empereur Phocas ordonna que tous les Juifs 
placés sous sa domination reçussent le baptême '. Il envoya le 
préfet Georges^ à Jérusalem et dans toute la Palestine pour les con- 
traindre à [5] recevoir le baptême. Celui-ci descendit [dans ce pays] 
et réunit tous les Juifs de Jérusalem et des environs. Les princi- 
paux d'entre eux étant entrés en sa présence, il les interpella : 
(( Ètes-vous les serviteurs de l'empereur? » — u Oui, » répondirent 
ceux-ci. — Il reprit : « Le Seigneur de la terre ^ordonne que vous 
soyez baptisés. » — Us gardèr^^nt le silence et ne répondirent pas un 
mot. Le préfet leur demanda : (( Pourquoi ne dites -vous rien? » 
L'un des principaux d'entre eux, du nom de Jonas, répondit en 
disant : (( Nous consentons à faire tout ce qu'ordonnera le Seigneur 
de la terre ; mais pour la chose présente nous ne pouvons la faire, 
parce que le temps du saint baptême n'est pas encore venu. » Le 
préfet, en entendant ces paroles, entra dans une violente colère; il 
se leva, frappa Jonas au visage, et leur dit : (( Si vous êtes servi- 
teurs, pourquoi n'obéissez-vous pas à votre maître? » Puis il or- 
donna qu'ils fussent baptisés et les força tous, bon gré, mal gré, à 
recevoir le baptême. 

A cette époque brillèrent Jacques le Juif % Athanase, patriarche 
d'Antioche % Jean, évêque des Arabes % Siméon, [évêque] de 
Harran ", et Cyriaque [évêque] d'Amida ^ 

L'an 932(620-621) les Arabes s'emparèrent de la Palestine et [de 

1. Plusieurs auteurs atlribueni redit doiu il est ici question il Héraclius. 
— Cfr. Baiîonius, Ann. ceci., ad ann. Glt. La nuture de cette persécuiion 
s'accorde mieux avec le caractère de Phocas, 

2. Il y eut uti préfet, de prétoire de ce nom sous le règne de Pbocas. L'n 
gouverneur de Capi)adoce du miMiie nom fut mis ii mort lors de la cons- 
piration (,ui coûta la vie il la veuve de Maurice et à ses filles. S'il s'agissait 
de ce personnage, l'édit dont il est iiucstion devrait rtre rapporté aux pre 
miers temps <lu règne de Phocas. 

3. Titre qui faisait partie du protocole des empenMirs de Byzunce. 
•1. Peut-être faudrait-il corriger le texte et lire Jacques d'Édesse? 

5. Cfr. plus haut, p. '.^, n. 7. 

6. « ArahiiB episcopatus duplex fuit. alt(>r Arabum absolute dictus, alter 
'l'iialabensiuMi seu Sunitarum. Prior sedem habuit in .Vkula, aliquaudo 
etiam in Halada ; posterior in Hirta Naaniensj^;. » Asskmanm. ni.<.<e/t. de 
Syrix tnono/Ji ., p G5. 

7. Les Jacobites le regardent comme un saint et célèbrent sa fête le 3 janvier. 

8. Cyriaque fut consacré évècjue d'.\mida en 578 et mourut en 023. Il 
rédigea des Canons que Bar Hebnrus cite souvent dans son Nomocanon: 
Cfr. Bibl. or., II, UO. 



DK DKNVS m-; l'KM.-MAIUil-; o 

tout(^ la n^gion] jusqu'au grand llouvcde l'iMiphraUv Les Romains se 
retin^rent, et passeront dans In rôgion oricntiilo da l'Iùiplinitc dont 
les Arab(»s se nMidirent aussi maitres. 

Ceux-ei eurent pour premier roi l'un d'entre eux du nom de 
Mohammed, eelui qu'ils jippelnient le Prophète, parce qu'il les 
avait délournês de cultes divers, leur avait enseigné l'existence 
d'un seul Dieu, créateur de l'Univers et leur avait donné des lois, 
tandis qu'ils étaient adoiniés ;ni (•ultc des démons et à l'adoration 
des idoles, surtout des .irbres. l^arce qu'il leur enseigna l'unité de 
Dieu, que sous sa conduite ils ti'iomphérent des Jlomains, et qu'il 
[6] leur donna des lois selon leurs désirs, ils l'appelèrent Prophète, 
et aussi Knvoyé de Dieu. Ce peuple était très sensuel et charnel. 
Ils méprisèrent et rejetèrent toute loi qui n'avait point pour but la 
satisfaction de leurs désirs, qu'elle leur eiit été donnée soit par 
Mohammed, soit par tout autre homme craignant Dieu; mais ils 
reçurent celle qui avait pour but la satisfaction de leur volonté et 
de leurs convoitises, lors même qu'elle leur était imposée par le 
plus vil d'entre eux. Ils disaient: (( Cela a été établi par le Prophète 
et l'Envoyé de Dieu, » et même : (( Ainsi Dieu le lui avait pres- 
crit. )) 

Mohammed les gouverna pendant sept ans. 

L'an 933 (621-622), l'empereur des Romains, Phocas, mourut, et 
Héraclius régna à sa place pendant trente et un ans\ 

L'an 934 (622-623), mourut Mar Cyriaque, évèque d'Amida, il 
eut pour successeur Mar Thomas. 

L'an 937 (62b-626), les étoiles du ciel filèrent et se dirigèrent 
vers le Nord^ semblables à des traits. Elles donnaient aux Romains 
un présage terrible de leur défaite et de l'envahissement de leurs 
terres par les Arabes, ce qui en effet leur arriva très peu de temps 
après, et ne tarda pas^ 

L'an 938 (62o-627), mourut le roi des Arabes, c'est-à-dire leur 
Prophète, Mohammed, et Aboubekr régna sur eux pendant cinq 
ans^. 

L'an 940 (628-629), l'empereur des Romains, Héraclius, com- 
mença à construire la grande église d'Amida '•. 

1. IJist. du Bas-Empif-e, t. XI, p. 2. 

2. Assemani rapproche ce texte du phénomène dont parle Théophane à 
l'an 23 d'Hérachus, mais à tort. Théophane parle d'une comète, tandis qu'il 
s'agit ici d'une pluie d'étoiles filantes. 

3. Pour la chronologie des khalifes, voir la table, à la fin de l'introduc- 
tion. 

4. Cfr. Hist. du Ba»- Empire, t. XI, p. 158. 



6 CHRONIQUE 

L'an 913 (G31 -632), le roi des Arabes, Aboubekr, mourut et eut 
pour successoiir 'Omar qui régna douze ans\ 

[7] L'an 914 (032-033), Tempereur des Romains, Iléraclius, des- 
cendit à Édesse. Un combat fut engagé à Gabita - et les Perses mis 
en pièces se retirèrent de la Mésopotamie. 

L'an 948 (036-637), les Arabes envahirent la Mésopotamie ^^ et, 
après avoir taillé en pièces les Romains, leur chef Yâdh* parvint à 
Édesse. 

L'an 952 (040-641), les Arabes mirent le siège devant Dara et 
attaquèrent cette ville. Il y eut de nombreux morts des deux côtés, 
mais surtout de celui des Arabes. Enfin, un traité ayant été conclu, 
la ville ouvrit ses portes et dès lors personne ne fut plus tué^ 

Cette même année, ils assiégèrent Adabin% où une grande 
multitude fut mise à mort : jusqu'à douze mille Arméniens [pé- 
rirent^]. 

L'an 953 (641-642), les Arabes s'emparèrent de Césarée de 
Palestine". 

L'an 955 (643-644), le patrice Valentin', général des Romains, 
vint pour combattre les Arabes. Il fut saisi de crainte en leur pré- 

1. Hist. du Bas-Empire, t. XI, pp. 217 et 220. 

2. raê'.Oâ. Cedrenus, ad anu. 24 Heracl. (Patr. gr., t. CXXI, col. 815). 
ra6-r,6â. Theopii., Chronogr. (ibid.. t. CVIII, col. 691. — Cfr. Histoire du 
Bas-Empire, XI, 206, n. 1). Bien que l'issue de la campagne ait été favo- 
rable aux Romains, cependant Théodore, frère d'Héraclius, fut défait dans 
ce combat. 

3. Tbéophane, au lieu de Djesire/i, qui signifie pioprement île, et désigne 
la Mésopotamie, écrit conslamment Arménie. 

4- p\^ Assemani lit As. Mais il n'y a pas de doute possible sur l'identiiè du 

personnage. D'ailleurs la traduction du p par le 2i surmonté d'un point 

est chose habituelle en syriaque. 

5. Cfr. Hist. du Bas-Empire, t. X. p. 442. n. 1; t. XI, p. 2, n. 1, et 
p. 269. 

6. Defiys désigne sous ce nom Dovin. < apitale de l'Armonie et résidence 
du patriarche. Cfr. Hist. du Ba.<-Em/>irr, t. XI, p. '.VXt. Saint-Martin, 
.^frm. f^iir V Arménie, t. I. pp. 119-120; II, 395. 

7. Les historiens arabf^s ont recueilli d'aprrs la tradition courante les 
faits qui ont signalé la conquête de la Mésopotamie, et les conditions de la 
paix conclue avec h^s principales villes. V^oir \e Lirrc des conquêtes des pays 
de I3Ei-Ar)iioRi (éd. de Goejc, Leyde, 1866 ; pp. 172 sqq.). Cet auteur a servi de 
base a Ibn al-Athir (II, pp. 41 1-417) et à Yakout (sous le mot lycsirch). Les 
principaux passa,2:es sont reproduits et traduits dans Duvai,, Hi.^t. d' Édesse, 
pp. 229 sqq. 

8. Hist. du, Bas-Empire, t. XL p. 266. 

9. Cfr Thboph., Chrono/jr., ad ann. m. 6136. 



DK DENYS DM l'IU-I.-MAF.im''; 7 

senco et prit I;i fuito en abandoiin;int toutes les richesses qu'il avait 
avec lui, dont, les Arabes s'emparcrcnt. 

Cette môme année, Procope et Théodore' firent une excursion 
impétueuse jusqu'à Batna-Saroug*. Ils dévastèrent et pillèrent (;ette 
ville et, s'étant emparés de tout ce qu'ils voulurent, ils retournèrent 
dans leur pays. 

Le patriarche Athanase eut pour successeur saint Jean, son dis- 
ciple'. 

A cette époque s'illustrèrent saint Jean, patriarche d'Antioche; 
Jean, êvêque dos Arabes; Siniéon [évoque] d'Édesse; Matthieu, 
évoque d'Alep*, du saint monastère de Zouqenin*, et Mar Thomas, 
évoque d'Amida, du môme monastère. 

[8] L'an 956 (643-644), mourut Omar, roi des Arabes. Ileutpour 
successeur Othman qui régna douze ans. 

L'an 960 (648-649), Mo'awia envahit Chypre, et la même année, 
Arade" fut prise. 

L'an 961 (649-650), mourut Mar Jean, le saint patriarche d'An- 
tioche. Il fut enseveli à Amida et déposé dans l'église de Saint- 
Mar-Zo'ara'. 

La même année, mourut saint Mar Jean, évêque des Arabes, 
qui fut déposé à Amida dans l'église de Saint-Jean-Baptiste. 

Cette même année, mourut encore à Amida saint Mar Siméon, 
évêque d'Édesse*, qui fut également enseveli dans l'église de Mar- 
Zo'ara. 

1. Théodore le Resdounien. Cfr. Hist. du Bas-Empire, t. XI, pp. 332 sqq. ; 
Hist. des fjuerres et des conquêtes des Arabes en Arménie, par Ghevond. 
irad. fr., pp. 5 sqq. ; S.\int-Martin, Mém. sur l'Arménie^ II, p. 336. 

2. La BaTvT, de Procope. Cette ville était située au sud de Hiérapolis 
(Maboug), à l'ouest de l'Euphrate. Voir Assemani, Diss. de monoph., p. 107. 

3. Cfr. Bar Hebu.eus, Chron. eccl., I, 275. 

4. Cfr. Bar Hebr.cus, Chron. eccL, I, 276. 

5. Couvent situé près d'Amida, aujourd'hui Diarbekir. Cfr. Assemani. 
Bibl. or.,L 130. 

6. 'Apâôoc. —Histoire du Bas-Empire, t. XI, pp. 338,339. 

7. Sur ce célèbre stylite de l'Église jacobite. voir Bar Hebr.^us, Chron, 
eccL, I, 206. et surtout Land, Anecdota syr., i. II, pp. 12-22, où son histoire 
est rapportée d'après Jean d'Asie. 

8. Siméon ne succéda pas immédiatement à Sévère (ci-dessus, ad ann. 
603). Deux autres évoques, au moins, occupèrent le siège épiscopal entre ces 
personnages, sans parler des évéques nestoriens imposés à la ville par les 
Perses. Cfr. Duval, Histoire d'Édesse, pp. 237-239. Assemani range à tort 
Siméon et ses successeurs, Cyriaque et Jacques, parmi les évéques ortho- 
doxes. M. Duval dit que « l'assertion peut être fondée en ce qui concerne 
Siméon ». Je ne le crois pas. Les Jacobites n'auraient jamais permis qu'on 
enterrât un orthodoxe dans un des plus célèbres de leurs couvents. 



8 chroniqup: 

L'an 962 (650-651), Mar Théodore^ devint patriarche d'Antioche. 
Édosse eut pour èveque [Cyriaque']. 

L'an 1)63 (651-652), les Arabes et les Romains livrèrent bataille à 
Tripoli \ 

L'an 961 (652-653), Habib* envahit la Mésopotamie, et Procope* 
vint pour conclure la paix avec les Arabes. 

L'an 965 (653-654), l'empereur des Romains, Héraclius, mourut 
après un règne de trente et un ans*"' ; il eut pour successeur Cons- 
tantin le Jeune qui régna un an. 

L'an 966 (654-655), ce Constantin mourut et fut remplacé par un 
autre Constantin^ qui régna vingt-sept ans. 

L'an 967 (655-656), mourut 'Othman, roi des Arabes. 

La discorde s'éleva entre eux, la région fut agitée et le peuple 
arabe rempli de confusion. Les maux se multiplièrent sur la terre, 
il y eut du sang répandu en abondance parmi eux et par eux- 
mêmes, car ils ne voulaient pas se soumettre à un seul prince; 
mais chacun s'empara du pouvoir, tous désirant régner. Un géné- 
ral du nom de Mo'awia, qui était dans la région occidentale*, ambi- 
tionnait le pouvoir. Les Occidentaux l'aimaient, le choisirent [9] et 
se soumirent à lui ; mais la région orientale et la Mésopotamie le re- 
jetèrent et élirent un autre général, appelé 'Abbas% qu'ils établirent 

1. Cfr. Bar Hebr.kus. Chron. eccL, î, 280. 

2. Ce nom est ajouté à la marge dans le manuscrit. — Sur Mar Cyriaque, 
cfr. DuvAL, Hist. d'ÉcIe.<sc, p. 240. 

3. Hist. chi Bas-Ernpirc, t. XI, p. 368. 

4. Hist. du Bas-Empire, t. XI, pp. 319, 334. 

5. Cfr. Thiîophane, C/ironogr., ad ann. m. 0112. 

6. Hist. du Bas-Empire, l. XI, p. 283. 

7. Lire Constant. L'auteur passe sous silence Héracléonas. Cfr. Hist. du 
Bas-Empire, t. XI, p. 288, 290, 292. 

8. La région occidentale : c.-à-d. la Syrie et l'Egypte, par opposition à 
la Mésopotamie et à l'Assyrie qui formaient la région orientale. Ces termes 
chez les écrivains jacobites font ordinairement allusion à la division de cette 
secte en deu.x grandes provinces ecclésiastiques, dont l'une était soumise au 
patriarche d'Antioche et l'autre au innpiirian de Tagrit. 

9. C'est évidemment *Ali. (pii est appelé ici *Abbas. — Asskmani [Bibl. 
or., t. Il, p. 10:>) explique ainsi cette substitution de nom : « V(rum quia 
Dionysiiis in Syria scriliobat, Syriaiitem Mavia?, ut supra dixi, adhierentes, 
memoriara Ali ejusque filiorum exosam habebant, ex illius nationis genio 
tam Ali quam ejiis filiorum nomina e numéro Chalipharum expunxere 
eorumque annos ad Mavia^ principalum retulerunt. Abbasi autem meminit 
Dionysius. tum quia hoc nomine tola Ali familia apud Syros appellabatur, 
ttira quia unus ex fîliis Ali, Ilaseiii et Hosaini fraler, fuit Abbastis, quem 
una cum Hosaino, anno Ilegine 60, a Ja/.ido Maviaî filio. interfectum 
fuisse testatur Abulvalidus. » 



i)i<: i)!:nvs di-: riiij -mahri': 

roi. Di'S lors ooniiiiciicôi'ciil, parmi eux les luttes et rciïiision «lu 
sang. Ils rassasièrent niutucllomcnt la {vvvo. do leur sang. Ils so 
livrèrent de nombreux comhals en tous lieux, et un la[)s d'environ 
einq ans s'écoula au milieu de ces discord(!S et de (îos luttes. 

l/;iii îirjH (f)5()-()57), une gi*ande biitaille fut (engagée à Çofa\ entre 
'Abbas et Mo';i\via, et le sang coula, en abondance de part et d'autre. 

I/an d7'A (Gi)i-i'>(}i), 'Abbas fut perddement mis à mort [)ar s(is 
grands, un vendredi, tandis qu'il élait ag(Miouill('; pour la pi'iëre. 
Dès lors Mo'awia occupa seul le pouvoir et régna vingt et un ans, 
y compris les cinq ans que durèrent la discorde et la lutte entre lui 
et 'Abbas. 

L'an 1)76 (604-605), mourut saint Mar Théodore, patriaj'che 
d'Antioehe. Il eut pour successeur saint Mar Sévère Bar-Maska-. 

[A Édesse, l'évêque Mar Jacob succéda à Cyriaque^] 

A cette époque brilla le Perse Aaron, surnommé l'Interprète 
perse . 

L'an 988 (070-677), Mo'awia, roi des Arabes, mourut et eut pour 
successeur Yézid qui régna trois ans et demi. 

[10] L'an 990 (078-079), le dimanche trois du mois de nisan 
(avril), eut lieu un grand et violent tremblement déterre qui ren- 
versa Batna-Saroug, ainsi que l'église Ancienne d'Édesse, dans 
laquelle une foule nombreuse périt. 

L'an 992 (080-081), mourut Yézid, roi des Arabes, et Merwan 
régna à sa place pendant un an^ 

La même année mourut Constantin, empereur des Romains, au- 
quel succéda un autre Constantin pendant seize ans". 

L'an 993 (082-083), mourut Merwan, roi des Arabes; il eut pour 
successeur 'Abd el-Malik qui régna vingt et un ans. Sous ce règne 
eut lieu une dissension qui dura neuf ans pendant lesquels les 
Arabes, refusant d'obéir à un seul chef, ne cessèrent de se faire la 
guerre et de répandre les maux. 

1. C'est le lieu appelé par les Arnbes S'///? ou Sijfin. Théophane transcrit 
SaTicp'v. Voir fiist. du Bas-Em/iffc, t. XI, p. 3?;!. n 3. pour le site exact 
de ce lieu. 

2. Cfr. BarHkbr/eus. Chron. ercl.,l, 282-288. 

3. Cette mention est ajoutée à la marge du ms. Elle doit se lire ici. Cfr. 
Rcnœ Criti.gne, 1!) juin 1803. p. 48ô. — Entre Cyriaque et Jacques, il faut 
placer un certain Daniel. Cfr. Hist. d'Édesse, p. 211. 

4. « Maviam Jazidi et Abdallam Zobairi filios omittit Dionysius eorumque 
imperii annos ad Mervani principatura refert. \'ide Thoopbanem adann. 
Const. Pogonali 15, ubi ortos inter Arabes post Jazidi obitum tumultus 
narrât. » Assemani, Bihl. o/-.,lI, 104. 

5. H est. du Bas-Empire, t. XI, p. 404. 



10 CHRONIQUE 

L'an 994 (682 683), saint Mar Sévère Bar-Maska mourut et le 
siège patriarcal resta vacant pendant cinq ans, à cause de la dis- 
corde des évèques. 

L'an 999 (687-688), saint Athanase fut élu patriarche \ 

L'an 1002 (690-691), la paix régna, et toute la région consentant 
à reconnaître Abd el-Malik pour souverain, il monta sur le 
trône. 

L'an 1003 (691-692), Abd el-Malik fit le r«'c?//\ c'est-à-dire im- 
posa les Syriens. Il fit paraître un édit sévère pour que chacun 
allât dans son pays, à son village d'origine, y faire inscrire son 
nom, le nom de son père, sa vigne, ses oliviers, ses bfens, ses en- 
fants et tout ce qu'il possédait. Telle fut l'origine du tribut de 
capitation ; telle fut l'origine [ 1 1 J de tous les maux répandus sur les 
chrétiens. Jusqu'alors, en effet, les rois prenaient le tribut de la 
terre, mais non des hommes. Dès lors les enfants de Hagar 
commencèrent à imposer la servitude égyptienne aux fils d'Aram. 
Mais, malheur à nous ! parce que nous avons péché les esclaves 
régnent sur nous. — Ce fut là le premier cens que firent les 
Arabes ^ 

L'an 1014 (702-703), mourut 'Abd el-Malik, roi des Arabes, après 
un règne de vingt et un ans, y compris les neuf années de discorde. 
Walid régna à sa place pendant neuf ans. 

L'an 1015 (703-704), mourut saint Athanase, patriarche d'An- 
tioche, auquel succéda saint Mar Julien *. 

L'an 1016 (704-705), il y eut une grande et violente peste sur la 
terre, de sorte que les hommes ne pouvaient suffire à enterrer les 
morts. Elle sévit surtout dans la région deSaroug. Dans ce fléau 
soixante-douze hommes moururent dans le seul monastère de 
Mar Silas \ 

1. Bar Hebk.^îus, Chron. écries., I, 288. 

2. « T a' cU l quod œqaatio/iem significat . . .nwnc charaf/ium appellant. » 
AssE.MANi, Bihl. or.. II, 104. 

i. L'assertion de Denys ne parait pas exacte. Cfr. /-/ts?. d'Édesse, p. 228, 
n. 2. — C'est 'Omar qui établit dans les provinces conquises l'impôt de 
capitation. Bah Hkbr.eus l'afïirnie [Chron. syr.. p. 10;^. Cedrenus et 
Tiii':opnANK sont daccord avec lui sur ce point. Apskmani (Bihl. or., II, 104) 
et Lriieau (///.</. du Bas-Empire, t. XII, p. 23) ont donc tort de mettre 
le fiiit en doute. On n quelques exemples de villes ou de provinces dans 
lesquelles les chrétiens furent exemptes «le cet impôt. C'est sans doute ce 
qui aura induit Denys en erreur. 

4. Bah llKan.KVë, Chron.. eœl., 1. 294. 

5. Ce monastère était situé dans les environs de Saroug. Cfr. ci-dessus, 
p. 7, n. 2. 



1)1-; DMNYS l)l-; IKI.I.-MAF.IRI': 11 

L'îlii l008(60()-r)07), moiiiuK 'oiislaiiliii, (iiiipcrcurdcs Koiii.iins; 
il out i)our successeur Justiuieu qui iy^um dix ans V 

L'an 1017 (705-700), un synode se réuni 1, dans lu monastère de 
Mar Silas. Les principaux membres de ce synode sont connus : U) 
patriarche Julien; Thomas, évéque d'Aniida, et Jacques [6vêqu(i] 
d'Kdessc, rinter|)rète des livres. Ce saint Mar Jacques, évéque 
d'Mdesse, est célèbre*. 

L'an 1018 (70(3-707), moui-ut .luslinicn, empereur des Ronmins; 
il eut pour successeur Léonce qui régna trois ans -^ 

L'an 1019 (707-708), saint Mar Julien, patriarche d'Aniioche, 
mourut; Mar Elias lui succéda*. 

[12] L'an 1020 (708-709), eut lieu un nouveau cens qui fut ajouté 
au premier, ce qui augmenta beaucoup les maux. 

L'an 10,21 (700-710), mourut saint Mar Jacques, évéque d'Édessc, 
auquel succéda Mar iL^-bib'- 

En ce temps florissait saint Mar Thomas le Stylite, de Tela ^ 

L'an 1022 (710-711), mourut Léonce, empereur des Romains, à 
la place duquel régna, pendant sept ans, Tibère-Apsimare \ 

L'an 1023 (711-712), mourut Walid, roi des Arabes; il eut pour 
successeur Soliman qui régna deux ans et demi. 

L'an 1024 (712-713), mourut saint Mar Thomas, évéque d'Amida; 
Mar Théodote lui succéda. 

Après Apsimare, empereur des Romains, Justinien régna six 
ans; après lui Philippique régna trois ans; ensuite Anastase deux 
ans, enfin Théodose-Constantin un an. Ce dernier occupait le 
trône lorsque Maslamah envahit le territoire des Romains. Les 
années de règne de ces empereurs romains additionnées ensemble 

1. Hist. du Bas- Empire, t. XL p 460. 

2. Tout ce qui concerne ce célèbre écrivain a été très bien résumé par 
Wright, Sy/-. Lit., pp. 141-154. — Du val, Histoire d'Édesse, pp. 241-251, a 
complété cette notice. On trouvera dans ce dernier la bibliographie très 
complète de Jacques d'Édesse. 

3. Hist. du Bas-Empire, t. XII, p. 34-38. 

4. Bar Hebr.^us, Chron. eccl., T, 298. 

5. En réalité Habib ne succéda pas à Jacques. Ce dernier ayant été obligé 
de quitter l'ôpiscopat pendant, vingt ans, en 688, il fut remplacé par Habib, 
et à la mort de celui-ci. en 708, il revint à Mdesse, en qualité d'èvêque et 
monrut quelques mois après. Il eut pour successeur Gabriel. Cfr. Duval, 
op. cit., pp. 24.") et 253. 

6. « Tela vel Tela Mauzalet urbs erat Mesopotamiae aequali fere itinere 
ad orienlem a Nisibi, ab Amida ad septentrioneni distans. » Assemani, Diss. 
de Si/ris monoph., p. 114. Plus exactement entre Nisibe et Édesse. C'est 
l'ancienne Antoninopolis Constantina. 

7. Hist. du Bas-Empire, t. XII, p. 47. 



12 CHRONIQUE 

forment la somme do douze ans; cette supputation est faite à une 
année près, en plus ou en moins. Les Arabes ne comptent que 
les lunes et non point les mois comme les Syriens; môme la 
plupart des écrivains ne font point de chronologie intégrale, mais 
comptant seulement les années de règne, ils omettent les temps 
de discorde entre deux règnes. Quanta moi, j'ai agi de même dans 
ce chapitre, pour que l'esprit du lecteur ne soit point troublé \ 

[13] L'an 1028 (716-717), Maslamah pénétra dans l'Empire 
romain. Les troupes innombrables des Arabes se réunirent et com- 
mencèrent à envahir le territoire des Romains. Tous les pays de 
l'Asie et de la Cappadoce prirent la fuite devant eux, ainsi que 
toute la région du littoral. 

Ils pénétrèrent dans le mont Maurus - et le Liban, jusqu'à Méli- 
tène, et sur le fleuve Arsanias', et jusqu'à l'Arménie intérieure*. 
Toute cette région était remarquable parle nombre de ses habitants 
et l'abondance de ses vignes, de ses céréales, de ses magnifiques 
arbres de toute espèce. Depuis lors elle est dévastée, et ces contrées 
ne sont plus habitées. 

Quand l'empereur vit cette multitude qui venait contre lui et 
qu'il apprit que son général, Léon, avait fait un pacte avec eux, 
son cœur trembla et ses mains faiblirent. Il abdiqua le trône, dé- 
posa la couronne et se fit raser la tête. C'est en effet l'usage que si 
un empereur romain abdique, il se fasse raser la tête et habite en- 
suite dans sa maison sans avoir de cour. Ainsi fit celui-ci. Léon lui 
ayant mandé : « Prends courage et ne crains pas, » il ne se laissa 
pas convaincre, mais il s'obstina à abdiquer l'empire. 

Or, ce Léon était un homme de cœur, fort et belliqueux. Il 
était Syrien de race et originaire de ces confins. A cause de sa va- 
leur on l'avait fait général. Par son habileté, il empêcha que la 
terre bût le sang des hommes. Il fit un pacte avec Maslamah, lui 
promettant de le faire entrer sans combat à Constantinople. Celui- 
ci, confiant dans la promesse de Léon, ne combattit plus, ne fit 
aucun captif, se dirigea vigoureusement vers Constantinople et vint 
mettre le siège devant cette cité. Léon étant entré dans [14] la 

1. Cfr. Hisf.. (la na.^-Eni/>irc, 1. XII, p. 60. 83, 91, 102. 

2. \.G molli Mamus ou Montagn»^ Noire répond à rancien .\manu.sau 
nord (rAiilioche (Sacmmi, Zur /n'st. r.rn</r. ron i\or</-Si/ffri), p. l:^). 

.3, Les ancifMis .ippelairnl ainsi « un<^ grande rivière qui se jette dansl'Eu- 
phrate »; c'est en n'alitè la partie oiimiale du fleuve, le Mtmrad-trhai^ 
que les .Arméniens nommaient Araflsani. 

•4. 8ur les divisions gèograi)hi(iUCS de l'Arménie, cfr. Sain i Mai: riN. 
Mcm., I, 17, 23 sqq. 



i)i«: DKNYs i)b: riii.i -mafifm': 13 

villoot voyant ({lie les ItonuiiiisnlaioiiL doses j3»;r('^s otquc l'emp(;reur 
avait .'ibtiiqu''^ il (v\eita l(Uir eourago : " Ne cr'aigne/ [)oint, » lr;ur 
(lit il. Ceux-(;i eoiisidéraiit sa bravoure et craignant (^u'il ne l(;ur 
reproclirit ce (juils avai<Mit fait an jn-éoédent (nnpereur, l(i prirent 
lui-même pour le iaii*e empcM'ciii' '. 

En ceignant la couronne imi)ériale, il revêtit aussi la force et le 
courage, il consolida le mur de la ville. Il envoya une armée pour 
couper les rout(^s pouvant livrer passage* à un(^ armée venant d(; 
Syrie; il lit aussi détruire le pont d(; bateaux et b^ coupa. 

Les Arabes et toute leur armée se trouvèrent ainsi enfermés comme 
des prisomiiers. Maslamah ordonna de planter de la vigne, mais 
une grande et violente famine sévit parmi eux, à tel point que 
le pain manquait dans tout le camp et qu'ils mangeaient leurs 
bètes de somme et leurs chevaux. Quand Maslamah demandait 
à Léon : (( (3li est le serment que tu m'as fait de me faire entrer dans 
Constantinople sans combat? » celui-ci répondait tranquillement : 
« Attends quelques jours jusqu'à ce que les grands de l'Empire 
me soient soumis.)) Ils restèrent ainsi sans combattre dans leurs 
positions respectives, les uns à l'intérieur, les autres à l'extérieur, 
pendant environ trois ans-. La famine s'accrut tellement chez 
les Arabes qu'ils mangeaient leurs souliers et les cadavres des 
morts, et qu'ils s'attaquaient mutuellement, au point que personne 
n'osait aller seul. 

Tandis que Maslamah pressait constamment Léon : (( Tiens ta pro- 
messe, ou je combattrai,)) la nouvelle arriva que le roi des Arabes, 
Soliman, était mort et que 'Omar [II] lui avait succédé. Or, 'Omar 
leur envoya une lettre: « Sortez de là, de peur que vous ne périssiez 
par la famine, vous et tout ce qui est avec vous. )) Maslamah, après 
avoir reçu [15] cette lettre, demanda à Léon de pénétrer dans la 
ville pour la visiter. Il y entra avec trente cavaliers, y circula trois 
jours et admira les œuvres royales. Les Arabes se retirèrent ainsi 
de là et s'en retçurnèrent sans avoir rien fait. Ils parvinrent à une 
certaine ville nommée Tounou ^; le préfet de la ville les voyant 
aflfamés, émaciés, affaiblis, conçut du mépris pour eux et fit dire à 

1. Sur l'abdication de Théodose et ravènement de Léon. v. Hist. du 
Bas-Empire, t'. XII. p. 108. 

2. Le siège ne dura qu'uu an et fut levé le 15 août 718. Cfr. Hist. du 
Bas-Empire, t. XII, p. 123. 

3. Vraisemblablement Tyaue, eu Cappadoce. V. Tlies. syr. ad h. v. — 
Denys paraît rapporter ici des événements qui se sont passés au moment 
de l'invasion des Musulmans. Leur retraite fut au contraire on ne peut plus 
désastreuse. Cf. Histoire du Bas-Empire, t. XII, pp. 65 et 123. 



14 CHRONIQUE 

Léon: « Envoie-moi une armée et je les attaquerai en cachette. » 
Mais ce dessein ne leur échappa point. Quand ils apprirent qu'une 
armée venait derrière eux, un des chefs des troupes arabes, un des 
principaux d'entre eux, appelé Abbas, dit à Maslamah : « Donne- 
moi une armée, que j'aille au-devant d'eux avant qu'ils arrivent, 
de peur qu'ils nous enveloppent et nous fassent disparaître de la 
terre, et que notre fin soit pire que tout ce qui nous est arrivé dans 
cette route. » — Il prit donc une armée considérable et alla au-de- 
vant d'eux. Ceux-ci marchaient en groupes séparés, n'étaient point 
encore préparés au combat et ne savaieni rien de cette armée des 
Arabes qui venait au-devant d'eux. Abbas descendit avant eux 
dans un grand pré, dans lequel eux mêmes se disposaient à cam- 
per ce jour là. Il plaça l'armée entière en embuscade, dans des 
fossés et des îlots de roseaux qui se trouvaient là. 

Les Romains vinrent à leur tour, et descendirent dans le pré, ne 
sachant rien et ne s'apercevant pas même de ce qui avait été fait 
par les Arabes. Ils établirent leur camp et chacun envoya sa mon- 
ture au pâturage, comme c'est l'usage dans l'armée. Alors les 
Arabes sortirent de leurs embuscades et des creux dans lesquels 
ils se tenaient enfermés autour du pré. Au signal convenu entre 
eux, ils se précipitèrent sur les Romains qu'ils cernèrent, et ils les 
firent tous passer au fil de Tépée. Aucun de ceux-ci ne leur 
échappa. Or, les Romains étaient environ soixante mille. Après 
avoir dépouillé les morts, les Arabes retournèrent vers leurs com- 
pagnons. 

[16| Une autre armée romaine qui venait par derrière, ayant 
appris ce qui était arrivé à la première, fut saisie de terreur et s'en 
retourna. Quant aux Arabes, après avoir pillé et butiné tout ce 
qui se trouvait à hnir portée, ils sortirent de cette contrée et vinrent 
en Syrie. 

L'an 1032 (720-721), qui était la première année de 'Omar, roi des 
Arabes, et la quatrième de Léon, empereur des Romains, Maslamah 
.sortit du territoire de ces derniers, après avoir pillé et dévasté toute 
cette région qu'il changea en un désert aride. 

J'omets plusieurs faits qui arrivèrent dans cette campagne pour 
ne pas trop allonger cette histoire. 

A cette époque llorissaient le patriarclK.^ l'.lias.Mar Habib, [évêque) 
d'Édesse, Siméon de I.Iarran et Théodote d'Amida. 



DE DKNYS L)l-: TICLL-MAlIRl'': 15 



J)ii sif/fii' jinnUificAix opcn''. par saint Mai' I hihih, rrrtjiic 

(( l);uis le Iciiips pivs(MiL il csl hoi» de ciicliei' le secrel du roi, 
mais il convient en loiU temps de publier et de faire connaître à 
tout le inouile les merveilles du Seigneur \ » 

Il ne sera j)()iiit «Hr;iuge, e( les oreilles des auditeurs ne seront 
point froissées, si je rapjjorte iei un prodige que la puissance de 
Dieu a op«'iré de nos jours par un de s(;s apôti-es. 

II y avait dans cette armée un Arabe, qui, lorsque ceux-ci vou- 
lurent envahir le territoire des Romains, vint loger au saint 
monastère de Mar IlabiP, dans la région d'Édesse. Voyant que le 
portier de ce couvent était un honmie craignant Dieu, humble, 
bienveillant et orné de toutes les vertus divines, il lui confia une 
somme d'or considérable en lui disant: [17] (( Garde-moi cela; si je 
reviens vivant, je n^prendrai mon bien; si tu apprends que je suis 
mort, distribue-le aux indigents.» Il quitta ensuite ce lieu. 

Le moine accepta le dépôt, et ayant pris le trésor, il creusa la 
terre pour l'y enfouir, sans faire connaître la chose à qui que ce 
fût. Les Arabes restèrent longtemps, et après un espace d'environ 
trois ans, il arriva par la permission du Créateur, qu'avant que 
les Arabes sortissent du territoire des Romains, le portier sortît 
de ce monde troublé. Mais il ne fit pas même alors connaître son 
secret. 

Or, le propriétaire du dépôt revint et s'informa de cet homme. 
On lui dit qu'il était mort. « Donnez-moi, reprit-il, ce que j'ai laissé 
entre ses mains. » — (( Nous ne savons absolument rien de ce dont 
tu parles, dirent les moines ; il n'a jamais parlé de cela ni fait de 
recommandation à quelqu'un de nous en disant: J'ai quelque chose 
qui appartient à autrui. » 

Or, cet homme était puissant et il pressait vivement les 
moines : « Donnez-moi mon bien, sinon je dévaste votre monas- 
tère. )) Comme il s'agissait d'une somme considérable, ils étaient 
fort embarrassés. Le gouverneur les força de vendre tout ce 
qu'ils possédaient et d'en livrer le prix à cet homme. Et si 
cette somme ne suffisait pas pour les libérer, les moines eux-mêmes 

1. ToBiK, xn, 7. 

2. Il y avait plusieurs monastères de ce nom en Mésopotamie. Le site 
exact de celui dont il est ici question est difiBcile à déterminer, car il n'en 
est pas parlé ailleurs. 



16 CHRONIQUE 

devaient être vendus jusqu'à ce que la dette fût soldée. Tout le 
peuple de la ville et la contrée entière, en apprenant l'arrêt sévère 
qui avait été édicté contre les pieux moines, conçurent une vive 
douleur de ce qu'on voulait vendre, comme esclaves, leurs frères 
et leurs enfants qui, du renoncement au siècle, devaient passer à 
la servitude chez les païens. 

L'évèque de la ville, le chaste Mar Habib, ressentit une grande 
peine en voyant ses frères sur le point d'être conduits en esclavage, 
et après avoir répandu des larmes d'angoisse près du Sauveur, il 
monta à cheval et alla au monastère accompagné d'une foule nom- 
breuse des notables delà ville et de la contrée, [18] afin d'intercéder 
auprès de cet homme. Ils essayèrent longuement de lui persuader 
d'attendre que les moines eussent quêté de toute part pour réunir la 
somme demandée, mais il ne consentit pas: (( Ils ont mon bien, 
disait-il, qu'ils me donnent ce qui est à moi et je m'en irai. » Et 
ceux-ci, de leur côté, lui assuraient toujours avec des serments et 
des gémissements qu'ils ne savaient rien de son or; mais il ne les 
croyait pas. 

Saint Mar Habib, était embarrassé de tous côtés, les uns disant: 
Nous ne savons rien, l'autre n'acceptant point cela. H revêtit alors 
la cuirasse salutaire de la viaiefoi du Seigneur et, marchant sur les 
traces de celui qui à Béthanie demandait, en parlant de Lazare' : 
(( Où l'avez-vous mis? n il prit l'encens avec l'encensoir, et s'en 
alla au cimetière du monastère sans permettre à personne de l'ac- 
compagner. Il s'en alla donc et s'arrêta sur le sépulcre dans lequel 
on avait déposé le bienheureux moine. Là, s'étant agenouillé, il 
pria; puisse levant, il offrit l'encens et fit monter devant le Sei- 
gneur la suave odeur des larmes de son cœui'. Debout à la porte 
du sépulcre, avec cette foi imperturbable qui opère comme Dieu 
des prodiges, il éleva la voix et dit : u Un tel, au nom de Xotre- 
Seigneur, lève-toi ! » Celui-ci se dressa en entendant cette parole 
et se plaça en face de lui avec un visage joyeux, comme s'il n'avait 
jamais connu la corruption du tombeau. Habib lui (\n : « Mon fils, 
dis-moi si Maître un tel d'entre les Arabes t'a confié quelque 
chose au moment où il partait pour entrer dans le territoire des 
Romains?» — u Oui, seigneur, » répondit le défunt. — ((Combien?» 
demanda l'évèque. — « Tant de milliers de mines, » répondit le 
mort. — (( Où sont-elles? » demanda Habib. — Le mort répondit : 
« Je l'ai enfoui entre les portes mêmes du monastère, sous tel 
siège. D'ailleurs, si tu l'ordonnes, j'irai moi-même et je lui rendrai 

1 Jla\ \i ' I. 



1)1-: OMNYs Di'i 'ri:i,i.-MANiii''; 17 

son hion. » I/(''vA(|iio riiilorrogfi.i do n()uv<';iu : (( Y .l l-il (l;iiis le 
monastère, (mi doliors (h; loi, quohjirun (jiii s.'iclio oiiostcet or? — 
(( Non, snij^iKHir, » n^pondit-ii. — !.(» saint, lui [19|dil alors : « Le 
toinpsd(» l;i i'('îsurro,ctioii d(vs morts n'est p;is (mcorc venu, repose-toi 
niîiintenant jnsqn'à ce que la. voix d(^. Ion Sci^nicnr t'ordonne d(; te 
lever. » Aussitôt celui-ci changea et redevint tel (ju'il /'lait aupara- 
vant. 

Le saint, ainsi instruit de rafTairc par le mort, revint et ordonna 
d'apporter une cogni^e. Il alla vers le lien cpii lui avait été désigné 
par le défunt, et s'arrêtant là, il commanda de renverser le siège, 
de creuser et de chercher dessous. On exécuta son ordre, et il 
trouva ainsi l'or qu'il rendit à son propriétaire, et procura de la 
sorte la délivrance du saint monastère. 



L'an 1034(722-723). 'Omar [II], roi des Arabes, mourut après un 
règne de deux ans et quatre mois II eut pour successeur Yézid [II] 
qui régna quatre ans. 

L'an 1035 (723-724), Yézid ordonna de déchirer toutes les images 
en quelque lieu qu'elles se trouvassent, soit dans les temples, soit 
dans les églises, soit dans les maisons ^ . C'est pourquoi il envoya des 
ouvriers chargés de détruire les images partout où elles se trouvaient. 

L'an 1036 (724-725) Yézid ordonna encore de mettre à mort les 
chiens blancs, les pigeons blancs et les coqs blancs. 

Ainsi fut prononcé un décret rigoureux et les animaux muets 
qui étaient innocents furent détruits. Les places des villes et des 
bourgades étaient infectées par l'odeur de leurs cadavres. Et, 
tandis qu'il est écrit' : « Croissez, multipliez, remplissez et occupez 
la terre ; que les oiseaux volent dans le firmament ; que les ani- 
maux se multiplient sur la terre, » ceux-ci, contrairement à l'ordre 
de la création, les faisaient périr. Ils voulurent détruire parleur 
cruauté ce qui avait été formé dans le sein maternel selon le 
principe de la création, et établi par la volonté du Créateur selon 

1. « Hujus edictum occasio narraturin ConciU Niceno II Act. 6; idque non 
extremo Jazidi anno contigit ut ex corrupta laudati concilii versione tradit 
Baronius ad ann. 723... sed secundo imperii ejus anno, ut habet altéra emen- 
datior ver.sio, in qua sic legitur « qutun hoc egisset Ezidus non plus quam 
duobus annis et dimidio vivens defunctus est. » Assemani, Bibl. or., II, 105. 
— Cfr. Hist. du Bas-Empire, t. XII, p. 133. 

2. Gen., i, 22-24. 



18 CHRONIQUE 

son bo!i plaisir, en s'efforçant d'anéantir l'ordre du Créateur et 
d'empêcher le monde de marcher selon les lois qui lui ont été 
imposées par son auteur. 

11 ordonna encore de mettre à mort tous les hommes [20] blonds \ 
Mais ce projet avorta grâce au soin d'hommes craignant Dieu, et 
il ne causa la mort de personne. 

Il prescrivit aussi qu'on ne reçût point le témoignage d'un Syrien 
contre un Arabe. Il fixa le prix [du sang] d'un Arabe à douze mille 
[dinars] et celui d'un Syrien à six mille '. C'est là l'origine de ces 
lois perverses. 

11 commanda de couper aux voleurs la manche au lieu du 
poignet Les Arabes le méprisèrent, lui et ses préceptes. 

L'an 1038 (726-727), mourut Yézid. Il eut pour émirs en Méso- 
potamie d'abord Abourin, qu'il chassa, et ensuite Mardas. Celui-ci 
ayant été disgracié à son tour, Abourin revint. 

L'an 1039 (727-728), Hisam, fils de 'Abd el-Malik, régna sur 
les Arabes pendant dix-neuf ans et quatre mois. 

L'an lOiO (728-729), saint Mar Habib, évêque d'Édesse, mourut; 
Constantin lui succédai 

A cette époque brillaient saint Mar Elias le ))atriarche, Siméon, 
évéque de Harran, Constantin d'Édesse, et Théodote d'Amida *. 

Sur saint Théodote, évèqiie d'Amida. 

Ce saint Théodote, évêque d'Amida, avait grandi dans la loH- 
tude et dans les liumbN^s labeurs du monachisme auxquels il s'était 
constamment adonné, et qu'il aimait : c'était un homme pacifi(iue, 
bénin, et orné de toutes les vertus divines : aussi abdiqua-t-il 
l'épiscopat de la ville. Il se retira donc de son siège et, quittant la 
cité, il descendit dans la région de Daia, entre l):ini et Amida. 
Marchant sur les traces de Mar [2l] Thomas, de Téla, il se cons- 
truisit là une colonne sur hiquelle il monta. Il bàiit aussi dans ce 
même lieu un grand monastère : celui mêni<* <|ui existe encore à 
côté du village appelé Qalouq^; c*est là qu'il finit sa vie. 

Après lui saint Mar Cosme reçut l'épiscopat. 

1. Liltéralonicnt: 1rs hnmtnef^ atijr yru.c hlvtni. 

2. ThéophaiK' («i<l anii. 1 Léon. Is.) rapporte ces Odils a Om.ir. 
:\. Cfr. DiivAL, HUt. (PÈdcsse, p. 2ô4. 

1. C'est un des saints les plus cél<*bres «les ,Iaeobiles Ils honorent sa 
mémoire le IG août. 
h. AsstîMANi {nihl. or.. Il, 10<», i^L'.S) transcrit iulur. 



1)1-: UMNYs hi-: 'n:i.i. MAHid': 10 



Suf sdifil Mdf Connu:, écof/ue d'Ar/iicia. 

Ce saint Mai- ("osmo (UaiL aussi un grand cc'uiobile appliqué à 
toutes les vertus : aussi fit-il des prodiges et des niirael(;s eornine 
Elle le Tesbite et eonune les premiers apôtres. M;iis parce qu'il 
était zélé et reprenait l(;s grands aussi bien que les petits, il nNHait 
pas aimé des seigncnirs de la ville, car il leur reprochait vi- 
vement, sans dissimulation et sans faire acception d(,' p(;rsonne, 
les œuvres perverses qu'ils opéraient continuellement; et ils crai- 
gnaient qu'il ouvrît la bouche pour les maudire;, car c'était un 
homme austère. Us n'osaient pas s'insurger ouvertement contre 
lui ; c'est pourquoi ils excitèrent les habitants des villages à 
ne point le recevoir lorsqu'il irait les visiter, pour avoir par là 
un motif de le chasser de leur ville. Mais cela ne leur pro- 
lita en rien, pas plus qu'à ceux qui suivirent leur conseil. 

Lors donc que, selon la règle établie par les anciens, il partit vi- 
siter la région, ne sachant rien des embûches qu'on lui dressait, il 
parvint à un village nommé Tell-Dakoum ', dont les habitants 
étaient des contempteurs. Quand il sonna la cloche, selon l'usage, 
ceux-ci se réunirent et ne voulurent point le recevoir ; ils ne le jugè- 
rent pas même digne de la parole d'un homme, mais ils lui en- 
voyèrent dire par une [22] vieille femme : « Va-t'en honorablement 
et passe ton chemin, sinon tu ne sortiras pas d'ici sans avoir été 
maltraité. » Ces hommes pervers « ne savaient pas et ne compre- 
naient pas, car ils marchaient dans les ténèbres- )), que la parole 
de Notre-Seigneur à ses Apôtres ne peut rester sans effet : « Celui 
qui vous reçoit, me reçoit. Si quelqu'un ne vous reçoit pas, secouez 
la poussière de vos pieds en témoignage contre lui. On sera plus 
indulgent pour Sodome, au jour du jugement, que pour ce lieu ^ » 
Le saint, instruit de leur malice par cette vieille, ordonna à son 
disciple de changer la direction du char sur lequel il se trouvait et 
de le faire passer au sud du village. La parole prophétique^ : (( Le 
fou ne sait pas et l'insensé ne comprend pas, » s'accomplit sur ces 
misérables. 

Ce premier péché ne leur suffit pas ; mais ils montèrent à la porte 

1. Thilaticomum dans Vltinéraii-e d'Antonin. 

2. Ps., Lxxxii, 5. 

3. Cfr. Matth., X, 14 ; Luc, ix, 5 ; x, 10. 

4. Ps., xcii, 6. 



20 CHRONIQUE 

de leur église qui était placée sur la hauteur pour se moquer du 
saint et voir ce qu'il allait faire. 

L'homme courageux, en voyant tout leur mépris, ne fut point 
troublé; mais, ceint de la foi et de la confiance en son Seigneur, il 
continua sa route et passa outre. Arrivé à la limite orientale du 
village, il fit arrêter son char, tira ses souliers, et les élevant dans 
la direction du bourg, les secoua sur lui en disant : (( Puisque tu 
ne reçois point ton évoque, attends, idole, la colère de Dieu t'attein- 
dra bientôt et sans tarder. » Puis, continuant rapidement sa route, 
il passa au village qui se trouve à l'Orient et qui s'appelle Tarrail- 
Raba'; il venait en effet de l'Occident. 

C'était au temps de la moisson des orges et aucune apparence 
de nuage ne couvrait le ciel ce jour-là. 

La colère divine s'empara subitement et sans tarder du malheu- 
reux village qui avait voulu être un instrument d'iniquité entre les 
mains des grands de la ville, [23J afin qu'il devînt un sujet de crainte 
et de terreur pour la contrée et pour tous ceux qui osent mé- 
priser leurs évêques, et qu'il servît d'avertissement aux générations 
futures. 

Il entra dans larmil. Et voici que les nuées montèrent sur le 
village. Pendant que les habitants s'empressaient çà et là, une 
tempête et un soufile de vents \ iolents à renverser les montagnes 
s*éleva contre lui. Il tomba une grêle semblable à des pierres, qui 
frappa leurs vignes et leurs figuiers, brisa les arbres de leur terri- 
toire et détruisit dans leurs champs tout ce qui était vert, réduisit 
leurs récoltes en poussière, au point qu'on ne reconnaissait pas 
leur place, et dispersa aussi leurs meules, de sorte qu'ils ne purent 
les recueillir et que tout espoir de vivre fut perdu pour eux. 

Les contempteurs, en voyant ce qui leur était arrivé : a Leurs 
paroles étaient encore sur leurs lèvres et la colère de Dieu monta 
sur eux', » comprirent que la colère de Dieu pesaitaussi sur eux, et 
ils s'éveillèrent comme d'un profond sommeil, comme un ivrogne 
qui a cuvé son vin; ils se rappelèrent ce qu'ils avaient fait à leur 
évêque et reconnurent que ce fléau leur ariivait parce qu'ils 
l'avaient méprisé. Ils furent d'autant mieu.x confirmés dans cette 
opinion que le fléau n'avait pas dépassé les limites de leur village. 

C'est pourquoi ils sortirent tous, petits et grands, et s'en allèrent 

1 11 y avait un nionastV'rc dans un lieu appolo Tarmol, situé à dcu.x 
sladesdc Dara (As.sKMANi, Bibl. or.. II. 01). Mais ce lieu parait, trop éloigné 
d'Amula pour pou\ oir «Hre identifié avec celui dont il est question. 

2. Cfr. P.-*., i.xxviir, 30. 



dp: nr-NYs dm ri-.M.-MAF.nu': 21 

j)i(Hls nus, hiiinblcMiioiil,, plcnrniit .iiiirrciiK-'iiL (;l (îouvcmIs de lionUî, 
jusqu'jiii villa;<c où se trouv.iil, ^('^v^<^u(^ Lo saint <'n les voyant, 
comme autn^fois Islis(!(', en pi^sr^ioc dos enfants quo los ours d/ivo- 
rèront ', fui pi'ofondênKuil allli;<('', sniloul, de ce <|ii(; !<; fl(5au avait 
diUruil, loul. ce ((u'ils possédaient. 11 s'en revint avec eux et pria 
pour tnix. 

De cette nlani(^ro Dieu réj)andit sa crainte et sa terreur sur tout(; 
la eontr(^o et sur les grands de la ville, d(^ sorte que, quand l'évéque 
quituit le village [24] où il résidait, les habitants des autres villages 
venaient tous, grands et petits, humblement au-devant de lui. 



A saint Mar Élie, patriarche d'Antioche, succéda saint Atha- 
nase'. 

L'an 1042 (730-731), Maslamah franchit la Porte des Turcs \ 
Parce que les lluns, c'est-à-dire les Turcs *, étant sortis de leur pays, 
firent un mal immense dans l'Arménie et dans toute la contrée 
septentrionale, Maslamah marcha contre eux avec une armée 
innombrable. Chaque année ils sortaient ainsi et causaient de 
grands dommages. Il s'avança donc vers eux et eux vinrent au- 
devant de lui. Il leur livra bataille et en détruisit un grand 
nombre. Ceux-ci furent effrayés, et vinrent à ses pieds lui de- 
mander la paix. Il la leur accorda, pensant qu'ils gardaient leur 
parole. 

La même année, Maslamah détruisit cette Porte qui se trouvait 
à l'entrée du territoire des Turcs, parce que, enfermés dedans, ils 
lui avaient livré un combat ; mais il craignit de s'aventurer dans 

1. // Rcg., II. 

2. Bar Hebr.eus, Cliron. eccl., I, 299. 

3. 11 s'agit du célèbre défilé de Derbead, aussi appelé la Porte de fer, et 
la Porte des portes et Porte des Alains par les Arabes. Les Arméniens 
l'appellent Porte de DJor ou de Tzour. Le nom de Portes caspienncs 
que lui donnent beaucoup d'auteurs ne lui convient pas; il désigne proprement 
le grand défilé de l'ibérie qui traverse la chaîne du Caucase, des sources 
du Térek à Tiflis. 

4. Plus exactement l«s Khazares ou Alains. Dans le récit de cette 
expédition que Denys raconte aux années 1042 et 1043, l'auteur parait avoir 
confondu divers événements et il a certainement interverti l'ordre chronolo- 
gique de plusieurs faits. On trouvera le récit de ces campagnes très bien 
résumé par Saint-Martin (Hist. du Bas-Empire, t. XII, pp. 165-169). 



22 CHRONIQUE 

la région inconnue qui appartenait aux Turcs, de peur qu'ils ne se 
réunissent contre eux et ne les fissent disparaître de la terre. C'est 
un peuple sans Dieu et ils sont mages. A cause de cela, Maslamah 
fut contraint d'ordonner la destruction de cette Porte des Turcs qui 
avait été construite par Alexandre le Macédonien '. Ils déta- 
chèrent et firent sortir d'abord tous les chameaux, puis les ânes, 
ensuite les ouvriers, enfin ils sortirent eux-mêmes, en jetant 
des ronces derrière eux dans tout le défilé. 

L'an 1043 (731-732), Maslamah rassembla une grande multitude 
[25] d'aitisnns, de charpentiers etd'ouvriers, fit tous les pn^paratifs 
nécessaires pour une construction, et alla n'édifier la Porte des Turcs 
qu'il avait détruite l'année précédente. Après l'avoir rebâtie, il fit 
avec ceux-ci un traité confirmé par serment, d'après lequel il était 
convenu que personne d'entre eux ne franchirait la frontière de son 
allié. Il revint ensuite: mais les Turcs qui ne connaissent point 
Dieu, qui ne comprennent pas qu'ils sont ses créatures, qui n'ad- 
mettent point qu'il y a un Dieu au ciel, ne tinrent pas leur pro- 
messe. Ils méprisèrent Dieu, se moquèrent du serment, passèrent 
la frontière et firent beaucoup de mal dans la contrée qui était 
hors leur territoire. 

Ilisam envoya contre eux son général Girah ' avec un grand 
nombre de cavaliers. 

Celui-ci entra dans le pays au temps de la moisson et fit par 
son passage beaucoup de tort dans cette région, car c'était un homme 
déréglé. Se sentant fort, il n'était pas juste; il dévasta les récoltes 
des paysans et causa beaucoup d'autres maux aux pauvres sur sa 
route. Les habitants vinrent se plaindre à lui, mais personne 
ne rencontra de soulagement près de lui; et ainsi, comme tout le 
monde avait à souffrir de son passage, tous faisaient également des 
vœux pour qu'il lui arrivât ce qu'il méritait. Quand il livra bataille 
aux Turcs, ces derniers tuèrent une grande partie de ses soldats et 
emmenèrent un grand nombre de captifs dans leur pays. Après 
cela, il manda à Ilisam de lui envoyer du secours. Maslamah 
accourut derrière lui avec une armée immense, mais avant qu'il 
eût pu pénétrer jusqu'à, lui, (Jirah et toute son armée avaient été 
exterminés par U) glaive ; car les Turcs s'assemblèrent de tous 
côtés contre eux en très grand nombre et les passèrent tous au 

1. Cfr. U\u \\k\\}{.v.V9, C/i/nn. "//r., p. 38. 

a. Dj.'irrah. Ibn 'Abdallah. Thfopbane l'appcllo Fâpayo;, et mentionne 
sa défaiip. — Cf. sur ces campagnes Wkil, Gcsch. cl. Chali/en, t. I, pp. 634 
sqq. 



in; hi'.NYs i)i-; ii«:i,i. m \iiim': 2'.\ 

fi! (!<' Ti'i )('('. iN'rsoimc m'('c|i;i|)|»;i. I ,(• Sri^ricur iciidil .m in.il- 
lailtuir Ki in.il (pi'il ;i\.iil, l'.iiL cl punil les loils «jii'il ;i\ ;iil ciuM'h, 
|26| lui cl, son ;ii luci', aux paysans sur Sun passaj^c. 'l'oul ce (qu'ils 
a\aiciil commis pcndaiil, la loiil.c lUi accninuh'; à la lois îsur leur 
lcl(> '. 

A l'ariiM'c (le Masiamali, les 'j'iins liiieiii. trôul>l<"'s cl i-cmplis 
(le fraveur, car ils cr;ii|;ii;iieMl. sa J'(jn()imiic(î plus (juc son aspccL 
('('Inici leui- li\ia bataille, i'(*pan(lit. Icui' saiij^ (ronime IVîan à la 
snriacc île la tcne, cl rassasia de leur chaii' les oiseaux du ciel cl 
les bêtes de la terre. 

Après les avoir lailh's en [)ièces% il établit sur T Arménie Merwari 
Ibn Mohammed, — celui-là même qui régna plus tai'd sur les 
Arabes, — et se retira en laissant auprès de lui une forte armée. Ce 
dernier causa plus de pertes [aux Turfs] que tous ceux qui Pavaient 
précédé. 

L'an 1029 (717-718), il y eut \\n fort et terrible tremblement de 
terre qui renversa en beaucoup de lieux les temples, les églises et 
les grands édifices, et notamment le baptistère et l'église Ancienne 
d'Édesse\ De grandes et vastes maisons furent précipitées sur 
leurs habitants ; quant à celles qui résistèrent et ne s'écroulèrent pas 
dans la commotion, elles en gardèrent les traces afin que les 
habitants fussent remplis de crainte en la présence du Seigneur 
chaque fois qu'ils considéreraient ces vestiges du tremblement de 
terre. 

A cette époque Hisam canalisa le Zeitoun *, bâtit [sur ses rives] 
des villes, des châteaux-forts, de nombreux villages qu'il embellit 
par de nombreuses plantations de toute sorte. Il canalisa aussi [la 
rivière de] Beit Balas ^ sur laquelle il fit construire un château- 
fort, et il y fît planter des plantations de tout genre. Il canalisa 

1. La bataille fut livrée à peu de distance d'Ardebil.— Cfr. Théophane, ad 
aun. m. 6220. 

2. C'est au contraire parce que Maslamah n'avait pu vaincre les Turcs que 
le khalife mécontent le remplaça par Merwan, en 731. Ce dernier parvint à 
soumettre les petits princes du Caucase et à repousser les Khazares avec 
lesquels il conclut une paix durable. 

3. Cfr. Hist. d'Édesse, pp. 15, 16, 245. 

4. « Zaita seu Zeita oppidum sexaginta stadiis a Circesio Castro distans 
memoratur Zozimo lib. 3, cap. 13. Hinc fortasse fluvio nomen inditum. » 
AssEM., Bibl. or., II, 106. 

5. Beit Balas ou Balis, en latin Balissus, Barbalissus, village sur la rive 
de TEuphrate, dans la province d'Alep. C'est sans doute cette partie du 
fleuve que l'auteur a en vue. — Cf. Chronique de Michel le Grand, trad. 
Langlois, p. 253. 



24 CHRONIQUE 

encore le Hânî ' sur lequel il fit construire des forteresses et des 
jardins de toute espèce. 

De son côté, Maslamah canalisa le Beit Balas et fit bâtir près 
du fleuve qu'il avait canalisé des châteaux-forts et des villas qu'il 
décora do toute espèce d'ornements. 

L'an 1010 (728-729), Néoccsarée ' fut prise par xMaslanuih [27] qui 
emmena en captivité les habitants de cette cité et les vendit en 
esclavage comme des botes, à l'exception cependant des Juifs qui 
lui avaient livré la ville. Ils s'étaient rendus secrètement auprès de 
Maslamah et, après avoir reçu sa parole, ils dirigèrent traîtreuse- 
ment son entrée dans la ville. Pour eux, il les fit captifs, mais ne 
les vendit point; il les emmena avec lui. 

L'an 1045 (733-734), Soliman^ envahit le territoire des Romains 
et s'empara de Polozonium * dont il emmena tous les habitants en 
captivité. Voici dans quelles circonstances. Artabas, gendre de 
l'empereur des Romains, Constantin*, se révolta et après s'être rendu 
maître de la ville de Constantinople, il ceignit tyranniquement la 
couronne impériale. Tandis que l'empereur Constantin marchait 
avec son armée contre la multitude des ennemis, il avait laissé 



1. La rivière qui passe à 4^1^, dans l'Iraq Arabi, près de l'Euphrate, Cfr. 

Bihl. or., 1112,717. Bar Hebr.kus iChron. syr.,lb6, aQtepen.)dit que 
Nasr gagna v Ic^/ltvice Hàni qui e>^t près de CalUnice ». 

2. Denys seul fait mention de la prise de Néocésarée. Il confond peut-être 
Néocésarée dans le Pont, avec Césarée de Cappadoce. Cfr. Tmkoph. Chro- 
nofjr,, did ann. 10 Leonis. 

.S. Fils du khalife Ilisani. 

4. J'ai conservé ici l'orthographe d'AssKMANi (Bihl. or., II, KMj). D'après la 
collation de M. Guidi, le groupe de lettres Nud-Jud pourrait se lire IJcth. 
Je ne puis identifier ce nom avec certitude. Peut-être est-ce une corruption 
de Paphlagonic. Soliman envahit cette province à l'époque indiquée par 
Denys et battit une armée romaine commandée par un général du nom de 
Consta:îtin. Ce qui appuierait cette supposition, c'est que notre auteur place 
ces événements sous le règne de Léon. La révolte d'Artabas n'eut lieu que 
dix ans plus tard, sous Constantin Copronymc. L'identité entre le nom du 
général et celui de l'empereur aura induit Dcnys en erreur. Cfr. Uifit. du 
Bas.tJmpire, t. XI 1, pp. 161), 189-1^7. 

Une autre conjecture non moins proi)ablc. c'est (|uc ce mot traduit le 
nom grec'0']^''/.iov. Nous savons qn'Artabas était comte du thème d'Opsicium 
(TiiKopn., ad ann. m. 0232-33) et ((u'il était à la tète des troupes de ce 
thème. Or, Denys dit précisément un peu plus bas que le tyran Artabas se 
défendait dans Constantinople avec la légion de Pelozonium.' Assemaui 
{loc. cit. ) croit que c'est le Castrum Fcrreum dont parle Théophaue à l'an 22 
de Léon, 

5. Il était gendre de Léon, dont il avait épouse la ftUe Anne. 



I)F OF.NYS F)!-: TFI.I.-MAMKK 25 

dans la villo, pour la gardc^r, va) lyiari Artabas avpc, la garnison d(5 
Polozoniinn. Co dernier, oubliant \v. \r,i('\r conchi dcvanl. I)i(;u 
aviM*. Ii(H)n, (ît voyant qu'il (Xîcupait la villo, s'i^lForra do so nîiidro 
in.iîtro do riMupin». (J<;lui-oi donc ocoup.iil la villo, et TarnuMî ini- 
pôrialo, avec Constantin lui inônio, campait i\ TriXtériour, tandis 
que toute la l(^.gion de Pelozoniuni c()nil)attait à l'intc'îrieur contre 
r(Mnp<'nMii'. 

Comme Soliman approchait, Léon lui fit dire : u Ne viens pas 
vers moi; tu t'exposerais à sortir difficilement do mes m;iins ; 
mais va h Pelozonium, dévaste-la, renverse-la, fais y tout ce qui 
te plaira, car l.à personne ne te résistera.» Il y all.-i, la pilla et la 
dépouilla selon son bon plaisir, emportant un butin tel que per- 
sonne avant lui n'en avait jamais emporté. 

Léon, ayant saisi le tyran, lui creva les yeux et priva de solde 
l'armée qui avait pris son parti'. [28] 

L'an 104o (784-735), Méliklbn Sebib, émirde Mélitène, et Abd- 
allah al-Batal vinrent assiéger la ville de Synada \ Tandis qu'ils 
campaient dans les prés qui environnent cette place, une armée 
innombrable se réunit contre eux pour tirer vengeance de ce que les 
Arabes avaient fait l'année précédente à Pelozonium. Au moment 
où les Arabes qui étaient environ cinquante mille étaient dans leur 
camp sans méfiance, les Romains les entourèrent à l'improviste de 
toutes parts et les firent tous périr par le glaive. Un petit nombre 
seulement échappa, grâce au jour qui avait baissé: ils fuyaient en 
se défendant avec le glaive, la lance et l'arc, et ils marchèrent 
toute la nuit. 

Des cinquante mille qui étaient venus, cinq mille à peine 
s'échappèrent. Les chefs eux-mêmes tombèrent dans le combat ; 
jamais pareil malheur n'était arrivé aux Arabes ^ 



A cette époque, il y eut dans la région occidentale un séducteur 
qui trompa et perdit un grand nombre de Juifs*. Satan, qui est per- 

1. Hist. du Bas-Empire, t. XII, p. 197. 

2. Grande ville de la Fhrygie dite Salutaire. Cf. Weil, Gesch. der 
C/mliphcn, I, 6:i8. 639. 

3. Théophane (ad ann, 22 Leonis) dit que la bataille fut livrée Tiepl xov 
'Axpoîvov, en Phrygie et réduit à vingt mille hommes la force de l'armée 
arabe. Il donne aux généraux musulmans les mêmes noms que Denys: 
MsX'.y xal BaxàX. 

4. Un récit analogue se trouve chez Théophane (ad ann. 5 Leonis). 



2() CHKONigilK 

nici<ni\ rt malin des l'origiik», .s'eilorce toujours de troinpor les 
lioiiimes, non pas seuleniont quelques-uns, mais tous pareillement, 
quelle que soit leur race? ou Icui- hingue, en suggérant à chacun ce 
qu'il sait lui ('ire agréable et capable de l'induire eji eir^ur. Il tii-e 
son nom de ses (puvres: Satan, v.n ellet, signifie adversaire. Il ne 
néglige rien et ne cesse de tioubler ou de tromper lous les peuples 
dans toutes les g('nérations. Le courage ne lui fait jamais défaut, 
et il n'abandonne jamais ses antiques méchancetés qu'il inventa 
autrefois contre le chef du g(Mire humain pour le peidre. [29] 

Dans ce temps donc, il fit sortir de la Mésopotamie un certain 
homme, originaire du village de Phalkat', dans la région de Mar- 
din, et le lit passer dans la contrée occidentale, du côté du Beit 

V 

Sammar'\ Cet individu eut acc<Ns dans la maison d'un des princi- 
paux d'entre les Juifs, mais abusant de l'hospitalité qu'on lui 
donnait, il corrompit la fille de celui-ci. Quand la chose fut 
connue des Juifs, ils le vouèrent à la mort. Mais comme il était chré- 
tien, ils lui infligèrent de cruels et longs supplices pendant les- 
quels il trouva l'occasion de s'échapper de leurs mains. Il songea 
dès lors à leur faire subir toutes sortes de maux. Étant parti de là, 
il descendit au pays des Aramoyé^ qui est plongé dans tous les 
maléfices des incantations. Là, il s'adonna à la magie et aux arti- 
fices diaboliques. Il fit du progrès dans tous les arts mauvais et y 
passa maître. Quittant alors ce lieu, il remonta dans la région du 
Beit Sammar. Il dit aux Juifs : « Je suis Moïse, celui-là même qui 
fit autrefois sortir Israël de l'Egypte, qui fut avec eux par la mer 
et le désert pendant quarante ans. Je suis envoyé de nouveau 
pour le salut d'Israël et pour vous conduire au désert, afin de 
vous introduire ensuite dans l'héritage de la Terre- Promise que 
vous posséderez comme auparavant. De même qu'autrefois Dieu 
renversa toutes les nations qui l'habitaient pour que vos pères en 
prissent possession, ainsi encore il les fera disparaître devant 
vous pour que vous y entriez, que vous la possédiez comme aupa- 

1. Ce nom désipiif* aussi nn village de la Sophèno (Land, Anerci. 
si/r., II. i?2ô). Jo ne trouve sur les cartes aucun lieu av(^c lequel on puisse 
identifier celui dont il est ici question. La disposition des signes dans Je 
ms. permet aussi de lire pninit = « nn certain « village. 

2. Rr'gion sur la rive gauche de l'Euphratc, à la hauteur du 35» de lat. 
Nord. 

3. On trouve l'expression /ir/i! A /v?jo//r employée pour designer le pays 
autour d«' Séloucie Ctésiphon {Bihl. nr., I, ^^:^\ et 358); je crois doncqu*il faut 
ici lui attribuer ce dernier sens qui parait exigé par le contexte. On des- 
cendait, en effet, pour aller du Beit Symmar daus cette région. 



hi<: hi'.NYs Di-: ti:i.i. mahiik t37 

r;iv;int, et (jik' tous I«»s Isr;L<'^lit.<'s (lispcrsrs soient r('Miiiis S('I<>iM(M|iii 
(»sl écril ' : « Il r;iss(Mnl)l('i;i les dispcfsj'S (risi;i('l. » (^hiiiik' il l<'iir 
tounil. ({uol.idiennrmriii un id l;i,iig;ig(; cl, oxciUiit. corisl.iiiiriH'ril 
I(HU' admiration par ses incantations, ils crraicnl à, sa suite 'l'an 
tôt il les faisait oircnler d;ins les nionlagnes et les j)récipitait de pics 
escarpés et les tuait, tantùt il 1(îs enf(M'niait dans des grottes et <les 
eavornos où il les faisait pt'^rir. |301 II leur fit ainsi snbir beaneoui) 
de mal, eu (lia et en lit p/'rii- un i^^i'aiid n<)ml)iT. 1 1 leui' cnlfisa aussi 
heaue.oup d'or, en leui- persuadant par ses iueantalions (pi'il los 
conduisait dans le désert. Quand il l'ut rassasié des maux qu'il 
leur faisait souffrir journellement, il les fascina par ses artifices, 
prit tout l'or et tous les biens qu'il leur avait enlevés et s'enfuit 
dans son pays. 

Les Juifs, revenus à eux-mêmes et voyant le mal qu'il leuravait 
fait souffrir, le poursuivirent aux quatre coins du monde, interro- 
geant et s'informant de lui. L'ayant enfin découvert, ils le condui- 
sirent k l'émir des croyants, llisarn. Celui-ci le leur ayant aban- 
donné, ils lai firent subir des supplices et des tourments à 
Babylone et finalement le crucifièrent. Il mourut ainsi et Dieu lui 
donna de la sorte la récompense qu'il méritait. 



L'an 1047 (735-736), Attiq se révolta et embrassa la secte des 
Harourites'. 

Lorsqu'il se révolta et embrassa la secte des Harourites, il fit 

1. IS., LVI, 8. 

2. « Vox Arurita ex syriaca Arurojuto, qu8e libertatem significat, 
desumpta est : relictis enim uxoribus et bonis, Arabes pro iibertate, seu potius 
libère, etabsqueimpedimentis pugnabant. Hinc vox jo,^. A r«rapud Dion ysiura 
ex Arurojuto seu potius jloiJL» Hlruto (quod libertatem sonat) derivata. » 
AssEMANi, Bibl. or., II, 108. Le même écrivain, à propos d'un passage de 
Denys que nous lirons bientôt, fait observer l'usage du mot A (marchez notre 
auteur. « Vox A car, dit-il, non pro albo aut /)aro (ut ubique apudomues Auc- 
tores), sed pro actione quam supra [cfr. p. suiv.] ex Dionysio descripsi 
sumitur. Portasse etiam Acar voci Uchama (quae nigrum significat) ibi oppo- 
niiur; nam Persae (ut ad. ann. 1060 et 1061 videbimus) nigris utebantur,Arabes 
albis : atque adeo factio quaelibet, rebellio, aut Arabum dissidium, ea voce 
ab auctoribus sequioris sseculi exprimitur. » (Ibid.) — Ces assertions sont 
fort hypothétiques. Les origines de la secte politico-religieuse des Harouri- 
tes, dont les partisans s'opposèrent si vivement aux Abbassides, ne sont pas 
encore suflQsamment éclaircies. 



28 CHRONIQUE 

comme les Arabes ont coutume de faire lorsqu'ils abandonnent leurs 
femmes et tout ce qu'ils possèdent. Il s'en alla avec vingt compa- 
gnons près de Sigara'. Hisam, ayant appris cela, commanda à 
Qaliu et à Zohaïr, généraux de cavalerie de Sigara, de marcher 
rontre lui et de lui livrer bataille. Ceux-ci, après avoir reçu cet 
ordre, réunirent une armée nombreuse et sortirent à sa poursuite. 
Ils le rejoignirent dans le désert même de Sigara. Celui-ci leur de- 
manda d'attendre au lendemain pour engager le combat. Comme 
ilsavaientavec eux une grande armée et que les rebelles étaient peu 
nombreux, ils les méprisaient d'autant plus que la soif se faisait sentir 
dans leur camp, car les eaux manquaient dans ce désert et, de plus, 
le jour baissait. [31] Attiq, qu'ils regardaient en tout avec mépris, 
était un homme courageux ainsi que ses compagnons et il leur 
avait fait cette proposition par ruse. Lorsque la nuit fut venue et 
qu'ils eurent mangé et bu, ils s'endormirent sans défiance, tandis 
que Attiq et ses compagnons prirent leurs armes, tombèrent sur 
eux à la première veille de la nuit et les tuèrent tous. Le Seigneur 
tourna l'épée de chacun contre son voisin et les compagnons de 'Attiq 
passaient parmi eux comme les tailleurs de pierre et comme ceux 
qui conduisent la charrue. A l'exception de quelques-uns qui 
montèrent sur leurs chevaux rapides et prirent la fuite, personne 
n'échappa ; ils périrent tous par le glaive. Les chefs de l'armée eux- 
mêmes, Qaliu et Zohaïr, tombèrent parmi les morts. 

L'an 1052 (740-741), l'empereur des Romains, Léon, mourut 
après un règne de vingt-cinq ans et eut pour successeur son fils 
Constantin qui régna trente-cinq ans*. 

A cette époque, Hisam, roi des Arabes, fit construire un pont 
sur l'Euphrate, en face de Callinice ^. 

L'an 1053 (741-742), il y eut, un dimanche, un grand et terrible 
tremblement de terre. 

'loute la nuit de ce dimanche, on entendit le bruit qu'il pro- 
duisait, bruit semblable au mugissement d'un taureau, (^luand vint le 
moment de la messe, tout le peuple accourut à l'église. Or, l'église 
de Maraq* fut renversée par la violence et la force du tremblement 

1. S'-YY*?*» ^''11^ cpiscopale de la Mf'>sopotamie à l'ouest du Tigre, à trois 
journées d'> marche de Mossoui sur la roule de Callinice. Cfr. Assemani, 
Uis. de SyriH rnnno/i/iis. , p. 109. 

2. Hist. chi Has-Enipirc, t. XII, p. 180. 

3. Aujourd'hui Kr-Rakka, sur l'Euphrate, non loin du confluent du 
Balik. 

4. Village situé entre Nisibe et Mossoui d'après Yakout. Cfr. Wricht, 
Catalogue o/syr. m.o., 069, a. — Bah IIkiiu., Chron. eccL, II, 363, n. 1. 



ni-; DKNYS I)K rKIJ.-MAIIItK 29 

de torn^ (jiii .irriv.i sn!)il,(Mii('iil, ri clic cc.ims.'i tout lo peuple (jui 
s'y (Hait assemblé; pcrsoiiuc n'eu soi'tit vivant, exee[)t<'^ le prêtr»; 
qui odVait ;\ vo^ nioinent-là le sac-rilicu». l,a eolline sur hupielle 
lVglis(Ml(» Mai'acj «'tait bâtie lir entendre (l(^s grondements et des 
clameurs pendant envii'on ti'cntc jours. |32| 

L'un 1054 (74'2-74;i), le ^nind pont <lu Tigre, pnNsd'Amida, fut 
renv(n's«''!. 

l/hiver avait «''lé dur; un(î lu^ige abondante «'tait tomb«;<Mlu ciel 
et s'était aeeunuilée sur la terre pendant des jours nombr«MJX, d<i 
sorte que toute chair approchait de sa fin. Les animaux surtout et 
les oiseaux |)érii"enl. Vint ensuite une température froide et rigou 
reuse, des vents et de la pluie pendant longtemps; la neige fondit 
et la terre fut abondamment imprégnée tant par les eaux dont elle 
avait été couverte que par la fonte des neiges. Il y eut des inondations 
dans tous les ileuves, et surtout dans le Tigre. 

Dans ce fleuve eurent lieu des ruptures et des débordements 
violents qui détruisirent nombre d'hommes et de pays. Il charria 
beaucoup de bois et la poussée des eaux fut si véhémente que de 
gros arbres s'acculèrent au grand pont et s'accumulèrent l'un sur 
l'autre jusqu'à cinq ou six milles en amont. Ainsi, à cause de la 
violence du choc des pièces de bois et de la force de l'inondation, 
le pont fut brisé et renversé par les eaux. Il ne fut pas rétabli, car 
au moment où Ilisam, après avoir réuni des ouvriers et des 
maçons avec tout ce qui était nécessaire pour le reconstruire, se 
hâtait de le rebâtir, il fut surpris par la mort et laissa l'ouvrage 
inachevé. 

A la même époque Édesse fut aussi inon«lée. 

Il y eut, en eiïet, une grande et violente inondation dans le fleuve 
qui traverse la ville et qu'on appelle le DaiçanV Les eaux entrèrent 
en quantité dans la ville, de sorte que les issues pratiquées 
pour elles dans le mur oriental de la cité furent obstruées. Les eaux 
ne parvenant pas à renverser le mur revinrent en arrière et, s'élevant 
d'une manière extraordinaire, elles se répandirent dans les places 
de laville et détruisirent toutes les boutiques. Beaucoup de maisons 
s'écroulèrent; mais parce que cela arriva de jour, personne ne 
périt dans l'inondation : les habitants avaient fui en abandonnant 
leurs demeures. 

1. Le Daiçau (sauteur, en grec SxipTo;) avait déjà causé plusieurs fois 
de terribles ravages par ses inondatious. Jusiinien fit faire de grands travaux 
pour prévenir le retour de semblables malheurs, mais ils furent inefficaces, 
comme on le voit. Cfr. R. Duval, Hlst. d'Édesse, pp. 7-9; et Theophane, 
Chronogr., ad ann. 24 Leonis. 



30 CHRONIQUE 

[33] La rupture du canal causa aussi de grands maux dans toute 
la plaine d'Édesse et de Harran. 

L'an 1055 (743-744), Hisam, roi des Arabes, mourut, et après 
lui, Walid[IIj' régna huit mois. Le tyran Yézid, 'Abbas et 
Ibrahim qui étaient frères, et leur parent Abd al-'Aziz, les fils de 
Haddjadj % s'élevèrent contre lui et le tuèrent par le glaive près de 
la ville de Qoré'. 

Yézid [III] régna après lui pendant six mois, mais la contrée ne lui 
obéit point et il n'établit pas de gouverneurs en Mésopotamie. A la 
mort de Yézid, son frère Ibrahim prit sa place. 

Cette même année, la discorde s'éleva dans toute la contrée, à 
cause de la tyrannie exercée par 'Abbas et son frère contre Walid, 
qu'ils avaient mis à mort par le glaive. Comme ils régnaient tandis 
que la royauté ne leur appartenait pas, les Arabes ne leur obéirent 
point, surtout ceux de la xVlésopotamie. 

Cependant chacun se tint chez lui et veilla sur soi . La dissension 
et le brigandage régnèrent dans toute la contrée et personne ne 
pouvait sortir de chez soi. 



De la sécheresse et de la grande famine qui arrivèrent aussi sur 
toute la terre en ce temps-là. 

En ce temps, Dieu envoya sur nous les plus cruels et terribles 
fléaux qui sont : le glaive, la captivité, la famine et la peste, 
à cause de nos péchés et des œuvres mauvaises que nos mains ont 
opérées. 

<( Quand même Moïse et Samuel se tiendraient devant moi, mon 
âme ne pencherait pas vers ce peuple. Chasse les de ma face, et 
qu'ils se retirent. Que s'ils te disent: Où irons-nous? [tu leur 
diras :] Voici ce que dit le Seigneur : A la mort celui qui [est destiné] 



1. Son neveu, tils de Yézid 11, lils do AIkI al-Mélik. — Cf. \V ei i, GcscA, 
(/(•/• C/iali/i/icn, t. I, pp. Gô8 sim. 

2. Il faut probal>lemeMt lire 'Abd al-'A/iz Ibti Haddjadj. Cf. Wkil, Gcsr/i. 
(I. Chali/ihcn. 1,673. 

;î. La phrase de l'auteur paraît altérée. Bkknstein observe que Walid 11 

périt, selon les auteurs arabes, à un riidroit appelé : « *.j ^ J^L^ ^^ 

Assemani cite {Fiibl.or., III, I, p. 178) dans la région de Marga, un monas- 
tère de Cyrus dont le nom est orthographié ..too, et un village du même 
'nom près de Nirba Bar/i (III, I, p. IDD). Cf. Wkil, Gesch. ci. Cliali/Jien, 
I. p. «70. 



Di'. i)i:nys di'. 'rr.ij.-MAHKi'-; 31 

;i Liinoit; au glaive ('clui (|ui [(îstdosliin'r] augl.'iive; [34| àia famino 
(îelui (|ui |<'st(icstin(''.] à la famine; à laoaplivitécftlui qui [<;sld<;slin(^-J 
à la captiviN'. J'ciucrTai sur eux (luaiic ll(''aii\, dil I(î Seigneur : le 
glaive pour tuer, les (îliicMis |)()iir ({('cliirri', les oiseaux du ciel et 
les bêtes de la terre pour dévorer (;t pour nu^ttre (iii pièees, et j(^ les 
livrerai au treuibhMnent '. » Voilà ce (^u(^ Jéréniici, instruit par une 
révélation, nous a laissé. Lui même dit encore' : « La clameur de 
Jérusalem est montée devant moi. Les grands ont envoyé les petits 
vers l'eau ; ils sont venus aux citernes et n'ont point trouvé d'eau: 
ils sont revenus leurs vases vides, ils ont été confondus et affligés, 
et ils ont couvert leurs têtes. A cause des (euvres de la terre il n'y 
a point eu de pluie; les laboureurs ont été confondus, et ils ont 
couvert leurs têtes ; les biches ont mis bas dans le désert, et elles 
ont abandonné leurs petits parce qu'il n'y avait pas d'herbe; les 
onagres se sont tenus sur les chemins : ils ont aspiré l'air comme 
des dragons et leurs yeux se sont obscurcis parce qu'il n'y avait 
pas d'herbe. » En vérité, toutes ces choses qu'a dites le prophète 
ont été accomplies dans le temps présent. 

Voilà le carnage que les armées des Arabes ont fait entre elles. 
Ils ont enivré la terre de leur sang; les oiseaux, les bêtes sauvages 
et même les chiens se sont rassasiés de leur chair. Les hommes 
se pillèrent mutuellement. La peste étend sur eux ses ravages, 
de sorte que si quelqu'un sort dehors le glaive l'arrête; s'il reste 
à la maison, la peste et la famine le saisissent. On n'entend de tous 
côtés que tristesse et amertume. 

D'abord, la pluie qui avait coutume de descendre sur la terre 
pendant l'hiver a été retenue et n'est pas tombée. Toutes les 
semailles ont été desséchées et rien n'a germé, de sorte qu'il y a 
eu une grande famine dans toute la région, à tel point que le 
froment monta à huit ou même sept qephizè'^ pour un dinar : et 
cependant on n'en trouvait pas. Certains gouverneurs envoyèrent 
des hommes qui saisirent le froment partout où ils le trouvèrent, 
soit dans les maisons, soit dans les silos, et le consignèrent. Les 
hommes étaient opprimés par la faim jusqu'à en mourir, surtout les 
possesseurs de froment qui n'avaient pas été soumis [35] à l'épreuve 
de la famine et dont les blés furent saisis par l'autorité;, de sorte 

1. JÉR., XV, 1-4. 

2. JÉR., XIV, 2-6. 

S. Il est impossible de déterminer la valeur précise des mesures et des 
poids qui a beaucoup varié selon les temps et les lieux. Bar Hebr.eus iSchol. 
ad II Reg., vi, 25) donne à cette mesure la valeur d'une charge d'âne. Voir 
Thcs. sijriac, sub h. v. 



32 CHRONIQUE 

qu'ils périrent de faim. Dès lors, la famine se fit sentir aussi bien 
sur les riches que sur les pauvres. Elle s'étendit également sur 
toute la contrée, de sorte qu'il n'y avait pas un lieu mieux préservé 
qu'un autre de ses ravages : c'était partout la même oppression. 
Les bêtes sauvages, de même que les animaux domestiques qui 
vivent d'herbe, périrent parce qu'il n'y avait point d'herbe. Il y eut 
donc une grandeaffliction sur les hommes et sur toute chair, à cause 
de celte famine qui n'eut point sa semblable dans notre temps, ni 
dans le temps de nos pères. Les fontaines et les ruisseaux firent 
défaut et les fleuves se desséchèrent. 

Au inoment de la mort de Ilisam les fléaux se multiplièrent 
sur la terre. Tous les maux, et principalement la peste et la famine, 
s'abattirent sur nous à cause de nos nombreux péchés. 



De la grande peste qui arriva en ce temps-là \ 

Ici le prophète Jérémie nous vient en aide très à propos, lui qui 
sait mieux que personne se lamenter sur les maux qui nous ont 
environnés de toutes parts : a Qui donnera à ma tête de l'eau, et 
à mes yeux une fontaine de larmes? et je pleurerai jour et nuit les 
morts de la fîUe de mon peuple-. » Et encore' : « Sur les mon- 
tagnes je m'abandonnerai aux larmes et aux lamentations, et sur 
les habitations du désert aux plaintes, parce qu'elles sont déso- 
lées et qu'il n'y a personne qui y passe. Que nos yeux versent des 
larmes, que de nos paupières coulent des eaux. C'est pourquoi, 
écoutez, femmes, la parole du Seigneur; que vos oreilles saisissent 
le discours de sa bouche, enseignez à vos filles les lamentations, et 
que chacune apprenne à sa voisine le chant plaintif; parce que la 
mort est montée par nos fenêtres, qu'elle est entrée dans nos 
demeures pourexterminer les enfants dans les rues et les jeunes 
hommes dans les places publiques. I^es cadavres des hommes 
tomberont comme le fumier sur la face de la terre, comme l'herbe 
derrière le faucheur, et il n'y a personne (jui la recueille! » [36] 

Qu'il vienn(MTiaintenant [lo prophète), et qu'il pleure non plus 
sur un seul peuple, ni sur la seule ville de Jérusalem, mais sur 
tous les peuples et sur des villes nombreuses, que le lléau a ren- 

1. La peste ravagpa aussi l'Occident, surtout au printemps de l'année 748. 
Cfr. Hist. du lias hJm/iirc, t. XII. p. 2()\. 

2. JÉH., IX, 1. 

3. JÉR., FX, 10, 18, 20-22. 



ni-: DiiNYs i>K Ti':i.i, mamiu'; 'X\ 

dues S(»ml)l;il)l(»s à'im pi'cssoii" en \' foiil.nit ;iij\ pieds cl en y 
(^crasîuil, s.iiis iiiisôricordc leurs li.ibitîuits comiiK^ de superbes 
griip[)(îs; — sur lu terre loul. (uitiôre, parce «pie |(» cliâlimeiit, 
eoinuK^ le moissonneur au iiiilicui d<'s bhîs inùrs sur pi(îd, rni^naça 
et (Md(n'a tous l(\s âges, tout(;s les conditions, tous les rangs sans 
acception de pei'sonn(^; — sur les cadavres en putr(';f action et 
déclii(]U(Hês [(jui giscMit] dans les rues de l'uniNcrs entier: b'ur pus 
coule eomuie de l'ean, et il n'y a personne i)our Jes ensevelir; — 
sur les maisons grand(îs et pc'tites, belles et agrj^'abhîs, rpii sont 
devenues subili'mont les sépulcres de leurs habitants, dans les- 
(luelles tout ;\ coup les serviteurs tombcîrent av(;c les m.'iîtres sans 
que personne échappât pour tirer dehors les cadavres de l'intérieur; 
— sur les routes, qui sont désolées; — sur plusieurs villages dont 
les habitants ont tous péri à la fois; — sur les palais qui frémis- 
saient l'un contre l'autre; — sur les chambres nuptiales ornées 
pour les fiancées, qui y sont apparues mortes subitement; — sur 
les jeunes vierges gardées dans les gynécées, qui attendaient les 
réjouissances de leurs noces et qui tout à coup ont été conduites 
au tombeau; — sur beaucoup de choses semblables qui surpas- 
sent les discours et les narrations de tous les rhéteurs ; — sur ces 
choses, dis-je, le prophète aurait raison de pleurer et de dire : 
(( Malheur à moi! » non à cause (( du brisement de la fille de mon 
peuples » mais à cause de la ruine de toute la terre habitée, et 
de l'univers entier que la peste a complètement ravagé à cause de 
ses péchés. Il aurait lieu de se servir des paroles prophétiques de 
ses collègues : a Qu'il vienne et dise au reste de ceux qui ont sur- 
vécu : Pleurez, lamentez-vous, ministres de l'autel; entrez, passez 
la nuit sur le ciliée, ministres de mon Dieu, » non a parce que 
l'oblation a été retranchée [37] de la maison de Dieu, » mais à cause 
des hommes qui ont été retranchés du monde- ; et encore'' : (( Que 
la terre habite dans le deuil, que tous ses habitants se lamentent. 
Appelez les pleureuses et que les chanteuses de lamentations vien- 
nent célébrer le deuil toutes ensemble, non plussur un fils unique, » 
ni sur un seul cadavre, mais sur des peuples et des royaumes. 

« Par le déchirement sera déchirée la terre, par le brisement 
sera brisée la terre, par l'ébranlement sera ébranlée la terre, par le 
chancellement chancellera la terre. Elle sera livrée au feu comme 
un térébinthe garni de feuilles, comme un chêne tombé de sa 

1. JÉR., VIII, 21. 

2. Joël, i, 13. 

3. Cfr. Jkk., IX, 17; Amos, viii, 8. 



34 CHRONIQUE 

base'. » Toutes ces choses ont été accomplies clans le temps pré- 
sent : les grandes commotions et les tremblements de terre vio- 
lents ; les armées, les guerres, les inimitiés des Arabes entre eux 
au sujet du pouvoir; la famine qui sévit tellement que dans la 
région méridionale et orientale toute la population se leva et se 
répandit sur les contrées du Nord et de l'Occident; la discorde 
avec tous les maux. 

«J'enverrai après eux, dit le prophète, le glaive et la captivité, 
la famine et aussi la peste '.» Toutes ces choses arrivèrent de nos 
jours sans aucune exception. Voici le glaive des Arabes [tourné] 
contre eux-mêmes; voici la déprédation telle qu'il était impossible 
de sortir sans être pillé et dépouillé de son bien ; voici la famine 
qui sévit à l'intérieur et à l'extérieur. Si quelqu'un entre dans sa 
maison, il y rencontre la famine et la peste, s'il sort au dehors, le 
glaive et la captivité courent au-devant de lui. De tous côtés ce 
n'est que cruelle oppression, douleur lamentable, souffrance et 
commotion. 

« Ils sont ivres, non, certes, de vin, et ils chancellent non pas 
d"eau-de-vie\ » Les hommes commencèrent à errer et à circuler 
de ville en ville et de lieu en lieu; ils trébuchaient comme s'ils 
étaient ivres; ils demandaient du pain et il n'y en avait point! 
ainsi que dit le prophète. 

D'abord, un grand nombre de chefs de familles commencèrent à 
tomber malades et à mourir de corruption du sang et d'ulcères. 
Les choses se passèrent ainsi [38] pendanttout l'hiver. On ne par- 
venait pas à les ensevelir. Les hommes gisaient dans les places, 
les portiques, les tours, les temples, dans toutes les habitations, 
torturés par la violence de la maladie et la grande rigueur de 
la famine: de sorte que le nombre de ceux qui périrent de faim fut 
plus considérable que celui de ceux qui périrent par la maladie. 
Ce furent surtout ceux qui avaient du pain à satiété qui furent 
saisis par cette maladie. Quand les jours devinrent plus chauds, 
des tumeurs se manifestèrent sur les malades qui commencèrent à 
tomber dans hîs places publiques comme du fumier à la face de la 
terre, et il n'y avait personne pour les ensevelir! l'ette peste 
conniien<;a à sévir sur les pauvres, qui étaient abandonnés sur les 
places. On les ensevelissait avec honneur, au chant des cantiques, 
et on les enterrait convenablement, et comme il n'y eut bientôt 



1. Cfr. Is., xxiv, r.). 
):'. Jék., x\i\, 10. 
3. Is.. XXIX. 1». 



1)1-: Di'.NYs 1)1-: TMi.i.M ai.iim': .T) 

plus (le |);ui\ nvs, l;i iiKHliiliU'^ S(Hit îivHî une Icllo vi()WmC(; sur los 
soigiUMiis (les vill.if2;('S cl, (l«'s villes ((uc. (|ii:ni(i l«;s prôtros voulaifiU 
faire un (mi1(MT(mii(MiI. ou rôiiiiissail, 1<! inatiii d.ans un mêiiu; liou 
(;in((ii;int,(N soixante (^Ijnscprà (luatre-vingts ou oonl cerciuîils, dans 
chacun (les(iuols il y avait, doux ou trois morts ou rnônio quatre 
enfants. Ki ainsi tout le jour, sans trêve ni repos, se passait à ense- 
velir les cadavres d<'s lionnues. 

Les Arabes couvririMit la ((M-re de fosses, et les Juifs pareille- 
nuMit. Les touihcaux des chrétiens étaient tellement remplis 
qu'eux-mêmes furent contraints de creuser la terre. Dans un seul 
jour, plus de cinq cents cercueils sortaient par une seule porte. 
Pendant toute la journée les portes ne servaient qu'aux allées et 
venues de ceux qui emportaient les cadavres: ils sortaient, les 
déposaient et revenaient en prendre d'autres. Alors, excepté pour 
quelques-uns, on ne faisait point d'office \ tant à cause de l'instan- 
tanéité de la mort que du petit nombre [39] des prêtres et de la mul- 
titude innombrable des convois. 

Le matin, les prêtres prescrivaient que quiconque avait un mort 
vînt avec son défunt au carrefour voisin, et toute la région ou 
le quartier s'assemblait en cet endroit. Les prêtres se divisaient 
ainsi dès le matin pour s'en aller de tous côtés faire Toffice des 
morts et les porter en terre par groupes. Il arrivait que dans un 
seul groupe se trouvaient réunis plus de cent cercueils dans les- 
quels il y avait plus de deux cents ou de deux cent cinquante 
morts : car ils s'entassaient les uns à côté des autres sans relâche 
pendant tout le jour. 

Là, point de distinction entre le serviteur et son maître, entre la 
servante et sa maîtresse, entre l'homme à gages et celui qui le paie, 
mais un même pressoir de perdition et de fureur était préparé pour 
tous : serviteurs et maîtres étaient également frappés sans accep- 
tion de personne ; l'homme du peuple et les chefs tombaient et 
râlaient l'un à côté de l'autre. Que chacun donc admire le décret 
divin et soit saisi d'étonnement et de stupeur en présence de ces 
jugements de Dieu, insondables, incompréhensibles, incommen- 
surables pour les hommes. Certes, « abîme profond que les juge- 
ments du Seigneur ' ! » 

Le fléau étendit sa main dévastatrice sur ceux qui tiennent le 

1. Le sens paraît être, d'après le contexte, tout à la fois qu'on n'adminis- 
trait pas les sacrements aux mourants et qu'on ne récitait pas l'office des 
morts sur les cadavres. 

2. Ps., XXXVI, 6. 



36 CHRONIQUK 

pouvoir, qui jouissent de l'opulence, ou qui se délectent dans les 
grandeurs. Les maisons de beaucoup d'entre eux demeurèrent sans 
héritier, car il ne resta pas même en elles un serviteur ou un 
maître. Les hommes abandonnaient subitement à leurs compa- 
gnons leurs possessions, leurs richesses, leurs moissons, même 
leurs maisons superbes. Combien de splendides et opulentes de- 
meures, combien de familles périrent parce qu'il ne leur resta pas 
un seul héritier ! 

La langue humaine est incapable d'exprimer les calamités prodi- 
gieuses [40] qui survinrent dans le pays qui s'étend depuis l'Eu- 
phrate jusqu'à l'Occident, aussi bien que dans les autres villes de 
la Palestine, dans le Nord et dans le Midi, jusqu'à la mer Rouge, 
de même que dans le reste de la Cilicie, de la Lycaonie. de l'Asie 
[Mineure], de la Bithynie, de la Lysynie \ de la Galatie, même 
de la Cappadoce : car l'oppression de cette cruelle souffrance se 
fit sentir sur tout l'univers. Comme la pluie qui descend sur toute 
la terre, ou comme les rayons du soleil qui se répandent égale- 
ment en tous lieux, cette peste se répandit pareillement sur le 
monde entier. Cependant elle sévit davantage dans les pays précé- 
demment désignés. 

Dans ces régions, des bourgs et des villages nombreux sont deve- 
nus subitement déserts, sans personne qui y passe ou y demeure. 

Ils étaient remplis de cadavres en fermentation étendus sur le 
sol comme le fumier sur la face de la terre, sans personne pour 
les ensevelir: car il ne resta pas un seul de leurs habitants; en 
sorte que les hommes gisaient au milieu d'eux enflés, purulents, 
en décomposition. Les maisons étaient ouvertes comme des sé- 
pulcres et leurs propriétaires tombaient en putréfaction au milieu 
d'elles. Leur mobilier, leur or, leur argent, leurs biens, étaient 
dispersés dans les rues et il n'y avait personne pour les recueillir. 
On méprisait l'or et l'argejit, les richesses étaient abandonnées eu 
tout lieu et ne trouvaient point de maître. Des vieillards et des 
vieilles femmes, ornés de cheveux blancs, (|ui avaient espéré être 
ensevelis avec honneur par leurs héritiers, gisent la bouche béante 
dans les rues, dans les maisons, dans les places publiques, se 
crèvent et tombent en putréfaction. Des vierges charmantes, de 
belles jeunes filles qui attendaient les hyménées joyeux <n l'orne- 
ment de vêtements précieux sont ét<nulues déi-ouvertes, pourrissent 
pèle mêle et sont devenues un objet de pitié pour ceux qui les 
voient. IMùt à Dieu que ce fût dans les tombeaux! Mais, c'est 

1. Lydie (t|. 



Di'! Di'iNVs Di-; ri;i,i. m ai.iim': 'M 

dans los maisons, an tnilicii drs nies, |41 1 (\\w. dos jcinu^s f^cris di.ir 
niMiits (^t■ joyjMix sont dovtMiiis livi(l(;s, (ju'ils sonl ('l(^n<Iiis. et (juc leur- 
pus s(^ iiiôNî à ('olui do leurs paroiits. 

Voilà (•(» (|ui csl, arrive^ dans eos (!onti'<'MiS. 

l'îii'lonl, ('(Mi\ ((ui i(^sl;ii(Mil,, -m hicn |M^ti(, nombre, — enlevaient 
les moits, et pendant tout le jour sans relâelK^ les portaient dehors, 
les j(M.ii(Mit comme qui jetterait une, pierre sur un monceau, puis 
revenant, en pnmdrait une autre, c^tsortantde nouveau, irait la jetei- 
l)areill(mi(Mit. 

Beaucoup in;iii(|n;iiciit de proches: on les voyait (étendus sur les 
rues et dévorés par les chiens, car il n'y avait personne pour les 
ensevelir. Chacun ne suffisait qu'à sa propre maison : on prenait 
même plusieurs ouvriers à gages, uniquement pour emporter les 
cadavres de la maison ou de la place publique à cause de leur 
putréfaction. Et ainsi fut accomplie cotte parole^: «J'ai fait monter 
l'odeur de leur putréfaction à vos narines, » et cette autre^: « La 
erre a pleuré et elle s'est lamentée. » 

Bientôt il n'y eut plus ni pleurs, ni chagrin, ni douleur: car tout 
homme frappait déjà à la porte du tombeau. L'or et l'argent étaient 
méprisés comme du fumier : de sorte que s'il y avait sur les 
épouses ou les vierges de l'or, de l'argent ou des ornements pré- 
cieux, personne n'étendait la main pouren prendre quelque chose, 
pas même les parents de leurs enfants : car ils estimaient que 
bientôt ils entreraient avec eux dans la tombe et que leur pus se 
mêlerait au leur. 

Et maintenant, mes bien-aimés,avec quelles larmes pleure rai-je? 
Quels sanglots me suffiront? Quel brisement de cœur, quel deuil, 
quelles lamentations, quels gémissements, quelles douleurs seront 
suffisants quand je vois des vieillards et des hommes de tout âge 
et de toute taille abattus et étendus comme des cèdres! 

La grande miséricorde de Dieu apparut même dans ce fléau : car 
^ s'abattit premièrement sur les pauvres qui étaient étendus dans 
es rues des villes : partout ce fut par eux qu'il commença, [42] et 
quand ceux-ci étaient complètement enlevés, alors cette verge 
terrible se tournait contre les riches et les seigneurs des villes. 

Ces deux choses furent opérées par la miséricorde divine, de 
manière à profiter aux deux parties. D'abord aux habitants des 
villes, car ils montraient leur zèle pour la justice et retiraient pour 
leurs âmes un grand profit de leur sollicitude pour les pauvres, 

1. Amos, IV, 10. 

2. Is., XXIV, 4. 



38 CHRONIQUE 

tandis qu'ils prenaient soin d'eux, les ensevelissaient, s'occu- 
paient de leurs convois et les enterraient avec grande douleur, avec 
soin, avec crainte et avec ztM<\ Ensuite [aux pauvres], parce que si 
le fléau les avait confondus avec les autres, comment aurait-il été 
possible, à cause de leurpuanteur, de faire enlever leurs ossements 
décharnés des rues? Car ils eussent manqué de ceux qui pouvaient 
s'en occuper, s'il ne les avait visités d'abord, quand tout le monde 
était sain, debout et valide : on prenait alors soin d'emporter, pour 
les enterrer, ceux qui n'avaient personne pour les ensevelir. Par la 
suite, le tléau fit que les puissants qui comptaient sur des tombeaux 
et des ensevelisseurs, demeurèrent sans sépulcre, en sorte que pas 
un seul d'entre eux n'eut d'office. Le tléau, en effet, se tourna 
vers les grands dès que les pauvres furent ensevelis, et la mort les 
saisit tous depuis le plus petit jusqu'au plus grand : personne 
d'entre eux ne resta. Ceux-mcmes qui échappaient à cette calamité 
et n'en mouraient point se retiraient, tant qu'ils étaient, en dehors 
des villes. A la fin, ceux qui survécurent furent frappés d'une plaie 
terrible, celle des aines : les uns d'une seule, les autres des deux. Ce 
qui était arrivé aux morts avait lieu pour les vivants. Ils étaient su- 
bitement saisis de douleur [43] des aines, et aussitôt, par ce signe, 
celui qui avait échappé à la mort acquérait la certitude de souffrir 
plus durement que par une mort cruelle. Les aines se gonflaient, 
se tuméfiaient et se crevaient, et il se produisait des ulcères grands 
et profonds qui laissaient couler du sang, du pus et de l'eau, jour et 
nuit, comme une source. De là une grande langueur dans laquelle 
ils restaient les uns un mois, d'autres deux, cinq, six mois et 
jusqu'à un an, un grand nombre même deux ans. Beaucoup d'entre 
eux furent atteints pour toujours. 

Alors fut accomplie la parole pro])hétique qui dit': (( L'eau 
coulera de tous les genoux, » et': (( Tout cœur humain sera en 
putréfaction. » et cette autre ^ : « Sur toutes leurs têtes sera la 
calvitie. » 

Il en advint ainsi dans le temps présent. Quiconque avait sur- 
vécu à sa famille ou à sa tribu tombait dans cette infirmité. Il 
arrivait (iu(* ses deux genoux laissaient couler de l'eau et même du 
sang et du pus, jus(iu'à ce que sa tête devint chauve, et à cause de 
cela, ceux qui avaient survécu, en petit nombre, n'étaient point 
reconnaissables, à moins (lu'on ne les reconnût et ne les distinguât 

L Iv/i':cu., vu. 17. 

2. I.'^AÏK, XMI, 7. 

3. ISAÏK, XV, 2. 



hl'. DMNYS Dl-: 1 i:i,I.-MAMItF'; 39 

par l(Mirs vAUmiumiIs. ( )ii ik^ poiiv jiil, discrM'iicr 1rs [)n''irfis rt les 
moines : tous «''taiciil doNcmis cliaiivcs. f'oniiiH' il <'n avait <''tô dciS 
ainos, ainsi il en fui, (l(*s aissoll(»s (M du (jou. I.a. plup.irl fun-rit 
pioinpUMUciil. d("di\ rôs d<^ ce. uial, d'aulrrs le furent, après uu cer- 
tain t<Mnps, d'autres enfin nv, recouvrèrent jamais parfaitement la 
santé. 

Or, tandis rpie cette calamité enveloppait la région de toute part 
comme les douleur's de l'eufantiMnent oppi'essent la femme (UK-eintc, 
les Arabes ne cessèrent point de se combattre et do se nuire mu- 
iU(>lltMncnt. Alors qu(» M(U'\van sortit de la Parle des Turcs, toute 
la terre était troublée et agitée. |44| 



L an 1057 (745-746), Merwan sortit de la Porte des Turcs \ 

Il est écrit dans le prophète Jérémie': « C'est pourquoi ainsi dit 
le Seigneur : Voici que je placerai des écueils à ce peuple : les pères 
et les fils y échoueront ensemble; le voisin et son ami y périront. » 

Toutes ces choses arrivèrent aux Arabes, car les frères et les 
neveux tombèrent dans les écueils par leur ambition. 

Les partisans de 'Abbas et ceux de Ilisam^, les fils de Walid et 
les partisans de Merwan, qui étaient frères et neveux, voisins 
et amis, se jetèrent les uns sur les autres, périrent eux-mêmes 
et firent périr avec eux un grand nombre d'hommes. 

Jérémie a dit aussi à propos de la sortie même de Merwan* : 
« Voilà qu'un peuple vient de la terre d'Aquilon; unegrande nation 
sortira des confins de la terre; ils sont armés d'arcs et de lances, 
ils sont cruels et sans pitié ; leur voix est comme le bruit de la mer 
agitée; ils sont montés sur des chevaux et sont préparés comme 
des hommes vaillants pour le combat. Nous avons appris leur 
dessein et nos mains ont faibli ; la tribulation et des douleurs 
comme celles de la femme qui enfante nous ont saisis. Ne sortez 

1. C'est-à-dire descendit de l'Arménie, dont il était gouverneur, comme 
nous l'avons vu plus haut, p. 23. 

2. JÉR., VI, 21. 

3. Les Abbassides et les Omiades. Cette révolte de Merwan, qui combat- 
tait soi-disant pour venger les enfants de Walid II, ne contribua pas peu 
à favoriser les progrès des Abbassides. Ces derniers tirent leur nom de 'Abbas» 
oncle de Mahomet et père de Haschem. De là le nom de Bcni-Haschem, 
sous lequel ils sont quelquefois désignés. 

4. JÉR., VI, 22 sqq. 



40 CHRONIQUE 

point dans les champs et ne marchez point dans la route à cause 
du glaive des ennemis. » Et Isaïe dit aussi en parlant d'eux' : « Je 
l'ai suscité de l'aquilon, il viendra de l'Orient, il invoquera mon 
nom; ils emmèneront les magistrats et les traiteront comme la 
boue que le potier foule aux pieds, » et encore': « De l'aquilon le 
mal se répnndra sur tous les habitants de la terre. » 

Lorsque Merwan eut envahi la Mésopotamie et qu'elle lui fut 
soumise, il y établit des administrateurs dans toutes les villes, et 
même à Mossoul. Ayantcnsuite réuni une armée nombreuse, il la 
fit avancer rapidement avec des ouvriers et des ingénieurs. 

Les partisans de 'Abbas passèrent à l'Occident. Yézid, qui 
avait tué Walid, mourut après un règne de six mois, et [45] son 
frère Ibrahim prit sa place. 

Celui-ci, en apprenant que Merwan avait passé l'Euphrate avec 
une armée considérable, et que la Mésopotamie lui était soumise, 
fut saisi de frayeur. (( Ils tremblaient et chancelaient comme des 
hommes ivres ^ » 

Il envoya d'abord contre Merwan Nou'aimibn Thabit*, avec une 
armée considérable. On rapporte de cet homme qu'il avait soixante- 
dix fils. 

Us s'avancèrent donc l'un contre l'autre et engagèrent la bataille: 
toute l'armée d'Ibn Thabit fut détruite et mise en pièces en présence 
de Merwan. 

Les partisans d'Ibrahim voyant que Merwan avait triomphé 
dans ce premier combat furent saisis de crainte et rassemblèrent 
des forces innombrables, réunissant même le peuple des campagnes 
pour combattre avec la fronde. 

Les deux armées s'avancèrent l'une contre l'autre, et s'étant 
rencontrées, campèrent à 'Ain Gara''. Après de nombreux engage- 
ments, et après qu'un grand nombre d'hommes fut tombé conti- 
nuellement de part et d'autre, Merwan remporta enfin la victoire et 
tailla en pièces Ibrahim et ses frères qui prirent la fuite, ainsi que 
Soliman, fils de llisam. Jamais pareille bataille ne se vit dans le 

1. Isa il-:, xi,i, 25. 

2. Jku.. I, 14. 

3. Ps., cvii, 27. 

4. Peut-être 'I'h;ibit Ibn Nou'.Vim. Cfr. Wkil. Ctesch. d. Chnlipfien, t. I, 
p. 6s8, n. 1, — Notn.' auteur n'est p;is tout ;\ fait d'accord avec les auteurs 
arabes pour l'ordre des faits qu'il rapporte. 

h. 'Aiu al-Dj.irr, entre le Liban et l'Anti-Libau, sur la route de Damas à 
Baalt»ek. — Cfr. Wkh,, Grsr/i. d. Chaiiphcn, I, 682, n. 1, où on discute 
ridcntitication de ce nom. 



Di: DMNYS l)K 'l'KM.-MAI.IKK 41 

monde; j:iiu;iis en jiikmui Ii(Mi .•lul.iiil. de sang ne fui if-paiidu (ju'cfi 
cmM. ondroil. Môino l(; [xinplc do la (•.iinp.'ii^no, pins de cinq 

mille hommes, — y périt. 

Mei'w;in apri^'s sa vie-toire assi('>gea Minèse, s'en empara el ren- 
vorsa ses muiMilles. Il lii, .inssi l'eiii'er le cMd.ivrr d<; \'('/id d«'- son 
toml)oan et le lii (!rnei(ier la tête on bus. 

Il prit eiieon;, d'nn (MMlain .hiif, <(u;ili'e eeiil niille Ipirccs] d'or. 



/)^'.s' pasfrnrs dr r lù/lisr f^id /lorissniciU à cette (''pf)(jne. 

Après saint Ailianase, saint MarJean fntpatriarche d'Antioche'. 
A Kdesse Horissait révoque saint Constantin; à Harran, saint Mar 
Siméon, du saint monastère 1 46] de Qartamin ; à Samosate, un autre 
Constantin ; à MaipherUat, saint Mar Athanase surnommé San- 
dalia, qui par la suite devint patriarche. 

A Amida, saint Mar Cosirie eut pour successeur Mar Sabas, du 
saint monastère de Zouqenin, situé dans le ressort de cette ville. Il 
mourutaprès vingt ans, et Sévère, du même monastère, lui succéda. 
Celui-ci mourut au bout d'un an environ, pendant l'épidémie, 
tandis qu'il visitait son diocèse. On mit à sa place un autre Sévère, 
du même couvent. 

A cette même époque, un certain trouble eut lieu dans l'Église, à 
propos de saint Mar Jean à qui tous ne voulaient passe soumettre. 



Translation du trésor royal d'Occident en Mésopotamie. 

Merwan, connaissant la perfidie des Occidentaux à son égard, 
voulut amener le trésor royal en Mésopotamie. Les Occidentaux se 
soulevèrent alors violemment et commencèrent à se tourner contre 
lui. Sachant qu'ils ne le lui livreraient point sans combat, il les 
trompa et leur dit: « Je ne veux pas le conduire en Mésopotamie, 
mais à Damas, puisque c'est là qu'est établi le siège de la royauté. » 

Quand il eut fait cela, ils lui permirent de le conduire à Damas. 
Eux-mêmes l'accompagnèrent et l'introduisirent dans la ville. Après 
quelques jours, il les renvoya dans leurs maisons, et deux ou trois 
mois s'étant écoulés, au moment où les Occidentaux n'y faisaient 

1. Cfr. Bar Hebr-cus, Chron. eccles., I, 306 sqq. 



42 CHRONIQUE 

point attention, il enleva furtivement le trésor et le conduisit à 
I.larran oîi il vint lui-même habiter. 
Depuis lors la guerre ne cessa pendant tout son règne. [47J 



L'an 1058 (746-747) Dahaq, s'associant à la secte des Harourites, 
envahit la Mésopotamie '. 

Merwan en venant en Mésopotamie n'avait pas encore trouvé 
trêve à ses maux: il lui surgit de cette terre de Mésopotamie une 
cruelle épine. 

A cette époque le tyran Dahaq, du mont Izala, et avec lui Yakoub, 
Haïbari et Saqsaqi, vinrent engager de nombreux combats avec 
Merwan et tuèrent un grand nombre de ses soldats. Après de nom- 
breux engagements livrés en tous lieux, une violente et cruelle 
bataille eut lieu à Tell-Masrita, dans laquelle Dah.'iq périt avec 
toute son armée, qui fut taillée en pièces. Ceux qui restaient prirent 
la fuite '. 

1/an 1059 (747-748) il y eut un grand et violent tremblement de 
terre dans la région occidentale. 

« Par l'ébranlement sera ébranlée la terre, par le chancellement 
chancellera la terre et elle sera agitée comme une cabane '. » 

Ces choses, et des choses semblables, et de plus mauvaises 
encore, ont été causées par les iniquités, les péchés, les malices que 
nous commettons chaque jour. Où pourrons-nous trouver la cause 
de ces tremblements de terre, si ce n'est dans les péchés des hommes? 
Est-ce que la terre se disloque? Quand elle tremble et qu'elle est 
agitée, invoque-t-elle son artisan pour qu'il vienne la consolider? 
Je ne le pense pas. Mais qu;ind elle tremble, elle protesta contre les 
iniquités qui s'accomplissent à sa face, comme elle le Ht voir une 
fois clairement par le fait suivant: 

Il y eut pendant la nuit une commotion, et on entendait de très 

loin comme la voix d'un taureau qui mugit. Le matin venu, 

l'évoque ordonna, sous peine d'excommunication, que tout le 

.monde se réunit pour sortir en prient', car, disait-il, cela arrive 

à cause des péchés. Tous vinrent donc h la prière, et allèrent en 

1. Cfr Wkii.. Gcsrh.d. Chaliphrn, I. 687-689. 

2. ISAÏB, XXIV, 19. 

3. I.a fonction rolijjrioiiso d(^sij?nôc par le mot Banutn (pétition, prière], 
correspond dans l'ofîlce syriaque aux Rogations des Latins. 



hM DI'INYS ni-, 'Ii:i.l>-MAMIIK ^'{ 

proc('.ssion h un temple (U\{\'\r à la Mrre de Dkmi, <jin se. tiousail en 
dehors do la, ville, e'est-à-dire do Miiboiig, |48| dans l.i iv^ionocei 
(leiitMle. Ces gens étaient chaleédoniens '. Lïnécjiir lui mriiie mar 
(•Mail ;'i leiii- lète. ('oinme ils \ «Miaieiil d'ai ii\ <"!• à l'êgliso et (|u'ils 
y cHaiont Ions entn'S oomine des chèvres dans la bergerie, tandis 
qu'ils récitaient tous enscMnhh^ la prière, il y eut tout à coup «in 
trombh^nent de terre, rédili(!e s'éeroiila sur eux et les écrasa tous 
avec l(*ur ôvêquiv Ils y périrent tous, et pas un n'échappa vivant. 
Ils devinrent subilenient un pressoir do perdition et de malheur : 
le justi^ y périt a\tH', le pécheur. 

L'an lOGO (748-749), le peuple di;s Perses' envahit la terre de 
Syrie, subjugua les Arabes et régna à leur place. 

Isaïe f)rophétisa autrefois sur ces choses en disant ' : « Voici 
Assur! C'est lui la verge de ma fureur; dans sa main est le bâton 
avec lequel je frappe. Je l'enverrai vers une nation impie et lui 
donnerai des ordres contre le peuple de ma colère. » 11 dit encore* : 
« Il arrivera en ce jour-hà que le Seigneur sifflera pour [appeler] 
les mouches qui sont sur les bords des fleuves de l'Egypte et les 
abeilles qui sont dans la terre d'Assur. Elles se reposeront dans 
les vallées désertes et dans les creux des pierres. » 

En vérité, ceux-ci sont la verge de fureur, et le bâton qui frappe 
est dans leurs mains, comme dit le prophète, car ils portaient 
à la main des bâtons, à l'extrémité de chacun desquels se trou- 
vaient des clous de fer, comme s'ils s'avançaient pour tuer des 
chiens. 

11 les appelle aussi a mouches et abeilles )) et à bon droit: 
car de même que les mouches bourdonnent, se posent partout, 
produisent des vers et une odeur fétide, de même ceux-ci étaient 
des magiciens, des voleurs, des adultères, des assassins qui, partout 
où ils allaient, causaient le mal, la discorde et le trouble. Ils s'éle- 
vèrent de leur contrée et s'avancèrent en grand nombre, comme un 
essaim d'abeilles qui paraît méprisable, mais ne retourne point [49] 
en arrière. Ils se réunirent ainsi pour envahir la terre. 

# 

1. C'est-à-dire partisans du concile de Chalcédoine que rejetaient lesmono- 
physites, et par conséquent hérétiques aux yeux de l'auteur. 

2. Denys désigne sous le nom de Perses, les Abbassides. Theophanes, 
Chronogr., ad ann. m. 6240, les appelle Xiopaa-av"itai et aussi Ma'jpo'^ôpot 
(vêtus de noir). C'est en effet dans le Khoraçan et la Perse orientale que les 
Abbassides firent les premières tentatives de révolte contre les Omiades et 
qu'ils recrutèrent leurs troupes. 

3. Isaïe, x, 5. 

4. IsAiE, VII, 18 sqq. 



44 CHRONIQUE 

Une armée arabe descendit contre eux près de Akoula '; mais 
elle ne put, l«Mir tenir tête : ils la détruisirent, et les survivants 
prirent la fuite et se dispersèrent. Ils s'emparèrent des armes, des 
chevaux et de grandes richesses, car auparavant tous allaient à pied 
et ne possédaient rien autre chose que les bâtons qu'ils portaient à 
la main. 

Joël a parlé d'eux quand il dit*: « Comme l'aurore répandue 
sur les montagnes, un peuple nombreux et fort se répandra; de 
semblable à lui, il n'y en a point eu depuis le commencement, et 
après lui il n'y en aura point pendant les années des diverses 
générations. Devant sa face un feu dévorant : ( t derrière lui une 
flamme brûlante. La terre est comme un paradis d'Éden devant lui : 
et derrière lui, comme la solitude du désert. Il n'y a personne qui 
lui échappe. Comme l'aspect des chevaux est leur aspect; ils 
courent comme des cavaliers. » 

Le prophète a raison de les appeler (( figure de chevaux», carde 
même que le cheval porte une crinière sur la tête et sur le cou, ils 
avaient une chevelure longue, semblable à la crinière d'un cheval. 

Aussi il dit encore ' : a Ils courent comme des cavaliers, imitant 
le bruit des quadriges sur les sommets des montagnes, le bruit de 
la flamme d'un feu qui dévore la paille, comme un peuple fort pré- 
paré au combat. Devant lui tous les peuples trembleront, tous les 
visages deviendront noirs comme la suie d'une marmite. Ils 
courront comme des géants; comme des hommes de guerre, ils 
escaladeront les murs. » Et encore* : « Ils monteront dans les 
villes, ils courront sur les murs, ils monteront au haut des maisons 
et entreront par les lucarnes comme des voleurs. A sa face la terre 
a tremblé, les cieux se sont ébranlés.» — Nahum aussi a dit*: 
(( Leur aspect était comme des lampes de feu et ils courent comme 
des éclairs. Ils s'empareront de leurs maîtres, ils fléchiront dans 
leurs marches, ils monteront rapidement sur les murs et se pré- 
senteront sur les créneaux. ') Et encore": « Leur face à tous était 
comme h* noir [50] d'une marmite. » 

Non seulement leurs visages étaient noirs, mais tous leurs 

1. Ancien nom de Koufa, sur la rive occidentale de riùiplirate à cinq 
jonrn*^e.s de marche de Hagdad. Vide Bar Hi.imj;us, C/iron. cerf., 11. 111^ 
ni. 

1*. JOKL. 11,1*, 4. 

3. JOF-L, II, 3. 4. 

4. JoKL, II, 4-7. 

5 . N A M U M . 1 1 . 1 . 

6. Naiium, II, 11 . 



1)1-: DRNYs 1)1-: TMi.i -MAiiin': 45 

vAtoiiKMits, car icnir li:i,l)ilI(MU<Mit <'ît,;iit de ccitUi couleur. Pour 
cola ou les .'«pptdait, (eu arabe | Mcssoiifu/i^ , ce qui sigiiilie /<oi>' [en 
syria((ue]. 

Lorsqu'ils (Ml HMil su l)juf^ué la régi ou inférieure, Merwan envoya de 
nouveau contre eux à Nisibe Ibu lloubeira <|ui, lui uou plus, ne 
put t(Miir (levant (Hix et fut ('également taillé en pièces. Alors Abdal- 
lah Ibu MiM'wan descendit et fui aussi vaincu. 

Merwan vint lui in('4ne, et après de nombreux combats dans 
lesquels il y eut des deux côtés beaucoup d'hommes tués, ils enga- 
gèrent enlin une grande et terrible bataille, et la terre fut rassasiée 
du sang qu'ils répandirent en abondanc(^ à Beit Zaijé'. 

Merwan, taillé en i)ièces, prit la fuite. Son ai'mée fut dispersée; 
et il se réfugia lui inènieau delà de l'Euphrate. Toutes les villes 
se fermaient devant lui, et les Occidentaux voulurent le combattre. 
Dès lors il disparut et on ne le vit plus, lui ni aucun des siens. 
Les captifs furent en partie rais à mort, en partie jetés dans les 
fers^ 

Les Perses, après avoir ainsi battu Merwan se répandirent sur 
la terre, « comme les loups du soir ou les aigles affamés ». 

Habacuc a prophétisé d'eux quand il dit * : « Voici que je 
suscite les Chaldéens, nation audacieuse et cruelle qui parcourt 
l'étendue de la terre pour s'emparer des tabernacles qui ne .sont 
pas à elle. Elle est formidable et terrible; c'est d'elle-même 
que^sort son jugement, )) — en vérité ils se répandirent sur l'étendue 
de la terre, — (( ses chevaux sont plus légers que les léopards, plus 
agiles que les loups du soir. Us voleront comme un aigle affamé à 
sa pâture. Tous viendront au butin. » 

Ce prophète les assimile justement aux loups du soir. Les loups en 
effet [51] ne se montrent pas et ne peuvent être vus des hommes ou 
des chiens pendant le jour. Le soir, ils ont faim, car ils n'ont 
pas mangé de la journée. « Dès le lever du soleil ils se retirent 
dans leurs antres pour s'y coucher et l'homme sort pour son travail 
et son labeur jusqu'au soir'. 



1. Cfr. ci-dessus, p. 43, n. 2; Dozv, Su/jpL, sub v. S^^.*-^ 

2. C'est-à-dire sur les rives du Zab supérieur, entre Mossoul et Arbèle : 
Jjjlj J^^ll c>J J^Vl ^Ijil ip OlS^ <^'^'^o^'^'' ï^- ^04)- Cette bataille 

mit fin à la domination des Omiades et assura le triomphe des Abbassides. 

3. Cfr. Weil. Gesch. d. Chaliphen, I, G99-702. 

4. Habac, 1, 6. 

5. Ps., civ, 22, 23. 



46 CHRONIQUE » 

De même qu'ils hurlent quand ils sont affamés, ainsi en était-il 
de ceux-ci; ils criaient comme l'aigle qui gémit lorsqu'il a faim, et 
partout où ils parvenaient, comme des loups, ils volaient les biens 
des hommes, ainsi qu'il est dit : (( Tous viennent au butin;» et 
ailleurs : (( Il insultera aux rois, tournera les princes en dérision, se 
moquera de toutes les fortifications '. » 

La prophétie n'a-t-elle pas raison de dire : « Il se moquera des 
fortifications, » puisque tous les murs des villes ont été renversés 
par hnirs mains et qu'ils ont détruit tout ce que des rois sages et 
prudents avaient fait à grands frais pour se défendre des ennemis. 
Elle dit : «Il insultera aux rois et tournera les princes en dérision. » 
Ne leur insulte-t-il pas, ne se moque-t-il pas en détruisant leurs 
constructions? 

Le premier gouverneur de la Mésopotamie fut 'Aki,qui fit un 
éditpour obliger tous les Musulmans à se vêtir de noir. 

L'an 1054 (742-743), le vendredi premier jour de Kanoun second 
[janvier], les étoiles tombèrent du ciel et on les voyait comme des 
globes de feu qui couraient de tous côtés. Elles présageaient les 
calamités qui sont venues par la suite sur la terre : le glaive, la 
peste et l'invasion des Perses. 

L'an 1061 (719-750), les Arabes prirent le blanc'. 

Les Arabes, voyant les maux que leur inlligeaient les Perses, 
qui ne cessaient de les tuer sans pitié comme des agneaux, et de 
piller [52] leurs biens, ne purent les supporter davantage et revê- 
tirent le blanc. 

Il est dit : « Il se moquera des rois et des princes, )) et encore^ : 
(( L'homme vil prévaudra sur les grands, et les misérables contre 
les gens d'honneur. » Les Arabes prirent donc le blanc, tuèrent un 
grand nombre [de Perses], les mirent en fuite et descendirent dans 
leur pays. 

Il y eut un inteirègne d'une année entière, pendant lequel la 
discorde s'éleva, et Boraïka embrassa la secte des Harou rites. 

L'an 10()2 (749-750), les Arabes de Maipherkat se répandirent 
dans la région et commencèrent à faire beaucoup de mal aux liabi 
tants (le 1.1 montagne; et de toute la contrée. Qùré ihn 'rhal)it monta 
dans le canton de Qoulab, s'empara de ses notables et en tua 
sept. (»)naTifl leurs frères, les hal)itants du canton de Phis, con^ 



1. Nau., I. 10. 

2. So révoltvroMi; ou embrassèrent la secte des Harouriteo. Voir ci-dessus 
p. 27, n. ii. — Cf. Hist. irudessc. p. iiôU. n. 1. 

3. Cfr. îs., m. 4-5. 



Di'! Di'.NYs \)E 'ii-:M,-M.\niu': 47 

nui'cnt. co (|iii ('l.iil ;irii\<', ils se liui'ciil, sur leurs gardes de pniir 
d'Atre traités (Ml(U)r(^ |)liis mal. Or, il scî trouva un homme coura- 
geux, (IdtMo ot ('rai}j;nant Dieu, uonuné Jean lîar Dadai, originaire 
du village n)êmc de IMiis, (jui rc-unit tous les habitants du canton 
de Phis, et leur parla en e(^s termes : (( Aujourd'hui, vous le savez, 
il n'y '' p;>^ d(^ roi pour \'eiiger nolic^ sang des mains de ceux-ci. Si 
nous les laissons faii'e, ils se r-éuniront contre nous et nous emmè- 
nerontd'ici en captivité, nous (*t tout ce qui est à nous. » (!eux-ci 
l'éooutérent avec empressement, s'attachèrent à lui et l'établirent 
leur chef. Il les lit entrer dans le temple saint et leur fit jurer, par 
les divins mystères, qu'ils écouteraient tout ce qu'il leur comraan 
derait, qu'ils n'agiraient point contre son ordre et ne le trompe 
raient en aucune façon. 

Cet homme, fortement encouragé, ayant établi Dieu pour son 
chef, prit sa troupe et créa des chefs d'armée et des officiers qui 
commandaient à chaque groupe do mille, de cent, de cinquante et 
de dix hommes. Il établit des gardes [53 1 à l'entrée de tous les 
passages qui donnaient accès à la montagne. 

Or, vint un homme, nommé Souda, qui promit à tous les Arabes 
de Maipherkat deleui' apporter les tètes coupées de tous les grands 
de la montagne, et de jeter les autres dans les fers. Après avoir fait 
de telles promesses, il emmena une forte armée avec lui et s'avança 
vers eux, comme pour demander la paix. Ceux-ci, ayant eu con- 
naissance de sa ruse trompeuse, tombèrent sur lui à l'improviste 
et tuèrent un grand nombre de ses hommes; les autres prirent la 
fuite et échappèrent, grâce aux chevaux sur lesquels ils étaient 
montés; ils rentrèrent dans la ville. Depuis ce moment, il leur 
arriva de gi'ands malheurs. 

Les Arabes et les chrétiens voulurent, d'un commun accord, 
faire descendre le gouverneur qui, depuis deux ans, était établi 
dans la forteresse de Qoulab. Ils refusèrent de lui obéir et se révol- 
tèrent contre lui. Les Arabes voulaient le faire descendre de peur 
qu'il ne se joignît aux habitants de la montagne; les Syriens aussi 
demandaient son départ dans la crainte qu'il ne les trahît. Celui-ci, 
résistant aux deux partis, s'établit solidement dans la forteresse : il 
réunit des hommes pervers dont il devint le chef et descendit à la 
tête de sa troupe pour ravager les villages et emporter le butin dans 
la forteresse. Il tomba à l'improviste sur Eloul et Paspasat, où il 
commit toutes sortes d'atrocités^ lui et son armée. Il jeta les habi- 
tants dans les fers et s'empara de tout ce qu'ils possédaient. 

Tandis que ces hommes faisaient souffrir ces maux aux habi- 
tants du village, ceux ci mandèrent secrètement à Jean : « Accou- 



48 CHRONIQUE 

rez à notro secours, que nous ne soyons pas emmenés en capti- 
vité. » Jean, en apprenant l'oppression de ses frères, s'empressa de 
faire avancer rapidement son armée et de descendre vers eux. A la 
nuit, il iMitoura le village dans lequel se trouvaient [ses ennemis] 
et leur fit dire : « Sortez [54] du village, et allez en paix. » Mais le 
gouverneur ne voulut pas. Il se mit à la tête de sa troupe et ils 
sortirent eu armes pour s'avancer au combat. Jean tomba sur lui, 
et il périt avec son armée. Le Seigneur tourna contre sa tête le mal 
qu'il avait fait, il le renversa en présence de [Jean] et il mourut. 

Il y avait aussi dans la montagne un des notables, nommé 
Etienne, fils de Paul, homme criminel et fourbe qui foulant aux 
pieds le serment qu'il avait juré à Jean, sur les divins mystères, lui 
dressait continuellement des embûches. Il avait l'intention de le 
livrer aux Arabes. Il envoya donc perfidement vers l'armée arabe 
et'Aouph' vint le trouver avec une troupe considérable dans le 
village appelé Hazro'. Il convint secrètement avec eux de faire 
venir Jean pour le livrer entre leurs mains. Il agit, en effet, ainsi 
pour exécuter ses desseins, mais Dieu ne permit pas au criminel 
d'accomplir son désir. Le projet qu'ils avaient formé contre l'homme 
innocent retomba sur leur tête et ils remplirent de leurs propres 
cadavres la fosse qu'ils avaient creusée. 

[Etienne] fit donc entrer 'Aouph, avec deux de ses compagnons, 
dans sa maison et les cacha dans une chambre. Il convint avec 
eux que, lorsqu'il amènerait Jean, il l'introduirait dans la mai- 
son et qu'eux sortiraient alors de leur retraite et le tueraient. Il lit 
aussi placer l'armée en embuscade sur le village de Hazro et en- 
voya immédiatement quelqu'un pour dire à Jean ce mensonge : 
(( Viens sans tarder voir ce que nous devons faire, car l'armée nous 
environne de toutes parts.» Jean qui était loyal accourut prompte- 
ment comme un agneau à l'immolation, ne sachant rien. 

ComuH; il était sur le point d'entrer dans la maison où on lui 
avait tendu un piège, il se trouva là, eonmie parla volonté divine, 
un homme (idèle et craignant Dieu, qui avait eu connaissance [55] 
de leur dessein et lui fit connaître la trahison. Il retourna prompte- 
ment en arrière, et tandis que c(nix-ci attendaient sa venue pour 
accomplir sur lui leur projtU, il envoya une aimée qui, avant que 
les troupes qu'ils avaient avec eux on eussent eu connaissance, les 
environna de tous côtés. Aucun d'eux n'échappa, mais tous périrent 

!^. Le nom est ici ajouté i\ la marge du manuscrit. — Ce village est situé 
h l'ourst et ù cfivirtMi i?0 kiloniriro de Maipbcrkat. sur la route d'Amida. 



IH-; I)1-;n^ s i)i<: 'ri:i,i, mai.iui': 40 

fr;i|)|)('s M coups de I.iiicc. I,,i chose ii'(''l;iil. pas ciicorf» coiimim; 
(l'Mliciiilc, ni (Ir Aoiipli, clicf (le raiiii(''('. (,)iiaii(l ils apprii'ciil ce (pii 
ôlail, an'i\('' à l(Mirs coiiipaiçiioMS, ils iiioiil/'i'cnt. sur les clievaiix 
lapides ((u'ils a\aiciil avec, eux r.l soniçèi'iMil, à s'('eliappei', mais ils 
ne liireiil passâmes de la soi-le, car i\('<, lionnnes apjilcîs se inii'('nt 
à leui' pnin'suil(\ Ils all.ei<;iiii'enl 'Aouph cl ses compagnons cl Ic»s 
tucrenl par le gia.i\('. ^hianl à I^licMiiic, lorsfpi'il \it (pu; sa fran(l(3 
et celle de Salau, sou père, élail, (li\ ulgiiéc, il prit la fuite, gagna 
la ville (^t n(> périt pas. Dejjuis lors, saisi de erainlr, il ik; Feutra 
plus dans la moulagiic. 

D(4)uis {'0 moment, l(».s maux s'ajoutèi-ciit aux maux. Les habi- 
tants d(* la, uu)ntagne et les Arabes s'attaquaient et se tuaient conti- 
nuellement. Li^s montagnards s'emparènMit des défilés et on ne vit 
plus aucun Arabe dans la montagne. 

Mais une autn^ épine leur poussa de l'intérieur. 

Un certain Ourtéen \ du nom de Grégoire, s'avança contre eux 
avec une grande armée et attaqua les liabiLants des rives du fleuve 
Hara. Il en tua un grand nombre; il (it (;oup(^.r aux uns les mains, 
à d'autres les membres : à ceux-ci les oreilles, à ceux-là le nez ; à 
d'autres enfin, il fit crever les yeux par le feu. 

Les habitants du mont Çahya- se tinrent sur leurs gardes et se 
confièrent à Jean. 

Dans les pays orientaux, Boraïka adhéra à la secte des Harou- 
rites. 

Dans la région d'Édesse, 'Oubeidallah Ibn Boktari* se révolta 
aussi et fit beaucoup de mal à un grand nombre d'hommes, sur- 
tout à Beit Ma'ada, [56] dont il saisit les principaux habitants et les 
fit rôtir au feu comme des poissons. Pour s'emparer de leur or, il 
tua, emmena en captivité ou fit périr un grand nombre de per- 
sonnes. Il dévasta tous les monastères de la région d'Édesse, de 
Harran et de Téla, s'empara de tous leurs biens et fit mourir, rôtis 
par le feu, leurs supérieurs. 

1. Le syriaque Ourtaia. que l'on a traduit .soiiveni par Ibérien, désigne 
proprement les habitants du district d'Anziiène. Cf. JosuÉ le Stylite, éd. 
Wright, 33. 9 (trad., 28, n.); Noeldekiî, ZMDG., xxx, 358, xxxnr, 163. — 
V. ci-dessous, p. 56, n. 5. 

2. C'est-à-dire rnojit aride. Nom propre d'un lieu situé près de la ville de 
Balat sur le Tigre. Cfr. BibL. or., I, 249; 11, ij,lxciv, cj, 127, 2l«. — Ce nom 
désigne aussi d'une manière générale la partie méridionale du Taurus qui 
se trouve sur les territoires d'Arzoun. de Maipherkat, d'Amida, de Hanazit 
et de Samosaie. 



50 CHRONIQUE 

Voici les monastères qu'il ruina avec un grand nombre de vil- 
lages : le monastère de Coubè, le monastère de Resmat, à Ti^P^» 
le monastère de Qatara', le grand monastère de Hesmi, le monas- 
tère de Mar Lazare, Beit Maada, le monastère de Mar Habil, le 
monastère de Mar Miles ', le monastère de Sanin'' et de nombreux 
villages. 

Cet impie dirigea toute sa colère contre les monastères. Satan 
l'excita aussi contre les églises, et il menaçait continuellement les 
couvents de l'Orient et du Nord, pour satisfaire la vengeance du 
diable son père. 



Des trois Jiicers rigoureux qui survinrent Vun après Vautre; de la 
neige qui tomba pendant ce temp.^ en abondance ; de la destruc- 
tion des bestiaux, des animaux et des oiseaux qui périrent à 
cause du grand froid. 

L'année même oij la guerre civile s'éleva, la neige tomba en 
abondance ; elle s'accumula sur la terre à l'épaisseur de cinq 
palmes et resta sur le sol pendant quatre-vingt-dix jours, et dans 
les plaines, elle resta soixante-dix jours, de sorte que toute chair 
approchait de sa fin. Beaucoup de ceux qui avaient des bestiaux 
et du froment, après avoir épuisé les provisions faites pour la 
nourriture des animaux, prirent le froment et le donnèrent aux 
bêtes pour que celles ci ne périssent pas de faim; mais ils ne purent 
sauver leurs bestiaux à l'aide du blé. Ceux-ci périrent comme des 
sauterelles et leur chair ne pouvait être mangée par les hommes. Il 
y eut un grand froid, de la glace, de fortes celées. [57] Des ténèbres 
couvrirent la terre pendant plusieurs jours, et tellement épaisses 
qu'un homme pouvait à peine distinguer la route à ses pieds. Elles 
se condensèrent sur les arbres, les vignes, les oliviers, comme de 
la neige, et firent ainsi beaucoup de tort aux arbres, ;iux vignes, 
aux oliviers, aux jardins, de sorte qu'il y eut à peine ipjelque chose 
qui ne fût pas atteint par la violence de la gelée et du froid. 



1. l'ns d Amidi. Ctr. //////. or.. II, 58. 

2. l.c K'xte porte Miijas, mais la confusion dos lettres lomacl et gomal 
étant si fréquente chez les copistes inexpériment«''s. j'ai cru pouvoir corriger 
en Miles, nom d'un martyr tr^'s honoré chez les Syriens. 

:<. Probablement le monasl("»re appelé aussi Sanoun. - Cfr. liibl. or., II, 
10, 38. Cat. Bibl. Vatican.. III. 217; Cai. of !*yriar mss. of the Britcsh 
Muspufn, 649, TOi. 



1)1-: i)i:nys dm riiF.i.-MAniti': 51 

Les llouvos so (^oiigcli'Tont .'lu poiiil, (|ii(! N's chevaux pouvai(*nt 
les tra.\ ors<*r an pj.ilop sans (juc la glacJi fût cbranlc'io sous leurs 
pas. L(» Tigre lui nièiiK* fut pris, et uruî noiubreuso caravane de 
ehaineaux put le franchir sans que la glace mollît sous leurs j)ie(ls. 
Toutes h's b^tes des champs et les oiseaux du ci(;l p(irirent : la 
neige, le froid, hîgivroavec les eml)ûches, la discorde, la maladie, 
la pesto, furent tels pendant trois aunyes successives que toute la 
rt^gion septentrionale approchait de sa (in. 



De la fainiiic qui survint en ces années ^ cl du peuple Arménien 
et Ourtéen qui envahit la Syrie. 

La neige s'étant accumulée sur le sol pendant de longs jours, et 
un certain temps s'étant écoulé sans que la face de la terre apparût, 
tout ce qui avait été semé périt sous la neige. La semence se cor- 
rompit, fut arrachée par la gelée et se dessécha. Quand la neige 
disparut, rien ne germa, excepté les mauvaises herbes et les épines. 
Ainsi s'accomplit sur nous cette parole prophétique': ((La terre 
est maudite à cause de toi, elle produira pour toi des épines et des 
ronces; quand tu travailleras, tu n'obtiendras pas qu'elle te donne 
les fruits de sa fécondité; » et cette autre" : (( Vous sèmerez du fro- 
ment, et vous récolterez des épines, vous travaillerez et n'en reti- 
rerez rien; vous serez confus, privés de vos récoltes. » 

La terre, en effet, nous a produit des épines, des ronces, des 
buissons. Au lieu de froment, [58] Ti vraie a poussé ; au lieu de l'orge, 
les ronces; au lieu des fèves, des lentilles, des pois, les épines. 

Et lorsqu'il, arriva que quelque chose germât et même grandît, 
la rouille et le vent brûlant s'abattirent dessus et le détruisirent. 
Ce qui échappa au froid, à la gelée et au vent brûlant, fut détruit 
par le puceron et le charançon % de sorte que si vous prenez dix 
épis et les frottez dans vos mains, il ne s'y trouve pas un seul 
grain de froment. Ainsi, à cause du vent brûlant, beaucoup de 
champs restèrent sans être moissonnés quoiqu'ils parussent dorés 
et de belle apparence, car le poison qui était tombé su^ eux était 
rouge ; il s'y fixait comme le givre sur les arbres pendant l'hiver, 
et la couleur du froment fut également changée en couleur rouge. 

1. Gen., m, 6. 

2. JÉRÉM., XII, 13. 

3. Sur les différents noms d'insectes qui se rencontrent ici et un peu pkis 
bas, voir l'Introduction au texte syriaque. 



52 CHRONIQUE 

C'est à propos de ces choses qiio le prophète Amos nous inter- 
pelle en disant' : «Je vous ai frapp(^s par \o. vent brûlant, par la 
rouille, par la grêle ; la chenille a rongé la plupart de vos jardins, 
de vos vignes, de vos figuiers, de vos oliviers, et vous ne vous êtes 
pas tournés vers moi, dit le Seigneur; j'ai envoyé sur vous la 
peste, j'ai massacré par le glaive vos jeunes hommes et vos vieil- 
lards, et j'ai fait monter à vos narines l'odeur de votre pourriture. » 

Le froment se vendait cette année-là un dinar \ef/eriha,ei\\ vint 
jusqu'à un dinar les sept qepJùzè. 



/)<?.s' charançonfi et drs pHc.orona dont la terre fourmilla 

à cette époque. 

Comme le temps de la moisson appi'oohait, et que tout le monde 
attendait les gerbes, la terre fourmilla de nombreux insectes qui 
montèrent sur le froment, l'orge et toutes les graminées. On ne 
voyait pas l'endroit dévoré, mais tous les épis sur lesquels ils s'é- 
taient posés étaient perdus, et quand ils étaient sur le point d'arriver 
à maturité, tout à coup ils se desséchaient et il ne [59] restait rien 
autre chose que l'écorce. Il fut reconnu par des hommes expéri- 
mentés qu'ils suçaient la substance des épis qui perdaient leur 
force et en peu de temps changeaient de couleur. 

On appelait ces insectes charançons et pucerons, car ils n'étaient 
pas d'une même espèce, ni d'un même type. Celui qu'on appelait 
charançon était rond et de di versets couleurs. Le puceron était 
pareillement rond, mais petit; sa trompe était allongée comme celle 
du moustique (4 même du taon, et tachetée de plusieurs couleurs. 

Selon l'opinion des sages, c'est cette même plaie que Moïse 
envoya autrefois sur les Egyptiens, car c'était le bruchus, le cynips, 
la cynomyia. Ce lléau ne s'attaqua qu'aux bh's. Ces insectes grim- 
paient sur les liges du froment et de l'orge, depuis la racine 
jusqu'au sommet, ainsi que sur les feuilles 



De la chenille. 

Il y eut aussi des chenilles nombreuses (pii ravagèrent les 
vignes, les arbres et tous les fruits, p.lles ne pouvaient marcher 

1 . Avn»*. IV. \). 



IH': iH'.NVs ni-; 'ii:i.i, maiiim'; ^ 53 

sur l;i l(M'i'(' à ('.iiisc (|(i loui- miillil,ii<l<'. l'illcîs (Uniont rt^p.'iiidufîs on 
tons lieux, c.ir I;i tenuicllc iiiAmo los .iv.iil vomies et, f;ii(, sortir |do 
son s(;in|. Ainsi les vign(\s, les .-irbres, les fruits, l(;s seni;iilles et 
tout cv. (jui sert .'i l;i, vie (l(^s liornines fut déti'uit. 



De la sdii/arcllr. 



Il est écrit dans le prophète': « Il ii donné leurs moissons à la 
sauterelle et leurs labeurs au bruchus, » qui est une sauterelle 
pourvue (h^ pattes et qui n'a point d'ailes pour voler ou pour s'a- 
vaneer. Son ravage est plus grand et plus pernicieux que celui de 
toutes les verges de colère. 

On avait dit du puceron : « S'il tombe sur [60] un silo de blé, il 
le détruira. » Cela s'est justilié, car lorsqu'il tombait sur un champ 
riche et prêt à être moissonné, le blé était perdu. Au dehors [les 
épis] paraissaient pleins et beaux, mais quand on les écrasait on 
trouvait l'intérieur perdu et réduit en farine. Si on semait ce blé il 
ne germait point, car il était gâté. 

La région inférieure elle-même ne fut pas exempte de cette 
calamité. La terre entière produisit la sauterelle qui se répandit 
et dévasta les semailles, les vignes, les jardins, les arbres et toute 
espèce de verdure. 

La prophétie prononcée par le prophète Joël ^ s'est accomplie sur 
nous : (( Écoutez ceci, vieillards; prêtez l'oreille, vous tous, habi- 
tants de la terre. Est-il arrivé chose semblable de vos jours, ou 
dans les jours de vos pères ? Racontez-le à vos fils ; et vos fils à leurs 
fils, et leurs fils à une autre génération. Ce qu'a laissé la chenille, 
la sauterelle ailée l'a mangé ; ce qu'a laissé la sauterelle ailée, la 
sauterelle sans ailes l'a mangé ; ce qu'a laissé la sauterelle sans ailes 
le cynips l'a mangé. » Il nous arriva selon la prophétie et pis encore : 
la neige et le givre détruisirent tous les arbres, et tout ce qui leur 
échappa fut enlevé par le vent brûlant, la rouille, la sauterelle, le 
bruchus, le cynips, la cynomyia, la chenille, en sorte que la famine 
s'aggrava sur les hommes, au delà de toute mesure. Le froment 
commença à diminuer dans les greniers et vint au prix d'un dinar 
le geriba ou même d'un dinar pour sept qephizè; et on n'en trou- 
vait pas. 



1. Ps. , Lxxviii, 46. 
*i. Joël, i, 2. 



54 CHRONIQUE 



Du peuple dei< Arméniens et des Oartèens qui envahit la Syrie à 
cause de la famine; de la contagion, des ulcères, de la peste et des 
diverses maladies qui se répandirent sur la terre à leur arrivée. 

Dieu envoya donc de grands fléaux sur le froment, l'orge, [61] les 
vignes et tout ce qui sert à la vie de l'homme, à cause des péchés 
et des iniquités que nous commettions quotidiennement; la famine 
s'appesantit sur toute la terre, et surtout sur l'Arménie et le pays 
des Ourtéens, car toutes leurs récoltes avaient été détruites, et il 
ne leur restait rien pour vivre. « Quand il le veut, il fait sécher par 
le froid, et quand il lui plaît de nouveau, il humecte avec le feu. » 
Ici donc il fit sécher par le froid. 

Toute l'Arménie émigra pour fuir la famine qui survint, et [ses 
habitants] envahirent la Syrie, poussés par la crainte de mourir de 
faim, eux et leurs enfants. Mais ils n'échappèrent pas de la sorte 
au fléau. (( Je leur ferai boire des eaux amères, je les nourrirai 
d'absinthe, je les disperserai parmi des nations qu'ils ne connais- 
saient point; j'enverrai après eux le glaive, la captivité, la famine 
et la peste, jusqu'à ce que je les aie consumés \ » L'Esprit-Saint a 
dit ces choses; et elles s'accomplirent toutes parmi eux. 

Ils sortirent et remplirent la terre entière : les villes, les monas- 
tères, les villages, les campagnes; ils vendirent tout ce qu'ils 
avaient pour acheter du pain et causèrent la famine dans le pays. 

La maladie des ulcères d'abord et la dyssenterie, puis les pus- 
tules s'emparèrent d'eux, et partout on en voyait qui gisaient dans 
les portiques, les édifices, les églises, les tours, et en tous lieux. La 
peste s'empara aussi d'eux, et il en mourut une telle quantité que 
les hommes ne suffisaient pas à les ensevelir. Partout où ils 
allaient, la main du Seigneur les poursuivait pour les affliger. 

Ce fléau de la famine, des ulcères, des pustules, s'empara aussi 
des Syriens et les consuma, mais il en périt plus de faim que de 
maladie. 

Il mourut cette année-là dans notre monastère de Zoiiqenin, du 
mal des pustules, quarante-deux hommes, sans compter les étran- 
gers. 

Cette maladie et la peste s'aggravèrent en tous lieux. [62] 

1. JÉR., IX, 15. 



i)i; I)i;nvs ih-: 11:1,1. -MAiiiti-: i>.> 



1/an \()Ch\ (752-751^), les INtscs l'cviinciit dans l<! p.iys avec des 
troupes ii(>riil)r(Mis('s. Ils (■oiiiU.ill.irciil, c.i v;iiii(juii'ent loiis ceux qui 
voulunMil l(Mir résister. Ils \\\va\{. de grands ravages parmi les 
Arabes de Mossonletde 'A([<)ul.i. Ils massacrèrent grands et p^;tits. 

'Ahdallali Ibn Mohammed *, frère du roi des I*erses, attaqua lio- 
raïka près de Da.ra et le tailla eu pièces. Celui ci prit la fuite. 

'Abdallah ayant appris tout U; malquiï les Arabes de Maiplierkat 
avaient inlligè aux Syriens de ce pays, et ce <pie ceux-ci avaient 
fait, envoya des ambassadeurs à Jean qui descendit à Marian. Il le 
reçut avec joie, l'honora, lui donna même des présents, l'établit 
chef de sa contré(i et l'y renvoya. 

Çalih Ibn Çabih \ était monté et avait pénétré dans l'Arménie. 
11 avait pris des otages dans toute la montagne et les faisait 
garder à Maipherkat avant que Jean fût revenu de IJarran, 
d'auprès de 'Abdallah. 

Jean rapportait avec lui un écrit d'après lequel on devait lui 
donner les otages. A son arrivée [Çalih] renvoya toutes les femmes 
qui se trouvaient parmi eux. mais parce que les Arabes de Mai- 
pherkat lui avaient donné des présents pour qu'il les vengeât de 
Jean et de ses compagnons, il traînait en longueur, disant: (( Au- 
jourd'hui ou demain je renverrai ceux qui restent. » Ils restèrent 
ainsi longtemps ; diverses maladies s'emparèrent d'eux et beaucoup 
périrent en prison. 

Il traîna ainsi en longueur pendant longtemps, car il cherchait 
une occasion de faire périr Jean et eux, pour donner satisfaction 
aux Arabes de Maipherkat. Or, Jean envoya des messagers à 
'Abdallah qui était émir de la Mésopotamie, et, le jour même où 
Çalih se disposait à faire crucifier Jean le lendemain matin, arriva 
un envoyé [de 'Abdallah] qui le fît sortir de prison ; il descendit [63] 
à Harran avec Etienne, fils de Paul. Dieu accumula sur la tête 
d'Etienne le mal qu'il avait fait; il le frappa et il mourut là. Quant 
à Jean, il envoya une lettre et délivra promptement tous ceux qui 
avaient été emprisonnés comme otages par Çalih. 

L'an 1061 (749-750), Constantin, empereur des Romains, sortit 
avec des troupes nombreuses; il renversa et rasa jusqu'au sol 
Mélitène% dont il chassa les habitants; mais il ne tua personne, 

1. Il s'agit de Al-Mansour, qui succéda plus tard à Abou'l-Abbas al-Saffah. 

2. Ce personnage paraît être Saleh Ibn 'Alî, oncle du khalife. Théophane 
l'appelle SaX/ja. Cf. Hist. du Bas-Empire, t. XII, p. 232, n. 2. 

3. Cfr. Hist. du Bas- Empire, t. XII, p. 209. 



56 CHRONIQUE 

et no leur enleva r'nm do co qu'ils avaient; il les fit seulement 
sortir, et les chassa de la ville, lisse rendirent tous en Mésopo- 
tamie. (Juant ;ï lui, il reuNCrsa les murailles, hrîila les maisons, 
puis n^prit son armée et revint dans son pays. 

L'an 10G4 (752-753), les Perses rasèrent |les villes. Les Perses 
revinrent une seconde fois, occupèrent le pays et ses places 
fortes, et y régnèrent. Le roi ordonna de raser les murs de 
toutes les villes des Syriens. Ils réunirent donc des ouvriers et des 
artisans en grand nombre et rasèrent toutes les murailles; ils brû- 
lèrent les portes et prirent l'airain et le fer qui s'y trouvaient. Ce 
que les rois prévoyants et sages avaient fait à grands frais pour 
la défense contre les ennemis, ceux-ci, dans leur tyrannie, le ra- 
sèrent et le jetèrent à terre. La parole de Jérémie fut accomplie' : 
(( Les murs larges seront renversés, les portes élevées brûleront 
dans le feu, les peuples les pleureront inutilement. » Il dit encore' : 
(( Le Seigneur a formé ledesseinde détruire les murs de la fille de 
Sion; il a lancé le cordeau, il ne retirera pas sa main avant de 
l'avoir fait disparaître. Il a jeté ses forces dans le deuil, et ses murs 
sont devenus déserts. » Qu'il vienne maintenant, le prophète Jéré- 
mie, et qu'il pleure, non plus sur la seule ville de Sion dont les 
murs ont été renversés, mais sur toutes les villes do la Mésopota- 
mie et de l'Occident. P^.sdras, le scribe, parle aussi de la destruction 
des murailles et de ce serpent [64| tortueux qui les a renversées : 
(( Il abaissera les murs qui n'ont pas péché contnî lui. » 

L'[in 1005(753-754), toute la région septentrionale fut pillée par 
Kousan*^. Cet homme était arménien^ de l'Arménie IV«. Après la dé- 
faite et la fuite de M(»rwan, il prit ses biens et sa famille et entra 
dans le pays des Romains. Comme c'était un homme courageux et 
brave, Constantin le fit général. Cette année-là, il sortit avec une 
armée considérable et tomba sur le nu)ntÇahya. Il fit captifs et pilla 
tous les paysans qui y habitaient, s'empara ch^ leurs richesses et de 
tout ce qu'ils possédaient et ne leur laissa absolument rien que la 
vie. Après avoir ain.si tout enle\é, il rentra au pays des Ko- 
mains. 

L'an lOOn (754-75.'")), Kousan rarméni(ni (Mivahit de nouveau la, 
région de An/.ola' av(>c les armées nonibreuses des Komains et des 

1. Jki!.. i.i, TxS. 

2. Thrrn., n, 8. 

.'{. Cf. Hi.'*t. du fi<(s-Iùn/>in; t. XII. p. M). 

1. Sur les divisions };roc:rai^hi<iuos de l'AriiK'^iuo, Cf. Saim-Mauiin, 
Mcnioireu sur l'A rmcnir, t. I, pp. i.'3. 01, ^2. 
f). VillfMlii sud de l".\rni6iiii' dont jp iioincst très diversement orthographié 



1)1-, lUsNYS l)K TKI.I.-M AMIll'; 57 

Ourl(^(Mis. QumikI AUi, alors (Miiir de l.i Môsopotiiiiiic. appriL cela, 
il i*(Miiiil iiiic. {^raïuic .iniK'c (I(î INtscs cl d'AralM's, mil sou lils à la 
tôlr, (U l'onvoya (•.oiMl)atlr(' Koiisaii. Le jeune lioinme s'avaiir.a avec; 
an'o;j;ance et gi'.iiidc^ pi'rvsomplion. Les dcuix arméfvs scî reiicoii- 
trtM'onl. Il nié|)risa ses ad\ ersaires. La jeunesse, en elfei, esl jjorUîe, 
au désordre, el, e.oinnic elli- e>l. inexjxM iinent<;c cl n'écoute p.is 
[les conseils), elle, tomber dans l'abîme d<'s maux. 

Des homnuis Ages, (pii a\aient grandi au milieu des combats et 
qui connaissaient les nombreuses didicullé's (pii surviennent (larjs 
les batailles, le dêtournai<'nt (^t lui conseillaient de ne pas se pi'cs- 
ser de combattic avec Kousan. ((C'i>st, disaient-ils, un homme ins- 
truit dans l'art de la. gueri-e, \igoureux, qui jamais ne recule. De 
plus, il connaît le pays et sa conrormation, [65| puisqu'il y est né 
et y a grandi. » Mais il abandonna le conseil que lui donnaient les 
vieillards, et, nouveau Roboam, lils insensé, il suivit l'avis des 
enfants qui avaient été élevés avec lui '. Tandis qu'il s'empressait 
de se faire rapidement une renommée illustre, il s'acquit un nom 
vil, plein d'opprobre et de honte aux yeux de nombreuses généra- 
tions futures. 

Il s'avança donc avec empressement, car il voulait promptement 
tomber sur Kousan, le faire disparaître de ce monde avec ceux qui 
l'accompagnaient, faire des prisonniers, piller et dévaster, 
puis retourner chez lui après avoir remporté une grande victoire. 
Kousan, en voyant les mouvements du jeune homme, gambada, 
ricana et mit la main sur sa tête en disant : (( Voici le jour que le 
Seigneur a fait pour tirer vengeance des ennemis. Allons, tres- 
saillons d'allégresse, réjouissons-nous en cejour^ » 

Quand la bataille fut engagée et que les morts commencèrent à 
tomber des deux côtés, Kousan fit un eiïort énergique contre les 
Perses qui prirent la fuite devant lui : ils tombèrent tous sous le 
glaive. [Kousan] fitde nombreux captifs, pilla et dépouillales morts. 
Le fils de 'Aki s'enfuit, dépouillé de tout, sur le cheval rapide 
qu'il montait, et s'échappa en laissant tous ses bagages aux mains 
des Romains. A l'exception d'un petit nombre qui montaient des 
chevaux et s'enfuirent en abandonnant tout ce qu'ils possédaient? 
personne d'entre eux n'échappa au glaive. 

Tandis que ce jeune homme s'empressait pour acquérir la re- 



par les Syriens. Cf. Assemani, Bihl. or., 1, 259, ii, lxiv, ni 2, 718, et Ada 
Martyr., II, 352. et Saint-Martin, Mém. sur V Arménie, t. I, p. 93. 

1. Cf. II Rog.,xu. 

2. Cfr. Ps., cxviii, 2L 



58 CHRONIQUE 

nommée et la gloire, il se fit une réputation ignominieuse, à lui- 
même et à sa famille ; tandis qu'il voulait piller, dévaster, faire de 
nombreux captifs, [sa propre armée] fut pillée, dévastée, jetée dans 
les, fers, oinmenée en capti\'ité. 

A cette époque, fpnrmi] les pastcmrs orthodoxes fiorissaient dans 
l'Kglise : saint Mar Jean, patriarche d'Antioche; saint Mar Mikael, 
patriarche d'Alexandrie la Grande' ; saint Mar Timothée, évêque 
[66] d'Édesse; Constantin, évêque de Samosate; Denys, évêque 
de Harran ; Sergouna, évêque de Mardin; David, évêque de Dara, 
qui par la suite devint patriarche. 

A Maiphorkat florissait Athanase, surnommé Sandalaia, qui 
bâtit sur la montagne de Tcll-Besmê- un monastère fameux qu'on 
appelle couvent de Mar Athanase; il devint, lui aussi^ patriarche 
par la suite. 

A Amida brillait saint Mar Aba, du monastère de Mar Habib, 
dans l'Arzanène. Saint Mar Sévère, dont nous avons parlé plus 
haut, du monastère de Zouqenin, se démit de son vivant du gou- 
vernement de cette ville, parce qu'il avait les yeux fatigués et ne 
voyait pas bien. Mar Aba fut établi à sa place. 

A cette époque était aussi célèbre Jean, évoque de Callinice, qui 
causa dans l'Église les troubles dont nous parlons en leur temps. 

A saint Mar Jean, patriarche d'Antioche, succéda un certain 
moine du nom d'Isaac^ du monastère de Qartamine. Il avait fixé 
sa demeure à Edesse, et parce qu'il était versé dans l'alchimie de 
l'or et de l'argent, il avait obtenu l'alïectionde Abdallah, émir de la 
Mésopotamie, qui, par la suite, devint aussi roi. Comme celui-ci 
voulait lui faire sentir l'honneur de son amitié, il le lit élire 
patriarche d'Antioche après saint Mar Jean. 

Mais les dignités acquises irrégulièrement sont très funestes. 
Celui-ci éleva beaucoup son ami, et bientôt il le fit étrangler, 
comme Judas. 

Isaac ne fut pas très bien accueilli par le peuple, et son gouver- 
nement ne dura pas longtemps, car celui qui l'avait élevé le ren- 
versa et le fit périr. ( )ii ne sait ce qu'est devenu [67] son corps; il 
ne fut pas même digne d'être enseveli par les honmies. Telle est la 
belle récompeuse que Satan a (coutume de donner à ceux qui 
courent à sa suite en ce monde. 

1. €hail. apud Rr.NAunoT, ///>«!. Patr. Alcxandr., p. 203, sqq. 

2. Tcll-HesmA (colline des aromates) se trouvait prôs do Deyrik, à l'ouest 
de Mardiii. Cf. Assk.mani, />/s.<». de Syr. monoph., p. 115; 13ak Hebr., 
Chron. Syr., 398; HovvM \fi fi, A usjûye, etc., p. 115, u. 1046. 

3. Cfr. Bah HEOR.iiUs, Chron. ccclcs., I, 315 sqq. 



i)i': DMNYs i)K 1 i;[,F. M aiiim'; 50 

\a' V(''ti(M'.il)lo M.'ir A(.li;m;iS(' S;iii(l.il;ii;i, (''\r(|iir, de M;ii|)h(M'k.'it,, lui 
siiccôda'. Mais lui non plus n'oul, p.is (l(> loiif^s jours, (-.'ir il p/rrit 
prompIciTKMjl, et luourul, les uns discnl, d'une ni;iniri'<;, l<^s .'lutnis 
de r.'iuli'c; (ju.'int :ï nous, nous n<' nous ;irrop:oons p;is lo di'oit do 
p.irlcr di^s choses soorMos, ni;iis nous les :il);iii(|oiinons ;"i I )i('U dfv.iril 
(|ui tout est clair (>t lUMiiifcsto. ( )ii If prit, fi, on le transporta de 
I.larran à son monastère, où il lut d(;pos(\ Il eut pour successeur 
saint Mar (îeorges, du saint in<>n;is1èi"e de (,)en-Nêsr(V. 



Du siinodc qui fat l'ciini poiw IV'leciion de. ( îcorf/c.s, jiair'uirchn 
d'A/itioche, à Mahoug, rillc près do. C Eiiphraln, dans r/'f/lise 
de Mar T/ioma.'^ Apôtre, hors la rille'^. 

' » 

Les nombreuses difficultés qui avaient eu lieu dans l'élection du 
patriarche Isaac et du patriarche Athanase Sandalaia, troublaient 
les fidèles, et beaucoup d'enfants de l'Église en étaient scandalisés, 
surtout parce que ces patriarches étaient imposés par la puissance 
tyrannique de l'émir, mais aussi pour d'autres causes qui suivirent 
et qu'il n'est pas nécessaire d'exposer dans ce livre. 

Après la mort du vénérable Athanase, tous les pasteurs de la sainte 
Église voulurent s'imposer un chef avant que Satan n'excitât parmi 
eux l'amour de la domination et qu'ils ne fussent livrés aux mains 
de la puissance tyrannique, de peur que [68] la fin ne devînt pire 
que le commencement, et que la division, la dissension, le trouble 
n'arrivassent de leur temps dans la sainte Église, ce qui pourtant 
eut lieu, car comme dit le Juste^: « Ce qu'ils craignaient leur 
arriva. » 

Il ne firent point régner la paix et la tranquillité ; le trouble qu'ils 
redoutaient les atteignit promptement. Tous les pasteurs Mossu- 
liens, Mésopotamiens, et les Occidentaux n'avaient qu'un même 
désir; ils se rassemblèrent avec empressement, dans une seule 
pensée, un seul esprit droit, un même accord. Tous les évêques se 
réunirent avec les hommes honorables et fidèles dans la ville de 
Maboug, dans l'église de Mar Thomas. Après qu'ils eurent siégé 

1. Cfr. Bar HEBn.i-us, Chron. eccles., I, 319-.'^20. 

2. Un des plus fameux monastères de Jacobites. Il était situé près du 
village de ce nom, à une journée de marche au sud d'Alep. Cf. Assemani» 
Diss. de monop/i., p. 83. 

3. Ibid.. coll., 320-327. 

4. Cfr. Job, m, 25. 



(>() CHRONIQUE 

un jour ou deux, e\ beaucoup parlé cntn? eux de beaucoup de per- 
sonnes : l'un exaltant celui-ci, l'autre le blâmant, et ainsi pendant 
longtemps, arriva ce qui suit. 

Il y avait un liommcdcBa'altan',du saint monastère de Qen-Nésrê 
qui vivait saintement dans ce lieu, et brillait par les (jeuvres de la 
crainte de Dieu ; homme connu, ct^lèbre, instruit, zélé pour toutes 
les vertus, qui s'appelait Georges; il avait reçu l'ordre du diaconat 
dans son monastère. Tous, unanimement, d'un même consen- 
tement et d'une même convention, tombèrent d'accord pour choisir 
cet homme. Mais il était éloigné. Ils choisirent aussitôt des hommes 
honorables qui se trouvaient là, et les envoyèrent pour l'amener 
près d'eux, [(^^uand il fut arrivé], tous se présentèrent à lui et lui 
exprimèrent leur adhésion. Ils écrivirent leur consentement et lui 
donnèrent cet écrit après l'avoir signé. 

Les principaux étaient : Jean, deCallinice; Timothée, d'Édesse; 
David, de Dara ; Abbas, d'Amida; Sergouna, de Mardin ; Etienne, 
de Haboura^; Constantin, de Samosate ; Cyriaque, duTour'Abdin; 
Denys, de Harran ; Elias, de Singar; et de la région de Mossoul : 
Paul, dcTagrit ; Zachée, de Karma ' ; Jonas, [69] de Beit Nouhadra* 
avec beaucoup d'autres; parmi les Occidentaux, se trouvaient: 
[Uf)ne en blanc dans le nis.] 

Ils écrivirent donc, adoptèrent, signèrent l'acte, et ils étaient sur 
le point d'imposer les mains à Georges selon la règle de l'Église. 
Mais Satan, voyant que la paix allait se faire dans toute l' Église, 
ne resta pas indifférent, inactif, oiseux, tranquille. Il fit venir 
promptement et amena là un certain moine dans lequel il avait 
fait sa demeure, parce ([u'il ne pouvait apparaître manifestement 
pour les troubler, h^s agiter, élever des dissensions parmi eux. De 
même qu'il n'a pas |)u parler en personne à Kvc, de peur que sa 
fraude ne fût reconnue et divulguée, de même agit il ici. Là 
il se choisit le serpent, entra et habita eu lui, et accomplit par lui 
tous ses desseins. Ici il se choisit un moine pour auxiliaire et 
accomj)lit par lui tousses désirs. C(î moine s'appelait Jean, et avait 
habité In solitude aride de Aisouma '. Il avait vécu longtemps 

1. Villa;j:c do l;i région (l'Kmèso. Cf. Hak IIkmk., (liron., rrcl., \. MO. 

ii. Ij'anùiiMoCirrrsiiini, au coiifliient do l'Euphrate ol du Maboura. 

.T. l'.vêclic situ6 au (l«>l;i du Tigro, uou loin de Tagi'il- Cf. Assi^mani, 
Hihf. or.. Il, 41!); I.and, Anrn/. .<///•., 1, 84; Guini, /DMC, xi.ui, 411. 
Suivant Hoi-fmann {.\us3fige, p. 231), Kermù sur le Zal). d'après AïnwoiIth, 
Jof(rn. (irof/r. Sor., II. r>8. 

4. l'.vèché situé au nord <le Mossoul. dans le voisinage de Marga. 
Hoffmann, Au»2iifjc aii.'i si/r. Aldon pcrs. Martyr., p. 208 sqq. 

5. La colline de ce nom était situôc près d'Amida d'après Bar HBBR.fiUSi 



DM DMNYS Dl-; Ti;i,l,-MAIMtl': 61 

dans l'exil v\, conmu» s'il ,'ivail, (u)imu (l(î()rj<«'s, il viiil trouvor les 
(n'A(iU('S (le la M('S()|)()lami(', sui'loiil, ceux de ^>ai'tai!iiii<', cL Iciirdil : 
(( ("omiiKMil, Noiilcz \'()Ms conslifiicr patiiatclic un Iioimiik' (jiii ;i 
iikmukm'' (I(» <l(''liiiii'(' \<>li'(* coiuciil, en disanl, : Si j'()l)t,i(îiis la 
priiiiaiil/' dans l'Mglisc, je f.'rai dispai'aUr(3 de sur la, Irnc le nom 
d(' (^)ai-laniin<* d, celui du uioiiasiri'c d'Allianasf! ' ? » Ce* nioino UiH 
a.^ila cl les troubla j)ar bi^aucoup [do. propos S(;]nblables|. Jùix, fjui 
no corniaissaicnl pas lo vénéra bb; (î(M)rp;os, ajoulor(Mit foi aux dis- 
cours du moine, et n(^ comprirent pas ([uo, toute l(;ur force venait 
do Satan. lisse bât^rf^nt de montor à clu^val, S(i dérobèrent et re- 
tournèrent à bMM' pays. Cmix ((ui restaient, voyant leurs cornpa- 
j<nons partis, étaient encore |)lus tn)td)lés et perplexes. D'un côté, 
ils craignaient d'exciter hidivision [70] (;t le trouble dans l'Église en 
faisant un paAriarcbe en l'absence de leurs collègues*; de l'autre, 
ils avaient fait venir cet bomnie. 

Il fut sur le point d'être dénigré et de devenir un objet de scan- 
dale dajïs le monde, parce que la chose ne fut pas racontée exac- 
tement par les méchants, surtout au loin. Ceux qui restaient, 
voyant que les bons, les méchants aussi, et surtout leur conscience, 
leur reprochaient ce qu'ils avaient fait à l'égard de cet homme, le 
firent venir et l'ordonnèrent. 

On connaît parmi eux, d'entre les Mésopotamiens : Timothée, 
d'Edesse; Aba, d'Araida; Constantin, de Samosate ; Jean, de 
Callinice, avec le reste des Mossuliens et des Occidentaux. 

Ceux qui s'en étaient allés auparavant s'agitèrent de toute ma- 
nière. Quand chacun fut parti et retourné à son pays, Satan ne 
cessa point alors même de jeter la discorde parmi eux. Il les excita 
de telle sorte que beaucoup d'entre les Mésopotamiens s'assemblèrent 
et se choisirent pour patriarche Jean, [évêque] de Callinice, du saint 
monastère de Qarqaphta-^ qui, foulant aux pieds son adhésion, sa 
promesse et sa signature, succomba à l'ambition et devint pa- 
triarche. 

Dès lors tous [ceux qui portaient] le précieux et saint habit reli- 
gieux tombèrent dans les injures, le mépris, les malédictions : beau- 
coup anathématisant celui-là avec ses adhérents, beaucoup d'autres 
celui-ci. 

cité par P. Smith, Thei^. s//r., col. 406. La référence [Chron. syr., p. 306) 
étant inexacte, je u'ai pu vérifier ce passage. 

1. Cf. ci-dessus, p. 58. 

2. On pourrait aussi traduire : « que leurs collègues repoussaient. » 

3. Ce monastère était situé non loin de Ris'ain, dans la région de 
Haboura. Cf. Bibl. Stud. Oœon.^ ITT, pp. 60 sqq. 



62 CHRONIQUE 

La discorde so prolongea ainsi dans l'Kglise jusqu'à ce moment; 
et depuis lors quelles injures, quels opprobres, quelles calomnies, 
quelles malices n'eurent pas lieu parmi eux, jusqu'à amener 
reuiprisonnement par le bras de la puissance tyrannique ! 

Tels sont les maux qui vinrent sur ri^glise et les pasteurs, par 
le moyen de ce mauvais moine qui joua le rôle du serpent rusé et 
sinueux, et qui fit entrer la discorde dans l'Église par ses discours 
et ses conseils. 



L'an 1065 (753-754), mourut 'Abdallah Ibn Mohammed, roi [71] 
des Perses. Dès lors 'Abdallah, son frère, et un autre Abdallah Ibn 
'Ali, son cousin germain, se jetèrent sur le pouvoir. Depuis ce 
moment, il n'y eut plus qu'effusion de sang et meurtres nombreux 
parmi eux '. 

Les Occidentaux et les Arabes de la Mésopotamie suivaient tous 
Ibn 'Ali, lui obéissaient et le voulaient pour roi. Ils prirent le blanc 
et sortirent à sa suite. Les Perses, au contraire, et les Khoraçaniens 
marchaient avec 'Abdallah Ibn Mohammed. Après avoir engagé 
de nombreux combats en tous lieux et répandu mutuellement 
beaucoup de sang sur la terre, ils se livrèrent enfin bataille au 
fleuve Mase, au-dessous de Nisibe'. La lutte dura plusieurs jours 
et un(; grande multitude périt des deux cotés. Enfin, Abdallah Ibn 
Ali fut battu par le Persan Abou-Mouslim. Il fut taillé en pièces, 
prit la fuite et périt le vingt-six de tesri second [novembre], un mardi 
aux premières vêpres du mercredi. 

Ibn Ali ayant été vaincu, 'Abdallah Ibn Mohammed occupa le 
trône pendant [....] années. 

Le soir même de la défaite d'Ibn Ali, Dieu opéra un grand pro- 
dige. \U\ gros météore effrayant et f(M*rible sillonna le ci(^l et l'air 
en volant, et vint s'abaltre au déclin du jour au milieu de 
l'armée d'Ibn 'Ali sous la forme d'un globe de feu. Les Arabes en 
voyant cela fiiivnt l)risés et perdirent tout espoir ; leurs yeux furent 
obscurcis et ils ne purent tenir, car ils comprirent manifestement 
que cela venait de Dieu \ et ils ne résistèrent pas davantage. 

L'an 1()GG (754-755) les arbres produisirent des poires, des pru- 
nes et des fruits de toute sorte aux mois de tesri [oct.-nov.j, 

1. Cf. Wkii., Gesrh. (l. Chali/>hen. Il, p. 23 sqq. 

2. Ihiil., pj>. liC-27. Sur le fleuve Mase, ou Masius, cf. Tucii. De Nino 
urho, p. 13, 11. 19. 



i)K DKNYS DM ri-:i,i,-MAnm': O'i 

coinino ;iii temps (1(^ uis.iii on (!(• y.ir |.i\ril m;u|. Il y (uil caiIU'. 
aniUHvlii une. r-r^îollc iihoïKl.niU* |);ii' loutr l;i, terre. |72| 

I/aii 10()7 {7U^i-7ï)(\), le iii.irdi hois du mois d'ad.'iT [m;i,rs|, il y 
eut nu milieu de l;i. niiil nu .l!,i;iU(I el Inrilde li'emlihîUK'iil, de Icrrr 
dans la région de l;i, Mésopolninie. Trois villages près de I laboura 
furent nmversôs; la nombrcnscî popnl.-ilion (jui s'y ti'uuvait fut 
écrasée coninu^ des raisins dans un pressoir et p<'rit. l}eau(;oup 
d'autres pays furent aussi détruits par le IreiiiblcnKîut de terre à 
cause de nos péchés. 

« Par rébranlcinent la terre sera ébranlée; par le chancclle- 
ment chancellera la terre, et elle sera enlevée comme une tente'. » 
Nos péchés sont capables de faire cela et d'ébranler la terre sous 
nos pas. 

L'an 1070(758-759), il y eut des complications chez lesOrientaux 
à propos du carême. Parmi eux, les uns conmiencèrent le jeiàne le 
dix-huit de sebat [févr.] et le rompirent le six de nisan [avr.] : les 
autres, au contraire, le commencèrent le vingt-cinq de sebat pour le 
terminer le treize de nisan, et tous les chréliens furent ainsi trou- 
blés. Dans un lieu on célébrait la Résurrection, dans l'autre les 
Rameaux; pour les uns c'était la Passion, pour les autres la 
Pâque. Il arriva même dans les villes que dans une église on 
faisait la Pâque tandis que dans l'autre on célébrait les Rameaux. 
Beaucoup de ceux qui sont portés à la gourmandise ne jeiinèrent 
que six semaines, ayant commencé avec les derniers pour finir 
avec les premiers ; beaucoup d'autres voulurent tenir le milieu et 
cela tourna à leur détriment à cause du trouble qui eut lieu : ils 
commencèrent avec les premiers et finirent avec les derniers. 

L'an 1071 (759-760), au mois d'adar [mars], on vit un signe 
blanc dans le ciel, avant l'aurore, au nord-est, dans le signe qu'on 
appelle le Bélier, au nord des trois étoiles les plus brillantes de cette 
constellation. Il ressemblait par sa forme à un balai. Le vingt-deux 
du mois il se trouvait dans [73] le Bélier, à un degré de la tête, à 
deux des planètes Saturne et Mars, un peu vers le Sud. Il y 
demeura quinze nuits jusqu'à la veille de la fête de la Pentecôte. 
L'une de ses extrémités, la plus étroite, tournée vers le Nord, 
paraissait plus brillante à cause d'une étoile qu'on y voyait; l'autre 
qui était large el plus obscure était dirigée vers le Sud. Ce signe 
allait peu à peu vers le Nord-Est. Il présentait cette disposition. 

[ Voir la figure dana le texte.] 
. Is., XXIV, 20. 



64 CHRONIQUE 

La ^•oillo (\\\ mardi dt» la Pontocôto fce signe] apparut de nouveau 
vers le soir, au Nord-Ouest, et resta vingt-cinq soirs; il allait peu à 
peu vers le Sud. 11 disparut do nouveau et ensuite redevint visible 
au Sud-Ouest où il n^sta également longtemps. 

A cette époque, il y eut beaucoup de dissensions dans l'h^glise 
à cause du patriarcat. Les monastères orientaux avaient élu Jean 
pour patriarche. Mais les villes et tous les monastères de la Méso- 
potamie le rejetaient. Les Occidentaux et les Mossuliens obéissaient 
à Georges. 

A cause de cela, toute l'Eglise fut troublée. 

L'an 1072 (700-761), mourut saint Mar Timothée, év«''que d'E- 
desse. 11 eut pour successeur un moine reclus qui habitait dans un 
village de la même région, nommé Heit Qidouna\ [74] Il s'appelait 
Siméon. A cause de sa pureté et de sa perfection, parce qu'il était 
orné de toutes les vertus et surtout de l'amour des étrangers et des 
pauvres, tous les fidèles d'Edesse, du même accord, demandaient 
unanimement qu'il devînt h' pasteur de leurs âmes. Ils ouvrirent 
donc de force sa cellule de reclus et l'en tirèrent pour le conduire 
au patriarche Georges, afin qu'il l'établît leur chef. 

Mais comme cet homme aimait mieux [vivre dans] les chastes 
labeurs de la solitude et la tranquillité de la vie monastique que 
de devenir évéqueet d'être établi chef du peuple, il ne voulut pas 
prendre sur lui la charge de l'épiscopat. 

Quoique le vénérable Georges le pressât vivement et que les 
Édesséniens pleurassent devant lui, il ne voulut pas accepter. Ils 
le prirent donc de force et l'ordonnèrent malgré lui. De plus, le 
vénérable (jeorges l'adjura par le ciel et la terre, par Dieu et ses 
anges, de ne point quitter sa ville ni son diocèse pour s'en aller 
ailleurs. ï^'ayaut ainsi obligé sous ])eine de nombi-eux anathèmes 
à ne pas s'en aller et à ne pas s'enfuii-, ils le prirent pour le con- 
duire à Edessc. Tous les Edesséniens sortirent au dmantd»* lui et 
le reçurent très solennelleuK^nt. 

Après être resté dans la ville un jour ou deux sans manger 
de pain ni Imire d'eau, au point qu(> sa vie était presque épuisée, il 
les supplia, de lui peruuU.trede sortir pour aller demeurer dans un 
des monastènvs de la montagne d'Edesse, ((car, disait il, l'air de 
cette ville est trop lourd pour moi ». Il habita donc dans nu nu^n.is- 
tère du sud delà ville, appelé « de la Mère de Dieu ». 

ni, les clercs et les grands d'Edesse montai<Mit là chaque jour 

1 Ce village «'tait situ»' <lans 1<^ voisinage d'I-idcsso. Cf. Apskmani, Hibl. 
or., I, .'iOG, II. 1. 



hi', hi'iNVs hi". ri:i.i. \i\hin': Ck» 

pour le pnVr de iciiD'cr cl, <lr r*<'pivii(l rc | le <^^()iiV(MMi('iii('iit| de s;i 
\ illc; |75| mais lui ne voiiliil en aucimc I'.'mjoii y ('onsJMilii'. « S'il iiii> 
f.'tliail. iiioiii'ii' on êlrr ciiicirK', dit il, je ne IVinis jamais cela, l'our 
l)i(Mi, Lusse/ moi cl, l'.iilcs xoiis un <''\c(pic de (pii \ons \ ondrc/,. m 
Mais l<»s lMlcss(Miicns, à, cause (\(' icni' ;drcciion pour Ini, ne 
p()n\aiciil. pis même enl.cndi'c cela.. 'l'on!, riiivci'se pa.ssa. ainsi sans 
(pie lui se Inl, (l(M'id('> à l'cntrei' dans l.i \ille, on à leur f;iii'(^ une 
ordination, on à leur c,(\lobroi' une lôte, cl ;iussi sims (pToux cou- 
sontiss(Mil, à le hiiss(;r partir d(», chez (miv, car ils étaient a,tta,(di(Vs à 
lui ; mêuK^ l(^s Arahos ot h^s liérôti(|ues de la, vilh; raimaient. 

A la. (in, voyant qu'ils n'ol)t(Mi.'ii(Mit rien, ils \o prièrent et lui 
(lir(Mit: (( (^dierche-nous un homme ei-ai^'iiaiit Dieu pour l'cmplir à, 
ta, plae(^ h^s fonctions de répiscoj)a,t; mais toi tu ne t'i'doi.gnoras p;is. » 
Il ne voulut pa,s mémo consentir àccla,. (( Vous êtes, dit-il, un pouph; 
dillieilo; choisissez-vous vous-mêmes un évéqnc et ne m'impos(^z 
aucun labour. » Ceux-ci ne voulant pas qu'il s'éloignât do chez 
eux, lui laissaient la décision de cette allai re. Il n'accepta pas non 
plus cela ; mais, voyant qu'il n'obtiendrait rien et qu'il ne pouvait 
s'échapper de leurs mains, il leur dit : a Jurez-moi que vous accep- 
terez celui que j'amènerai, et moi-même je ne m'éloignerai point 
de A'Ous. )) 

Ils vinrent tous lui en faire le serment. 

Or, il y avait dans le saint monastère de Zouqenin, dans la 
région d'Amida, un homme humble, doux, calme, orné de toutes 
les vertus divines, qui s'appelait Anastase l'Éthiopien. Siméon 
le choisit^ de préférence à tout autre, pour lui confier sa place, et 
prit sur lui toute la responsabilité, lui rendant témoignage, [76] bien 
qu'il fîit éloigné. (( Il n'a pas son pareil aujourd'hui parmi les 
moines, » tel est le témoignage qu'il donna sur ce saint religieux, 
quoiqu'il ne l'eût jamais vu personnellement. 

Il se mit donc à lui écrire dos lettres insidieuses ainsi qu'aux 
vieillards honorables do son monastère, comme pour demander à 
le voir et à parler avec lui, et il l'envoya quérir par des hommes 
respectables. 

Anastase ayant reçu les lettres reconnut qu'elles étaient pleines 
d'artifice; il ne voulut pas descendre et les habitants du monastère 
ne le lui permirent pas. Les envoyés montèrent et descendirent 
ainsi beaucoup de fois inutilement. A la fin, les moines l'engagè- 
rent à céder, car les lettres et les supplications ne cessaient pas, et 
ils ne voulaient pas mépriser saint Siméon. 

Anastase descendit donc avec son disciple à Édesse, et monta 
près de Siméon sur la montagne où il habitait. Celui-ci sortit au- 

5 



OG CFIRONIQUE 

dovant. de lui et le reçut avec grande joie. Il envoya à la hùte dire 
:\u clergé et aux grands de la ville, en secret et sans que le chaste 
AnasUise en sût (jut*l(ju<* chose: « L'iiomuic ({uc je vous ai promis 
est venu. » Aussitôt ils sortirent tous, grands et petits, et niontcrent 
près de lui : ils virent Anastase et se réjouiront vivement à cause 
de lui. 

Tout d'ahord, d'un commun accord, ils le lièrent, do peur qu'il 
ne s'enfuît quelque part, avant qu'ils lui eussent persuadé [d'accep- 
ter l'épiscopatj. 

Le chaste Mar Anastase, en apprenant ces choses, fut ému et 
troublé, la couleur de son visage changea et il devint pâle coninn* 
un mort. 11 i)làmait hautement les habitants de son monastère dont 
les conseils lui a\ aient attiré une telle affaire, mais surtout il l)lâ- 
mait le vénérable Siméon lui-nicme. 

Après l'avoir supplié pendant longtemps sans obtenir son con- 
sentement, les Édesséniens prirent la résolution de l'enlever de force 
et de le conduire au patriarche [77 1 pour que celui-ci Tordonnàt ; 
mais Anastase ayant découvert leur dessein, emmena son disciple 
pendant la nuit et retourna à son couvent. Saint Siméon lui-même, 
voyant que le vénérable Anastase s'était enfui, se récusa en disant 
aux Édesséniens : « Tout ce que vous m'avez demandé, je l'ai 
fait; maintenant laissez-moi. » Il les quitta donc et retourna à la 
montagne du pa3's de Samosate où il liabita jusqu'à la fin de sa vie, 
recevant les éti'angers et les malheureux qui venaient le trouver : 
car il était le refuge de tous les aflligés. Il eut pour successeur 

/acharic, du monastère de' , qu'on lit descendre de sa 

colonne. 

I/au 1075 {lO'^-lCA), il y eut. uik^ grande épidémii' sur la i-acc 
chevaline dans toute la contrée. C<'ttc (''pidémii* [)air()urut toute la 
région. Mlle eonniieiira, aux confins ext/'rieurs de la n'gion et peu à 
p<Mi s'a vanea et se i'épandit sui" tout b* pays, ('es animaux péris 
saient en un clin d'ceil, cl tell<* «''lait la, \ iolene.cMlu Iléau que (juand 
il frappait un troupeau de cb«*\an\(lans leipiel il y a\ait trois C(M11s 
bêt(^s de.somnir, loi.s(|iron 1rs faisait descendre à l'abreuvoir, \ingt 
on tientey tombaient et. y périssaient, d»' sorte «pie les valb'cs et 
les collines, les torrents et les routes étaient leniplis et infeetf'S |de 
leni-s eadavi'es]. 

('ette «''pidj^nie. prenait la même forme (pie* la pi'sie (pii axait al 
teint les hommes. \\\\o les saisissait au cou, et anrim aninwil ne 
supportait <'e mal même pendant une heure. S'il airnail (pie l'un 

1. i .1 |il;i('t> (lu iioiii I- I I II t)i,iiii ll;lll^ !)> inainis(M'it. 



Dl'! DI'.NYS Dl'! Il II.- MAIII{Î: (>7 

(l'(Mil,i'(» (Mix soiillril, |)(Mi<l;iiil. (l<'ii\ liciii-cs ou une (Iciiii joiiiik'c, il 
(M'iKipp.'iil. ;ï l;i uiorl.; mais :'i pciiK- un siii' (îciil, (!<■ cclix (|iii •.i\'a\(\\\1 
v{(\ l'r.ipix's «M'.li;ip|):iil. \ .r^ cIicv'.min. 1rs mulets, les .'Vncs |)nriss;ii(;nl 
tous, cl ce ll('';iu se n''|);iii(lil, (Lins l.ous les peuples el Ions les 
royainnes |78| de l;i iei-i'e, :iu poini (pie les lioninies furenl priv('s (l(.^ 
('h(n';ui.\. I.;i si{^in'(ie,.iti()ii dr. a', h.il.ii, «pn i\\:i\\. ;i,pj);iru jxmi ;iri|)a- 
i"iv;uii, fui. Mi:iiiilest,(î(î par le fail; il i)alav;i 1(î monde, ('.(juinic l<! 
I)a,l;ii balaye» la, maison. 

C'est ;iussi l'opinion des sages et des hommes ei-;ii}:;n.Lnt Dieu 
(pie celte \(»rg« eruoUe. devait ôtn; (iiivoyco sur'los liommc^s, mais 
(pie l)i(Mi dans sa mis(';rioord(^ l'abondance d(î sa, grâc(; et son 
ami)ur pour riuiinanii(\ la, di'Mourna. des hommes sur bîs animaux. 
Nous avons, on edot, ce t(îmoigna,g(^ (pie (( les animaux n'ont 
pas piVdu» et n'ont pas irrite'» le S(Mgneur par leurs ceuvres et leurs 
lautes )). Amos dit' : « J'ai'tuéavec le glaive vos jeunes hommes, 
ainsi que les chevaux pris comme butin; j'ai fait monter à vos na- 
rines Todeur de votre putréfaction, (^t vous ne vous o\{\s pas tour- 
nés vers moi, dit le Seigneur. )) Mt Miellée dit' : (( l^n ce 
jour là, dit le Seigneur, je ferai périr les chevaux du milieu de toi 
et je détruirai tes chars. » En vérité, les chevaux et les chars dis- 
parurent de la terre, connue dirent les proph(Hes. Nos péchés ont 
fa,it que les créatures privées de parole furent frappées à notre 
place. 

L'an 107-2 (700-701), ^Abdallah Ibn Mohammed, roi des Perses, 
envoya Ibn Waliab avec une armée nombreuse et des ouvriers de 
toute la Mésopotamie rebâtir Méli terne de Cappadoce, qui était 
restée démolie depuis (Qu'elle avait été dévastée huit a,ns aupara- 
vant^ Il y conduisit un peuple et une armée, et elle devint plus 
habitée et plus peuplée qu'autrefois. 

L'an 1076 (704-705), le vendredi quatre du mois de Kanoun se- 
cond [janvier], les étoiles du ciel tombèrent. Au moment où la nuit 
arrivait et où les étoiles commençaient à se lever, deux étoiles sor- 
tirent du milieu du ciel et luttèrent ensem!)le, comme des hommes 
qui se combattent ou qui luttent; en combattant elles lançaient des 
traits et descendaient [79] vers l'Orient. Quand celles-ci furent des- 
cendues et eurent cessé de briller, toutes les étoiles du ciel commen- 
cèrent k fder, sous l'aspect de sphères de feu, dans toutes les direc- 
tions. Elles tombèrent ainsi toute la, nuit, et la parole de notre 

1. Amos, iv, 10. 

2. MlCHKE, V, 9. 

3. Voir ci-dessus, p. jô. 



(1S CHRONIQUK 

S;iuveiir fui accomplie' : « Le soleil s'obscurcira, la lune devien- 
dra [couleur do] sang, l«^s étoiles tomberont du ciel et les vertus des 
cieux seront ébranlées. Mais ce n'est pas encore la lin\ » Que 
celui qui lit comprenne'' et qu'il observe les choses qui arrivèrent, 
par la suite, dans le monde, soit à propos des agitations et des 
discordes qui survinrent dans l'I^glise au sujet de l'élection des 
patriarches Georges et David, à cause desquels tous les chrétiens 
se brouillèrent; soit à propos des oppressions que les hommes 
avaient à supporter de la pni't de la puissance tyrannique, ou 
(le la fuite d'une ville dans une autre ville, d'un lieu dnns le lieu 
voisin, d'un village dans un .autre village. 

Il a dit encore^ : (( Il y aura une grande tribulation, et elh; sera 
t(^lle (ju'il n'y en a point eu de semblable depuis le commencement 
du nionde jusqu'à nos jours, liriez qu'il ne vous faille pas fuir 
pendant riiivcr. Malheur à celles qui seront enceintes ou qui allai- 
teront en ces jours-là. » Lis, ô sage, et passe à la considération des 
maux (jui arrivèrent par la suite dans le monde et que nous rap- 
portons en leur temps. (Quelles angoisses ! quels maux ! quelles 
tortures ! quels tourments ! r(uels coups! quelles fuites! quels pil- 
lages! quels tiraillements! qu<îls reniements des (ils et des filles ! 
quelles séparations des fennnes d'avec leurs maris ! quelles famines! 
quelles maladies! qu(dles pestes! Considère, ô homme judicieux, 
fjue toutes ces choses sont ariivées après cette chute des étoiles et 
que, de plus, tous les peuples, toutes les nations, tous les royaumes 
s'affaissèrent et tombèrent devant C(Ut(^ puissance tyr;inni<|ue en face 
de hKjuelle personne n'a pu tenir |80|. 



A cette épo(|ue', la secte des Maiiiehéens de llnrran. ville de la 
Mé'sopotanii(% de\int un objet de im'pi is. Ils avaicMit un couvent, 
situ('> à 111) mille environ à l'est de llarran, dans IrMjuel ils faisaient 
une fois l'an une grande et cruelleexéculion. ( ;'est dans ce couvent 

1. <;ir. Maiiii., wiv, ):**); Mai!<\ \ni, i.* I ; I.nc. \\i, 2r>; A<-t. Aftost., 
Il, X'O. 

2. Cfr. Maitii. , \xiv, (». 

3. Cfi'. Mai rii ., .\,\i\ , Ui. 

4. Matiii., nxiv, 2\, 'je, l'.> 

ï). il V a ici à la inaiiro (|Uol(|ii«^s iiiots iilisihlrv (|iii par.iisxMit, cire un titre 
« oiimn' c<'ii\ (|ii<' IjuM'iir a roiiimin' «le mctlit' m irtc, dos di^n'ssions qu'il 
iiitroduit dans .son rérii dos cviMiomcnls. 



hi-; i>i;nys iH', i i-iLi. m \i.iim'; (>!) 

cprils s.icrili.uciil., (|ii<'- IN'inimjuc, de «(illc NrcLc jnipir (Iciiiciir.ni,, (jur 
S(^ C(»l(''ltr;iil. leur gi'.iiulc IV'lc cl, (pTils se livr;i,i('iil, .'i l.i <li\ iii.ilion. 

A l';i|))>r()('ln' <l<* l<'iir ïrU\ ils mil, (',(»iil unie de s'ciii|i;i i<t friiii 
lioiiiiiic (M, (le r('m|tiis()iiii('i' jiis(|ii'.'i r.iiiin'r su iv.iiilc cl, le joui' de, 
1.1 fric, ils l'iiuuiolcul, lui (>nlcv(!iil, l;i Icl.c, cl lui nicllcul, un*; 
piiHu^ (le monnaie dans la hoiiclic, puis la pl;iccail, d.ins uik* ni(dj(!, 
l'adoi'eni vl s'en soi'venl. pour la, diviiialioii. 

Or, le jour de leur a,b()miii;il)lo fêle arrivait, cl ils Noulurcnl, lairo 
\(Miir rijomnuMprils se disposaient, à enleiTiKM" |)our leur servir 
dcMielime à la, l'cliM(ui sui\rai( eelhi (|ui allait, a\()ir lieu. 

Ia\s prineipa.u\ d'iMiIre ces ManielicuMis éeri\ ii-eiil, uik; Icl.t.re et 
sortirent sur la |)la.c(i ixibliijue de jjariaii. Ayant trouvé un liomnio 
tel qu'ils le désiraiont, ils l'abordèrent <ît lui diront: (( Ti-cnds la 
rèeoni[)ense qno tu voudi'as et va poiler c(;tte letti'c; à tel nio 
nastère, an supérienr du couvent. )) Le malheureux ignorait 
la fraude diabolicjue ((ui devait amener sa mort. Il s'empressa 
d'y aller, comme un agneau à l'immolation. Il arriva pronipte- 
ment au couvent, s'approcha de la porte et demanda à ceux qu'il 
y ti'ouva à voir leur supérieur et les pria de l'appeler. Ils allèrent en 
hâte trouver le supérieur pour lui dire cela. A cette nouvelle, celui-ci 
sortit promptement et reçut l'homme avec honneur et grande joie: 
(( Viens, lui dit-il, entre, repose-toi un peu, mange le pain, puis tu 
prendras la réponse [81] de ta lettre et tu iras en paix. » Ils le firent 
passer de chambre en chambre, dans une première, dans une 
seconde, une troisième, et par plus de six ou sept, jusqu'à ce 
qu'ils arrivassent auprès de l'homme enfermé depuis Tannée 
précédente, qui était destiné à devenir leur victime à la fête 
prochaine. Ils lui dirent: (( Assieds-toi là près de cet homme.» 
Quand il se fut assis, l'homme lui dit: (( Infortuné! quel mal- 
heur pour toi 1 — Et pourquoi ? » dit celui-ci. L'autre reprit: 
(( Ils m'ont fait de môme ; quand je suis venu ici, j'ai trouvé un 
autre homme qui y demeurait, et à leur fête, ils l'ont sacrifié. Voilà 
sa tête dans cette niche, avec une lampe qu'ils allument devant; 
ils l'adorent et s'en servent pour la divination. Ils se préparent 
maintenant à me tuer dans cette fête; tu resteras à ma place 
jusqu'à la fête suivante, alors tu deviendras toi-même leur victime. 
Mais si tu veux t'échapper d'ici, écoute-moi et tu t'en trouveras 
bien : Observe le moment où ils se prépareront à me tuer, tiens- 
toi à côté de moi, et quand ma tête tombera à terre, prends-la 
promptement, répands mon sang et asperges -en la porte. S'ils 
crient après toi^ s'ils te supplient, s'ils t'offrent de nombreux pré- 
sents, ne la dépose pas ; s'ils veulent te saisir, jette du sang contre 



70 CHRONIQUE 

eux cl ils sVloigiKTont do toi. » Celui-ci fit av<^c un louable em- 
pressement selon cc(|u'on lui avait dit. Il saisit la tête et courut 
vers la [)ort<\ Les Manichéens le suppliaient en ^e lanientiint de 
la déposer ; mais il ne céda, ni aux pi'oniesscs ni aux exhortations 
et ne recula pas devant leurs menaces, car ils ne])ouvaient rap{)ro- 
cher. Emporlant cette tétc* d'un pas rapide, il alla trouver 'Ahhas 
qui était alors émir de la Mésopotamie. Celui-ci, en apprenant ce 
qui s'était passé, fit saisir et emprisonner tous les Manichéens, 
JKunmes, femmes et enfants ; [82] il s'empara, de tout ce (ju'ils pos- 
sédaient, ItHir iiinii*;ea divers supplices et leur prit plus de ([uatre 
ou cin(| cent mille mines. 



L'an 107<) (701-705), le vendredi quatorze du mois d'adar [mars], 
le saint évèque d'Amida, Sévère, quitta ce juonde et fut enseveli 
dans son monastère. 

La même année, un synode des évèques mésopotamiens, mossu- 

liens et occidentaux se réunit à Saroug, dans le village de' 

Ils firent la paix et l'union avec Georges, qui devint patriarche 
après la mort de Jean, èvêque de Callinice, que les Mésopotamiens 
avaient fait patriarche. Dans ce synode, on déposa tous les évèques 
ordonnés par le patriarche Jean ; non pas à cause de la foi, mais 
parce qu'ils n'avaient pas été ordonnés selon Tordre et la loi divine, 
et que les pays qui leur avaient été assignés ne les acceptaient 
point, et, pour dirc^ la vérité, parce qu'ils n'étaient pas dignes de 
l'épiscopat, car ces hommes étaient des moines scélérats, des loups 
raviss(Mirs (jui n'épargnent pas le troupeau, de ceux que l'apôtre 
Paul nous a signalés d'avance-. Ils étaient de mauvais arbres qui 
portèrent de mauvais fruits-' et les firent dévorer à l'Église. Nous 
raconlcrniis leurs duivres en leur temps. 

Les Mésopotamiens, les Mossuliens, les Occidentaux avec les 
monastères et les villes de leurs régions approuvèrent, dans ce 
synode, l'élection de Georges. Les chefs et les notables de ce synode 
étaient: Georges, patriarche d'Antioche; David, évoque de Dara; 
Abn. d'Amida: S(M'gouna,de Marda; Constantin, de Samosate [83]. 

1. I-a place de ce nom est en blanc dans le manuscrit. 

2. Act., XX. 29. 

3. Cfr. Mattm.. VII. 17. 



\)i: Di'iNYs i)i-: 'i'i;i.i, m \mri-; / 1 

li'iiii 1077 (7r»rj 7'( '»(»). il y ciii une ;:i,iii(l<' et noiiif>n'ii r miiudii 
(le Ncsl.oiiciis (l;iiis h' iiKtiiii.sIric <!<' Mcil, lv(;\Nil;i, sur les iiKjiits 
Cjirdos '. pour (•«'', N'; hier une Iric, comiiic ils iiN'.-iicntc.oiiliiiiic. de f.iiro, 
(hms le Ikmi ou r.ii'riu^ se |'(']k)s;i,. 'r.iiKJis (jiriiiic ;j;i;iii(l(' iiiiillil.udtî 
('^lîlil, l'iMiiiic l'ii ce lien, ;'i l.i, pleine Iniiedc Icsri s(!C,<)iid | )i()\('nd)r<'|, 
im (''('l.iir ln'ill;i d;i.us \(\ ciel, Ic^ l'en (oinha cl, ciin;i.inni;i. li'Ur 
kMiiplc, l(^ consinuM. ivvci'. \i) |)cii|)lc (|iii (H;i.il, ded.ins, cl D-dnisit, 
les pierres en eli;i,ii\. 

('eux nuMiie «pii (''(.;iieiil, dehors ift'eh.i ppèreni, p;LS ;'i Tineendie 
(pli les consiniKi huis s.iiis <pie persoiHK! lui. s;in\'«''. 

Plus (l(^ sept ou huii (;eiils p(U-soniies p(''.rireiil, dans cet in(;(;ndi(î, 
avoiMiU(Muul(iUide (r.-ininianx. I /odeur iuh>(.'hi (h^ ce lieu :ill;iit 
jus(iii'à doux milles d(^ là, (il pondant doux ans los lionmios ne pou 
VMiout, approcher d;ins los environs. Cet endroit qui avait été un lieu 
de rcfu^'c contre los eaux du déluge pour los hoiniiios, los bêtes, les 
animaux, los reptiles, fut un lieu do ruine pour ces hommes et 
leurs animaux, par le moyen do la flamme qui descendit du ciel. 
De môme que l'arche d'alliance ne préserva ni les piètres Ophni et 
Phinéos, fils d'Héli, ni elle-même % de même ici, l'arche de Noé 
ne préser^•a ni le temple bâti en souvenir d'elle, ni les prêtres, ni 
les vases et ornements employés aux saints mystères, ni ceux qui 
étaient à l'intérieur du temple, ni ceux qui étaient au dehors : ils 
périrent tous dans un même pressoir de perdition et pas un 
de ceux qui se trouvaient sur la montagne dans cette réunion 
n'échappa. 

On pouvait voiries nues et l'air répandre du ciel une pluie de feu 
et de soufre, comme celle que le Seigneur fît pleuvoir sur Sodome'. 
La montagne paraissait au loin comme la fumée d'une fournaise, 
de sorte qu'à peine [84] quelqu'un put-il se sauver vivant, et en- 
core il n'échappa qu'à moitié brûlé. 

L'odeur infecte du soufre que les nuages faisaient pleuvoir et de 
l'incendie se faisait sentir jusqu'à deux ou trois milles. 

Notre-Seigneur fit tout cela de nos jours au peuple nestorien. 

L'an 1074 (762-763), au mois d'adar [mars], il y eut une grande 
inondation dans le fleuve du Tigre qui ravagea la province fron- 
tière*, causa des maux considérables sur toutes ses rives, emporta 

1. Sur les diverses traditions des peuples orientaux au sujet du lieu où se 
serait reposée l'arche de Noë, cfr. Saint-Martin, Mcm. sur l' Arménie, 
t. I, pp. 261 sqq. 

2. Cfr. I Sam., iv. 

3. Gen., xix, 24. 

4. On appelait Bcit Tahoumâ, ou province frontière, sous les Sassanides, 



72 CHKONK^UK 

(les in;iisons, des inonlins, clos villag(3S, dos lioiiiinos, des animaux 
avec quanti lé do chosos. 

Il fit, les i)lus torriblos ravages à Mossoul ; oar il atteignit cette 
villc^ à la prcmiôro veille et, on s'élovant, passa sur trois faubourgs, 
entraînant les maisons, les Ijostiaux, les hommes et toutes sortes de 
choses. On voyait dos l)ar(|Uos et des radeaux qui naviguaient au- 
dessus du sol. Les jardins de grands palmiers, qui se trouvent là, 
furent eux-mêmes couverts par l'inondation, et les barques passaient 
au-dessus d'eux. 

Il en fut do môme dans tous les lieux au-dessous do cette région. 

L'an 1078 (7GG-7G7), toutes les armées des Perses et des Arabes 
se mirent en mouvement et se précipitèrent sur la région septen- 
trionale. 

'Abbas, frère du roi, qui était en ce temps-là émir de la Mésopo- 
tamie, envahit Édesse, 'Abdin^ et Tell-Dakoum ; le général I.ïassan 
ll)n Qa*ataba, avec une autre armée, et un autre général qui 
commandait l'armée royale et s'appelait Ibn Asa'ad, remontèrent 
le Tigre et parvinrent à Amida avec des troupes innombrables. 

Tandis qu'ils assiégaient Amida, ville de la Mésopotamie, le 
général de l'armée royale Ibn Asa'ad mourut. 

Cette armée était composée de divers peuples, différents d'aspect, 
[professant) tous les cultes. 1 85] Parmi eux, les uns adoraient le feu ; 
d'autres le soleil : le matin ils se tournaient et adoraient au levant, 
au milieu du jour ils adoraient au midi, et le soir au couchant; 
d'autres adoraient la lune, d'autres les étoiles, d'autres les che- 
vaux; d'autres s'étaient fabriqué divers simulacres de toute espèce 
d'idoles, qu'ils portaient avec eux pour les adorer, en sorte que cha- 
cun avait encore avec lui et adorait les faux dieux de son pays 
et d(î sa nation. Cette armée était un mélange de tous les peuples 
et était appelée pour cola (( la Plénitude royale». Il y avait en ollot 
parmi eux des Sindhiens-, dos Alains, des Khazaros, dos Mèdes, 
(h's Perses, des 'Aqouléens', des Arabes, dos Kousanites, dos 
Turcs ; on sorte (juo nous ))Ouvons dire que c'était un essaim do 
sauterelles de toutes les variétés *. 

les l'iivirojis (lo Nisilic ot du 'rii;rc, (jui loriiKiicnl alors la froiiliùrc de Icni- 
pirc romain oidr. l'eiupirc perse. 

1. Ces l-i^ (lire le Tour '.Midiii. 

2. Mal)it.'mts de la région, appelée par les Syriens. Senad, anjourd'liui 
Sindli. Cfr. Haii Ili;mi,iais, (7*/o/j. .-;!///•., p. Il; Asskmani, /►//>/. or., III,;:*, 140. 

;5. AralH'S Koulitcs. Cfr. ci dessus, p. Il, n. I. 

i. Tliéoi)l)ane dit(|ue celte armée cMail forte de 80.000 liommcs. Cf. Ilist. 
(lu lias-L'ni/iirc, t. \II. p. 265. 



1)1', hi'iNVs \)\: 'VIA A. MA II m'; 7.' 5 

Il se ('omm(MI,iiil p.iiini eux des jxh'JmVs s.ihs iioiiiIhc «l de loulc 
('S|)t''('{'; Mi.iis nous les p.issoiis soMS silciKM- .i (';ius(î de Icin- ('-iinr- 
iiiiU'. et de leur ;ili(»miii;ili(iii, cl, .•iiissi pour ne |),i< l':iirc souiller |;i 
la.iii;'Ut> du Icclciir ni I oitiIIc de ceux (|iii ('(•(uilciil, : (;;ii' c'csl uin^ 
souillure pour i.i, ixxiclu' de les pi'ououeer, 

J(» pense (pu^ Dieu les (î.xeiliL vX les lil, soi'lii' de leur (;onl,r/*c p;irc(i 
(pi'ils ;i\ ;iieii(, ;il);indonn»'î I)i(Mi leur e.i'i'Mlcui' ; (H «ju'ils ofl"r;ii«'iit ;ï 
dos siniul;ier(;s dÎNcrs do (;r(\i,l,ures, leurs seiui)l;il)les, r;id()r;ilion 
ipii u'ost due (pj'à Dieu seul. Au li(;u de reconn.'LÎtre <pi(i Dieu (;st 
leur er('';il,eur et (\c e,oinpr(Midi'(^ (pu; c'est lui hî Dieu '\(i tous l(!S 
peupl(»s, dont la, puissance exislaii inèuK! avant le sohîil, (pii or- 
tloiina. : (( (^)ue la lumière soit, » et (pii dit aussi : ((Qu'il y ait de'ux 
i;rands luminaires dans K» (irniainent, l'uu poui' pii'sider au jour 
et l'autre pour présider [86| à la nuit ' ; » que lui-nH''nic donna h; l'eu 
aux Iioninies pour l'utilité de leur vie : ils se sont fait des dieux de 
ces objets et ils les adorent. « Ils l'ont provoqué par des divinités 
étrangères et ils Tout irrité par leurs idoles. Ils sacrifiaient aux 
démons qui ne sont pas des dieux, à des dieux qu'ils ne connais- 
saient point -. )) 

Dieu les amena pour les lancer dans les montagnes du Nord 
[où ils devaient succomberj par diverses maladies, par le glaive, la 
peste, la famine et pour donner leur chair [en pâture] aux betes 
des champs et aux oiseaux du ciel. 

Ils entrèrent donc dans le territoire des Romains et se disposè- 
rent à l'envahir. Ils trouvèrent le pays qui est le long des frontières 
fertile et chargé de fruits de toute sorte : car c'était au mois d'ab 
[août]. Comme le pays n'était pas habité et qu'il était fertile en 
arbres, même en vignes, ces peuples barbares en trouvant de 
pareilles choses se précipitèrent dessus, beaucoup plus qu'il ne 
convenait, et en mangèrent d'une manière insatiable. Ils tombèrent 
alors en diverses maladies, surtout dans la dysenterie et le ténesme. 
De sorte qu'on pouvait voir partout où ils avaient campé ou simple- 
ment passé des cadavres d'hommes qui gisaient, sans être ense- 
velis, le long des routes, sur les collines, dans les vallées, et 
qui étaient dévorés par les bêtes sauvages. Leur bétail mourut 
aussi ; les chameaux surtout qu'ils avaient fait venir à leur suite 
■périrent, et de cinquante ou soixante qu'un homme avait amenés, 
il n'en sortit pas cinq ou six, quelquefois pas même un. 

L'armée entière étant entrée [sur le territoire des Romains] vint 

1. Gcii., I, 3, 14. 

2. Dcut., xxxu, 16-17. 



74 CHRONIQUE 

assi(^^er mu» forteresse ,'ippel(^(^ '^>;imaiy, (|ui se trouvait sur la 
frontière. ( )r, des nonibr'cux ouvriers (ju'ils avaient amenés do 
toute la Mésopotamie, une partie avait été laissée par *AI)bas pour 
l)àtir la. forfei-esst» nommée Zaïd ' et une autre partie était venue 
av(M' eux. 'Al)l)as envoya re(|uérir les chariots arméniens, |87j et 
leur fil transporter beaucoup de bois d(i cèdre; il ordonna aux char- 
p(Mitiers d'en faii"e(l<vs machines (pTil dressa sur-le cliamp contre 
la forteresse pour lancer des projectiles dans l'intérieur. Les 
Romains qui étaient dans la forteresse élevèrent, eux aussi, des 
machines à rencontre. 

Oi', ces Romains qui étaient assiégés, se fabri(]uèrent un(i arme 
invincible et élevèrent un mur inexpugnal)le, à savoir: Dieu leur 
créateur, en se disant : (( 11 n'y a point de salut en dehors du 
Seigneur; il vaut mieux nous confier dans le Seigneur (pie dans 
un homuîe ou un prince. Certes, tous les peuples nous environnent; 
mais la puissance du Seigneur les fera disparaître''. )) 

Le chef qui se trouvait alors dans la forteresse s'appelait Ser- 
gius; c'était un homme doux, ])acinque, craignant Dieu, miséri- 
cordieux envers les pauvres. Ce témoignage lui était rendu par 
tous les villageois qui, étant entrés pour chercher de la garance*, 
tombèrent [)ar hasard entre les mains des Romains. Ceux-ci les 
introduisirent dans la forteresse ; en sa présenee, ils furent rassu- 
rés, et éprou^ èrent sa miséricorde, sa générosité, sa bonté. Eux- 
mêmes, devant nous et devant tout le monde, rendaient témoignage 
à cet homme. 

A cette époque, en effet, une cruelle épreuve pesait sur le peuple 
des Syriens. Ils n'avaient point à travailler, parce que leurs 
terres étaient vendues par les Arabes, car ceux-ci ne recevant 
pas le tribut qu'on avait coutume de leur donner, vendirent les 
terres et les grains et travaillèrent pour eux-mêmes, de sorte que 
tout trafic cessa pour les paysans. C'est pounjuoi ils se rassem- 

1. Tô K7.;7.7./ov. Tiir.oPH. Chrono(jr.,^i\ ami. ni. 874.— Villo forte et très 
aiici(M)iic «le la (irniKlc-Armcnio, sur le l)or*l de riùiplirate occidental. J^lle 
porlait (lu temps des Arsacidcs Je nom d(>. Ani; elle s'appelle encore actuel- 
lement (iamach. — V. Saint-Martin, Mcin. /u'st. et <jc<>gr. mir rArmcnic, 
t. I. p. 7;^ et siiiv,; Ilist. (/(( Bas-1'Jrn/tirr, t. XII. p. 73. 

'^. Les Syriens désignent sous ce nom h'/inr/)Crt ou Garpertl, ville de la 
Sophène, au sud du Mourad-Tchaï, au nord-ouest d'Amida. Cf. Saint- 
Mai;tin, Mr/t). sar L'Armcnio, t. I, p. 95. 

3. Cfr. /'.-!., m, 9; cvii, 8-10. 

4. La garance employée quelquefois comme fourrage pour les animaux 
était sans doulo utilisée comme aliment par les pauvres en ce temps de 
disette. 



blaiciil (Ml It'oupt's iioiiihicuscs cl, s'en .ill.iiciil ;"i Aii/<'l,;i clicrclici' 
(le, l;i gar.iiicc. 

'l'oiitcs les l'ois <|irils |):iss;ii(Mil ;iii (Ici.'i, de, l.i, l'ioiiUri'c, soit |>;ir 
liUK'^liiçciicc (lu f^ouMM'iicur I)im''|)()S«', |881à s;i^;ii'(l<', soil, |((iril les 
lîiissfil, l":iiiv| par iivaricc, pour exiger (Tnix, sans pili('', iiim; 
aiiiciidr. ils ('lairiil. saisis par les l^oiiiaiiis <pii les ('((iHJuisa iciil, ;'i 
(^)atiiah. < )r, ccl liomiuc, tpiaiid il hvs voyail, usai!. <!<' l)caiicoii|) 
lie miséricorilo eiivoL's eux et l(uir disait, : ((Si vous voiile/, vosic/. 
auprès de nous; si vous nouIcz, aile/ en paix à votre deiueure. » 
Kl, s'ils s'en alIai(Mil, il l(>s renvoyait avo(; d(;s [)r()visions de route. 
— En vérité, mes frères, Dion rôcoinpiMisa cet lioinnie, r.iw il l(; 
dêli\ la des Assyriens, lui cl tous ceux ([ui étaient avec lui dans 
la forteresse. 

Il voyait qu'une armée nombreuse les environnait de toutes 
[)a,rts, tandis qu'ils étaient eux-mêmes en petit nombre; que les 
ennemis, comme autrefois le grand échanson [de Sennacliérib], 
insultaient à ceux qui se tenaient sur les murs en disant^ : (( Quel est 
celui d'entre les peuples qui a pu échapper aux mains de 'Abdallah 
Ibn Mohammed? N'avez-vous pas entendu ce qu'il fit à Marwan 
et à la maison de llischam? 11 les a l'ait disparaître de la terre; où 
est le roi des Kgyptiens? Et celui des Africains, des Nubiens, des 
Maures? Où sont les rois de l'Arménie, de Basan, de la Médie, 
de la Perse? N'avez-vous pas appris ce qu'il fit aux rois de Sindh 
et de l'Inde? Quel est celui de tous les rois de la terre qui 
a pu arracher sa contrée aux mains de 'Abdallah pour que vous 
puissiez espérer vous échapper?» Mais, cet homme fidèle revêtit, 
comme Ézéchias, le casque de la foi, se ceignit de la confiance en 
son Maître et eut recours à la prière comme à un lieu de refuge. 
Les cris de leur supplication émouvaient môme ceux qui étaient à 
l'extérieur. Or, le Dieu de bonté ne détourna pas l'oreille de leur 
prière, mais à cause de leur foi, il les exauça, et ne permit point 
que cet Assyrien entrât dans le village, mais « il lui mit un anneau 
dans le nez et le fit retourner couvert de confusion dans la route 
par laquelle il était venu ^ ». 

Or, de quelque manière que les Perses combattissent, [89] toutes 
leurs ruses se trouvaient inutiles. Ils firent des maisons mobiles 
en bois afin de remplir de poussière et de pierres le fossé qui était à 
C(jté du mur; mais cela fut aussi inutile: les Romains du dedans 
jetaient des pierres et les lançaient si habilement qu'ils tuaient une 

1. Rabsacc'S. Cfr. // Rcg., xvni ; Is., xxxvi-xxxvii. 

2. Cfr. Is., xxxvH, 29, 34. 



76 CHHONIQUE 

grande multitiido do ceux qui étaient à rext(''rieur et même l)risaient 
les machines des Perses. 

Comme il y avait un des côtes de la forteresse |),'ir où on pouvait 
mouttM-, les Romains amenèrent en cet endroit de gros bois longs, 
au bout et tout le long desquels ils fixèrent de grosses pierres 
rondes, et ils les placèrent sur le bord de cette brèche. Quand les 
Perses se ])rêcipitai<Mit [)our monter, les Komains jetaient un 
de ((vs l)()is (jui les balayait tous en tombant et les mettait en 
morceaux. 

Tne nuit, il arriva que les Perses, s'apercevant que la voix des 
Romains se taisait, se persuadèrent que ceux-ci dormaient d'un 
profond sommeil. Une foul(> innombrable s'élança contre eux; 
i.'iiKJis que les premiers grimpaient et montaient avec joie, pensant 
déjà avoir emporté d'assaut la forteresse; les Romains qui 
montaient la garde, les aperçurent et les tuèrent avec grand cou- 
rage. Ils lancèrent aussi leurs bois garnis de pierres qui balayèrent 
tous ceux qui étaient en train de monter et en firent un monceau 
de cadavres. 

Toutes leurs entreprises devenaient ainsi inutiles parce que Dieu 
aidait les Romains. 

Deux chefs d'armée se séparèrent enfin pour entrer et s'avancer 
dans le pays des, Romains, avec une armée forte d'environ cin- 
quante mille hommes, afin de piller, de butiner, de dévaster toutes 
les possessions romaines. Ils entrèrent donc ; mais parce qu'ils igno- 
raient le pays et n'avaient point de guide qui connût la région, [90] 
ils ne voulaient point marcher par les chemins battus, de peur que 
les Romains ne les découvrissent, ne se réunissent contre eux et ne 
les fissent disparaître de la terre. Mais ce que dit Job leur arriva' : 
(( ('e que je craignais est venu sur moi ; ce qui me faisait trembler 
m'a atteint. )) La colère de Dieu ne s'arrêta, ne se reposa point 
avant de les avoir atteints. Il les fit monter comme s'élève une 
meule de blé en son temps. (( V.i comme le chêne qui est arraché 
par sa racin(%' » ils ont d'abord élé détruits par l'air. 

Leurs provisions de route s'épuisèrent et ils périrent de faim ; 
ensuite ils tombèrent dans des montagnes arides et furent dévorés 
par la soif; ;iu moment où ils allaient périr de soif, eux et leurs 
bêtes, sans (\\\v le glaive ou l'épée eussent été tirés, ils descendirent 
dans un pr('' humide où ils trouvèrent de l'eau à la surface en 
creusant avec leurs lances : ils burent et évitèrent de mourir de soif 

1 . JoM. m, 26. 

2. Is., VI. 13. 



i)i-: i>i:nvs iM'. ii i.i.-MAiiin-: / 1 

oux i'X liMii's l)r'l,<'s. Ils |)(>ii('l.rrr('iil, l.rrs loiiid.iiis rinl/îri(iur, non p;is 
(l;ms l.i (lii'cM'j.ioM df l;i Icnc |)(MI|)I(''(\ iii.iis (l;iiis une nr;:çioii (l(''S(;rl.c 
(M, .-M'idc, (Milr<' le Ivniioii-r (1rs Ivoiii.'iiiis cl, celui «les AriMi'îiiii'ris. 
Apivs ;i\(>ii' ('vvô l()n}2;l.<'iii|»s (l;iiis des monl.'i.j^ncs dés«M'l(îS, ils s<î 
(liri^^i'(Mil, sur ( lôs;iré(^. cl, li'niiN'ènMil, une r/'^noii lcrl,ilc«;i d.nis I(îs 
villiigcs loiil. un |)(M^pl(^ |dc villagO()is| (jiii sorUiiciil, cl, i'ciiU';iiciil, 
sans se Icnii' sur leiiis f];;i,i'des. ()r, ces sold.'its toinbènîiil <"i riiiipi'O- 
visto sur eux, cl il no se trouva personnes [)our leur l'ésisier. Ils 
[)(UuUrcr(Mil, au dc^là (1(î ('ésnr(V> cl, satisfircuit tous leurs désirs dans ce 
pays. Ils butinôr-ent, pillèrent, dcvaslèrcnt la contrée, ils condui- 
sirent ses habitants en captivité et finuit inai'cber tous les troupe; lux 
dc\;inl eux. ils einp()rl('r(Mit un butin considérable d'hommes, 
d'animaux, d'objets et d'ustensiles, nienHi de l'or et (b^ l'argent en 
grande quantité. 

Mais leur j()i(; n'atteignit pas le comble. Ils funMit mesurés avec 
la, UK^sure même qu'ils avaient employée; ils remplirent de leurs 
propres personnes la fosse qu'ils avaient creusée, ils furent pris 
dans le (ilet qu'ils avaient tendu. [91J Le Seigneur les récom- 
pensa selon leurs œuvres. Parce qu'ils firent des captifs, ils furent 
pris captifs; parce qu'ils pillèrent, ils furent pillés; parce qu'ils 
voulurent posséder des esclaves et des servantes, eux-mêmes de- 
vinrent esclaves; parce qu'ils voulurent dévaster les terres, eux- 
mêmes furent dévastés et devinrent la nourriture des bêtes des 
champs et des oiseaux du ciel ; la terre fut enivrée de leur propre 
sang. Voici comment la chose leur arriva. 

Quand ils entrèrent dans cette région, elle était dans une grande 
prospérité ; sans pitié ni miséricorde, ils la pillèrent, la dévastèrent 
et enchaînèrent ses habitants. Ils se proposaient de rentrer en Syrie 
avec un butin considérable, une grande renommée, une victoire 
glorieuse. Selon leur désir, ils possédaient déjà de grandes 
richesses, des esclaves et des servantes; et les malheureux ne 
savaient pas, — car ils marchaient dans les ténèbres, — que dans 
peu de temps ils allaient devenir captifs eux-mêmes. En vérité, il 
faut ici chanter et dire^ : (( Dieu a délivré le pauvre et le malheureux 
de celui qui l'opprimait violemment ; » et - : « Il l'a arraché d'entre 
les dents et l'a relire des profondeurs de la mer. » 

En efïet, les Perses se persuadaient qu'ils étaient déjà arrivées, 
qu'ils entraient en Syrie; ils ne craignaient plus rien. Ils arrivèrent 
à une grande prairie dans laquelle ils voulurent camper et se 

1. Cl. Ps., XXXV, 10. 

2. Ps., Lxvui, 2Z. 



?8 CHRONIQUE 

reposer. Celte prairie n'avait qiriinc issue et de tous côtés 
elle se trouvait. (Mitourée d'un ruisseau qui se répand cb^dans. Ils 
campèrent donc, se reposênnit un peu et lâchèrent leurs bêtes de 
somme; ensuite, comme ils ne connaissaient pas les issues de cette 
région, ils voulurent séjourner en cet endroit. Alors Dieu, qui ne 
se détourne pas de ceux qui l'invoquent, fit arriver et amena un 
général romain qui avait avec lui douze mille cavaliers. Cette armée 
venait d'un autre lieu et d'une autre expédition après avoir rem- 
porté une grande victoire. Parvenus au pré qui se trouvait devant 
l'entrée de celui dans lequel les Perses campaient, ils voulurent, eux 
aussi, [92] y placer leur camp pour se reposer, ignorant le danger 
auquel ils étaient exposés de l'intérieur; ils ne savaient rien de ce 
qui s'était passé sur leur territoire et dans leur nation, car ils 
venaient de très loin. Quand le camp fut établi, quelques-uns 
d'entre eux montèrent sur le sommet d'une colline et aperçurent la 
grande armée [des Perses] qui campait plus à Tintérieur avec les 
captifs et les dépouilles considérables de leur patrie. Troublés et 
saisis de frayeur, ils descendirent prompti^ment annoncer la chose 
à hîurs compagnons. Leur général ne fut pas indifférent à ce qu'il 
entendait, mais il en envoya d'autres, — environ trois cents cava- 
liers, — pour examiner et voir si la chose était réelle ou si ce n'était 
pas un effet de l'imagination des premiers à* qui des spectres seraient 
ap|)arus. Ceux qui furent envoyés étant montés virent distinctement 
et firent connaître [la réalité] au général qui à son tour mont;i lui- 
même avec quatre ou cinq mille hommes. 

QHiand les Perses aperçurent les Romains, voyant qu'ils occu- 
pai(Mit la seule issue par laquelle ils pouvaient sortir et se trou- 
vant comme enfermés dans une prison, leur cœur trembla et dé- 
faillit, leurs mains faiblirent, ils chancelèrent et titubèrent comme 
d(;s hommes ivres, et toute leur ard(nir s'évanouit. Ils envoyèrent 
eux-mêmes des explorateurs pour voir combien était forte r;irmée 
[des ennemis], et s'ils étaient préparés au combat, car il y av;iit entiv 
(îux une grande élévnliou (^t une issue étroite. Les messagers en 
n^venant (inMit connaître la vérité,c'est à-dire que les Romains for- 
maient une ^nindi^ armée et qu'ils étaient prêts au combat. Les 
l'(;rses voulu i-ent alors traiter de la paix avec des paroles llatleuses ; 
jls libérèrent d'abord tous les captifs qu'ils emmenaientet abandon- 
nèrent toutes les richesses et tout le butin qu'ils avaient pris: ((Qu'on 
nous laisse seulement la vie, disaient-ils, nous sortirons connue 
nous sommes entrés, sans rien <le plus.» Mais les Romains n'y con- 
scntiient point Ils firent connaître promptement la situation dans 
les villes et à d'autres chefs de troupes. On amena une grande année 



1)1-; DMNYs 1)1-: ri-iLL-MAnKi'-: 79 

((ni S(^ (livisM (mi (|ii:il.i"(» pai'l.ics et fondit sur (!ux pjir dcviiiit, p;ir 
(l(M'ri('M'(\ 193] ndioilc cl à fz;;iii(',h(». Comiiin r.\'±ùl onc.oro. I;i. nuit, ils 
scdonnônMit lUMlncllciiKMil coinnic si^^n.il : (jnc (jnaiid ilsdcsccn- 
(lrai(MU (M, scraicnl pi'ôts ù coniballi'c, ils sornicraiiîni de la. troin- 
pcttiM^t tout le pouplcc.i'icraitiiussi nnaninienuînt:(( K///-i(i eleison. )) 
râlant doncdosoondus, quand ils lurent dispos('vs, ils sonnèrent de la, 
tr()in[)otte ot tout lo peuples cria aussi comme un tonnerre : (( fO/fle 
eleison. )) F.cs Perses en cnt(mdant leurs clamciurs furent effrayés 
(^t dcvim'(mt comme des morts, comme des hommes tués qui gisent 
dans les tombeaux ; leurs yeux s'obscui'cirent (;t ils ne pouvaient 
voir; leurs mains tn^nblèrcnt, et tout (espoir de salut s'évanouit 
pour (Hix ; ils se crunMit morts avant d'avoir été fra,p[)és du glaiv(^ 
Ils voulunmt s'enfuir, ma,is ils n(^ \(\ purent, car les Jlomains les 
entourèrent comme un cercle, et Dieu gronda sur eux du haut du 
ciel et les bouleversa en présence de ceux-ci. 

On doit remarquer ici que Dieu se leva et môme opéra manifes- 
tement le salut. Les lacets furent brisés : ceux qui y étaient tombés 
furent délivrés et prirent à leur tour dans les filets ceux mêmes qui 
les leur avaient tendus. Ceux qui un instant auparavant se regar- 
daient comme maîtres et possesseurs d'esclaves apparurent eux- 
mêmes enchaînés et esclaves. « Leur fin fut déplorable, parce qu'ils 
avaient oublié de faire le bien, qu'ils avaient persécuté le pauvre, 
le malheureux et celui qui a le cœur triste jusqu'à la mort^ » 

On se battit tout le jour, et les Perses furent vaincus par les 
Romains qui leur infligèrent une grande et très violente défaite. Les 
Perses eux-mêmes, — c'est-à-dire ceux d'entre eux qui échappèrent 
de cette bataille, et encore étant blessés, — affirmaient devant nous 
avec de grands serments, qu'ils n'avaient jamais vu ou entendu 
mentionner autant de sang dans un même endroit qu'en ce lieu. Ils 
dirent que, dans cette prairie, le sang et les cadavres s'élevaient jus- 
qu'au poitiNiil des chevaux. Comme il y avait beaucoup d'eau dans 
le pré, le sartg n'était pas absorbé. 

En vérité, il est juste de dire avec le prophète : « Certes, Baby- 
lone est tombée; [94] tous ses dieux sculptés furent brisés et ne 
secoururent point leurs adorateurs, » et de répéter : « La crainte, la 
fosse, le glaive te menacent, Assur ! Celui qui fuit en entendant le 
bruit de l'alarme tombera dans la fosse, celui qui remontera de la 
fosse tombera dans le filet, celui qui s'échappera du filet sera 
dévoré par le glaive \ » 

1. Cf. Ps., cix, IG. 

2. Is., XXI, \). — JiiR., xi.vni, 43-44. 



80 CMRONIQIIK 

(Juancl le jour approchait do son déclin, on n'eu voyait plus 
qu'un petit noMil)rc : les uns furent pris sans résistance, le glaive 
déxora lesautn^s. Radad, g<';néi';il dt' rarin('(\ prit la fuite sur son 
che\ al, di'pouillé de tout, abandonnant tous ses bagages aux mains 
des Romains. Il ne s'échappa avec lui qu'un millier d'hommes 
environ, et encore blessés. Il s'enfuit à Mélitène, après avoir eu 
à livnn' en route un autre combat dans lequel il reçut lui-même 
trois coups d'épé(^; mais il n'en mourut pas. L'autre général, Melilc 
Ibn Touf, s'enfuit vers C'allinice avec cinq mille hommes. 

C'est ainsi qu'ils retournèrent couverts d(^ honte et de confusion 
vers celui qui les avait envoyés. Tous leurs bagages furent perdus, 
et ceux qui échappèrent ne se sauvèrent que dépouillés de tout. 

Considérons maintenant ce qui arriva à ceux qui assiégeaient la 
forteresse, comment ils levèrent le camp et comment ils se retirèrent 
couverts d'opprobre et de honte encore plus que leurs compagnons. 

Les paysans qui amenaient du blé et de la farine de Syrie, 
voyant qu'ils subissaient un tort considérable de ce transport, sans 
aucun profit, car comme nous l'avons dit plus haut, ce voyage était 
plein de périls et de pertes, et surtout parce que toutes les bêtes de 
somme avaient péri, s'abstinrent de leur conduire du blé et de la 
farine; il y eut donc parmi [les Perses] une grande famine, et ils 
furent sur le point de périr à cause du manque de vivres. Le qephiza 
monta à trois zouz et demi, [95] et encore on n'en trouvait pas. 

Cela dura environ vingt jours, après quoi 'Abbas envoya on 
Syrie. [Ses envoyés] parvinrent 'à un grand marché. Quand les 
paysans, qui n'avaient rien à faire, apprirent la nouvelle, le peuple 
entier de la Mésopotamie, de l'Occident et de l'Arménie intérieure 
se dirigea vers ce lieu. Chacun apportait ce qu'il pouvait, de sorte 
qu'il y eut bientôt là une abondance de toute sorte de provisions; 
des marchands, des aubergistes, des grainetiers et d'autres négo- 
ciants vendaient du froment, de l'orge, delà farine et les autres 
choses nécessaires à la Aie (h»s hommes. Ils les accunudèriMit là (mi 
(|uaiitit<'', conmKMles montagnes, espérant amasser en peu de temps 
une grande fortune; mais ces malheureux qui avaient les yeux de 
rintclh'gcnce obscurcis [)ar Famour d(M'aî'g(Mit, ne cominvnaient 
pas ((U(^ bientôt ils perdraient (Mix-mèun^s c(Mju'ils possédaient, et 
que ce voyage tout (mtier serait plein de pertes et sans le plus 
p<'tit avantage. 

[Les P(TS(»s] atta(juaient donc la fort,eresse nuit vi jour par tous 
h's moyens usités à la guerre; mais ils n'obtenaient jamais que 
des prrtrs, tandis <jue la ujachin*» des Romains tuait (;ha(|ue jour 
beaucoup (rmli-e eux. Or, *Abbas, (jui était miséiicordieux, eut 



i>i'; I)i:nys di-: ikm, m ai.iki'-: 81 

piti('^ (l(» CL'S p.'iiivn^s (|ui ;iviii<;at ÔU\ iii\vdU'\s d.iiis Ir sr;rvi(M', et 
voyant qu'ils suc(îoiiil)ai(MiL sous les picrn^s de 1;l niacliino (juc Uts 
Romains laii(;ai(Mil de; riiiU-ricur*, il rassembla les cliefs ili^ rariiH'c 
cl oriloiuia (|U(> cliacjuc jour un d'cuv d(''si^iiril. l(;s lioiuuics (jui 
devaitMil lauccr dos piorres avec, la inadiinc, cl, <|uc les paysans 
fussi'iit employés à d'autres ti'a\aux, éloignes du dan^-r de; 
mort. 

Le temps s'écoulait et *Ai)l)as disait : « (k)uand je devrais rester 
ici dix ans, je ne m'en retournerai pas; j(» m'en emparerai. » Les 
hommes s'assemblèrent de toute part et vinrent en c(ît endroit. 
Après avoir combattu par toutes sortes de moyens de guerre, sans 
succès, ils en viiu'ent aux menaces, se disant : « Peut-être ils 
auront peur et nous ouvriront. » [96] iMais, comme l'aigle rapide 
qui plane dans les airs avec des ailes agiles n'est point effrayé par 
quelque chose de terrestre, de même ceux-ci ne craignirent point. 

A la fin, [les Perses] vinrent à eux avec des caresses et des exhor- 
tations, pour leur persuader d'abandonner d'eux-mêmes la forte- 
resse et de s'en aller en paix, mais cela n'aboutit non plus à aucun 
résultat, si ce n'est que les assiégés commencèrent à se moquer 
d'eux. 

Comme déjà on entrait en hiver, et que le froid commentait à 
sévir dans cette contrée, les Perses craignirent d'être surpris par la 
neige, d'avoir les routes coupées et de périr là de faim et de froid. 
Ils avaient peur aussi que des troupes se réunissent contre eux et 
ne les fissent disparaître de la terre, et qu'il ne leur arrivât pire 
qu'à leurs compagnons qui sortirent seulement cinq ou six mille, 
— et encore blessés, — de cinquante mille qu'ils étaient entrés. 

Comme ils ne pouvaient rien faire, un héraut donna subitement 
l'ordre de monter à cheval et de s'en aller. Quant aux marchands, 
aux aubergistes, aux acheteurs et aux vendeurs, ils perdirent en 
un clin d'œil toutes leurs marchandises, parce qu'ils avaient acheté 
et entassé sans mesure le froment, l'orge, la farine, et qu'ils ne trou- 
vaient point de bêtes de somme pour leur faire traîner et emporter 
leurs denrées. Comme la contrée était pénible à traverser pour les 
bêtes, les paysans leur faisaient porter leurs charges jusqu'au pas- 
sage du fleuve appelé Salqat et les renvoyaient; une ou deux bêtes 
de somme seulement sur cent, passaient au nord du gué. Mainte 
fois il arriva qu'ils louèrent des bêtes pour no pas faire passer les 
leurs, et ainsi on manquait là de bêtes de somme. Aussi, quand le 
héraut cria à l'armée de charger, les Perses, voyant que toutes les 
marcîhandises des négociants restaient, allèrent y mettre le feu, afin 
qu'elles ne demeurassent pas, de peur que les Romains en descen- 

6 



^2 CHRONIQUE 

tlant n'en profitassent. Bien qu'ils eussent fait cela, il en resta 
cependant beaucoup [97]. 

Une autre armée s'avança contre Qaliqala' . Quand les soldats ren- 
contraient des hommes qui portaient et amenaient du fromage, de 
riuiile, du miel, des vêtements et d'autres provisions pour l'armée, 
ils jetaient leurs marchandises et chassaient devant eux les hommes 
et leurs ânes, dépouillés de tout, de sorte que ces pauvres gens per- 
daient en un instant tout ce qu'ils possédaient. Ainsi tout le monde 
subit des pertes et des dommages de cette campagne, même les 
ouvriers, car 'Abbas, à son départ, ordonna aux gouverneurs placés 
sous sa dépendance de leur enlever le salaire qu'ils avaient regu en 
entrant, pour eux-mêmes et pour leurs ânes- 

C'est ainsi que *Abbas leva le camp et s'en alla. 11 descendit dans 
la route par laquelle il était venu, couvert de honte et de confusion 
avec des pertes considérables. 

Les autres troupes descendirent vers Amida et le Tigre, et ren- 
trèrent en Perse. Les soldats étaient affaiblis, affamés, languis- 
sants ; il n'en revint pas même la moitié, surtout des bêtes de 
somme et des esclaves qui s'échappèrent pour se réfugier sur le 
territoire des Romains. 

Il fallait les voir : autant ils étaient fiers et orgueilleux en en- 
trant, autant, en sortant, ils étaient humiliés, baissaient tristement 
la tête, absolument dépouillés de tout. 

Le passage de cette armée fut d'un grand profit pour tout le Nord, 
car ils y répandirent des zouz, et surtout des neufs. Dès lors, 
quiconque voulait fabriquer des zouz le pouvait faire sans crainte ; 
les zouz neufs se multiplièrent ainsi, surtout les faux. Cela causa 
la perte des hommes. 

Toute la terre de Mésopotamie était remarquable par ses vignes, 
ses champs, son nombreux bétail. H n'y avait pas même un'pauvre 
misérable dans un villages qui no possédât un champ, des ânes et 
des chèvres. Il n'y avait pas un lieu [98J plus ou moins cultivable 
qui ne fût ensemencé ou planté de vignes ; même dans la montagne, 
tout endroit où la charrue pouvait passer était planté de vignes. 
L'avarice s'empara d'eux à tel point qu'ils usurpaient tout ce qui 
avait été donné par leurs ancêtres aux églises et aux monastères. 
11 y eut du blé et du vin en quantité. A cause de l'abondance'des 
récoltes, les querelles, les disputes, les procès se multiplièrent à 

I- >A1JU dans les historiens arabes. Ldcalilé à i»leiuili(^r avec Erzoroum. 

Cf. Saint-M.m<tin, A/»'//j. A/>7. p^ i/roiir.. I. <)'J; H\i: lli;iti{., C/ifon. >v//-., éd., 
IJ(Mljnn. p. l:.'r). f-ire aussi (^alic^ala au lieu «le Clalliuice, ci-dessus, p. 80. 1. \K 



1)1-: I)I:nys di'. iki.i- MAiiiti': Ki 

propos (les limiUvs, ;i,ii poiiil (pu' iii;iiril.«! l'ois ils t'ii \iiir"iil ;iii 
nuuirlriv Los ^ouvrrtu'urs tics v ill(;s (îux mêmes l'iircMil sans aulo- 
l'ité à cause des |)r()cès (pi'ils avaicul, entre eux. Lîi terri; fut rem- 
plie de pâtres il cause d(; l'abondance des pâturages. 

Ce que nous venons d'écrire a pour but do montnir (puîHe cala- 
mité cnvahil la terre. (( Ce peuple (jui s'(;ngraissa, commenta à se 
montrer récalcitrant, oublia Dieu sou Créateur, insulta le Dieu qui 
l'avait enrichi \ » 

De cette grande fortune en bétail, en champs, en esclaves et en 
servantes, les propriétaires tombèrent dans une telle misère qu'on 
voyait des hommes qui avaient eu des înilliers de chèvres et de 
brebis, des champs, des chameaux, des chevaux, des serviteurs 
et des servantes, qui montaient sur des chevaux arabes pendant que 
leurs serviteurs montés sur des mulets sonnaient de la trompette 
devant eux, à la manière des païens, qu'on les voyait, dis-je. eux et 
leurs semblables, porter leurs enfants sur leurs épaules, courbés, 
nus, affamés, altérés, quêtant de porte en porte un morceau de 
pain, chassés d'un lieu dans un autre lieu, d'un endroit dans un 
autre endroit; qu'on voyait des maîtresses de maison dépouillées, 
abandonnées, portant leurs petits enfants suspendus à leur cou, 
languissantes, errant de village en village, de ville en ville. 

Or, le blé, cette année-là, après le départ de l'armée, se vendait 
vingt-cinq et même trente r/ribè pour un dinar, le vin quarante 
ou quarante-cinq k ai U è pou\: un dinar; [99] et toutes les autres 
choses étaient bon marché, car il y avait en ce temps-là grande 
abondance dans le pays. 

Aussi commencèrent-ils à bâtir des édifices et à restaurer les 
églises. 



Des discussions, des disputes, des troiihles qui eurent lieu dans 
la sainte Eglise et parmi les pasteurs, en cette année 1078 
[766-767], principalement à cause de Georges ^ patriarche du 
siège apostolique d'Antioche. 

Comme nous l'avons dit plus haut, les évêques de la Mésopo- 
tamie se séparèrent et s'éloignèrent de Georges et des Occidentaux, 
et firent patriarche le vénérable Jean. Or, celui-ci étant mort, les 
vénérables évêques craignant Dieu voulurent expulser du milieu 

1. CL L)eui.,x\xu,\b. 



84 cuFtONigUR 

d'eux les perturbateurs et ne former qu'un seul peuple obéissant à 
un seul chef, selon la loi portée et sanctionnée parles saints Pères. 
Ils craignaientaussi qu'il ne survînt quelque division ou trouble dans 
la foi sainte, ('onime toutes les villes avaient fait leur soumission à 
Georges, avaient mis son nom dans les diptyques, et l'aimaient, 
tous les évêques de la Mésopotamie et les Occidentaux finirent par 
se réunir dans la région de Saroug, avec le vénérable Georges, en 
l'an 107G d'Alexandre. 

On discuta beaucoup des deux côtés sur toutes les questions 
controversées qui les concernaient mutuellement. 

Le patriarche Georges aimait mieux la paix que la discorde et la 
division; il ne voulait pas que de son temps on changeât les règles 
et les lois établies par les cent cinquante illustres Pères, assemblés 
dans l'Esprit-Saint à Constantinople, qui sanctionnèrent et éta- 
blirent les patriarcats, donnant à Nectaire celui de Constantinople, 
après celui de Rome; [100] à Timothée celui d'Alexandrie, d'Kgypte 
et de toutes les régions occidentales; à Mélèce celui d'Antioche et 
de tout l'Orient'. Craignant que la division n'arrivât de son 
temps dans ce siège d'Antioche, il accepta et accorda tout ce que 
demandèrent les évêques de la Mésopotamie, excepté au sujet des 
évoques ordoimés par Jean, du monastère de Qarqaphta, qu'ils 
avaient fait patriarche. Il n'accepta point cela et n'y consentit 
pas; il voulut les déposer de tout ordre sacerdotiil. Sur ce, les 
évêques de la Mésopotamie se récrièrent, parce que la plupart 
avaient été pris dans des monastères célèbres; mais cela ne put 
contraindre; le vénérable. « Le sacerdoce, dit-il, et même l'épisco- 
pat, sera donné à ceux d'entre eux qui voudront aller dans les régions 
inférieures du Sagistan et de Ilarab'. » Cela plut beaucoup aux 
évêques. (( Comment est-il possible, disait le vénérable, que je 
(diasse de sa ville, pour le remplacer par un de ceux-là, un évêque 
(jui vn\ incilleui' que moi et n'a pas été établi par moi? N'a-t-il pas 
gouvei'iK' le diocèse (|iii lui a ét('' confié selon toutes les pratiques 
de la vertu? N'a-t-il pas passé (h' j à ircnio ans dans l'épiscîopat? Il 
n'y a aucune ville (|ui demande iin de ceux là ou (jui l'accepte. 
Que celui il'entreeux <jui le (h'sii'e (>t ({ui a la crainte de Dieu s'en 
aille dans l<'s l'égions inlV'rieures. ))lloi(lonna que tous ceux (jui 
accepteraient fussent aidés pai- tout le monde dans leur voyage. 

Ku \t''ril<', mes frères, si m.'Mue le vénérable Georges avait voulu 



I. l'rcniior coricilft de Conslaniinoiil»^ en S.sl ;('f. caii. I,;?, S. 
'^. La villi; et le pavs tir SavMstaii se ironvaimi «i.iiis le Khoraran. Harab 
(= Harew) doit éire ideniilice avec Hérai. \'. .\oia.i)i:KK. Tabat i, p. U', ii 



i>i: I)i:nvs \)\: i i;i,i,-m miim'; sr) 

les ac.ccplrr, il w'.iuiMil pu m Iroiivcr un seul [);inni eux '|ui lui 
(li^'iic (1(5 ri'piscopal, cil' (•'(''i;ii<'nl. (1(!S Iiomiimcs li;iul.;iius, ov^m-W- 
IcMix, pci'Iuj'hMlrurs, cliicMHMirs, ;islu(;i<Mix, li.'ibilcs à Iciiir (1rs 
discours perNcrs, <|ui n',i,v;iit'ul point, (IcwimI les youx !<• jup;(»rrirnt 
de IHtMi, cl sur lcs((ucls s'n.ccomplissMil l;i p.irol* dcTApôtn»': «'Je 
sais*pic(pi;iiid jos(M';ii p;irli di's loups ci iicis. | lOl | s;ins pitié pour le 
troupeau, ciiti'ci'oiil au milieu (\r nous; cl un'iuc du milieu de vous 
siirgiroiH, des luMumcs Ini.iiil (K^s discours perxcrs |)oin' ;iMii<T des 
discipl(>s à l(Hir suile. » 

Notre-Soigiieui\ lui aussi, paiiaif, d'eux (pi. nid il avertissait ses 
disciples ■ : (( (lardi^z-vous des faux prophètes cjui viennent à vous 
avec des piMUx de brebis, cl ne sont au dedans que d(^s loups 
dévorants. A leurs fruits vous les reconnaîtrez. Kst-ce qu'on 
recueille des raisins sur les épines, ou des figues sur les ronces? 
Car tout arbre bon produit de bons fruits, et un mauvais arbre 
produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut produire de mau- 
vais fruits, ni un mauvais arbre produire de bons fruits. A leurs 
fruits, dit-il, vous les reconnaîtrez. )) 

En vérité, ceux-ci étaient de mauvais arbres qui firent goiiter 
des fruits amers à l'Église et au peuple de Dieu. 

A présent je vais montrer dans quel abîme profond tomha le pays ; 
mais que personne ne blâme le vénérable Georges ni les évêques, 
pour les avoir chassés de l'Église. 

Pour moi, mes frères, je ne comprends pas comment le vénérable 
Jean, qui avait vécu dans les pieux labeurs de la vie monastique, 
qui avait été naziréen, qui était loué par tout le monde, avait 
admis à l'imposition des mains, même pour la simple prêtrise, des 
hommes comme ceux-là. D'autant plus qu'aucune ville n'en avait 
besoin. La ville d'Araida avait déjà deux ou trois évêques, il en fit 
encore un troisième ou un quatrième pour cette cité. Or, les évêques 
qu'elle ava^tétaient beaucoup plus vertueux que ceux qu'il ordonna. 
L'un d'eux était Mar Sévère, du monastère de Zouqenin, homme 
célèbre et craignant Dieu, qui se démit de la conduite de la ville 
parce que sa vue s'affaiblissait, et cilla habiter dans son monastère 
jusqu'à la fin de sa vie. On mit à sa place Mar Aba, du monastère 
de Mar Habib. [102] dansl'Arzanène, homme doux et humble, orné 
de toutes les vertus divines; de plus, àTell-Besmê, il y avait Ser- 
gouna, homme ;ie Dieu, du monastère de Mar Athanase. C'étaient 
tous des vieillards vénérables et saints. Or, quoique la ville 

1. Art. ApO^t., XX, 20. 

2, Matth., VII, 15-19. 



86 CHRONIQUE 

eût ceux-ci, il en ordonna d'autres, dont un du monastère de 
llarbaz. 

J'(''cris ces choses, mes frères, \rdrcv que je veux faire connaître 
les maux qui vinrent sur nous par la suite. Que personne ne 
blâme l'écrivain avant d'avoir vu les fruits de ces arbres mauvais. 

« L'aspect d'un homme fait connaître ses <euvres, et ses traces 
rendent témoignage pour lui'. » — Voici ces hommes et leurs œuvres 
devant eux. 

Quand le synode fut terminé, chacun retourna à son pays. Le 
vénérable Georges descendit à son monastère. Ces hommes misé- 
rables, de leur côté, s'en allèrent dans une profonde ignominie et 
une grande confusion; mais non })as comme des hommes qui 
cherchent à cacher Umu- honte et à demeurer oubliés dans leurs 
monastères. Ils remuaient toute pierre; ils excitaient et agitaient 
beaucoup de monde; ils clierchaient comment ils tireraient ven- 
geance de Georges et de ceux de son parti. 

Georges, ayant déjà fait l'expérience de la chose et craignant que 
ce qui était arrivé ne se renouvelât, s'en alla à son monastère et prit 
la résolution de ne point entrer dans une ville, dans un vilhige, ou 
dans un couvent <à moins que les notables du lieu ne vinssent le 
chercher pour l'accompagner. 

Il advint cette année-là que les habitants de Harran vinrent le 
cliercher, à cause d'une dispute entre eux et leur évèque. Quand 
l'affaire pour laquelle il était venu fut terminée, les habitants 
d'Amida descendirent près de lui avecMar Aba, leur évèque, pour 
le conjurer de vouloir bien se donner la peine de venir les visiter. 
Lui, comme un bon pasteur, accueillit leur demande [103 1 el monta 
avec eux. En passant par les villages et les villes qui se trouvaient sur 
sa route, il fut reeu partout le monde avec honneur. 

Les habitants d'Amida eux-mêmes vinrent le recevoir en grande 
pompe, comme il convenait à un tel homme. 

Il demeurait là depuis quelque temps lorsque arrivèrent les habi- 
tants du monastère de Zouq(>nin, c'est-à-dire tous les vieillards 
vén<'rables de ee couvent avec W digne Mar Eutal, leur supérieur, 
et leur visiteur Denys, qui par la suite devint évèque de Ilarran. 
Ils le conduisii'ciit à 1<mu' nioiiasfère. Le vénérable Georges désirait 
de])uis longtemps voir ce couvent et y prier. Après avoir satisfait 
son d*'sir el joui de l'adeetion des moines de /ouf[enin, il passa par 
Hani' et arriva à Tell-Dakoum. 

1. Cf. h'rrU., Xl\. ;.T>. 

L'. Hffii, à ôO kil. environ ail N. d'Amida. Cf. Sain i-M.\HTiN. Mcn).. I. î)4. 



Dr; DMNYs Di-: ti'aa. \\.\\}h.(: 87 

Qu.'inl. il voulul s(; dirif^ci' vers son inoïKislôiv», Sm1,;iii, rjui ost 
rcMiiiomi de tout l)itMi depuis Uî coiuiiiriHîcMiHînl, fîX(tii;i ses dis- 
ciples, (îcux «pii sont ses sllpp(^l,s, (|iii oui, leiiipli la, jnesuro de 
pei'dition ; cal*, en \ o) aiil (pic li' |)alriai('lHM''l;iil a(;(;ueilli par loiit, 
le iu(>mlc;i\cc lioiniciir, il coinpril (pic la paix allait l'êgiiei' dans 
ri'iglise et (pic le l rouble cl la discorde alla iciil disparailrc du milieu 
d'elle. 

(^uehiues uns de c<'S honniics dont, nous a.\ons pa,)l(3 ]>lus haut 
descendirent vers le roi et tinrent des discours niéeliants contre 
le vf^nérablo Georges ci <;ontre Ions les évéqu(\s: (( Ils ont ni(''nie dit 
que c'était lui le roi et non pas toi, » dirent-ils. 

C'est avec raison que le prophète a parlé de ceux-ci ': (( Tes 
princes sont infidèles et compagnons de Aolenrs. 'l'ous aiment les 
présents et sont prompts à se venger. » Voici la persécution qui 
enfonce ses racines, qui montre sa fleur qui produit des fruits mor- 
tels. Venez et voyez les arbres, et à leurs fruits reconnaissez-les. 

La colère du roi, en entendant ces choses, monta comme la 
fumée; il rugit comme un lion après sa proie, et envoya des mes- 
sagers rapides et pleins d'ardeur chercher Georges [104] et les 
évêques de la Mésopotamie. 

Il était encore à Tell-Dakoum. Ils le transférèrent de là à Harran, 
où ils ne lui permirent pas même d'entrer dans le monastère; et 
tous les évoques furent rassemblés en cette ville. De ce lieu, ils 
descendirent près du roi, à Bagdad, où il demeurait à cette époque. 

Il était impossible à ce roi, dès qu'il avait appris qu'un homme 
remuait la main ou le pied, dans toute l'étendue de son empire, de 
trouver le calme et le repos avant de l'avoir fait périr, que ce fut 
un Persan, un Arabe ou un Syrien. 11 regardait comme son plus 
grand ami quiconque venait lui faire connaître un homme qui 
possédait quelque chose. 

Quand ceux-ci arrivèrent, ils furent introduits devant le roi. En 
les voyant, il rugit contre eux comme un loup qui veut dévorer sa 
proie, leur adressa de violentes paroles et les cliassa de sa présence. 
Il fit emprisonner et jeter dans les fers le vénérable Georges. 

Après qu'ils eurent passé là un certain temps, il donna cet 
ordre aux évêques : « Choisissez-vous parmi vous celui qui 
est digne, mettez-le à votre tête et allez-vous-en. )) 11 usait ainsi 
de miséricorde envers eux. Ils voulurent tous élire David de 
Dara. On dit que tout cela venait de ce dernier. C'était un homme 
âgé, et tous disaient: « Si c'est un autre [qui est élu], il ne se sou- 

1. Is., I, 23. 



nicttrn pas à lui. D*;iilleurs,il ne vivra pas longtemps et [Georges] 
lui succédera. » David n'ignorait pas ces choses; et qu'il l'ait voulu 
ou non, il devint patriarche. Le roi lui donna des diplômes pour 
(Mnpiisonner, frapper et faire périr quiconque, à leur vue, ne se 
soumettrait pas à lui. Quanta Georges, il resta enchaîné dans la 
prison. De là la division daiis l'Église et le peuple de Dieu. 

Les opprobres et le mépris pesèrent sur les moines et les évêques, 
au point qu'aucun d'eux ne pouvait passer par les rues de la ville, 
à cause dos opprobres et du mépris. On les appelait même assas- 
sins et [105| sanguinaires. On alla jusqu'àne pas vouloir participer 
au sacrifice oITert par l'un d'eux. « Tu as fait mémoire du nom de 
David en l'offrant, » lui disait-on. 

Voilà la mauvaise semence et la zizanie que le mauvais a semées 
par le moyen de ses disciples. 

Or, le vénérable David s'en alla avec les évéques ses partisans. Il 
vint à Mossoul, puis à Tagrit. Au lieu de lui faire une réception 
patriarcale, on vint au-devant de lui avec des injures et des oppro- 
bres. On l'appelait même assassin et sanguinaire. Mais lui ne se 
fâchait contre personne; il ne se plaignait pas, mais ofïrait tout à 
Dieu en le prenant à témoin qu'ils le calomniaient en ces choses. 
(( Si, disait-il, j'ai trempé dans l'affaire de Georges, que je reçoive 
un châtiment exemplaire! » Bien qu'il fit dans les églises des 
déclarations accompagnées de beaucoup de serments etd'anathèmes, 
personne ne le crut, car, disait-on, les autres n'ont agi que sur son 
conseil. Ainsi il ne fut reçu i)ar personne à cause du vénérable 
Georges. Lui, de son côté, ne se vengea sur personne de cette 
injure; il ne contraignit personne aie nommer [dans l'office], mais 
il dit: « Que celui qui veut me nommer me nomme; quant à celui 
qui ne veut pas me nommer, je n'ai l'ien à voir avec lui. » 

Par là, il montra qu'on le calomniait frauduleusement, puisque, 
ayant entre les mains un édit puissant, il ne fit souffrir personne, 
même lors(ju'il recevaiten face les injures et les opprobres. 

On en était \enu à ce point que parfois, s'il envoyait dans 
une ville un évoque de son parti, les habitants tombaient dessus; 
s'il arrivait que celui-ci offrît le sacrifice, ils ne ivcevaient pas la 
communion de sa main, mais ils le méprisaient, lui et son sacrifice; 
s'il arrivait qu'il se trouvât un homme intelligent et craignant 
Dieu <pii les rivcitil et iiMir dit : a Le châtiment de Dieu viendra sur 
vous à cause i\c celte manière de faire, » ils le traitaient encore plus 
mal [106] (|ue révêcjue. Ils allaient d'çglise en église en disant: 
(( Nous ne recevons pas la communion des mains d'un tel, parce qu'il 
nomme David. » 



DK DI'INVS \)\: 1 IILLM A I.II{ î: 81> 

l/li;il)il iii()ii;isl,i<jii(' on (''piscop.il rAml sm-toul (I<'\ciiii ni(''|)i) 
s;i,l)|«' ;'i leurs yeux ; cl, s'il ;i ri'ivail (prils Irouv.'issciil un nioinc (jiii 
u';iv;ii(, j;iniais \ ii i);i\i(l ni ( Jeoi'f^iis, ils le lonrn.-iieni, en lidicnle 
jns(|n';'i. ce <|u'il les cnl. ;in;illi('ni;ilis('s ri ni.nidils tous les (jcnx. 
(»)iiel(jn('s-uns liiiinMil, [)ar no pins iioinnicr ni l'nn ni r.inlic. 

( '('ll(Mli\'isi()n (Inni, (M, fil (les i-;i,\ ;io(^s dans l'is^lisc, jnsf|n';i la 
nioi'i du v('nêral)lo David. 

Voilà, (jiuds l'ruils manvais pi'odnisircnl ers mauvais arbres. — 
AthMids (M éc()nt(> (juel n«''an \ inl snr nons à la suile do oos choses. 

Sa<'li(V,, mes lïôres, (|uo tonlos les l'ois (pie Tl^glisc^ est Ironbléo, 
los alïairos |)ul)liqu(*s sont aussi Ironbléos. 11 advint que colle-là 
fut a<i;itéo la prcniioro cl ccllos-ci ensuite. 



I/an 1079 (767-768), fut construite la forteresse d'Arsamosale', 
près du fleuve Arsanias. Or, comme les maçons et les ouvriers ve- 
naient de commencer la construction qui s'élevait déjà à la hau- 
teur d'une taille d'homme, une armée romaine vint camper sur la 
rive du fleuve opposée à la forteresse, mais elle ne passa point le 
gué, parce que c'était le saint jour du dimanche, et qu'elle n'avait 
point reçu l'ordre de combattre. Tandis que les Romains étaient 
campés là, offraient le sacrifice et mangeaient le pain, la popula- 
tion entière de la forteresse, abandonnant tout, prit la fuite ; les 
Romains passèrent donc, prirent tout ce qui leur convenait et bril- 
lèrent le reste. Ils rasèrent la construction, s'emparèrent de tout ce 
qu'ils trouvèrent et retournèrent dans leur pays. Les Arabes se 
réunirent de nouveau avec des architectes et des ouvriers, et recons- 
truisirent cette forteresse. 

*Abbas envoya des lettres dans toutes les villes pour ordonner 
aux Arabes de la Mésopotamie de descendre tous, grands et petits, 
à Harran. 

Ils se réunirent donc et descendirent, en abandonnant leurs 
récoltes sans les moissonner, car ils étaient pressés de gagner des 
zouz. f 107] Tout le peuple afïlua etdescendit, grands et petits, mais 

1. Ce nom signifie ville d'Arsame. Elle fut fondée, selon la tradition, au 
troisième siècle avant notre ère, par un roi de l'Arménie occidentale nommé 
Arsame. I,es Arméniens du moyen âge l'appelaient Asmousatt elles Grecs 
du Bas-Empire Asmosat. Elle était située sur la rive gauche du Mourad- 
tchaï. S.vint-Maktin, Hist. du Bas-Em/iire, t. XII, p. 266, n. 4. — Cf. 
Cellarius, Notitia orbis antiqai, t. Il, p. 390. 



\)0 CmiOMQUK 

ils ne recueillirent que de la perte, car il est difficile à un méchant 
de devenir bon. 

Ils attendirent longtemps, jusqu'à ce que leur récolte fût perdue 
et détruite; il assigna environ six cents hommes d'entre eux aux 
forteresses et renvoya le reste. Jls ne remportèrent chez eux que 
des pertes. 

Cette année, mourut Denys, évéque de I.Iarran, auquel suc- 
céda un autre Denys, du monastère de Zouqenin. 

Cette année aussi, mourut Etienne de IJaboura, qui eut pour 
successeur ' 

L'an 1080 (768-769), l'évéque Zacharie décéda à Édesse, et 
révêque Jané^ à Téla. — A la place de Zacharie on mit, à Édesse, 
Élie, du monastère de Qartamin, homme sans cœur et criminel, 
qui ne pensait aucunement à Dieu. Il fut ordonné non parce qu'il 
était digne de l'épiscopat, mais parce que les Édesséniens étaient 
dignes de lui. Cependant il ne fut pas accepté, et on ne consentit 
pas à son élection; mais la chose traîna en longueur pour des 
raisons graves qu'il n'est pas nécessaire d'exposer, et Édesse resta 
sans évêque. — A Téla. Jané eut pour successeur Sabinus. 

A cette époque florissaient Sergouna de Mardin, le patriarche 
David, Mar Abad'Amida, Constantin de Samosate et Paul de 
Tagrit. 

Il y avait cette année-là une grande abondance de toutes choses. 
Le froment se vendait trente qepJiizè, le vin quarante spàdé\ 
l'huile huit li^rè pour un zouz. 

La région abondait en vignes et en champs cultivés. Le bétail y 
était [nombreux] comme le sable. 

Zaïd vint sévir contre les usuriers^ Ceux-ci lui donnèrent un zouz 
par dinar; il prit ce tribut et s'en alla sans avoir molesté personne 
autre [108]. 

Encore cette année-là, des pierres tombèrent du ciel, des pierres 
noires que beaucoup ont vues et touchées et (jui sont même restées 
jusqu'aujourd'hui. Comment étaient-elles montées dans les nues? 
D'où venaient elles? Dieu seul peut le savoir. Dans la région 
où elles tombèrent il n'y a absolument aucune pierre noire; 

1. La placodii nom ost en Itlaiic clans le mamiscrit. 

2. Nousadoptons la lecture d'Assomaiii. Voir 1;> iiréfacedu texfc syriaque. 

3. I.e mot se trouve avec un ohiph proslhétique dans Josné le Stylite, 
éd. Wright, chap. xciii. Cf. IJar Baljlonl, col X':î:^, pcnult.; 2'M. i. La lecture 
semtile ctrc ci*prnlà ou s^junlii. 

A. Ahskmani [JMhl. or., t. 11, p. lit) a pris le mot comme un nom 
propre (Zaïdus ah -Sryf/tis nummum capitalim exegit). 



1)1', hl'lNV^ Dl', 'I'i;i,l. MAHUi: 91 

mais sois sûr, IrcUiur, que !<; S('if,'ii<Mir f;iil, tout, (mmjii'iI vcmiI, lui ciel 
oi sur l;i t(MM'(». 

l/;ui lOSl (7()î>-770), il y cul pour ^^)u\('ru(Mii- ;i Mossoul un 
liomuic tU('M'li;iii(, cl cruel (lu nom (!<' .\!(ius;i jhu i\I()U(;';il). (l'est 
(le lui(|uelc prophète ;i |)r<)|)li(''lis(' (piaiid il dil' : << {'.nlui je i-.iva- 
^vviu l,*i leri'e, flans sa pli'uitude, je (l(;va,sl,enii ki t(Tre l)abit(''0 
coniUK^ uii désert. » Cet hoirnne iTauiviit pu lrou\'er sou seuihlahlfî 
ni paruii les rois païens, ni parmi les ma^^es, ni parmi les Matii- 
ehêens. 11 jeta la, terre dans une Iribnlaliou telle (pic depuis que lo 
monde est eivi"' jus([u'à, e(^ jour elle n'avait pas \ u de Iribulation 
semblable à ecdlc qu'il lui lit voii*. 

Si quelqu'un veut l'appehu' Antéchrist, et ses ministres messagers 
du fils de perdition, il ne le calomniera pas, mais l'appellera de 
son vrai nom. 

(( Quand le roi est inique, tous ses ministres sont iniques'. » 

Comme nous l'avons dit plus haut, le respectable habit monas- 
tique fut méprisé, lesévêques et les moines furent accablés d'op- 
probres. L'audace se portait jusque sur le saint sacrifice. Aussi les 
moines 1 remblaient-ils de sortir dans les rues, à cause des insultes, 
surtout de la part du peuple de Tagrit, d'Arsidonie et de Mossoul. 

C'est pourquoi ce fléau frappa [les habitants de ces villes] les 
premiers. Il s'avança contre eux et les fit passer dans d^es contrées 
lointaines. 

Le roi ne trouv^ait pas un homme selon son cœur en dehors de 
celui-ci. Il est écrit'' : a J'ai trouvé dans le fils d'Isaï un homme 
selon mon cœur.» 'Abdallah Ibn Mohammed trouva dans Mousa 
un homme selon son cœur, qui accomplissait tous les jours l'ini- 
quité devant lui. 

Quand Mousa devint gouverneur de Mossoul, il rugit [109] 
comme un lion sur sa proie en disant: (( Maintenant je poursuivrai 
mes ennemis et je les atteindrai ; je ne retournerai pas avant de les 
avoir achevés, de les avoir frappés dételle sorte qu'ils ne puissent se 
relever. Ils tomberont sous mes pieds; ils crieront et personne ne 
viendra les délivrer; ils appelleront le Seigneur et il ne leur répon- 
dra point. Je les broierai comme la poussière à la face du vent, je 
les foulerai aux piiîds comme la boue des places publiques*. » Il 
persécuta, en efïet, la région, fit périr les hommes qui se trouvaient 



1. Cf. Is., XIV, 17. 

2, Cf. /Vor., XXIX, 1^. 
'^. Cfr. I Sam., x\i. 

4. Pfi. xviii, 38, 39, 42,43. 



02 CHRONIQUE 

dans rnni\iM's; il h's frap|)a o\ ils no purent tenir devant lui; ils 
tonihèrent ï^ous ses pieds et il h;s foula comme le limon des places 
pabli(|ues des villes; il les réduisit à Testât de la poussière dans 
un toui'l)illon. Ils s'en allaient de lieu en lieu implorant le secours 
du Seigneur, (|ui nr les arracha pas aux mains de cet homme, 
qui ne les d(''li\ t'a pas de leurs an^^oisses. Leurs yeux se fermaient 
en attendant le libérateur. 

Mousa demandîi au roi, sous prétexte de pacifier la contrée, de 
lui donner la permission d'envoyer rechercher de tous côtés le peuple 
qui s'était enfui de Mossoul. 

Il écrivit dans toute la région que personne; n'osât s'opposer à lui 
ou à ses lieutenants. Il envoya un homme pour chaque groupe de 
trois villes de la Mésopotamie, car il avait sous ses ordres un 
peuple nombreux. 

A Amida, Arzoun et Maipherkat, vint un homme aussi méchant 
que celui qui l'avait envoyé, du nom de Adam Ibn Yézid, homme 
avare qui ne pensait point à Dieu. Le peuple mossulien, qui habi- 
tait dans la terre de Mésopotamie, était extrêmement riche 
à cette époque, car il profitait de tout le travail des habitants de la 
contrée qu'il dévorait par des rachats injustes et des usures. Tandis 
que le Seigneur a dit' : (( Tu ne prendras point d'intérêt à ton 
frère; tu ne donneras point ton argent à usure, » eux faisaient tout 
le contraire : ils prêtaient à usure, donnaient leur argent pour des 
rachats* et à des taux [exagérés]; ils devinrent maîtres d'esclaves 
et de servantes; ils possédaient les biens mobiliers, les vignes et les 
terres: encore un peu, et ils allaient posséder toute la terre [IIOJ qui 
parle la langue des fils d'Aram, et toute la Mésopotamie était sur le 
point d*ap])artenir aux habitants de Narsanbad\ 

Ils siégeaient dans les places publi([ues comme des dictateurs et 
les maîtres du pays ; ils se considéraient comme les chefs des 
églises et ils les administraient eux-mêmes. (( Ils ne se sont pas sou- 
venus rprils étaient des nouveaux venus, des (Hrangers et des 
pèlerins dans ce pays'. » S'ils ont ruiné leur propre pays, comment 
auraient-ils pu faire prospérer celui de leurs voisins? 



1. Driit., xxiii. 1!»; Lrr., xxv, 37. 

2. ("ost-à-'lire. d'aprôs le contexte, nioyeniiniit lui rcnitr.Jt aux termes 
duquel ou devait les rembourser eu nature, avec des dctirées qu'on leur 
cédait à un prix audessous du cours. 

ii. Ce nom .se rencontre trois fois dans la c/iinnir/nr rrrlrsinittiqtn' de Bar 
H<'bréus (II, 177). Voir la note des éditeurs.— Ou peut aussi lire Xarsibadù^, 
au lieu de Xd/ttanharlic. 

1. Cf. Ilcbr., \i, 13. 



f 
1)1-: Diiiws i)i-: ri:i,i. m \iiiti': D.'i 

La. parole proplu-lKiiic a (''II'* .'U^coiiiplu! en eux' : « N(î sois pas 
j;iloii\ {\o ('(Mi\ (jiii loiil mal, ne sois poiiil (înviciix de cjmix (jiii 
comiiicllciii riiii(|uii(' ; ca,!*, ('.oiiinic le foin, ils s<Mloss('Hîln!roiiL /'.ipi 
(Icinciil,, ('oiiiiiic riicilK' \'(Ml(' ils se l'aïKii-onl. : h; iii;il,iii (;ll(i goniir 
cl, pousse, ('Lie soir «'Ile est. I"aii(''(î rt (lcss(u;ll(5e. ») lui \(*!i'il»', ils (|(!- 
\ iiiroiil, orgLioilloux et li;iul,;iiiis outre mesure. (( Mais i(; Seigneur 
reuveise la, maison des oi-^ueilleux '; )) ils ont été humili(''S, ils 
ont été iirraehés, ils ont|)éri comme une Heur sous 1(î soleil. 

Quand ec^lui dont nous avons parlé plus haut vint pour enlrc^r 
dans ces villes et les occuper, tous s'enfuirent devant lui. Tous étant 
des marcîliands ou des graiiieti(M's ne possédant pas graud'chose, 
ils cachèrent leurs ed'ets, (emportèrent leurs (îiifants sur leurs 
épaules et prirent la fuite. Il y avait de quoi [)leurer sur eux. Ils 
erraient ti travers les montagnes, dénudés, alFamés, tourmentés 
comme un fétu de paille pendant la tempête. 

D'autres étaient entrés dans leschambrcs les plus reculées et res- 
taient enfermés, comme des morts, dans des pièces secrètes et 
obscures ; ils eurent des ulcères et perdirent l'aspect humain, ils 
avaient l'apparence des morts qui sont dans les tombeaux. C'était 
l'été : ce qui aggrava leurs souffrances. Ceux qui avaient fui mou- 
rurent de faim avec leurs enfants dans les montagnes et dans les 
cavernes, tandis qu'ils erraient d'une montagne à l'autre. Ceux 
qui étaient cachés dans les maisons périrent par la lièvre, la 
frayeur, le chagrin, la chaleur ; et ceux chez lesquels ils étaient ca- 
chés craignaient encore plus qu'eux, car, partout où l'on en trouvait 
un, [111] on accablait le receleur de cruelles afflictions, ainsi 
que la maison où il était trouvé. Un héraut annonça aussi que : 
(( Quiconque cache un habitant de Mossoul payera telle amende, et 
tout ce qu'il possède sera vendu. » 

Dès lors on eut peur, et chacun renvoya celui qu'il avait chez 
soi. On proclama encore : (( Celui qui prendra un honmie de 
Mossoul recevra pour sa récompense quarante zouz. » Quand le 
peuple cruel et sans Dieu des tondus, des misérables Arabes, 
entendit cela, ce fut pour eux l'occasion d'un lucre. Ils épiaient 
l'endroit où quelqu'un d'eux était caché, et s'il venait à sortir, 
même pendant la nuit, ils s'en emparaient sans pitié et le sollici- 
taient en disant : « Donne-nous, ou nous t'emmènerons et nous 
recevrons la récompense de quarante zouz. » Et bon gré, mal gré, 
ils lui extorquaient (quelque chose] et le renvoyaient ensuite; et il 

1. Ps. xxxvii, 1, -2. 

2. Pfoa., XV, 25. 



94 CHRONIQUE 

arrivait qu'il tombait après cela de nouveau entre les mains 
d'autres plus méchants que les premiers. 

Comme c'était un homme rusé et astucieux, il n'iii;norait pas plus 
l'endroit où quelqu'un d'entre eux avait caché quelque chose que 
si la chose elle-même lui eût crié: a Je suis ici, j'appartiens à un 
tel.)) Il trouvait tout, et tout se découvrait à lui, comme il est écrit 
du fils de perdition, aussi promptement que si lui-même eût caché 
ou déposé ces objets. 

Quant à ceux qui avaient pris des femmes syriennes, avaient 
engendré des enfants, étaient mêlés avec les Syriens et n'étaient pas 
connus des Araméens, lui les découvrait facilement. Il saisissait 
les cheiks du village dans lequel ils habitaient, et faisait pleuvoir 
sur leur corps de cruelles bastonnades, jusqu'à ce qu'ils eusseift 
fourni des cautions et les lui eussent livrés. 

Il s'empara ainsi d'eux tous et les obligea à répondre l'un pour 
l'autre; il vendit aussi tout ce qu'ils possédaient et s'en attribua le 
prix; il les pressura tous, comme fait le teinturier, puis il les 
emmena et les reconduisit à leur pays. [112] Là, il les enferma. La 
famine sévit sur eux avec diverses maladies et des épidémies, de 
sorte qu'un petit nombre seulement d'entre eux survécut. Les 
riches et les grands qui se trouvaient parmi eux vendirent ce 
qu'ils possédaient, lui en livrèrent le prix et demeurèrent dépouillés 
de tout; il ne resta rien à aucun d'entre eux. 

Ce scélérat ayant prorais par serment de ne prendre à 
aucun d'eux un zouz ou une obole, il exigeait d'eux des dinars 
d'or. Il y en avait parmi eux qui, même en vendant tout ce 
qu'ils possédaient, pouvaient à peine former la somme qu'il 
exigeait d'eux. 



Du stif/nc qui apparut dan^ les deux en/orme de balai. 

L'an 1080 (7fj8 7()9), au mois de yar [mai], un signe apparut 
en forme de balai au Nord- Est. Lorsqu'il apparaissait dans ce coin 
(du ciel], il se lovait obscur comme s'il avait balayé la poussière 
d'une maison. Au matin, on le voyait qui inclinait sa chevelure 
vers la terre. 

Il marchait peu à jxmi rii avant, jusciu'à ce (ju'il arrivât dans 
l'axe de la roue qui est dans le ciol, dans laquelle il fut absorbé 
et disparut. Sa forme étail la même que celle tracée plus haul\ 



1. V 



oir ci-dessus, page 63; page 73 du texte. 



1)1-: Di'iNYs DM ri:M.-MAnii(': 1).") 

C(* si^iici {\[;\.\i |);irla.il(Miii'iit cl. c.oik cii;iI)I(mii('IiI. jippcl*'' h.il.ii : 
(;;ir, do iiiriiKî ((u'on fait ciiln^' l;i, pcllo cl, le biiliii (i.ms hi ni;u.s<ni 
pour la iictloyci' cl, la l>al.'iy(M', (l(^ iiiciiic il balaya io rnoiido cL (il 
pcrii" loiil cr ((n'il y a\ail, (Icijans. 

D'aboi'd, cil celle aiiiK'c-ià, pi'iii'cni tous los animaux dorncs- 
ti(jucs, surtout le p(\tit l)étail. 

Une uoigc aboudanU^ et (épaisse couviit la terre et y resta si 
longlemps que les bêtes furent consumées parla faim. Il y eut de 
nombnMix [113| accidents, et il arriva (;à et là que la neige en tom- 
bant surprit un tr()n[)(\'iu avec ses bergers, et que le troupeau périt 
avec ses [)asteyrs. 

Ensuite le vent du sud et de l'est, accompagné de neige, souilla 
avec violence pendant trois jours et trois nuits et (it périr beaucoup 
de personnes et d'animaux domestiques, surtout le petit bétail. 
Un grand nombre d'hommes qu'il surprit en route tombèrent 
morts, eux et leurs ânes. 



Du peuple qui monta de la région inférieure, en Van 10?S 
(766-767 ), et s'appelait Géant dans la langue primitice. 



A Qette époque, le roi envoya de la région de Perse un peuple 
qui monta s'établir sur la frontière des Romains. C'étaient des 
hommes sans vêtements et sans chaussures, ainsi que leurs femmes 
et leurs enfants, car ils ne savaient rien faire. Ils n'apprenaient 
rien à leurs enfants ; leurs femmes mêmes ne savaient pas tra- 
vaillerUa laine. Tout leur art consistait à se cacher jour et nuit sur 
les chemins pour tuer et dépouiller, et pour couper les routes. 
Comme ils habitaient dans des montagnes inaccessibles, per- 
sonne ne pouvait les dompter. Ils poussèrent l'audace jusqu'à 
s'élever contre le roi et à couper la route au trésor du prince des 
croyants. 

Parce qu'ils avaient fait cela, et aussi parce que toute la contrée 
était soulevée par eux, le roi envoya contre eux une forte armée. 
Il les dévasta, les pilla^ les enchaîna ; il les rassembla tous, voulant 
les faire périr par le glaive. Déjà il avait fait crucifier leurs chefs, 
et se disposaitjà mettre son projet à exécution, lorsque des hommes 
craignant Dieu lui conseillèrent de les envoyer [114] aux frontières 
contre les ennemis, afin qu'ils demeurassent là ou qu'ils fussent 
tués par les Romains. Il mit promptement à exécution le conseil 



9(j CFIKONIQUK 

qu'il avaii reçu, les envoya et les fit monter pour habiter dans la 
r«'gion agitée, en face de Qaniah. 

Ils étaient environ trois cent mille. Mais ils s'enfuirent et se 
répandirent s.ur toute la région; il n'en resta là qu'un petit nombre, 
et, comme le pays était froid et qu'ils étaient nus, la plupart mou- 
rurent au premier hiver qui les saisit. Mais ceux qui restèrent ne 
cessèrent pas leurs premiers méfaits. 



De la restdui'ation de la (ji'ande église dWmida. 

A cette époque', les habitants d'Amida firent une considérable et 
merveilleuse restauration à leur grande église, qui avait été bâtie 
par l'empereur fidèle et craignant Dieu, Iléraclius'. Depuis sa 
première construction, cette église n'avait pas été restaurée. Comme 
elle était détériorée et sur le point de s'écrouler, ils s'occupèrent de 
sa restauration. L'abbé Mar Aba, évéque de la ville, l'honorable 
Mar Georges, visiteur, et Thomas l'archidiacre en prirent grand 
soin et y firent de grandes dépenses; ils changèrent tout ce qui 
était pourri à l'intérieur, le refirent à neuf, et rendirent l'église 
aussi brillante qu'au moment de sa première construction. 



De l'ordre donné par le roi de recenser les biens des églises 

et des monastères. 



Satan, qui en tout temps déteste ce qui est bien, ne cessa pas 
non plus alors d'exciter des divisions et des troubles dans les églises 
et les monastères. — « L'homme prendra parti [115| contre son 
père, la fille contre sa mère, la bru contre sa belle-mère ; les ennemis 
de l'homme, ce sont ses familiers'. » 

A cette époque parut un édit du roi ordonnant de saisir les supé- 
rieurs des monastères et des églises, et de recenser les biens de 
leurs monastères, de leurs églises et des temples. 

Voici la cause de cet édit : 

Satiin, qui s'était choisi un disciple dans le saint collège des 



1. AssE>rAM [lilhl. or.. Il, 111) ra]>porto ce fuit ei les ^uivaiils d l'anuée 
1U«1 (770). 

2. Cf. <M-«1(.5SSUS, p. 5. 

3. MicHKi . VII. H 



DK DKNYS hl<; TKI.L-MAHRK 1)7 

Apôtres, Judas Is(Mrioto, se choisit aussi mainliMuint un horniiKî du 
mini niouîist^re d(î M;ir M;iltaï', dans la lY'f^Mon de Moasoul, qui 
s'a [) pelait Zo'ara. 

A cause d'une querelle (pril avait eue avec le supérieur (Ut ce 
monastère, il imita Judas, son maiirc, cpii li\ra Notre-Seigneur à 
la mon. 11 ne resta i)as au-dessous de ce traître. Satan lui inspira 
non seulement do faire comme lui, mais de le dépasser; d'occa- 
sionner non pas un, mais plusieurs meurtres; de perdre non 
seulement un, mais plusieurs lieux ; il ne voulut pas démolir 
seulement un, mais plusieurs couvents. 

Celui-ci, séparé comme un loup d'avec les brebis, descendit 
auprès de Djaffar-, fils du roi, et lui dit : « Tout l'or de la famille 
de Hisam et de la famille de Marwan se trouve dans tel monas- 
tère. )) Et il ne laissa rien de ce monastère sans le lui faire con- 
naître. 

Djaffar envoya au monastère des serviteurs cruels qui prirent 
eut ce qu'il y avait dedans, et même tous les ornements sacrés, 
qui enchaînèrent les moines dans de dures entraves et les condui- 
sirent près de leur maître. Djaffar les tortura et les emprisonna 
cruellement, en leur réclamant ce dont lui avait parlé ce second 
Judas. 

C'est à cette occasion que parut l'édit ordonnant de faire dans 
toute la contrée le recensement des biens des monastères. 

Tandis que tout le monde croyait qu'on allait les confisquer, il 
arriva à Djaffar ce qui était arrivé à Balthazarqui, lui aussi, profana 
les vases [116] des divins mystères et voulut s'en servir pour lui et 
sesconcubines\ Ici non plus, Dieu ne détourna pas les yeux de son 
Église et de son peuple: il envoya à Djaffar l'esprit malin qui le 
suffoquait. Djaffar renvoya alors les moines qui reprirent leur bien 
et retournèrent à leur monastère. 

Ainsi se termina cette affaire. On ne fit plus ensuite d'autre 
perquisition, car l'esprit malin fit périr Djaffar*. 



1. Cf. Introduction, p. xxvi. 

2. Abou Djaftar Mansour, fils de Mohammed et frère du khalife Al-Saffah, 
régnait lui-même à cette époque. Dejiys semble avoir confondu les noms 
de ces princes, il a mentionné plus haut (p. 62i, l'avènement de Mansour 
sous le nom de 'Abdallah Ibn Mohammed. Voir les tables chronologiques 
et généalogiques de l'Introduction. 

3. Dan., v. 

4. Abou Djaffar mourut en 775. 



98 CHRONI«iUE 



De la prospérité du paya et des maux quelle causa. 

Voulant faire connaître les angoisses qu'a supportées la con- 
trée, nous ferons d'abord connaître sa prospérité, et nous montre- 
rons d'où et jusqu'où est tombée celle qui était riche et glorieuse. 

En ce temps, la contrée fut très prospère, surtout la Mésopotamie 
et la région septentrionale. MWq était remarquable par les céréales, 
les vignes, la multitude du bétail. Toute la terre fut remplie de 
bandes de chevaux, de troupeaux de chèvres. Les hommes possé- 
dèrent des provisions en abondance. De sorte que le vin s'accu- 
mulait sur le vin et le blé sur le blé. « En vérité, Israël a été 
engraissé et il a regimbé. Ils n'ont pas dit: Béni soit le Seigneur 
qui nous a enrichis', » mais ils se jetèrent sur les biens des monas- 
tères et des églises en disant: « He quoi l'Église a-t-elle besoin? 
Nous en avons besoin, nous qui payons l'impôt et avons des 
enfants. » Ils avaient en effet beaucoup d'enfants; ils s'enrichirent 
considérablement et possédèrent tous des biens; ils devinrent alors 
hautains, orgueilleux^ jaloux, adultères, fornicateurs, ivrognes, 
voleurs, faux témoins, de sorte qu'ils allaient tomber dans l'abîme 
de tous les vices, si [Dieu] ne « leur avait envoyé l'ange vengeur 
qui traça au milieu d'eux de cruels sillons* ». 

Quand un homme avait \m procès avec son voisin, et que le 
juge exigeait de lui des témoins, [117] ilallait surla place publique, 
et en rencontrant un voisin, il lui disait: (( Un tel, veux-tu témoi- 
gner en ma faveur?» Celui-ci répondait promptement et disait: 
(( Je le jure sur la parole de Dieu. — De quoi s'agit-il? » Et il 
faisait les serments avant de connaître l'affaire. 

Que méritait un tel peuple, sinon ce qui arriva? — « Le châ- 
timent écrasera si fort les hommes qu'ils y réfléchiront, et ils ne 
méditeront pas sur de vaines paroles.» Et ceci : « Il n'y aura plus 
de délai pour mes paroles'. » Les habitants d'un village entre eux, 
ou [ceux d']un village avec [ceux d']un autre village, se faisaient 
continuellement d(îs procès au sujet des limites de leurs champs, 
et les malheureux ne savaient pas que dans peu de temps le fléau 
viendrait sur eux; quils ne posséderaient plus alors ni vignes, ni 
maisons, ni cliamps, mais que leurs propriétés seraient dévastées 
sans personne qui les traverse ou les habite. 

1 . Dcut., xxxii, 1."). 

2. Ps. i.xxvni. 48-49. 

?.. Cf. K.ntff.. V, W. — Iv/Kcn., xii, 8. 



DM DKNYS DM 1 i:i,i -MAi.nn': 99 

L'inslitiilion ni()nas(i<iii<' inAinc sortit on dehors de toute con- 
vcnauee. Les moines, :iii lieu d'I observer le eonseil]: (( Prends la 
croix et suis moi \ » acquirent (l(»s clu^vaux, des troupeaux de 
bœuts, des troupes de chèvnîs et de moutons; ils achetèn^nt des 
champs, chacun personnelhMuent en dehors de la, propriétc'; de la 
communauté; ils sortirent dehors pour acquérir des vignes et des 
maisons dans les villages; pour monter en selle comme des 
payons, pour vivre selon leur bon plaisir, sans obéir au supérieur 
qui leur avait été imposé par Dieu. 

Ne pense pas, ô sage, que c'est parce que j'aime à accuser les 
hommes que je raconte ces choses; mais je veux montrer la bonté, 
la miséricorde, la douceur, la longanimité de Dieu. 

Considère et comprends après cela dans quel abîme nous sommes 
descendus et quelles angoisses nous ont atteints. 

Des esclaves qui se révoltèrent à I^arran, 
ville de la Mésopotamie. 

A cette époque, de nombreux esclaves s'entendirent secrètement, se 
réunirent au |1 18] nombre d'environ cinq cents hommes :Mèdes% 
Sindhiens et Khazares, prirent les armes et envahirent au milieu 
du jour la ville de IJarran. Ils dirigèrent leurs efforts contre le 
trésor royal et passèrent au fil de l'épée tout ce qu'ils rencontrèrent 
devant eux. Ils voulaient envahir le trésor et prendre ce qu'il 
contenait. 'Abbas en apprenant cela fut effrayé; il rassembla une 
armée considérable et vint à leur rencontre. Dans le combat 
qu'ils engagèrent, il y eut beaucoup d'hommes tués des deux côtés, 
mais les esclaves eurent enfin peur et prirent la fuite. Beaucoup 
d'entre» eux furent tués, d'autres furent faits prisonniers et le reste 
s'enfuit. 'Abbas saisit aussi leurs maîtres ; il en frappa et fit périr 
plusieurs. 

De V expédition du roi dans la région septentrionale; de la 
reconstruction de Callinice ; de Vorigine de tous les maux qui 
vinrent sur la terre. 

Puisque nous avons fait connaître la richesse et la fertilité de la 
contrée et tous les bienfaits, nous parlerons aussi du peuple cruel, 
et de l'origine de tous les maux. 

1. Cf. Luc, IX, 23. 

2,. AssK.MANi [Blbl. or., Il, 114) a lu : Maures. 



100 CHRONIQUE 

Il est écrit dans le prophète^ : « Voici Assur: il est la verge de 
ma colère. Le bâton qui est dans ses mains, c'est celui de mes 
coups. Je l'enverrai sur une nation trompeuse. Je lui donnerai des 
ordres contre un peuple de vengeance, afin qu'il pille, butine, fasse 
des captifs, et le foule au pied comme la boue des places publi- 
ques. » Et encore ^ : (( Parce qu'ils ont dit : Voici que les grands 
sont ensemble, ils sont rois; à cause de cela le Seigneur ne mettra 
pas sa joie dans leurs jeunes hommes. 11 n'aura point pitié de leurs 
orphelins, ni de leurs veuves. Car tous sont impies et méchants, et 
toute bouche a parlé folie. Et il ne s'est trouvé personne, dit-il, qui 
remuât [119j l'aile, ouvrît la bouche et fitentendre le moindre cri 
en leur présence '^ Il est venu à Anath; à Makmas il a déposé ses 
bagages; il a passé le passage de Gaba', vers Beit Baitan; Ramaa 
été frappée de stupeur ; Gabaath de Saul a pris la fuite \ Il a levé 
sa main sur les montagnes de Sion et sur les collines de Jérusa- 
lem \ » Le prophète a très bien dit : car il a vu d'un œil prophétique 
ce maudit serpent qui rôdait. 

Cette année-là, le prince quitta l'endroit où il demeurait avec tous 
ses grands et vint se cantonner dans la région septentrionale avec 
des troupes innombrables. Il vint à Mossoul. Tous les habitants, 
grands et petits, se réunirent et se plaignirent à lui des maux, des 
déprédations, des tourments et du ravage que leur infligeait 
Mousa Ibn Mouç'ab. Mais comme- le roi se complaisait beaucoup 
plus dans la dévastation que dans la paix, il les chassa de sa 
présence, et fit même subir des châtiments sévères aux principaux 
d'entre eux. Il se félicita et se réjouit d'avoir trouvé en Mousa un 
homme selon son cœur : (( J'ai trouvé, dit-il, un homme selon mon 
cœur, qui accomplira toutes mes volontés et fera tout ce que je 
désire. Dorénavant, il marchera devant moi dans l'iniquité pen- 
dant toute ma vie. » 

Tandis que le prince s'apprêtait à entrer en Mésopotamie, 'Abbas, 
son frère, émir de la Mésopotamie, apprit cela. Il savaitque c'était 
un homme plus ami de la dévastation que de la paix. Or, la région 
mésopolamienne était riche en vignes, en céréales, et elle était très 
peuplée au temps de *Abbas, car, c'était un homme miséricordieux 
et pacifique. Il envoya dire prompleraent en tous lieux: « Fuyez 
et laisst'z les villages sans habitants en sa présence. » Mais 

1. ISAIE, X, 5-6. 

2. Is., X, 9; IX, 17. 

3. Is.. X, 14. 

4. Is., X, 28. 




F)K DHNYS I)|.: ri;M. MAIIKl': 101 

les pays.'Liis no compriiMMil point cL ne saisirent point ce «ju'oii l<njr 
disait; ils resteront trarninilles. 

Lorsque h» prince entra [dans le pays], il vit u\w i('gion f(;rtile et 
abondante, belle, pleinede biens, [120]ca.re'étaitaumoisdeyar[mai] 
et toutes les récoltes étaient encore sur la terre. Or, quand il vit et 
considéra cette région fertile et tr<Ys peuplée, il n'agit pas comme 
il convenait .\ l'égard de son frère. En voyant 1(3 pays prospère 
sous le gouvernement de ce dernier, au lieu de l'en remercier, il 
rugit contre lui comme un lion qui veut saisir sa proie, et quand 
celui-ci vint au-devant de lui pour le recevoir avec pompe comme 
il convient à un roi, il le chassa de sa présence, le repoussa comme 
un vil rejeton et ne lui permit pas mêmedese présenter devant lui. 
«Où est, dit-il, ce désert de Mésopotamie dont tu m'as parlé?» 
Il lui retira son gouvernement, lui prit tout ce qu'il avait et usa 
envers lui de tous les mauvais traitements. Après avoir fait cela à 
son frère, il vint à Nisibe, puis à Kepher-Touta S et s'avança 
jusqu'à Callinice'. 



De la reconstruction de Callinice, 

Cet homme avait une propension à suivre les magiciens et les 
devins. Il écoutait et faisait tout ce qu'ils lui disaient. Il les 
consulta donc sur les temps et les règnes. Ceux-ci ramassèrent des 
paroles sottes et insipides qu'ils lui offrirent et lui donnèrent, 
comme c'est d'ailleurs la coutume des démons d'induire en erreur 
ceux qui les écoutent. Ils lui dirent : « Il y aura un roi fort, qui 
bâtira une ville à côté de Callinice ; il ira ensuite à Jérusalem et y 
bâtira une mosquée. Il doit régner quarante ans. )) — Ce misérable 
dit : « C'est moi !» — Il fit venir des ouvriers de toute la Mésopota- 
mie; il leur ordonna de faire des briques, et aux architectes de 
bâtir le mur. [121 j 

De la fuite des Arméniens du territoire des Romains, et de la 
défaite que les Arabes infligèrent aux Romains. 

Tandis que le roi était à Callinice, les Arméniens sortirent du 
territoire des Romains. Ils vinrent demander au gouverneur qui 

1. Ville de la Mésopotamie, située près de Mardin. 

2. Cf. Weil, Gesch. cler Challphen, II, 57. 



102 CHRONIQUE 

était alors préposé aux forteresses de l'intérieur de venir au- 
devant d'eux. Ils voulaient rentrer en Mésopotamie. Ils étaient de 
ceux qui avaient pénétréa\cc Kousan'. Ils prirentdoncleurs familles 
et s'en allèrent, et les Arabes de Icuir côté vinrent au-devant d'eux. 
Le gouverneur de Qamah, en apprenant ces choses, organisa une 
armée, se mit à leur poursuite, et les rejoignit avec leurs familles 
tandis qu'ils campaient dans une plaine. 

Or, les Arméniens sont fourbes dès l'origine et vivent toujours 
de fourberie. Quelques-uns d'entre eux s'échappèrent et firent 
savoir aux Arabes où ils étaient campés : car ils n'étaient pas très 
éloignés. 

Tandis que les Romains eux-mêmes campaient et dormaient 
sans précaution, les Arabes les joignirent à la seconde veille de la 
nuit et tombèrent sur eux à Timproviste. Ils les passèrent au fil de 
l'épée et en prirent un grand nombre. Ils firent conduire à Calli- 
nice, près du roi, ceux qui étaient captifs et les têtes de ceux qui 
avaient été tués. Ils espéraient obtenir de celui-ci un présent en 
même temps que de la renommée et de la gloire. Mais au lieu de 
leur donner un présent, il les reçut au contraire très mal. On dit 
même qu'il confisqua leurs biens. 

Du recenseur que le roi envoija dans le pays» 

Quand le roi vit la contrée bien peuplée, il voulut faire le ta'dil, 
[122] non pas parce qu'il se réjouissait de voir la contrée fertile et 
prospère, mais pour inscrire beaucoup d'Jiommes comme soumis à 
la capitation, et pour accroître le tribut et les tribulations de ce 
pays. Il fît venir des hommes méchants et astucieux qu'il établit 
gouverneurs, et les envoya dans le pays inscrire tous les hommes 
pour le tribut de capitation. 

Du çauphi* et du décimateur quil envoya aussi dans le pays. 

Le prince établit ensuite des hommes cruels pourleçauphi et la 
dîme. 



1. Cf. oi-dcssus, p. 57. 

2. AssKM.vM .1 tra'luif. ro mot par .Sophône : « praefectos in Sopheuem 
misit; » {Bibl. or., II, 114). Le contexte ne permet pas cette interprétation. 

^\^> />roduit, recenu, est un terme de commerce : produit net, ce 



i)i; 1)i:nvs di-: if.i.i. mmiiiI": lO.'i 

Le gouvprnour pr(^|)os(^ .-ni r;;iiiplii (îl.'iit un ninj;^*», fiomino sans 
Dieu (M s.'ius inisrricordo. Il [)air,()urnl toiitc^s les villos (Ui hi Méso- 
pot.imi(\ Il roconsa les pliiocîs publiciues et tous les lieux dans 
lesquels on vendait (iuel(iu(î chose ainsi que les boutiques du 
niarehé. Toute boutique de la plaee publique (|ui ne se trouvait pas 
comprise dans le taMil, fut confisquée comme appartenant au 
rui ; tout moulin pareillemenl. 

Il mesurait au cordeau les places publi(|ucs d'une porte de la 
ville à l'autre, de l'orient à l'occident et du nord au sud, et en 
dehors de la place publique, il mesurait quarante coudées de côté 
et d'autre et il occupait soit les maisons, soit les boutiques qui se 
trouvaient dans ces quarante coudées et les recensait. Il inscrivait 
au çauphi , comme appartenant au roi, tout endroit qui n'avait 
point été inscrit dans le ta'dii, soit jardin, soit moulin, soit 
champ cultivable. 

Il recensa même le mur de la ville dans toute son étendue avec 
ses tours, et il inscrivit également quarante coudées autoui', tout le 
long de la ville. 

Ainsi fit-il dans toutes les villes delà Mésopotamie et delà région 
occidentale, car il parcourut la Mésopotamie, l'Occident et même 
l'Arménie IV®. 

D'autres personnes reçurent ces lieux de lui à ferme^ et lui- 
même descendit à Harran. 

Il n'y avait plus que vol et rapine. Celui qui s'en allait était 
pris; celui qui venait était pris de même, plumé et dépouillé de 
tout ce qu'il avait avec lui; ils s'emparaient de quiconque avait 
quelque chose, soit acheteur, soit vendeur, [123] et lui enlevaient 
son bien. Ils sortaient aussi dans les champs et sur les routes et 
saisissaient tous, les voyageurs. 



Du décimateur. 

Le roi établit aussi un autre intendant de la dîme qu'il envoya 
dévaster la contrée. 

Celui-ci vint, entra dans les villes et pénétra dans les boutiques. 

qu'où retire d'une chose vendue tous frais faits et toutes charges déduites.— 

il ' II, ce qui a été confisqué, Qi delà : le domaine du prince. Dozy, Suppl. 

aux Dlct. arab., I, 838. — Il s'agissait, comme on le voit par la suite, d'un 
droit de patente perçu sur les commerçants et calculé sans doute d'après 
leurs bénéfices. 



104 CHRONIQUE 

Il inscrivait ce qu'il trouvait dedans. vS'il yen avait pour cent zouz 
il en inscrivait deux cents, et il prenait une dîme de cinq zouz pour 
cent, et quand il pouvait de dix. Ils occupaient aussi les routes et 
Is dépouillaient quiconque venait, passait ou allait. 

Les misérables qui étaient dans les villes sortaient et se répan 
daientla nuit sur les routes. Ils entraient et se dissimulaient dans 
les vignes situées sur le passage de la grande route, et saisissaient 
violemment les pauvres marchands qui passaient, de même que 
ceux qui entraient pour chercher de la garance. 

Ils leur disaient : (( Donne-nous tant, ou nous te conduirons à 
l'émir. » Et ils leur extorquaient ainsi autant qu'ils voulaient. Ils 
prenaient également les pauvres gens qui étaient venus pour cher- 
cher de la garance; ils leur enlevaient tout ce qu'ils avaient avec 
eux, et quand ceux-ci les suppliaient de leur permettre d'arracher 
[cette plante], ils leur disaient : « Allez et arrachez moyennant un 
zouz pendant trois jours ou quatre. » Chacun comptait avec eux 
comme s'ils l'arrachaient dans son propre jardin. Encore avaient- 
ils grand 'peine à sauver une partie de ce qu'ils avaient arraché, car 
après avoir échappé à celui-ci, ils étaient saisis par un second, et 
quand ils étaient délivrés de celui-ci, par un troisième. 

Ceux qui avaient évité la dîme étaient pris par le çauphi, et ainsi 
en tous lieux les hommes dépouillaient les pauvres. Les voleurs eux- 
mêmes se faisaient passer pour les décimateurs [124] partout où 
ils rencontraient de pauvres voyageurs, et ils les dépouillaient. Dès 
lors ils n'eurent plus besoin de se cacher la nuit sur les routes, 
mais ils accomplirent leurs volontés et leurs desseins en plein 
jour. 

Ils inscrivirent aussi le froment que les hommes possédaient, et 
quand quelqu'un en avait cinquante gribâ, ils en inscrivaient 
mille! Ils inscrivaient ainsi selon leur bon plaisir; mais cette 
année-là, rien ne fit défaut. 



Dca stlgmatiacara et des marquet!. 

il établit un autre gouverneur pour stigmatiser et marquer les 
hommes au haut du cou, comme des esclaves. (( El quiconque, dit 
le prophète, n'a pas reru le signe de cette bête sur son front'.... » 
Mais ici ce n'est plus seulement sur le front qu'ils le portaient, 
mais sur les deux mains, sur la poitrine et même sur le dos. 

1. Cf. A/>Or., X.\, 4. 



I)F, DMNYS Dl", 'IKI,I. M Al.ini': 105 

Ce g()MV(M'ii('.nr vint donc, cl, plus i{\\o. (ous (umix (jiii l'avaient 
précédé, il lit trembler la ré^noii, à son arrivées II ;ivait ordre, en 
effet, de niarcjner les lial)ita.nt,s, sur les ni;iins, (rmi si^nc ^jui ne 
s'eflacerait point et n(Mpiitterait point sa pl.uM^ de tonte l;i, vi(! de 
riionimo [qui l'avait reçu]. 

Quand il pénétra dans les villes, tous les Iioinnu^s furent saisis 
de frayeur et prinnit la fuite devant lui. I.es boutiques furent 
fermées; il n'y eut plus ni acbat ni v(Mite dans les marchés; ni 
allant ni venant dans les rues. Ceux qui voulaient entrer [dans la 
ville) s'arrêtèrent par crainte du mal; ceux qui on voulaient sortir, 
s'arrêtèrent également parce qu'on ferma les portes de la ville et 
qu'on ne permit plus à personne d'en sortir. 

Quand il eut agi ainsi pendant une semaine, [voyant que] per- 
sonne ne paraissait dans la rue, que personne ne venait du pays 
dans la ville, les intendants de l'impôt de capitation envoyèrent 
auprès de celui qui avait remplacé 'Abbas dans la perception de 
cet impôt, et lui firent dire : u Le peuple s'enfuit devant le mar- 
queur, et si ce dernier ne part d'ici, il sera impossible de lever 
l'impôt. )) [125] 

Celui-ci, en entendant ces choses, envoya un écrit au marqueur 
qui descendit. Les hommes jouirent d'un peu de repos de ce côté, 
car il périt en route. 

De l'exil. 

11 établit aussi un autre gouverneur pour faire reconduire chacun 
[de ceux qui s'étaient enfuis] dans son pays, cà la maison de son 
père. Celui-ci, à son tour, établit d'autres gouverneurs qu'il 
envoya dans les villes. Il n'en envoya pas un pour chaque ville, 
mais il envoyait le gouverneur d'une ville quelconque dans une 
autre, de sorte que les gouverneurs de toutes les villes de la Méso- 
potamie se trouvaient parfois réunis ensemble dans un môme lieu, 
à propos de l'exil. 

Dès lors il n'y eut plus de salut d'aucune part; mais partout le 
pillage, la méchanceté, l'iniquité, l'impiété, toutes les actions mau- 
vaises, les calomnies, les injustices, les vengeances des hommes 
les uns contre les autres : non seulement des étrangers, mais des 
familiers. Le frère tendait des embûches à son frère; celui-ci 
livrait celui-là. 

Il établit un Persan à Marda pour y ramener les fugitifs et y 
percevoir le tribut. Là, plus qu'en tout autre lieu, la population 



lOG CHRONIQUE 

s'étaif enfuie, et la lêgiuu eiiliore était occupée par les Arabes, car 
les Syriens avaient fui devant eux. 

Cet homme s'appelait K h al il Ibn Zâdân '. Il fit subir beaucoup de 
maux aux Arabes. On ne trouverait pas son pareil, ni avant, ni 
après lui, pour son animosité contre les Arabes. Il expédia quelques 
émirs dans toutes les villes. Si on apprenait qu'un homme, ou son 
père, ou son grand-père avait été à Marda, même quarante ou 
cinquante ans auparavant, on l'arrachait de sa maison, [126] de son 
village, de son pays, et on le reconduisait dans cette ville. Avec cet 
homme le présent n'était point accepté, la persuasion était sans 
effet; bien peu échappaient. De la sorte, il rassembla dans cette 
région une si grande multitude qu'il n'y avait pas un lieu, pas un 
village, pas une maison qui ne fût remplie et ne regorgeât d'habi- 
tants. Il fit passer les Arabes d'une région dans une autre et prit 
tout ce qu'ils avaient. Il remplit leurs terres et leurs maisons de 
Syriens, et fit semer leurs blés par ces derniers. Il s'empara de 
ceux d'entre eux qui étaient riches et usa sans pitié à leur égard 
de tourments et de supplices de tout genre. Il faisait venir l'un 
d'entre eux, faisait passer le rasoir sur ses cheveux et sur sa barbe, 
lui faisait une couronne de pâte, la lui mettait sur la tête et le 
faisait exposer au soleil. Il lui jetait ensuite de l'huile sur la tête 
de manière à ce qu'elle coulât peu à peu sur ses yeux, et ainsi sa 
tête était saisie de vives douleurs. Puis il le serrait dans des entraves, 
aux cuisses, aux doigts, aux bras, et il lui mettait sur les yeux des 
noix de fer-. Il usait ainsi sans pitié à leur égard des tourments, 
et il en fit périr de la sorte un grand nombre. Les autres s'enfuirent 
et passèrent d'un lieu dans un autre. 

A propos des autres maux qui eurent lieu dans toutes les villes, 
nous appellerons ici le grand Joël, qui les a vus d'avance. Lui- 
même vous les racontera^ : « Écoutez ceci, vieillards, et prêtez 
l'oreille, vous tous habitants de la terre. Quelque chose de 
semblable est-il arrivé de votre temps ou du temps de vos pères? 
Racontez-le à vos enfants, et vos enfants à leurs enfants, et leurs 
enfants à une autre génération. La sauterelle ailée a mangé le reste 
de la chenille, le bruchus a mangé le reste de la sauterelle ailée^ et 
la nielle a mangé le reste du bruchus. » [127] 

Le prophète a vu le temps présent, il a parlé des maux qui 
devaient venir maintenant sur les hommes. Ses paroles reçurent 

2. Cf. ci-dpssous, p. 14.S. 

3. JoiiL, I, 2-4. 



\)K Î)KNYS DK ri'.F.L-MAIlIlt^: 107 

ninsi on iv.iliU; leur acconiplissciiuMil. (^uif'.orHjiic ;i\a,il, ('rli.ipp/' ;iii 
(;.'uiplii (''tait, saisi par le dcV.inialoui", fjiiicoiupic avail (^cJiapf)/' au 
(]«^('.iniat(Mii' ('Mail pris par ('('liii (pii n'clitM'cliail, les fii;:;il,ifs, qui - 
couipie (M'happait à l'exil ('M.ail saisi |)ai'l('s briprands. 

liGs [);iysans surtout (^.taicut (aaicls à l'égard de coux (ju'ils 
dépouillai(^i\t on toutes occasion (^t de toute façon. Kt coniinc les 
«gouverneurs ('liai'g(S des fuj^itiCs ({ui i-eniplissaient, toute l;icontr6(3, 
eraignaient de, paraître devant l'autorilf'', eux in('Miios, ces gouver- 
neurs iniques, saisissaient, dé|)Ouillaieiit Ions ceux qu'ils voyaient, 
(M pi-enaient leur bien, ou (Mieoi'e ils les conduisaient et les livraient 
au gouverneur [chargé] des fugitifs de leur région. D(^ sorte que 
personne n'échappa à l'un des maux ; car chacun était pris par l'un 
ou l'autre [de ces gouverneurs]. 

Ceux-ci ne se préoccupaient pas bc^aucoup du départ des exilés. 
Mais, ([uand ils avaient dépouillé quelqu'un, [nu] comme les 
doigts, ils s'éloignaient de lui quelque peu afin de lui permettre de 
s'enfuir pour qu'il n'allât pas avec eux et ne les accusât pas d'avoir 
volé son bien. Et s'ils le saisissaient de nouveau, ils se montraient 
encore plus cruels à son égard que la première fois. 

Cette calamité sévissait également dans toutes les régions de la 
Mésopotamie. 

Le prince défendit aussi que quelqu'un, soit Arabe, soit Syrien, 
moissonnât. 

Il défendit de moissonner ou de battre le blé avant son entrée 
en Mésopotamie, parce qu'il voulait voir par lui-même toute la 
récolte. Or, cette année-là, il y avait partout abondance de froment. 
Quand il fut arrivé et eut tout examiné, après avoir fait subir 
toute sorte de maux à 'Abbas, il établit d'autres gouverneurs pour 
percevoir le zaqât, c'est-à-dire le sadaqat al-mâl \ et les envo)^a 
dans ces pays. 

Dès que [ces gouverneurs] eurent reçu cet ordre, ils l'appli- 
quèrent rigoureusement, sans pitié. Ils entraient dans les champs 
des Arabes, et tout ce qu'ils y trouvaient, soit aux Arabes, soit aux 
Syriens, ils l'inscrivaient. [128] Ils n'inscrivaient pas les pommes, 
les meules, les gerbes de froment et d'orge selon la réalité, mais, s'il 
y en avait cent gribé, ils en inscrivaient trois cents. Ainsi, rien de 
ce qui était aux Syriens ou aux Arabes dans les propriétés de ces 
derniers, ne fut omis dans le recensement : ni jardin, ni champ 
ensemencé, ni bête de somme. Ils allaient ensuite à la ville et 



!• Jli^ <iJ<^ elS^tîl -~ Aumône légale ; dime^ impôt sur le recenu. 



108 CHRONIQUE 

exigoaient le tribut de ces choses. Beaucoup d'entre les Arabes, 
après avoir vendu leur froment, leurs champs, leur âne, s'ils en 
possédaient un, n'avaient pas encore trouvé la somme qu'on leur 
demandait, car on avait inscrit à un homme tant de champs pro- 
duisant une récolte de tant de grihé; on lui avait inscrit des champs 
bien remplis, alors qu'il n'avait pas récolté plus de cinq gribê. 

Les Arabes subissaient ainsi des épreuves plus cruelles que 
celles des Syriens. 

Quant à ceux-ci, l'émir [préposé à] la capitation leur ordonna 
de se réunir. Il prit un répondant pour chaque village et les laissa 
libres d'aller battre leur blé. 



Des émirs, des scribes, des banquiers, des chefs de district, 

des préfets. 

Avant de passer au delà de Nisibe, le prince ordonna que tout 
émir, notaire, changeur, chef de district ou préfet, qui avait été en 
fonctions du temps de *Abbas, descendît près de lui avec les notables 
du pays. Y aurait-il eu dans un village vingt préfets, tous auraient 
diî descendre avec leurs livres [de comptes!. Les gouverneurs qui 
avaient été accusés descendirent ainsi près de lui à Nisibe. 11 les 
enchaîna et les emmena avec lui. Les notaires et les changeurs s'en 
allèrent aussi avec lui. Ils restituèrent et furent réduits à manger 
leur propre chair sans pouvoir obtenir leur délivrance. [129] 

Ils restèrent longtemps en cet endroit, mais ils ne furent point 
inquiétés, car ils remontèrent sans sa permission. Ils ne furent pas 
non plus inquiétés après son départ. 

Après avoir fait ces choses en Mésopotamie, il s'attaqua à 
Callinice. 

Isaïe dit à son sujet' : « Il a déposé ses bagages à Makmas ; il a 
passé Beit Baïtan; Rama a été saisie de frayeur, et Gabaath de 
Saùl a pris la fuite. )) 

Celui-ci s'attaqua à Callinice et passa dans la région occidentale 
pour aller à Jérusalem. Il l'agita, la renversa, la terrifia, la dévasta 
encore plus que la Mésopotamie. Il fit selon ce que Daniel prophé- 
tisa de l'Antéchrist lui-même. Il convertit le temple en mosquée, 
car le peu qui restait de celui de Salomon devint une mosquée pour 
les Arabes. Il prit uno femme Il répara les ruines de Jéru- 
salem. Il s'attaqua aux hommes, prit leur bien etleur bétail, surtout 

1. I8., X, 28. 



DK DHNYS I)K TKLL-MANUK 100 

les bufllos. Il n'en laissa volontainMiiciit aucun ;ï qui que; ce fût. 
Quand il eut causé là toute sorte de maux connue dans la Mésopo- 
tamie, il revint h l'entrée de l'hiver en Mésopotamie pour y séjourner 
et eontinuer sa destruetion. 

Avant son retour d'Occident, il établit pour percevoir la capita- 
lion un Persan nommé Abou '()un\ et d'autres gouvfM-neurs pour 
percevoir d'autres impôts. De là l'origine des maux. De mêm(î que 
des bêtes féroces qui s'attaquent à un cadavre chacune par un côté, 
ainsi, cinq gouverneurs, quel(|uefois six ou sept, et môme jusqu'à 
dix, entraient le même jour dans un village, etchacund'euxtiraillait 
de son côté les habitants de ce village qui ne parvenaient à s'échapper 
et n'évitaient la mort qu'au moyen de dépenses considérables. Il 
arrivait parfois que, [130] quand ces premiers étaient partis, 
d'autres venaient en cet endroit, et alors il n'y avait plus moyen 
d'éviter leurs exactions. 

Et que dirai-je maintenant sinon la parole du prophète" : (( Je 
serai pour eux comme un lion, comme un ours, comme un léopard 
sur la route de l'Assyrie. Je les dévorerai comme un lion. La bête 
sauvage les mettra en pièces. » 

Si quelqu'un appelle ceux-ci betes sauvages, il ne les calomnie 
pas, car ils étaient plus méchants que les oiseaux de proie et que 
les bètes sauvages. 

Le même prophète dit encore ""la Le vent du Seigneurviendra de 
l'Orient, il montera du désert, il desséchera ses fontaines et tarira 
ses sources. Lui-même pillera le trésor de tous ses objets précieux. 
Périsse Samarie qui a exaspéré son Dieu! » — Un autre pro- 
phète dit* : (( Réveillez-vous, hommes ivres; pleurez, hurlez, vous 
tous buveurs de vin, car le vin est banni de votre bouche, parce 
qu'une nation forte et innombrable est montée sur mon pays. Ses 
dents sont comme les dents d'un lion et ses molaires comme celles 
d'un lionceau. » Tu vois comment les prophètes appellent ce peuple 
méchant : [ils le nomment] bête féroce. « Elle a fait de ma vigne un 
désert; et mon figuier, elle l'a renversé et étendu par terre ; ses 
rameaux sont devenus blancs.'' )) 

En vérité le vin a passé loin de ceux qui travaillent la vigne. 

Aussi commencèrent-ils à fuir de village en village, mais ils 
n'étaient pas sauvés de la sorte. Dès qu'ils avaient échappé à l'un. 



1- ôy^ y) 

2. Os., xni, 8. 

3. Os., XIII, 15 ; XIV, 1. 

4. Joël, i, 5-6. 

5. Joël, i, 7. 



110 CHRONIQUE 

un autre les saisissait et les dépouillait. S'ils échappaient à ces 
gouverneurs scélérats, les chefs du village dans lequel ils se réfu- 
giaient les livraient, et remplissaient eux-mêmes l'office des voleurs 
et des brigands. Celui qui s'y distinguait et qui était désigné comme 
chef et comme guide, celui-là était le chef d'une caverne de brigands. 
Lorsque des malheureux allaient pour se cacher dans ce village, 
il leur creusait lui-même une fosse de toute manière. Tous les maux 
découlaient de lui, [131] et sur les proches et sur les éloignés, et 
sur ceux de la maison et sur ceux du dehors. 

Tous les chefs de village se conduisaient ainsi. — (( Tes grands 
sont infidèles et compagnons de voleurs. Tous aiment les présents et 
poursuivent les récompenses. Ils ne rendent pas justice aux orphe- 
lins, ils n'ont point pitié des veuves'. » Le jugement de Dieu n'était 
pas placé devant leurs yeux. 

Et si les prophètes attestent les choses que nous avons vues et 
touchées de nos mains, qui parmi ceux qui aiment Dieu nous 
blâmera de les avoir consignées dans un livre, afin qu'elles soient 
connues des générations qui viendront après nous? — Il est écrit': 
« Interroge ton père et il t'instruira,» et^ : (( Apprenez-le à vos fils, 
et les fils de ceux-ci à une autre génération. » 



De ce que les hommes se mirent à violer les sépultures. 

Les maux se multiplièrent, l'un poussant l'autre, l'aile contre 
l'aile, la main dans la main. Un cri lamentable s'élevait de toute 
part. Personne d'entre les vivants ne pensait pouvoir échappera 
cette grande calamité qui dépouilla ceux qui jouissaient de la vie 
corporelle aussi bien que ceux qui étaient réduits en poussière. 
Ceux qui avaient l'amour du vol et l'intention de piller les tom- 
beaux purent maintenant accomplir leur désir. 

Or, comme ce vase de péché, ce lils de perdition, cet avocat du 
diable, celui qui s'élève contre tout ce qui est divin et respectiible, 
celui qui tire .son origine et sa race delà tribu maudite appartenant 
au peuple qui voulut lapider Moïse, Mousa Ibu Mouç*ab n'était 
pas encore parti, nous éprouvâmes à cette époque un accroissement 
de maux, parce que nous avons péché. 

Jusqu'alors, à l'exception des [Kiuvres de la région inféiieure et 

1. I.S., I, '^Z-U, 

2. Deut., XXXII, 7. 

3. JoKi.. I, 3. 



DM DKNYS D1-: TMI.I.-M AI.IKi: 1 1 1 

de la foulo des(^tningors (pii setrouvaiciit dans ce pays, les liomiiics 
n'aviiicMil pas b('aiu;()U|) s()uir<Mt. Il los oppriin.'i, 1(îs ruina, [132] 
les fit périr on ecllo amirc. Ils prinMil leurs (nifants à leur cou 
et s(» mirent à (M'rer de village en village. 

fùi eette année, nous n'çinnes de eonlrrcs éloignécis la nouvelle 
l;iui(Mil:il)l(' (jue dans eert:iins lieux les hommes avaient violé les 
tombeaux et en avaient reiin» de r;ii-^(Mit et de l'or. Il ne nous sem- 
blait pas croyable, à cause (W l'cMiormité de la chose, que; les 
hommes pussent faire cela, à l'égard des morts, et bi(.'n que qui- 
concjue venait rapi)orlât le fait, disant (qu'ils en retiraitMit de 
l'or, nous ne voulions pas croire que cola fût vrai. Mais la chose 
ne tarda pas à être manifeste à nos yeux, dans nos contrées, sur 
nos pères et nos frères qui étaient morts auparavant. Nous rappel- 
lerons ici la chose en son temps, telle qu'elle fut. 



De rare de Notre- Seigneur qui apparut retourné, et de la verge 
blanche qui apparut au milieu du ciel, dirigée vers la courbure 
de Carc, ù la manière d'une flèche. 

En cette année encore, au mois de yar [mai], apparut dans le 
ciel cet arc qui se voit constamment dans les nues. Mais sa cour- 
bure était tournée en bas et ses extrémités vers le haut, et il ressem- 
blait à un arc tendu pour le combat par la main d'un homme, 
manifestant la menace et la colère contre les habitants de la terre. 

Il apparut un saint jour de dimanche, vers les trois heures du 
jour, comme l'ont affirmé des vieillards honorables qui l'ont vu les 
premiers. Si quelqu'un ne veut pas croire cela, qu'il cherche dans 
les observations antérieures, et il trouvera la même chose. Elles 
attestent, en effet, les choses qui eurent lieu. 

Ensuite apparut comme une verge blanche. Elle se montra dans 
la partie occidentale [133] du ciel et s'avança jusqu'à ce que son 
sommet touchât le milieu du ciel à l'Orient. Sa grosseur était celle 
d'une corde. Ce signe fut aperçu par beaucoup de gens\ car il se 
leva pendant des jours nombreux. On disait bien des choses à son 
sujet. Les uns disaient que c'était une verge de colère, les autres 
que c'était un des nuages qui étaient montés dans le ciel aupara- 
vant. Les sages et les hommes craignant Dieu, en voyant ce signe, 
furent remplis d'une grande frayeur : car ils reconnurent qu'il 

1. Le texte porte, évidemment par erreur : « Ce signe ne fut pas aperçu, 
car il se ieva...>< 



112 CHRONIQUE 

était causé par les péchés et rempli de menaces de colère. Les 
insensés n'y firent point attention. « Le sage voit au loin : l'insensé 
ne voit pas même à ses pieds ^ Les yeux du sage sont à sa tête : 
l'insensé marche dans les ténèbres ^ » 

La direction de cette verge allait vers le milieu de l'arc tendu. 
Elle en montra la signification et ne tarda pas à faire voir ce que 
Dieu avait voulu indiquer en l'envoyant. Quelqu'un dira peut être 
que Dieu n'a ni arc ni flèche? Que celui-là écoute ce que dit le 
Psalmiste' : (( Dieu sera exalté; il lancera tout à coup contre eux 
des flèches; leurs langues perdront h^ur force ; quiconque les verra 
sera saisi de crainte, tous les hommes seront pris de frayeur. » Il 
dit encore* : a II a lancé ses flèches, et il les a dispersés. » 

Les hommes furent dispersés : ils devinrent errants en tous 
lieux; les champs furent dévastés, les campagnes furent pillées; le 
peuple s'en alla de pays en pays. 

D\ui autre signe qui apparut cette même année du côté du Nord. 

Un autre signe apparut du côté du Nord. Son aspect [134] attes- 
tait la menace et la colère du Seigneur contre nous. Il apparut 
au temps de la moisson et occupait toute la partie septentrionale, 
depuis l'extrémité orientale jusqu'à l'extrémité occidentale. Tel 
était son aspect : une verge rouge, une verte, une noire et une 
jaune. Il montait du bas en haut : quand une verge descendait 
l'autre montait. Quand on l'observait, il subissait soixante-dix 
changements. 

Pour les sages, c'était un signe de menace. On a dit bien des 
choses à son sujet. Les uns lui donnaient une signification de 
sang, les autres une autre. Quant à moi, je dirai : (( Qui connaît les 
œuvres du Seigneur? » — « Je donnerai des signes dans le soleil et 
des prodiges sur la terre \ )) 

De la manière dont fut payé Vimpôt de capitation, 
et dd l'emprisonnement dans une église. 

Comme on demandait à chacun plus qu'il ne pouvait donner, 



1. Cf. Job, XXXIX, 29. 

2. Erclcs., II, 14. 

3. Ps. LXiv, 7-9. 

4. Ps. XVIII, lô. 

j. Act. Ajuost., II, 19. 



Dl'! DI-'.NVS DM l'Ml.I. MAlim'; 1 Ki 

l'ômir [)rit los iV'pondMiils cl (('ip.iilil, onirc eux [Irs soII^ll(^s (Icinaii- 
dôos] ;iu ta ni. qu'il put à clKicun ô^çalcMiiout. Coux-ci U;s répartiront 
à lour tour cntro leurs villages. 

('oinnic, les gouvoruours établis par *AI)l)as n'élai(3nt pas encore 
destitués, (!t (pie le prineijxî de tous les niaiix' u'élait i)as encore 
venu, ils ne couunirent pas d'injustice, ne dépassèrent pas les 
limites de l'écpiité et demandèrent dans le pays la somme fixée. 

Comme l'aflaire n'avait pas réussi-, on fit une nouvelle répar- 
tition entre les répondants; mais cela ne suffit pas non plus. Et 
pourtant ces garants pillèrent les pauvres, les orphelins, les veuves 
qui étaient dans leurs villages. Ils n'épargnèrent point les orphelins 
et n'eurent point pitié des veuves. Ils ne firent point cela par ordre 
de l'autorité, mais d'eux-mêmes. « L'âne sauvage est la proie du 
lion dans le désert, et le pauvre celle du riche '. » De même pour 
ceux-ci. [135j La plupart d'entre eux étaient pris dans cette tem- 
pête et ces ténèbres qui couvraient la terre, et les malheureux ne 
savaient pas que dans peu de temps ils seraient victimes de la 
fureur. Ils s'empressèrent de vendre le mobilier, le bétail, les 
objets des pauvres de leur village; ils remplirent leurs maisons, 
ils devinrent riches comme ils le désiraient, car on leur donnait 
pour les rachats et les intérêts sans ménagement, en sorte qu'ils 
étaient sur le point de posséder, selon leur désir, les enfants des 
pauvres comme esclaves et comme servantes. Ils ne savaient pas, 
les malheureux, que la fin des impies c'est la ruine. 

Ils donnaient en froment, pour un dinar cinquante gribè, ou 
même soixante, et quelques-uns soixante-dix. A quiconque présen- 
tait un zouz, ils souscrivaient la quantité qu'il voulait. Ils donnaient 
du vin, pour un dinar cinquante kailtè, quelques-uns soixante, 
soixante-dix ou même quatre-vingts. Au marché, le froment se 
vendait trente ou trente-cinq gribè pour un dinar, et monta jusqu'à 
quarante; le vin dans les mêmes proportions; un agneau, un zouz; 
une chèvre, un zouz; une vache, cinq zouz; un âne, quatre zouz; 
et toutes choses étaient bon marché. 

Comme l'affaire languissait et ne réussissait pas, l'émir rassembla 
les habitants de l'endroit. Cet émir était un homme détestable, 
impie et inique. Il ne se laissait flatter par personne, non plus que 
les satellites qu'il envoyait dans le district. Il rassembla les habi- 
tants de l'endroit et les renferma tous dans une grande église. 



1. Mousa Ibn Mouç'^ab. 

2. C'est-à-dire : la somme demandée n'avait pas été atteinte. 
1). Ef'cU., xui, 23. 



114 CHRONIQUE 



De re/nprisonnement dans rdylise. 

Quand un héraut proclama l'ordre de se rassembler dans l'église, 
des satellites pleins d'ardeur' sortirent et enfermèrent quiconque 
était soupçonné d'avoir quelques zouz. 

Que dirai-je, sinon la parole du prophète-? « ODieu î les gentils 
sont entrés dans ton héritage. Ils ont souillé ton saint temple. Ils ont 
fait [136] de ton temple saint un lieu d'ordures\ Ils ont livré les 
cadavres de tes serviteurs aux bètes, les cadavres et la chair des 
justes au déchirement du poignard et de la lance, leurs pieds aux 
entraves, leurs mains aux suspensions, leurs doigts aux anneaux. » 

On rassembla tous les hommes libres et même les femmes dont 
les maris étaient éloignés ou momentanément absents à cause de 
cette persécution. On tira celles-ci de leurs maisons. On les en- 
traîna, on les fit descendre dans les rues, et on les renferma dans 
cette église. Des femmes qui n'avaient jamais paru sur la rue 
furent contraintes de descendre et furent placées sans pudeur au 
milieu des hommes. Ils firent de même à l'égard des femmes 
arabes. 

Tous les Arabes indistinctement furent contraints de descendre. 
Siquelqu'un était absent, ils emmenaient ses femmes ou ses filles. 
Ils s'emparaient successivement de chaque village. Ou bien ils 
prenaient une caution et emmenaient les habitants; ou bien ils les 
tuaient, soit en les frappant, soit à l'aide des entraves aux pieds et 
aux doigts. 

L'iniquité audacieuse s'éleva et s'assit sur le siège sublime qui est 
en face de la table du sanctuaire divin. Ils poussèrent l'audace 
jusqu'à monter sur la table sainte, pour faire leur prière qui irrite 
le Seigneur, et ils foulaient de leurs pieds impurs cette auguste 
table. Dans le sanctuaire môme, ils lavaient les souillures de leurs 
membres, et ils y commettaient beaucoup d'autres impuretés. Au 
milieu de l'église, tout ce peuple, hommes et femmes, déposaient 
hîurs excréments, sans pudeur, en présence les uns des autres. 

Ils restèrent ainsi trois jours et trois iniits dans cette église. Il 
s'él(;v;i du mili(ni d'elle une clameur douloureuse, et au lieu de la 
fumée odoriférante des parfums de choix, s'éleva l'odeur de la pu- 

1. Lillrralement : « respirant le feu. » 
l'. Cf. /^-<. i-xxi.x, 1-2. 

3. LiUôraleiii'Mil : « <!(>> laiiiiics. » 



i)K I)1-:nys dm 'ii'.i.i.mai.iuk 115 

tréfaction, avec la clameur douloureuse de ceux (jui y ('itaient 
enfeniK^s. 

l*oussés par la nc^eessilé, ils se jetèrent sur les biens des ('î^çlises 
et. des monastères, de sorte qu(i même les êgliscîs (iloi^niées, bien 
qu'on n'y sentît, point l'odeur infecte, eurent à souffrir de ccitte pro- 
fanation [137] dont avait été victime la grande église de la ville, 
maîtresse de toutes celhîs de la contrée; car elles furent dépouillées 
par les habitants, de leurs biens, de leur mobilier, de leurs vases 
sacrés qui furent mis en gage entre les mains des païens. 

(( Je sortirai de ma maison, car les prêtres ont souillé les choses 
saintes et profané la loi'. — (^u'ai-je besoin de la multitude de 
vos victimes? Je suis rassasié des holocaustes des béliers et de la 
graisse des animaux gras. Le sang des veaux, des agneaux et des 
boucs : je n'en veux pas. Lorsque vous êtes venus devant ma face, 
qui a demandé ces choses de vos mains, pour que vous fouliez aux 
pieds mes parvis? Ne continuez pas à m'ofïrir de vains sacrifices. 
L'encens m'est en abomination. A la néoménie et au sabbat, vous 
vous rassemblerez. Mais je ne puis supporter l'iniquité de vos 
réunions. Vos néoménies et vos fêtes : mon âme les déteste. Elles 
me sont devenues à charge. Lorsque vous étendrez les mains, je 
détournerai mes yeux de vous; et si vous multipliez les prières, je 
ne vous écouterai pas. Vos mains sont pleines de sang*. » En 
voyant avec les yeux de l'esprit la malice de nos nombreux 
péchés, le prophète a dit ces choses. « Maintenant il n'y aura plus 
de délai pour mes paroles, dit le Seigneur. J'ai dit, et je fais^ » 

Le gouverneur usait envers eux de toute sorte de supplices et de 
tourments; il opprimait, selon son bon plaisir, Arabes et Syriens, 
marchands et boutiquiers. C'est pourquoi il n'y avait plus en ces 
jours sur le marché, ni vendeur ni acheteur ; sur les routes, ni 
allant ni venant, parce que les portes de la ville étaient fermées*. 

Quand les hommes qui craignent Dieu virent toutes les souillures 
que commettaient ces impudiques au milieu du saint temple, ils 
s'adonnèrent à une profonde douleur, crièrent vers le Seigneur et 
dirent: « Pourquoi, Seigneur, nous as-tu ainsi oubliés etta colère s'est- 
elle appesantie sur le troupeau de ta bergerie? Souviens-toi , Seigneur, 
[138| de ton Église que tuas rachetée au prix du sang précieux de 
ton Fils unique, que tu as sauvée par ta passion vivifiante. Tes 

1. SopH., III, 4. 

2. Is., I, 11-15. 

3. EzEcii., XII, 28. 

4. Traduction douteuse, du moius d'après la ponctuation qui est celle 
du ms. 



1 10 CIinONlQT'K 

ennemis se sont enorgueillis au milieu de ton Église. Ils ont abattu 
à coups (le hache, comme le bois d'une forêt, ses portes et ses mon- 
tants, et ils ont souillé sur la terre le tabernacle de ton nom en 
disant : Nous les détruirons tous <MTsemble sur la terre; nous ferons 
disparaître de la terre toutes les fêtes de Dieu. Jusqu'à quand, ô 
Dieu, seras-tu maudit par tes ennemis, et ton nom sera-t-il }»our 
toujours un objet do liaiue? Pourquoi as-tu retiré ta main droite 
du milieu de ton Eglise'? Pourquoi, Seigneur, ta fureur s'est-elle 
enilammée contre ton peuple? [pourquoi] as-tu répudié ton liéri- 
tage? [pourquoi] nous as-tu livrés aux mains des Gentils? [pour- 
quoi] ceux qui nous haïssent dominent-ils sur nous? [pourquoi] 
nos ennemis nous oppriment ils et servons-nous sous leur puis- 
sance*? )) Et le Seigneur de son côté leur dit : u Parce que bien des 
fois je vous ai délivrés, et vous m'avez exaspéré par vos œuvres '. » 

Lorsqu'ils eurent opprimé tout le monde la somme totiile fut 
réunie, après que les paysans eurent emprunté dans le voisinage, 
de ceux même qui pouvaient prêter même un dinar, car ils ne 
consentaient point à sortir pour aller se faire payer dans les 
villages. Ainsi le gouverneur dépouilla le pays, puis il se rendit 
auprès de l'émir des croyants, à Nisibe 

C'est à son retour d'Occident qu'il avait sévi de nouveau contre 
toutes les églises des villes. Celle d'Édesse eut à souffrir plus que 
toutes les autres et perdit ses biens. 

Pour nous, nous dirons avec le prophète*: « Et par tout cela la 
fureur du Seigneur n'a pas été détournée de nous, mais il a de 
nouveau étendu sa main. » 



De f impoateur qui parut dans la Mésopotamie, 
en Van 1081 (769-770). 

Nous nous sommes proposé de tout raconter et d'en laisser le 
souvenir à ceux qui viendront après nous dans le monde, [139) 
afin qu'(*n ayant le souvenir du poids qui a accablé leurs devan- 
ciers, ils prennent garde à eux et n'en soient opprimés. 

« L'insensé est frappéet le sage se corrige'. » — Qu'ils observ(Mit 
donc les ni:in\(|ui ont fondu sur leurs ancêtres(U (ju'ils s'en éloignent, 
eareli.Kiiie joiii' amène a\'ee lui son mal. Notri^-Seigiieur a donné 

1. Cf. /'.S-. i.Nxix. 1, :^7, 1), 10. 

i>. Cf. Ps. (vi. 40-12. 

3. Cf. r.'<. rvi, 4:^ 

4 Cf. Is., V. îi.i. 

D. Cf. /'/or., XIX. 2ô. 



1)1-; Diùws in; Ti':!,!, \i miim'; 1 17 

ce pr(^opptp ;\ SOS Apùlros' : (((î.irdcz-vous (l(;s liiux prophètes qui 
vioiiiKMità vous sons (les pcvuix do bi'ohis. Ils on sc^diiiroiit l)o;nioonp, 
dit-il, ot iiiômo les élus si c/étail. possible. » Kl (Micor'<î- : « Voilloz à 
ce (jiio poi'soiiiio 110 vonstr'oin|)o. B(Miuooup viendront on mon nom. 
Si qnohin'nn vous dit: Voioi (jU(^ 1(3 Christ est ici, on : Il est, l.i, ; n'y 
allez point. H(Ninoonp viendront pour [vous] tromper. Si on vous 
dil : 11 est dans le désert; ne sortez pas. S'ils vons disent : Il est dans 
la chambre; n'entrez pas. » Le Christ lui-même nous a dévoilé 
toutes ces fraudes, les prophètes nous ont prophétisé, les Apôtres 
nous ont crié dans les oreilles, comme une trompette, la venue de 
l'imposteur et des faux prophètes qui doivent le précéder. Nous 
n'avons écouté ni les prophètes, ni Notre-Seigneur, ni les Apôtres, 
m;iis nous avons clos nos yeux, nous avons fermé nos oreilles, 
nous avons enfoui notre cœur dans la fosse de l'erreur, pour ne pas 
voir de nos yeux, ni entendre de nos oreilles, ni comprendre dans 
notre intelligence les paroles de la sainte Écriture. Nous les avons 
oubliées et nous avons recherché notre bon plaisir. 

Celui que Daniel appelle signe de destruction, messie de men- 
songe, apôtre du fils de perdition, nous l'avons vu. Nous avons 
touché de nos mains l'Antéchrist. Nous avons palpé celui dont il 
est écrit « qu'il viendra à la fin des temps )). Un de ses envoyés 
s'est manifesté de nos jours, et tout ce qu'il fera lui-même quand il 
viendra, son disciple nous l'a fait connaître de fait, et non plus en 
paroles. 

Or, à tout endroit dangereux et redoutable où il y a danger de 
périr, les sages placent un certain signe afin que ceux qui viennent 
et qui ne savent pas, en voyant ce signe, [140] comprennent dans 
leur intelligence l'avertissement qu'il proclame. Il leur apprend ce 
qui s'est passé antérieurement dans cet endroit. Et nous main- 
tenant, nous plaçons ici les choses qui sont arrivées dans le temps 
présent afin que, s'il y a lieu, vous vous gardiez vous-mêmes de 
ce cruel qui couvre de miel son fiel amer. 

En ce temps donc, survint un homme de la région de Tagrit, du 
village de Beit Rama. Étant resté sans père ni mère, à l'âge adulte, 
il eut le désir d'embrasser la vie chaste du monachisme. Il partit 
et s'en alla au saint monastère de Mar Mattaï, dans la région de 
Mossoul. Après qu'il y eut passé deux ou trois ans, le Malin 
l'excita à retourner à son premier vomissement '. Comme il n'avait 



1. Matth., vu, 15; xxiv, 24, 

2. Matth., xxiv, 23, 26. 

3. Cf. Proo., XXVI, 11. 



118 CHRONIQUE 

pas encore dissip<^ ce qui lui revenait de ses parents, ainsi que 
Judas, il le séduisit par l'amour des pauvres, des étrangers, des 
malheureux, des affligés, et par beaucoup d'autres choses. Mais au 
lieu de ses belles promesses, il finit par lui procurer, comme à 
celui-ci, la strangulation. 

Étant donc retourné à sa maison, au lieu de s'occuper des œuvres 
du monachisme, du soin des pauvres et des affligés, il imita les 
jeunes gens de son âge, et tout ce qu'ils faisaient, il le faisait avec 
eux. Au lieu de distribuer son bien aux pauvres, il le dissipa dans 
la luxure, vivant avec prodigalité au milieu des débauches. A 
la fin, il tourna au paganisme et apostasia. Quand il eut dissipé 
toute sa fortune en vivant ainsi prodigalement, quand il eut tout 
consacré à ses débauches et qu'il fut ruiné, il revint à lui-même et 
se dit: « Malheureux que je suis! Qu'ai-je fait de moi-même ! » et 
il partit pour aller au désert de Singara' près d'un illustre solitaire 
qui se trouvait là. Celui-ci l'ayant admis près de lui, il s'adonna 
aux plus grands et plus durs labeurs. |141] Il appliqua son corps 
au jeûne et à de nombreuses prières. Bien qu'il se fût déjà livré à 
ces œuvres l'espace d'environ cinq ans, au point que sa chair était 
émaciée, qu'il était devenu comme un Éthiopien et que tout son 
visage était changé par l'ardeur du soleil, alors même le démon ne 
cessa de le tourmenter. Il commença à se montrer à lui sous l'aspect 
d'anges qui exaltaient ses labeurs et lui faisaient connaître les choses 
futures. Saint Mar Zo'ara en entendant cela, lui dit : « Mon fils, 
prends garde aux ruses du séducteur. Toutes ces choses viennent 
du démon. » Le vénérable Zo*ara était en efiFet à cette époque le 
supérieur des moines de cet endroit. Le vénérable lui disait cons- 
tamment de ne pas faire attention à ces choses, de les mépriser 
toutes, parce que toutes venaient du Mauvais. Le moine cepcfci- 
dant ne 1 écouta point, mais il s'y laissa prendre, et entraîna 
des hommes à sa suite. Il disait : « Ceci et cela aura lieu. Un tel 
fera telle chose. Aujourd'hui , les hommes de tel endroit vien- 
dront me trouver. » C'est un fait connu des sages qu'il n'est pas 
difficile au démon, lorsqu'il a suggéré à quehiu'un de faire une 
chose que celui-ci fera réellement, de manifester extérieurement 
son dessein sur cet homme. Il ne dit pas des choses qui n'arrivent 
pas, mais des choses qui ai'rivent par son conseil. Il est appelé 
trompeur parce qu'il fait connaître les choses secrètes. Il est écrit 
que le trompeur manifeste les secrets. N'est-il pas vrai que si un 
homme estdéjàen route, et si un envoyé rapide vient, et qu'il dise : 

1. Cf. ci-dessus p. 28, n. 1. 



in*: DicNYs i)i': iiii.i.-M aimm'; I l'J 

(( Un toi viendra ;iuj()iinriiiii h Ici endroit, » il ne iri;inif('Stn pas 
des choses fuUires, mais des choses (jui s'aeeoniplissent .'ictiiello- 
niiMit? Ainsi c(5 nialhenronx lui, induit en eri'enr. fnt lvo\n\)(\ et 
eiitr;iiiu; dans rini(|uilc par h.'s visions diaboli(juos. Un jxMiplo 
nombreux commciiga à errer ix sa suite, car il tomba dans l'erreur 
et la démence. 

Kn apprenant ces choses, et en voyant qu'il méprisait les conseils 
((u'on lui donnait, (ju'il se mettait mémo à dénigrer les religi(»ux en 
disant : (( Ils sont jaloux dt; moi, » [142] le bienheureux Mar Zo*ara 
le saisit et le frappa, le chassa de là et lui défendit, sous peine 
d'ana thème, d'habiter dans toute la région de Mossoul. Il sortit 
donc de ce pays et vint en Mésopotamie, dans la région de Dara. 

11 y avait dans cette région de Dara un grand et important village 
renfermant une nombreuse population. Les habitants de ce village 
étaient des hommes simples, des travailleurs plus laborieux que 
tous ceux des environs. Ils étaient fidèles plus que tous ceux de 
leur contrée; ils étaient très attachés aux moines et honoraient leurs 
prêtres comme des anges. Comme ces gens étaient éloignés de toute 
perfidie mondaine et s'occupaient uniquement de leur travail, le 
démon dirigea son artisan vers un tel peuple. Quand il entra dans 
ce village et qu'ils le virent couvert d'un vêtement pauvre, le corps 
desséché et noirci, ils le reçurent comme un ange. Il se mit à leur 
dire qu'il était envoyé par Dieu pour leur annoncer que leur village 
était sur le point d'être renversé et enseveli sous la terre, que la terre 
le recouvrirait et qu'il ne serait plus jamais habité. Les habitants 
le reçurent dans leur simplicité, et écoutèrent dans l'innocence de 
leur cœur tout ce qu'il leur dit. Le nom de ce village était Hani, 
dans le Tour 'Abdin. Il leur disait constamment : a Faites pénitence, 
priez, jeûnez, avant que la terre n'ouvre sa bouche et ne vous 
engloutisse. Car la mesure de vos péchés est comble, votre iniquité 
est plus grande que celle de Sodome ou de Gomorrhe, vous n'avez 
plus qu'à attendre le jugement de Dieu, sans miséricorde. » Ce 
peuple simple, en entendant [cela] et en voyant le miel dans lequel 
était mélangé le poison, ne reconnut point, à cause delà douceur du 
miel, l'amertume du venin mortel. Ils n'écoutèrent ni Notre- Sei- 
gneur, ni les prophètes, ni les Apôtres, ni leurs évêques. A cause de 
ces paroles : « Jeûnez et priez, » ils ne reconnurent pas [143] la ruse 
du Malin. A quiconque leur disait : « Craignez Dieu, cet homme est 
un imposteur, ))ils répondaient : ((Que dit-il de mal? Il ne dit autre 
chose que: Jeûnez et priez. » Us ne voulurent écouter personne, 
mais ils errèrent à sa suite et entraînèrent dans l'erreur toute la 
contrée. Ils s'adonnèrent aux lamentations et aux larmes, ils aban- 



1*>?0 CHRONIQUE 

donnèrent leur travail et laissèrent leurs champs et leurs vignes 
incultes pour s'appliquer à la prière. 

Bientôt ils commencèrent à dire de cet homme qu'il faisait toute 
sorte de prodiges comme Notre-Seigneur. Ses envoyés, c'est-à-dire 
les démons, allèrent répandre sa renommée dans toute la Méso- 
potamie. La contrée septentrionale fut troublée, de même que le 
Sud avec l'Orient et rOccident. Tout le monde se trompait complè- 
tement à son sujet. Lorsqu'une caravane venait de quelque côté et 
en rencontrait une autre qui s'en retournait d'auprès de lui, ceux 
qui venaient demandaient à ceux qui s'en allaient : (( Comment 
avez-vous trouvé cet homme? » Ceux-ci disaient : « On ne connaît 
rien de comparable dans tout l'univers à ce que fait cet homme. » 
Ils montraient leurs membres et disaient: « Celui-ci était paralysé, 
celui-là avait le bras desséché, celui-ci était lépreux, celui-ci 
aveugle, et maintenant, comme vous voyez, nous sommes tous sans 
infirmité ni maladie. Voyez nos yeux ouverts, nos mains souples, 
nos pieds guéris. Ne vous refusez pas à nous [croire], mais soyez 
affermis dans votre foi, et allez près de lui. Tout ce que vous 
demanderez vous l'obtiendrez de lui. » Et ainsi, ils continuaient 
leur route et s'en allaient près de lui. [Les démons] allaient ainsi 
au-devant de toutes les caravanes qui venaient vers lui et attes- 
taient : (( Nous l'avons vu de nos propres yeux. Il chasse les 
démons; il ouvre les yeux des aveugles, fait entendre les sourds et 
marcher les paralytiques. » A d'autres ils disaient : « Nous 
l'avons vu, nous, ressusciter un mort, et il a fait toutes sortes de 
prodiges en notre présence. )) [144] 

Sois sûr, lecteur ou auditeur, que ceux qui apparaissaient aux 
hommes se rendant en cet endroit, qui se rencontraient avec eux en 
grand nombre sur leurs Anes, leurs mulets, leurs chevaux, et qui 
montraient leurs membres guéris par lui, n'étaient pas des hommes, 
mais bien des démons. Sachons aussi, d'après cela; que jamais on 
ne vit un homme qui eût recouvré la santé auprès de lui. 

[Les démons] apparaissaient à d'autres et leur disaient : (( Nous 
sommes des anges. Nous sommes enchaînés par la prière de Mar 
Marouta, — car ils l'appelaient Marouta, — s'il nous laisse faire, 
et nous amènerons le grillon et la sauterelle. » A d'autres ils 
apparaissaient et disaient: u Les dragons' viendront sur la terre 
et ne laisseront personne vivant, si Mar Marouta nous laisse 
faire. » 

Les démons rebelles n(î cessaient de faire outendre de semblables 

1. l,iti(Taleiii'*iii : « I.'n xrpenls, ailés. » 



I)l-: DI'INVS DI' 'll'I I. M \lll;|-. 1,?I 

propos dans toute l;i, MésopoLiiuii». I']t (h^s lors il n'y fut plus 
d'interruption sur les routc^s (pii «'onduisaicut à c.dl ondroil,. 

(^/onipicuds, o s;ig(\ (|ur lorsque l(^ lils de perdition viendr;i, il 
n'iipjirji pas de suite par lui iiumuc, mais s(»s ministi'es ij'ont ainsi 
pul)lier sa ronoiuuxM' \)av 1ou!(» I;i terre; ils se nionti-eront corpo- 
l'ellenuMil, à eliacnu el, erieroni : (( Tu tel ('M;iit paralysé, un tel 
avougle, nu U^l lépreux, (Mcelui-e.i les ;i p;u(''ris. » 

Ils st' faisaient eux-niênn^s morts, paralyti(|ues, lépnîux, a.veugles 
et inlirmos de toute fa(;on et venaient prés de lui. Dès qu'il com- 
mandait à un paralytique^, de marelier, il marchait, et celui qui 
était comme réellement paralysé se mettait à marcher. Les mal- 
heureux (pli avaient abandonné les Livres saints et allaient à sa 
suite ne savaient pas que ceux-ci étaient des démons, et qu'aucun 
des hommes qui vinrent le trouver ne fut jamais guéri par lui; à 
moins qu'il ne fût frappé par le Malin, et alors, lorsque le démon 
le quittait, il paraissait guéri. 

Ils disaient : « Parce que tu n'as pas la foi, tu n'es pas guéri. 
Nous avons vu ces choses et nous les attestons. Chacun de ceux que 
nous avons [145] vus revenir d'auprès de lui, à qui l'on deman- 
dait : Es-tu guéri? disait: Je suis guéri. » 

11 ne disait jamais rien de plus que : a Si tu as la foi, dans 
quarante jours tu seras guéri. )) Et sous cette condition d'attendre 
la guérison pendant quarante jours, il les renvoyait. 

Ainsi tous les pays se mettaient en mouvement et venaient vej'S 
lui. On lui apportait des billets, avec de Tor, de l'argent, des objets 
précieux. Il faisait des aumônes, de longues prières, puis se levait 
et aspergeait le peuple de cendre, en disant : i< Que Dieu soit 
apaisé! » Il se tenait sur un siège élevé comme un évoque, bien 
qu'il eiit seulement reçu l'ordre du diaconat. Il est prescrit par les 
canons apostoliques que le prêtre ne soit bénit que par son confrère 
prêtre ou par l'évêque, et qu'il ne reçoive la bénédiction que de 
ceux-ci. Cet audacieux, non seulement bénissait, mais il faisait 
même le signe de la croix et imposait la main sur la tête des prê- 
tres. Il faisait aussi l'huile delà prière', lors même que plusieurs 
prêtres se trouvaient réunis près de lui, et la leur donnait. Il faisait 
l'huile de cette manière : il récitait dessus une prière, puis il cra- 
chait dedans et la consacrait par son crachat. 

Un évêque ou un moine ne pouvait aller là, ni dire quelque chose, 
sans s'exposer à être tué par les habitants de ce village qui disaient : 

1. Oleum quo Syri monophysitae iiillrmos et catechumeiios iiifaatesque 
aille bapliismum uugunt. » 77t6'.s. sy/\, col. 2240. 



122 CHRONIQUE 

(( Vous êtes jaloux de lui. » Saint Mar Cyriaque, évoque de 
l'endroit, voyant que son troupeau était détenu captif parle Malin, 
qu'ils n'écoutaient point ses paroles et voulaient même le mettre à 
mort, se rendit près du vénérable patriarche David et lui fit 
connaître tout cela. 

Le vénérable David, [146] en apprenant ces choses, fit enlever le 
séducteur et l'enferma dans la prison de Harran. Cela ne mit pas 
fin à ses impostures, car beaucoup de gens venaient le trouver 
dans la prison et cet impie faisait de l'huile et la leur donnait 
après l'avoir consacrée par ses crachats. 

Nous omettons plusieurs faits et nous passons à d'autres choses, 
car nous voulons faire connaître les années de calamité que le 
pays a souffertes. 



De la première année de calamité qui fut l*an 1084 (772-773), 
Et d^abord des scribes, des gouverneurs, des changeurs. 

Quand le roi revint de la région de Jérusalem, il fit saisir 'Abbas, 
le dépouilla de tout ce qu'il avait et mit à sa place Mousa Ibn 
Mouç/ab, dont nous avons parlé plus haut. Il livra à ce dernier les 
gouverneurs, les scribes, les changeurs qui avaient été en fonctions 
du temps de 'Abbas, pour qu'il leur fît rendre compte : puis il 
descendit à Bagdad. 

Ce tyran, ayant reçu cet ordre, fit amener quiconque avait été 
gouverneur, scribe ou changeur du temps de *Abbas. Comme il 
n'était pas encore parti de Mossoul, il les fit descendre à Balad' et 
les fit emprisonner dans cette ville avec un gros boulet de fer. Or, 
il ne leur fit point rendre compte et ne fit point d'enquête dans le 
pays pour savoir combien ils avaient pris. Mais cet homme rusé 
dans le mal lit venir près de lui, de chacune des villes, des hommes 
traîtres et avares qui n'avaient point Dieu devant les yeux, des 
hommes tels que le fils de perdition s'en choisira, des calomnia- 
teurs semblables h lui. 11 les honorait en paroles et en œuvres et leur 
promettait de grandes choses, comme Satan en promet à ceux qui 
marchent [147] à sa suite et auxquels il procure, après tout, une 
fin déplorable et l'enfer. Par ses paroles il les trompait tous, et 
ils lui faisaient connaître qui était de leur ville : soit notaire, soit 
gouverneur, soit changeur, ce qu'il possédait et ce qu'il ne possé- 
dait pas, quelles étaient ses richesses, ses maisons, ses propriétés. 

1. Balad, sur le Tigre, à environ 'A2 kilomètres au sud de Mossoul. 



ni-; i)i:nys de 'ii-:i,i,-M.\nn,i': 123 

Il fui. iiiiisi rcnscigiu'^ sur cliacun et, «'clairr sur Icuis liicns. Les 
traîtres u'ohliurenl pas (l(; lui uur. Lrillaiilc rccomjx.'nsc, mais I)i(;u 
les livra oiilro los mains de i'inii)!*' <|u'ils clicrissai<^ul, i^l celui-ci 
les maUra,ila |)lus (juc. personne anlre. 

C(^ tyran linl donc les fonctiounaires qui avaient (Hé sous les 
ordres de 'Abbas cnf(U'més pendant ein(| ou six mois, jusqu'à ce 
qu'il eut él('M*ens(M^nê sur leurs ax'tions par ees itn|)ies (ju'il avait 
choisis. Lorsqu'il ne reeuL plus de dénonciation d'aucun pa,ys, il 
les lit sortir un h un, et selon (^e qu'il avait appris des calomnia- 
teurs, il taxait sans pitié chacun d'eux pour* une somme d'or qu'ils 
devaient lui donner ; les uns : d(Mix mille [dinars], les autres quatre, 
les autres dix, les autres quinze, les autres vingt, les autres trente, 
les autres (luarante. Il les taxait ainsi non parce qu'ils étaient 
débiteurs [de ces sommes], mais pour satisfaire son avarice et sa 
rage. Il torturait les pieds et les mains de chacun d'eux, jusqu'à ce 
qu'il eût reçu la somme pour laquelle il avait taxé cet individu. 
Et quand ceiui-ci avait consenti, il le renvoyait enchaîné à sa ville 
avec un cavalier et des répondants, pour en rapporter cette somme. 

Il ordonna ensuite aux censeurs d'aller inscrire tout ce qui leur 
restait. 

Cet homme pervers, voyant que le roi l'exaltait et ajoutait encoi-e 
aux honneurs dont il l'avait précédemment comblé, et sachant que 
ce roi se complaisait plus dans la destruction que dans la paix, 
rugiteorame un lion [148] en présence de sa proie. Il commença à 
pressurer la contrée, comme autrefois Pharaon les enfants d'Israël. 
Il ordonna d'abord aux censeurs de recenser leurs pays. Ces cen- 
seurs apprirent près de lui à être avares, et lui-même ne donna pas 
l'ordre de faire le recensement par un sentiment de bienveillance, 
mais par avarice, et pour se faire une réputation par un nouveau 
ta^dil. Cela est manifeste d'après ce qui arriva ensuite, c'est-à- 
dire que celui qui se trouvait imposé davantage devait payer selon 
le nouveau recensement, celui qui se trouvait moins imposé devait 
payer selon l'ancien. Les censeurs eux-mêmes demandaient ouver- 
tement, sans pudeur et sans crainte, des présents et des dons. 

Ils recensèrent ainsi le pays et ne laissèrent rien autre chose 
que les nombreuses ruines causées par leur brigandage et leur 
avarice. 

Des stigmatiaears et des marques. 

Il envoya aussi avec les censeurs des stigmatiseurs et des 
marques pour que, sur l'ordre des premiers, ceux-ci marquassent 



124 - THRONIQUE 

sur quiconque serait pris le nom de sa ville et de son village, afin 
qu'il fût ensuite reconduit à son village et à son pays. Ils s'appli- 
quèrent moins à cela qu'à satisfaire leur avarice. Non seulement 
ils imprimaient ces iiiarques, mais ils surajoutèrent d'eux-mêmes 
beaucoup d'autres choses. Le stigmatiseur saisissait tout d'abord 
les notables d'un endroit, et leur disait : « Que chacun conduise 
les siens à la ville et que personne ne sorte; vous êtes respon- 
sables. » Quand ces notables avaient conduit tous ceux de leur 
village, [le stigmatiseur] les marquait. Sur la main droite il ins- 
crivait le nom de la ville et sur la gauche : « Mésopotamie. » Il 
suspendait au cou de chacun deux médailles dont l'une portait le 
nom de la ville et l'autre celui du district. Il percevait dès le prin- 
cipe un zouz pour chaque groupe de trois hommes. [149] Il ins- 
crivait aussi le nom de l'individu, sa ressemblance, son portrait, 
de quel village et de quel district il était. Cela troubla fortement 
les gens, car on s'empara de beaucoup d'étrangers, et quel que 
fût le lieu qu'ils indiquassent, on les marquait du nom de l'endroit 
où parfois ils n'étaient jamais entrés. Et si ce recensement eût 
été achevé, il eût causé plus de mal que tous les précédents. 

Le marqueur, voyant que son œuvre n'était pas complète, sortit 
dans le pays et s'empara de tous les allants et venants. Il par- 
courut la région plus de vingt fois et ne s'arrêta que quand il 
eiit pris tous les habitants et que personne ne lui eut échappé. 

Et alors, conmie disent le prophète Daniel et l'apôtre Jean' : 
(( Tous les hommes reçurent le signe de cette bête sur leurs mains, 
sur leur poitrine et leur dos. » 



Des décimateiirs. 

Il envoya d'autres gouverneurs pour la dime, et ceux-ci trou- 
blèrent de nouveau la contrée. Étant entrés dans les villes, ils 
passaient dans une boutique pour voir ce qui s'y trouvait. Quand 
un homme pauvre avait pour cent zouz |de marchandises], ils en 
inscrivaient cinq cents; s'il <mi avait pour mille, ils en inscrivaient 
cinq mille. Ils passèrent dans les maisons des Syriens et des 
Arabes, et partout où il y avait du froment, de l'orge, ou d'autres 
choses de même nature, ils les consignèrent. Sans même regarder, 
ils inscrivaient : tant de milliers pour un tell Ils exigeaient un 
griba par dix r/rihé. On était d'accord avec eux à Bagdad. 

1. Cf. Apor.^ XIX. 20. 



DK DI'INYS DI-: 1 liM.MAHRl''; 125 

Si coUi (u*it coiilimu'', la ('ontr('M» eût ('té r'uiiin', car souvent 
1150] ils inscrivaient dix mille ////Ar à (lucîhju'un (|ui n'(;n possé- 
dait pas vingt; car ces calomniateurs iniques dont nous avons 
parlé plus haut avaient été leurs maîtres dans U) mal. 

Mousa lui-même les faisait appeler constamment, et ils descen- 
daient près de lui pour le renseigner sur ce qu'il y avait dans la 
ville de cliacun d'eux. Dès lors, h^s hommes comblaient le décima- 
teur de leur ville (U; présents et d'honneurs afin de lui fermer la 
bouciie. 

A cause de cette manière de faire des décimateurs, et aussi à 
cause des délateurs, les pauvres furent complètement ruinés et 
encore à peine purent-ils détourner ce fléau. 

Dès lors, ils sortirent sur les routes et les passages, et ils 
dépouillèrent quiconque allait ou venait. Ils se plaçaient en 
embuscade la nuit sur les routes, comme des voleurs, et prenaient 
le bien des hommes qui fuyaient pour éviter la dîme ou leçauphi. 
(( Nous sommes, disaient-ils, les décimateurs. » 

Comme un mal incalculable commençait à ravager tout le pays, 
et qu'il n'y avait plus ni allant ni venant sur les routes, les 
hommes descendirent se plaindre à Mousa. Celui-ci défendit de 
saisir quelqu'un en dehors de la place publique; mais à peine 
cessèrent-ils alors leurs méfaits. 

Du çauphi. 

Toute pousse qui croît après ses voisines est moins bonne que 
les premières. Or, ces rejetons s'élevaient d'une racine mauvaise et 
amère, d'une racine de colère. C'est pourquoi il est écrit : (( Leurs 
plantations viennent d'un mauvais plant. » Et encore : (( La racine 
de tous les maux, c'est ravarice\ — L'avare n'est jamais rassa- 
sié^ )) S'il possédait tout l'univers, il désirerait encore posséder ce 
qu'il ne voit pas. De môme que l'enfer et le démon [151] ne sont 
jamais rassasiés, ainsi ce fils de l'enfer et du démon n'était pas 
rassasié de tous les hommes, de leurs vignes, de leur bétail, de leurs 
champs. Ils travaillaient pour lui, et cela ne lui suffisait pas. Il 
exerça son avarice sur les routes, les montagnes, les eaux qui coulent 
dans les fleuves, et jusque sur les morts. Il remua de leur place et 
dispersa, comme le fumier à la face de la terre, les ossements de ceux 
qui reposaient dans les tombeaux depuis deux ou trois mille ans. 

1. / Tirn., vi, 10. 

2. Cf. EccL, V, 9. 



126 CHRONIQUE 

Malhf'ur à toi, Seôl! de môme que tu n'es pas rassasié des 
cadavres que chaque jour ta recueilles dans ton sein, de même 
ceux que ta as engendrés et qui sont tiens ne sont jamais rassasiés, 
jusqu'à ce que la mort ferme leur palais glouton. 

Quand ceux qui avaient été préposés au çauphi arrivèrent, ils 
occupèrent les places publiques et les rues, et arrêtèrent tous les 
passants. Ils s'emparèrent aussi des rivières, [occupèrent] lesgués^ 
pour empêcher de passer, et [interdirent] aux pêcheurs de pêcher 
du poisson. Ils mesurèrent au cordeau les places publiques du 
nord au sud et de Toricnt à l'occident : quarante coudées d'un côté 
et quarante coudées de l'autre côté. Ils envahirent beaucoup de 
maisons, de boutiques, de cours; ils confisquèrent toute boutique 
qu'ils ne trouvèrent point inscrite dans l'ancien recensement et 
contraignirent les habitants à évacuer leurs demeures. 

Et après que ce principe de tous les maux eut ainsi beaucoup 
fait souffrir les uns et les autres, la calamité cessa à peine. Ils 
mesurèrent le mur de la ville et s'emparèrent des tours et de son 
circuit, afin de satisfaire en toute manière leur cupidité et leur 
avarice. Ils envoyèrent un héraut annoncer : t( Que quiconque veut 
louer une boutique ou une tour aille trouver l'émir du çauphi. » 
Ils causèrent beaucoup de dommages aux propriétaires de celles-ci, 
et à peine revint-il à. un homme quelque chose [152] de son bien. 
Ils s'emparèrent, en outre, de tous les entrepôts où se faisait le 
commerce extérieur avec le pays. 

Comme beaucoup de gens vivaient de la pêche du poisson des 
rivières et en vendaient pour payer le tribut odieux qui leur était 
imposé, un héraut fut envoyé [pour annoncer] : « Que quiconque 
pécherait du poisson dans la rivière, ou placerait dedans des en- 
gins (?i ou des nasses (?) sans la permission du çauphi, serait puni 
de mort. » Les hommes furent ainsi empêchés de pêcher. Et si on 
parvenait à saisir un homme qui introduisît du poisson ou qui 
jetât le filet, ils le frappaient de coups jusqu'à le faire mourir et 
prenaient son bien. Ils exigeaient de celui qui voulait pêcher la 
moitié de ce qu'il pourrait prendre. Alors que la pêche était ainsi 
partout prohibée, des envoyés vinrent pour exiger des pêcheurs 
l'impôt dont ils étaient frappés. Ceux-ci l'imputèrent aux cam- 
pagnes situées sur le fleuve. La même chose eut lieu sur toutes 
les rivières. On savait où et combien chacun prenait, car ils occu- 
paient les barques des passages', et on prélevait la moitié du 
produit. 

L Pont ^tre faudrait-il traduiro : passeurs. 



DE DENYS DM ri'.IJ.-.VIAFIKK 127 

D^s lors ce fut, Tnii^oissc pour tous cl do tous cAtés. Quiconque 
échappait h la dîme cHait pris par lo çauphi, ot parfois tous les deux 
saisissaient un homme en menu; temps (|ue ceux qui reciierchaient 
les fugitifs et ne laissaient de repos à personne. 



De ceux qui l'echci'cliaieni les fuyilij's et du mnl. (qu'ils Jhisnienf. 

Cette racinode persécution' produisit un rcj(;tondans lequel, plus 
que dans tous les précédents, se trouvait un poison mortel et 
pernicieux. 

Il établit sur toute la Mésopotamie un gouverneur chargé de faire 
reconduire chacun à son pays. Quand celui-ci reçut cet ordre, il se 
disposa à causer tous les maux. [153] Il se choisit des hommes 
impies qu'on peut appeler sans les calomnier betes féroces et oiseaux 
de proie. Il les choisit et les envoya dansles villes. Il statua aussi 
combien d'or chacun lui rapporterait de chaque ville. Il établissait 
beaucoup de gouverneurs qu'il envoyait dans les villes de la Mésopo- 
tamie. Il en faisait un pour chaque ville et les envoyait dans toutes 
les villes, de sorte que dans un seul jour ou une seule semaine dix 
gouverneurs entraient dans la même ville à propos de l'exil-. 

Ils s'attaquaient aux hommes comme des betes féroces, les déchi- 
raient sans pitié, vendaient tout ce qu'ils possédaient ou le gcirdaient 
pour leur récompense. 

Ils les faisaient entrer et les enfermaient dansles maisons jusqu'à 
ce qu'ils périssent de faim. Beaucoup mouraient de faim, de froid 
et des coups dont ils les accablaient afin de leur faire donner des 
zouz; car tout ce que possédaient ces pauvres gens ne suffisait pas 
pour assouvir la cupidité de cet oiseau de proie qui s'était abattu 
sur eux. Ils ne se contentaient pas de cela, mais ils s'attaquaient 
même aux habitants du pays, alléguant comme prétexte : « Quel- 
qu'un des nôtres est chez vous. » 

Leurs exactions et leurs dépenses s'élevaient au delà de ce 
qu'ils percevaient pour la capitation et l'impôt. Quand quelqu'un 
entrait dans un village ou dans une campagne, il y trouvait plus de 

1. Mousa. 

2. Nous traduisons littéralement cette tautologie dont le sens qui n'est pas 
très clair paraît être celui-ci : A chaque gouverneur était attribuée une 
ville qu'il devait repeupler en y ramenant ceux qui s'étaient enfuis. Pour 
cela, il parcourait toutes les autres villes, afin de rechercher les fugitifs, et 
sous ce prétexte commettait toutes sortes d'exactions, non seulement sur les 
fugitifs, mais môme sur les habitants du pays. 



1:^8 cHiioNiQun 

quatre ou cinq gouverneurs. Si un homme s'enfuyait d'un village 
pour aller dans un autre, a(in d'échapper, quelle (jue fût la route 
par laquelle il s'en allât, il tombait entre les mains soitde celui qui 
recherchait les captifs, soit de ceux préposésà la capitation, soit des 
voleurs, car dès lors ceux-ci pillaient ouvertement et non plus 
seulement la nuit. Et s'il échappait à ceux-ci, les paysans eux- 
mêmes [154] lui faisaient subir tous les maux, sans craindre Dieu. 

C'est maintenant qu'il faut dire avec le prophète Moïse' : « Un feu 
s'est allumé par ma fureur, et il brûlera en bas jusqu'aux enfers. 
Il dévorera la terre et ses produits, et il brûlera les fondements des 
montagnes. J'assemblerai sur eux des maux. J'exciterai contre eux 
les dents des bétes féroces ainsi que le venin des serpents qui rampent 
sur la poussière. Au dehors le glaive les ravagera : et au dedans 
l'épouvante. » Crois-tu que le prophète parle des botes féroces et 
des serpents qui appartiennent à la race des animaux ou des vola- 
tiles? Non; mais il appelle ainsi ceux qui n'ont d'humain que 
l'apparence, puisque toute la malice de l'aspic, de la bête sauvage 
et de l'oiseau de proie se trouve dans leurs habitudes. En sorte que 
le philosophe dit : (( Je vois l'homme, mais je ne vois pas l'huma- 
nité. » Il voyait en effet l'image d'un homme. En ne voyant pas la 
conduite d'un homme, mais bien celle d'une bête sauvage et d'un 
oiseau de proie, le propliète surajoute encore et dit : « le venin des 
serpents. » 

Sache, ô homme judicieux, que toutes ces choses se trouvaient 
en eux, principalement une fureur qu'on ne pouvait calmer, mais 
qui était comme le feu. Ils n'avaient point de pitié, mais ils étaient 
comme des loups dévorants blessés par un trait. 

Les gouverneurs de la contrée étaient de ces chiens muets, qui 
ne peuvent aboyer et se -font les complices des voleurs. Ils leur 
donnaient la main pour tous les maux et toutes les iniquités, et si 
un pauvre dont le bi(Mi avait été volé venait se plaindre à eux, il 
n'obtenaitaucun soulagement, car ils étaient assourdis par l'avarice, 
et incapables de rectitude, parce qu'ils étaient sortis des voies de la 
justice. Ils s'ingéniaient à saisir tout ce qu'ils rencontraient et 
ravissaient le bien des pauvres qu'ils pillaient. [155] 

Nous ferons aussi connaître les maux qui accablèrent les Arabes ; 
car personne n'échappa à la calannté (jui survint j\ cette époque, à 
cause de nos nombreux péchés. 

1. Dent., xxxn, 2;1':4. 



DM DKNYs 1)1-: ri;i.i/-MAnRr-: 12i) 

J)u (joiirerncur pt'vpo^c. au siidAqnt nl-niâl des Ara/jcs. 

Toutos les lialiididcs d'un loup r;n);i(',(^ sout pl^Miies d(i fureur: 
d(î mciuc, louU's l('s Icndimccs H toutes U^s dénuirches de celui-ci 
étaient pleines d'oppression et de fureur. 

Il cHiiblit donc un gouverneur pour le sadâqat al-rnàl des Arab(>s. 
Celui ci fit de leurs personnes et de leurs propriétés un reccnse- 
menl analogue à celui qu'on avait fait pour les Syriens. Il inscrivit 
leurs champs, leur bétail, les produits de toute nature appartenant 
à chacun d'eux. Si quelqu'un possédait un jardin de légumes, de 
lin, ou même de pois chiehes, on l'inscrivait. 

Comme rien de tel ne se trouvait dans leurs lois ou dans les 
constitutions de leurs premiers rois, cette chose leur parut mépri- 
sable et ils ne s'en préoccupèrent pas. 

Quand il eut achevé d'inscrire tout leur bien, il s'arrêta, compta, 
et fixa le montant de l'impôt. Il estima l'acre à vingt-quatre 
zouz. 11 fixa la dîme à percevoir des chèvres, des moutons, des 
bœufs et des autres produits au taux élevé qui lui plut. De môme 
pour le blé. Il ne leur laissa rien sans le recenser : ni les abeilles, 
ni les pigeons, ni les poules. Et s'il se trouvait dans les terres d'un 
Arabe un champ ensemencé de pois chiehes, ils l'inscrivaient 
comme un champ de froment ou d'orge, ou comme jardin. 

Quand ils eurent réglé l'impôt, et taxé chacun selon son bien, 
alors arrivèrent des gens de 'Aqoula et de Boçra, plus méchants que 
la vipère, des gens violents, impies, sans miséricorde, qui ne 
craignaient point le jugement de Dieu, qui ne respectaient point 
les vieillards, [156] n'avaient point pitié des veuves et dépouillaient 
les orphelins. De telles gens vinrent percevoir l'impôt. Dès lors on ne 
voyait plus qu'arrestation et emprisonnement d'hommes honorables 
et de vieillards. Ils les accablaient de coups et de tourments de tous 
genres. Ils suspendaient à une corde, par un bras, des hommes 
lourds et corpulents, jusqu'à ce qu'ils fussent près de mourir. 

En théorie, ils devaient prendre le dixième; mais [de fait] quand 
les Arabes vendaient tout ce qu'ils possédaient, ils ne parvenaient 
pas à réunir ce qu'on leur demandait. Ils essayaient de leur per- 
suader de prendre suivant la loi établie par Mohammed, leur chef et 
législateur, et par les premiers rois, c'est- à-dire de prendre à chacun 
selon ce qu'il possédait, du blé à celui qui avait du blé, du bétail à 
celui qui avait du bétail. Mais ils n'y consentaient point et leur 
disaient: « Allez- vous-en. Vendez votre bien comme vous l'en- 
tendrez, et donnez-nous de l'or. )) 



130 CHRONIQUE 

En vérité ici le méchant fut puni par le méchant. Il y a une 
parole profane qui dit que les maléfices sont vaincus par les malé- 
fices, et les drogues' par d'autres drogues rjui sont plus amères et 
plus violentes que les aspics. 

Ces Arabes pénétraient, comme lever dans le bois, au milieu de 
ces malheureux paysans, et prenaient leurs terres, leurs maisons, 
leurs semences et leur bétail, de sorte qu'ils étaient sur le point de les 
prendre eux-mêmes ainsi que leurs enfants, comme esclaves; en tout 
ce qu'ils possédaient, ces paysans travaillaient pour- eux comme 
des esclaves. Ils ne trouvaient aucune sécurité près du serpent 
tortueux, c'est-à-dire près de Mousa Ibn Moug'ab, qui mit en œuvre 
toutes ses ruses pour les perdre. 

On n'entendait parler de tous côtés que de coups et de cruels 
supplices, [157] et parfois, de plus, les Arabes firent périr les 
paysans qui habitaient dans leurs terres, car ils les imposaient et 
les forçaient à payer avec eux, jusqu'à ce qu'ils les eussent ruinés et 
qu'ils se fussent emparés de tout ce qu'ils possédaient. Ils s'en- 
fuirent de leurs demeures. Comme c'était le début de la calamité 
et le commencement de la dévastation, et qu'il y avait encore des 
ressources suffisantes, ils ne furent pas absolument réduits à périr; 
mais ces gouverneurs pervers ne se rassasiaient pas non plus. Ils 
estimèrent un acre à vingt-quatre zouz; trente bœufs pour une génisse 
de choix, et chaque génisse à douze zouz; quarante boeufs pour 
une vache, et chaque vache à vingt-quatre zouz, alors qu'au marché 
elle n'en valait pas quatre; ils taxèrent chaque ruche d'abeilles à 
un zouz. 

Leur malice ne s'en tint pas là et ne cessa pas pour cela- Ils 
taxèrent tous les autres revenus, un à un, selon leur gré. 

Comme ils traitaient les habitants sans pitié et sans respect pour 
les vieillards et les hommes honorables qui étaient parmi eux, 
quelques-uns descendirent près de Mousa pour se plaindre et les 
accuser. Celui-ci leur fit remise de douze mille [dinars]. Mais 
comme il est écrit : « Le méchant ne peut devenir bon*; et si 
par hasard il devient bon, c'est parce qu'il s'oublie, » ainsi celui-ci 
s'oublia, en faisant le bien; mais il rentra en lui-même et leur 
réclama de nouveau ces douze mille [dinars]. C'est chose difficile, 
en effet, que le fiel devienne doux, et que les épines produisent des 
dattes. 

Et parce que toute cette sordide fureur qui fondit sur les hommes 

1. Litt. : Les thériaques. 
îi. Cf. Eccl<j.,u 15. 



i)i-; i)i;nys di; i i;i,i,~.M.\nFn': 131 

dans hi perception de 1m, capil.'ition a dur»'' longl(;rnj)s, qu<i jxt- 
somic. mes livics, \\o hlfimc IVuMMwiiii s'il piisso sous silence; le 
YôvÀi (le la plupart des maux qui s'ab.'itlircMit sur nous; [158] car, 
si tous les hommes devcmaient ehronicjUi'urs, si tout le bois était 
chan^^é en ealames, et tout le vin en encre, ils resteraient encore (;n 
de(;à de la. lin des maux qui acca,l)lèrent la région, et ne sufliraient 
pas pour ('criri^ et raconter ce qui ai ri \ a dans la contrée. 

Nous passons donc maintenant à d'autres choses, afin d'en laisser 
quelque souvenir à ceux qui viendront après nous dans le monde. 



J)e ce signe qui s'était montré précédemment dans ta région 
du NoM et apparut de nouveau en cette année. 

Dieu parla autrefois par ses prophètes à la nation rebelle; à la 
fin il a parlé par son Fils chéri à tous les enfants d'Adam' ; et 
maintenant à nous, enfants de colère, qui ayant les paroles des 
prophètes, les promesses que le Sauveur a faites à son Église, les 
avertissements des Apôtres, avons endurci nos cœurs, clos nos 
yeux, fermé nos oreilles, pour ne point voir de nos yeux, ni entendre 
de nos oreilles, ni comprendre dans nos cœurs les paroles vivi- 
fiantes de noire Sauveur, afin de nous convertir de notre malice et 
de vivre, il nous a montré dans le ciel des signes qui manifestaient 
ses menaces contre le peuple incrédule qui les voyait. Il attestait 
aux hommes prudents la grandeur de notre malice et la colère de 
sa justice qui nous menaçait. 

Le signe qui était apparu l'année précédente dans la région 
septentrionale apparut de nouveau cette année, au mois de Haziran 
[juin], un vendredi; car, pendant les trois années consécutives où il 
se montra, il apparut un vendredi. 11 s'étendait depuis l'Orient 
jusqu'à l'Occident. Lorsqu'on se mettait à l'observer, il prenait 
divers aspects; quand un rayon rouge disparaissait il s'en levait 
un vert, [159] quand le vert disparaissait le jaune se levait, quand 
celui-ci disparaissait, le noir se levait. 

Il signifiait que la terre n'aurait pas qu'une calamité à supporter, 
mais qu'elles se succéderaient les unes aux autres, comme il nous 
arriva réellement. 

L'aspect de ce signe était tel qu'il a été indiqué plus haut'. 



1. Cf. Hehr., I, 1, 2. 

2. Cf. page 112. 



132 CHRONIQUE 



De la perception de V impôt de capitation en cette première 

année de calamité. 



« mon peuple, entre dans tes chambres, ferme tes portes sur 
toi et sur tes enfants, et reste tranquille jusqu'à ce que mon indi- 
gnation soit passéeV » Le même prophète dit encore*: « Ne crains 
pas Assur, ô mon peuple, lorsqu'il te frappera de son bâton ; car 
encore un peu, et ma fureur sera achevée. » Et, en considérant 
d'un œil prophétique ce temps malheureux, la ruine du peuple, 
des prêtres, du temple saint, et la disparition de la joie parmi les 
hommes, un autre prophète s'écrie et dit^ : « Kevétez-vous de sacs, 
tressaillez et lamentez-vous, ministres de l'autel; entrez, couchez 
sur les sacs, ministres de mon Dieu; car le sacrifice et la libation 
ont disparu de la maison de votre Dieu. Sanctifiez le jeûne, appelez 
l'assemblée; que les anciens et que tous les habitants de la terre se 
réunissent dans la maison du Seigneur votre Dieu; criez vers lui 
et dites : A.h, ah, jour ! Car le jour du Seigneur est proche et la 
dévastation de Dieu viendra. » 

Voici que devant nos yeux les mets ont disparu de la maison 
de notre Dieu, ainsi que la joie et l'allégresse. La joie et l'allé- 
gresse ont disparu d'entre les hommes; les dimanches et les fêtes 
ont cessé; le sacrifice et la libation n'ont plus lieu sur le saint 
autel; nos fêtes ont été changées en deuil, notre joie en tristesse, 
notre allégresse en angoisse. « En ce jour, dit Isaïe*, le Seigneur 
humiliera les plus nobles des filles de Sion [160] et le Seigneur 
mettra leurs formes à découvert. )) Au jour indiqué, le Seigneur 
enlèvera la gloire des filles de la sainte Eglise, et aux femmes 
nobles leurs vêtements, leurs ornements, leurs couronnes, les dia- 
dèmes de leurs cheveux, les parures de leurs fronts, les ornements 
de leurs visages, leurs pendants d'oreilles, leurs colliers, leurs bra- 
celets de toute sorte, leurs soieries, leurs tuniques, leurs voiles, leurs 
vêtements fins, leur pourpre, leurs robes, leurs étotTes violettes et 
écarlates et toule la parure de leurs ornements. Et elles auront du 
vinaigre au lieu d'un parfum suave, au lieu de ceinture des chaînes, 
au lieu d'une chevelure frisée la calvitie, au lieu d'étoffes violettes la 



1. I8., XXVI, 20. 

2. Cf. Is., X, 24-25. 

3. JoKi., I, 13-15. 

4. Cf. Is.. m, 17-24. 



i)i-; ih:nys dk Tia.L-MAi.iiii': 133 

bure (4 (les haillons. l'Ulcs circiih'ront, avec, leurs filles do villapjo on 
villag(%do maison (mi maison, all'anK'cs, dopouillé(;s, languissantes. 

Vonous-en mainUMiant à l'êpoquo [iiidi(|ué(;] ot montrons ce qui 
s*est passé. 

D'abord survint un gouverneur pour percevoir la capitation. Il 
proclama la paix et dit : « Restez en paix et ne craignez point. Je 
viens percevoir le nouveau cens et je ne prendrai pas un district 
pour un autre, ni un village pour un autre, ni un homme pour un 
autre. » Ils pensèrent que la vérité était sur sa langue. Ils le 
crurent et ils restèrent. « Ses paroles sont plus douces que le miel 
et ce sont des dards ' . » 

Or, il prit la capitation et la fit percevoir de chacun dans son 
village. Il leur envoya de nombreux gouverneurs, et établit dans 
chaque village deux ou trois préfets qui établirent à leur tour un 
intendant par dix hommes, et deux chefs de district pour chaque 
district, avec plusieurs auxiliaires." Ainsi ils sortirent comme des 
loups dévorants qui tombent sur un troupeau de moutons. Les 
routes étaient pleines de courriers qui allaient et venaient, rapides 
comme réclair. De sorte que s'il y avait |161] dans un village dix ou 
vingt exactcurs, ou bien il fallait leur donner ce qu'ils deman- 
daient, ou bien ils éventraientles sacs et prenaientce qu'ils voulaient: 
et il n'y avait personne pour leur en demander compte. Ils pillèrent 
et dépouillèrent les veuves et les orphelins. Ils emmenèrent tout le 
bétail et le vendirent. Les paysans eux-mêmes maltraitèrent les 
pauvres qui se trouvaient parmi eux. 

On paya le premier tiers ^ : et il n'était pas encore soldé com- 
plètement lorsque arriva un autre gouverneur qui congédia le pre- 
mier et demanda le second tiers. Mais celui qui avait exiû:é et 
fait payer le premier tiers, demandait audacieusement et sans 
pudeur à être indemnisé de ses dépenses. Il perçut ainsi et s'en 
alla (( comme le vent qui va et ne revient pas^ », alors qu'on 
croyait à son retour. Si quelqu'un dit que dans [la perception de] 
ce premier tiers, les envoyés perçurent un autre tiers [par leurs 
exactions], il ne se trompe pas; sans parler du brigandage du gou- 
verneur, des chefs de district et des préfets. 



1. Cf. Ps. Lv,21. 

2. La perception de l'impôt était, à ce qu'il semble, répartie en trois termes. 

3. Cf. ÉzECH., I, 12. 



134 CHRONIQUE 



Du second fjoucerneur. 

Celui-ci fut un homme rusé et astucieux, rapace, avare, compa- 
gnon des voleurs, de sorte que manifestement et sans pudeur, 
il était avide de prendre le bien des gens. Quand quelqu'un venait 
le trouver pour obtenir justice, il s'attribuait et prenait tout ce 
qu'il faisait rendre au voleur. Ses paroles étaient alléchantes 
comme le miel, et à la fin elles étaient pires que l'absinthe et le 
fi(4. Il se choisit pour courir devant lui, des hommes qui avaient 
banni la crainte de Dieu de devant leurs yeux, et les envoya 
comme des loups, dans le pays. [162] 

Il prescrivit aux préfets de percevoir d'abord la part de l'émir 
quand ils feraient la perception. Quand les chefs de district et les 
gouverneurs entraient dans un village, ils saisissaient le préfet de 
l'endroit et lui faisaient apporter tout ce qu'il avait perçu. Ils 
perçaient le sac et en prenaient ce qu'ils voulaient en disant : 
(( Ceci est la part de l'émir. » Ils frappaient sans pitié des hommes 
honorables et des vieillards aux cheveux blancs. On n'entendait 
plus dès lors de tous côtés qu'un cri lamentable. 

Il prétait aussi la main à tous les gouverneurs chargés de 
rechercher les fugitifs : car il était complice de leur brigandage. Il 
les envoya jusqu'aux frontières extrêmes et les chargea [de per- 
cevoir] un triple ou un quadruple droit de capitation. Il s'ingénia 
à faire subir au peuple de Dieu toutes sortes de maux cruels. 

Les grands de la ville eux-mêmes lui donnaient la main, parce 
qu'il leur promettait de grandes choses. Partout il exigeait le tribut 
pour lui-même et non pour le trésor royal. 

Les maux se multiplièrent sur la contrée : l'exil, les exacteurs 
qui réclamaient ce qui était dû par un honmie mort depuis vingt 
ans, et prenaient sans miséricorde plusieurs (ois le même impôt; 
bien des maux encore, [tels que] les taxes exagérées, et d'autres 
qu'il est impossible d'énumérer à cause de leur grande multitude. 

Cet homme était enclin <'iu mal. On n'avait pas encore perçu le 
premier et le second tiers, quand ce pervers fit faire un état de 
la totalité du pays des Arabes et des Syriens. Personne n'en eut 
connaissance, excepté (pielques-uns de ceux qui étaient aussi 
pervers que lui, et qui [)arlicipaient à ses rapines. Il écrivit dans 
ce livre : « Nous nous contentons dans notre bonne volonté décent 
vingt mille [dinars]. Nous n'admettons ni privilège, ni absence, ni 
réclamation (?) » Il écrivit aussi dans ce même livre [163] le nom 



Dl-: DKNYS DM ri':i,I.-.MAl.llM': 135 

et le bi(Mi de rhaque chef d(». village, et il envoya le livre au prin- 
cipe de tous les maux, à Ibn Mour'ab. J(î suppose que tout ee mal 
provenait do ee prineipe : car tous les gouverneurs qu'il avait 
établis faisaient la môme cbose. 

Le gouverneur rerut un oïdie lui prescrivant de descendre, 
avec les notables du- pays, près de Mousa. Il rassembla donc 
les notables et les envoya près de celui-ci. 11 conclut en môme 
temps un pacte avec ceux de la ville qui descendaient, leur promet- 
tant de belles choses pour qu'ils fissent son éloge en présence de 
Mousa, quand ils seraient descendus. Il leur donna môme les frais 
du voyage. Mais ce dessein n'échappa pas aux habitants de la cam- 
pagne et dès lors ils devinrent mutuellement adversaires et enne- 
mis. Et ainsi pendant toute la route, ils se disputèrent entre eux; 
car les habitants de la ville l'aimaient et ceux de la campagne en 
demandaient un autre. A la fin, le parti des paysans l'emporta sur 
celui des citadins, surtout quand ceux-ci eurent appris le mal qui 
les menaçait par cet état de la fortune qu'il avait dressé et envoyé 
à Ibn Mouç^ab. Ils cessèrent de le demander et en amenèrent un 
autre qui fit avec eux une convention pour soixante-dix mille 
[dinars] et se mit en route. 



Du troisième gouverneur. 

Celui-ci fut le complément de la trinité de colère. Il fut plus 
mauvais que ses compagnons : car il était poussé sur une racine 
mauvaise où il avait puisé la force et l'habileté pour tous les maux. 
Et s'il n'ajouta point aux maux causés par ses prédécesseurs, il ne 
les diminua en rien. Il fut, comme ses compagnons, voleur et 
associé de voleurs. Il fit subir aux pauvres toute sorte de maux 
et de calamités. [164] Il s'empara de leur bien et fit vendre tout ce 
qu'ils possédaient. Il répandit l'injustice sur beaucoup de gens. 
Car ils s'emparaient d'un pauvre et le faisaient périr par divers 
supplices. Quand ils savaient qu'il ne pouvait rien donner parce 
qu'il ne possédaitrien,cesgouverneursqui étaient des juges iniques, 
lui disaient : « Sors sur la place publique, observe quelqu'un que 
lu saches posséder quelque chose et dis : J'ai déposé mon bien chez 
cet homme, ou encore : Il est mon débiteur. » Et ce malheureux, 
opprimé à droite et à gauche, par devant et par derrière, en haut et 
en bas, était poussé par la crainte de Dieu à ne pas porter un témoi- 
gnage inique contre cet homme, et il était empêché de s'en abstenir 
par les supplices que lui infligeaient ces juges impies. Et alors il 



136 CHRONIQUE 

prenait Dieu à témoin qu'il était contraint de faire ces choses, et que 
ce n'était pas de sa propre volonté qu'il était conduit à porter un 
témoignage inique contre ceux qu'il n'avait jamais vus ou qu'il 
ne connaissait pas. Kt que dire à ce sujet, si ce n'est qu'il préférait 
le mal au bien et le mensonge aux paroles de justice ; et qu'en vérité 
ces juges aimaient ceux qui tiennent des discours mensongers, que 
les langues trompeuses leur étaient plus agréables que celles qui 
disent la vérité, que tous prononçaient l'injustice, que leurs mains 
trempaient dans toutes les œuvres iniques? S'il se trouvait un 
homme qui ne connaissait pas et ne pratiquait pas l'impiété, ils lui 
enseignaient toute sorte de voies détestables. 

Cet impie alla dans toutes les villes montrant bien qu'il avait 
pris racine sur Mousa. Il réunit toutes les chèvres, les moutons, 
les bœufs, tout le bien des pauvres gens. Il vendait deux 
chèvres pleines pour un zouz, deux ou trois brebis pour un zouz, 
cinq boucs pour un zouz, un ane pour deux zouz, un bœuf de 
labour pour trois zouz, une vache [1651 forte et prête à mettre bas 
pour trois ou quatre zouz. Le froment s'étiolait et périssait dans les 
champs à cause de la sécheresse dont nous parlerons. Les hommes 
se tendaient mutuellement des embûches. Toutes les langues étaient 
remplies de fausseté, tous marchaient dans le mensonge. 

Jérémie contemplait ces choses d'un œil prophétique lorsqu'il 
disait^ ; « Que l'homme se garde de son voisin, qu'il ne se fie 
aucunement à son frère, car tout frère cherche à supplanter [son 
frère], tout ami marche dans la fraude. L'homme trompe son pro- 
chain ; ils ne disent point la vérité, ils ont dressé leur langue à dire 
lo mensonge, et pour cela ils sont surexcités et fatigués. » 

Parce qu'ils étaient réunis pour la fraude et y persistaient, à 
cause de leur iniquité, ils ne connurent point le Seigneur. Tous 
étaient fourbes, tous étaient pleins de perversité; tous couraient 
dans le mal; il n'y avait personne qui fit le bien. Ils ont erré tous 
ensemble. Ils ont été répudiés, car leurs chefs allaient de malice 
en malice et couraient d'iniquité en iniquité. Ils dépouillaient et 
pillaient les pauvres qui étaient parmi eux comme des ngneaux tom- 
bés au miliiMi des loups; ils leur Tirent subir toute sorte de maux 
et vendirent leur bien qui suflit à peine pour payer la capitation, 
sans parler des autres calamités qu'ils eurent à souffrir : [de la part] 
de ceux qui recherchaient les exilés, de ceux qui enlevaient le 
béta.il ', [des préposés] à la dîme, au çauphi, au ta'dil. Quiconque 

1. JÉR., IX, 4-5. 

îi- ^ * ou Ja;l ^, enclos où l'on attache les bestiaux, établc. Ce sens 



DK DI'NYS \)i: TKl.I.M M.llîl': 137 

se trouvait plus iin[)osô par le nomcaii t.iMil devait payer selon le 
nouveau; (•.elui (|ui se (louvail, moins iniposi'' devait payer s(ilon 
ranci(Mi. l)es()ite(|ue delous côtés c'élail ro[)pi'Cssi()n vÀ ramertunie. 

De la connention ^ dn ccHe année. 

Nous ii'ons da maux en maux. Celui (^ui échappera à l'un sera 
saisi [166J par un autre pire que le premier. Les exacteurs, persua- 
dés que personne ne leur en demanderait compte, taillaient et impo- 
saient les gens sans pitié ni miséricorde. Les chefs des villages 
étaient eux-mêmes compagnons des voleurs et pires que ceux-ci. 

Ils avaient recueilli les soixante-dix mille [dinars^, mais ils 
exigèrent sans pitié trois fois autant. Ils disaient : « Tel village est 
ruiné et ne peut être imposé, )) et ils demandaient de nouveau ce 
qu'ils avaient tiré de ce village, et le dévoraient de concert avec les 
chefs. 

Quand ils sortirent pour percevoir le tribut, après avoir statué 
ce qui incombait à chacun, tous les pauvres furent livrés au 
pillage. Ils prirent le bien des riches qui se trouvait dans leurs 
campagnes, et il ne resta rien à aucun d'entre eux. S'il se trouvait 
que quelqu'un possédant du bétail était d'un autre village, ils ne 
lui laissaient rien, prenaient et vendaient tout. 

Ils se jetèrent aussi sur les passants. Us saisissaient quiconque al- 
lait ou venait, prenaient son bétail et son bien et le vendaient. Sept 
brigands sortaient ensemble et formaient une troupe à l'instar de 
l'émir. Ils prenaient ouvertement le bien de tous ceux qu'ils ren- 
contraient, en disant : « Nous exigeons ta contribution. » — Dès 
lors on n'entendait plus de toute part que le cri des lamentations. 
Si quelqu'un s'enfuyait du village, ils le dépouillaient sur la route. S'il 
échappait sans être dépouillé sur la route, le village mêmeoù ilcou- 
raitchercher un refuge remplissait àson égard l'office des brigands, 
des assassins, des détrousseurs de chemins. Si quelqu'un sortait 
dans le désert, les voleurs arrivaient à sa rencontre comme des 
lions; s'il circulait dans le pays habité, il en trouvait d'autres 
semblables à des loups. S'il entrait dans un village, les paysans le 
mordaient comme des serpents; s'il allait près des notables pour 
trouver du secours, [167] ils remplissaient vis-à-vis de lui l'office de 

paraît indiqué par ce qu'on dit plus bas de l'enlèvement du bétail. Cfr. 
p. 194. 

1. C'est-à-dire : la fixation de l'impôt. 

2. Cf. ci-dessus, p. 135. 



138 CHRONIQUE 

scorpions, et le dépouillaient. Le préfet' le traitait trois fois plus 
mal que le gouverneur ou le voleur, il exigeait trois fois plus 
qu'il ne devait. On disait à l'autorité' : (( Cet homme doit tant, » 
et on le frappait à mort en disant : « Paie. » Et personne ne 
demandait compte au préfet de son brigandage. 

De misérables gens d'entre les Arabes et les Syriens sortaient 
dans les environs de la ville, sur les routes ou dans les moulins, 
et s'emparaient des pauvres. Ils leur disaient : (( Venez, voici que 
l'émir vous demande. Venez payer votre contribution. )) Et ils 
dépouillaient et dévalisaient complètement tout le monde. Chacun 
s'enfuyait des environs de la ville comme d'une fosse pleine de 
serpents. 

Les pauvres eurent encore à soufïrir d'une autre calamité. 
Quand étaient venus les marqueurs, ils s'étaient enfuis et avaient 
cherché un refuge près des préfets et des chefs de district, et comme 
ils craignaient les exacteurs et ceux qui recherchaient les 
exilés, ils leur demandèrent à se mettre sous leur protection. Or, 
quand eut lieu la répartition, les préfets les imposèrent et remplirent 
à leur égard l'office des exacteurs et de ceux qui recherchaient les 
exilés. Quelqu'un qui n'était jamais entré dans le village était taxé 
pour trente ou quarante [dinars]. 

A Édesse, plus que dans toute autre ville, les notables eurent à 
soufïrir d(^ cette répartition. On avait établi sur eux un homme cruel 
nommé Razin. Quand il avait pris et jugé un pauvre qu'il savait ne 
rien posséder, il le faisait accompagner de doux gardes et lui disait : 
(( Sors sur la placcpublique, cherche quelqu'un et dis-lui : Réponds 
pour moi ; puis prends la fuite. » Celui-ci consentait à cela, des- 
cendaitsur la place et abordait quelqu'un. Alors [les gardes] le lais- 
saients'enfuirets'emparaientdel'homme; ei[168] sans que celui-ci 
eûtditun mot, ils l'entraînaientet leconduisaient àl'émir. (( Tu as 
répondu pour celui-là, disaient-ils, donne ce qu'il doit. » L'autre 

1. Ce mot parait désigner en divers passages les cheïks des villages, mais 
il semble qu'il s'agit ici du collecteur local des impôts, 

2. C'esi-à-dire. h ce, qti'il semble, au chef de l'escouade de soldais mise à 
la disposition du collecteur d'impôts comme cela se pratique encore actuel- 
lement en rurcjuic. J'ai été témoin, en 1802, de faits de ce genre à Gifné, 
en Palestine. Un paysan qui faisait diffieultè de solder la somme qu'on exi- 
geait de lui fut saisi sur l'ordre du fermier des impôts j^ar trois soldats. I/un 
le tenait par la barbe, l'autre par les pieds et le troisième le frappait violem- 
ment sur 1».' dos, jus(|u'à ce (juc le malheureux se deciilài à aller (>mprunter 
à un taux exorbitant, chez un juif du voisinage, la somme demandée, qui 
dépassait de beaucoup, m'assurait une personne digne de foi, la totalité de 
sa récolte très médiocre en cette année. 



1)1-: [)I<:nys di-: tkli-m \mn'; 130 

jurait: « Je n'ai pas n^pondn pour lui ; je iw- Ir ronii.'iis pas m^nie. » 
Mais ils lui niottainul, des (Uilravcs aux pifuls au point quo sos 
jaujl)os (UaicMit brisées, o\ nu le lâehaicuit pas avant (|u'il chi apport('3 
la soîTime fixc'C. 

« Il arrivera en ce joui' du sacrifice du Seigneui- (pu; je visiterai les 
princes, les fils d(>s rois, et tous ceux ((ui so cou v nuit d(; vêtements 
étrangers. Je visiliMai en ce jour-là. tous l(»s pillards et, les voleurs 
qui remplissaient leurs celliers de rapine et de fraude \ » Voilà ce 
que nous a appris le proph-Me Sophonie (jui parle « du jour du 
sacrifice du Seigneur ». Quel est le jour du sacrifice du Seigneur, 
sinon celui de la sainte Passion de notre Sauveur, époque à laquelle 
toutes les années de calamité nous accablaient de maux, au point 
que les fêtes étaient converties en deuil? Mt quels princes, quels fils 
de rois, quels voleurs, quels pillards remplissaient leurs maisons 
par la fraude et le pillage des pauvres, des orpbelins et des veuves 
plus que les Kdesscnicns? Maintenant les choses écrites ont été ac- 
complies. Leur sagesse et leur intelligence a péri ; ils ont recherché 
une seule chose avec leur sagesse et ne l'ont pas trouvée. « Je per- 
drai la sagesse^ des sages et je ferai disparaître leur prudence '. 
Alors leur bien sera livré à la déprédation, et leurs demeures à la 
destruction. Ils bâtiront des maisons et ne les habiteront point; ils 
planteront des vignes et ne boiront pas de vin. Le jour du Seigneur 
est proche, il s'avance rapidement. .Jour amer et cruel, jour de 
colère, de lamentation, d'angoisse, de calamité, de ruine, de ténè- 
bres, d'obscurité, sur les villes fortes et les retraites élevées. Les 
hommes seront opprimés et ils marcheront comme des aveugles, 
car ils ont péché contre le Seigneur ''. [169] — Cela leur arrivera à 
cause de leur orgueil ''. » Tout cela est arrivé ; rien n'a été atténué. 
Le monde entier ne suffirait pas à écrire les nombreux maux que 
les pauvres ont eu à supporter. Leurs exactions ne connaissaient 
ni commencement ni fin, et ils n'étaient point rassasiés du butin 
qu'ils avaient pillé. 

Sur son ordre, tout le peuple fut rassemblé et enfermé dans une 
église de la ville. 



1. SOPHON., I, 8, 9. 

2. Le texte porte : « sottise » mais par transposition fautive du cao. Cf. la 
préface du texte syriaque. 

.3. Cf. Is., XXIX, 14; / Cor., i, 19. 

4. SoPiioN., 1, 13, 15, 17. 

5. SoPHON., II, 10. 



140 CHRONIQUE 



De V emprisonnement dans une église qui eut lieu en cette année. 

« Jérusalem a commis lo péché, c'est pourquoi elle a été trans- 
formée; tous ceux qui l'honoraient l'ont méprisée, parce qu'ils ont 
vu son ignominie; elle a gérai et tourné ses regards en arrière. 
L'oppresseur a étendu la main sur tous ses objets précieux; elle a 
vu les nations entrer dans ton sanctuaire, alors que tu avais prescrit 
qu'elles n'entrassent pas dans l'assemblée. Le Seigneur a oublié son 
sanctuaire, il a répudié son autel, il a livré aux mains de l'ennemi 
les murs de ses tours. Celui-ci a élevé la voix dans la maison du 
Seigneur comme en un jour de fête ; il a arraché sa tente, comme 
un jardin ; il a détruit ses solennités. Le Seigneur a fait disparaître 
de Sion ses fêtes et ses dimanches (sic) ; il a répudié dans l'ardeur 
de sa colère le roi et les prêtres \ » 

Qu'il vienne maintenant, le prophète Jérémie, et qu'il considère 
de ses yeux toutes les choses qu'il a prophétisées : elles ont reçu 
de fait leur accomplissement. 

Quand l'inique gouverneur^ leur ordonna de se rassembler et 
décréta que quiconque cacherait un homme serait puni de mort, 
des satellites sortirent pour réunir tout le peuple de la ville. 
Ils firent des perquisitions dans les maisons et contraignirent tout 
le monde d'entrer dans l'église : riches et pauvres. Si le maître de 
la maison étaitabsent, ils faisaient descendre sa famille. S'ils trou- 
vaient un homme caché, ils le tuaient en le frappant [170] ainsi que 
le maître de la maison dans laquelle il était caché, et ils vendaient 
tout ce qu'il possédait. Ainsi ils furent tous enfermés, Arabes et 
Syriens, depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Ces impies mon- 
tèrent et siégèrent au milieu du sanctuaire. Ils s'emparèrent de 
quiconque avait la réputation de posséder une obole et la lui 
enlevèrent. [Ces malheureux] obéraient même leur bien et celui de 
leurs femmes, pour payer ce qu'ils ne devaient pas; car on leur 
disait : (( Tu dois payer pour tel village. » 

L'iniquité a levé la tête parce que la vérité a péri. Le mensonge 
s'étale au grand jour parce que la justice n'estplus. II fit donc subir 
aux hommes tous les maux. Il vendit tout ce qu'ils possédaient et 
s'en attribua le prix. Ils souillèrent l'intérieur de l'église, parce que 
tous, hommes et femmes, y déposèrent leurs excréments, car ils y 
restèrent trois jours et trois nuits. Ils la dévastèrent, et il s'éleva 

1. Thrcn., i. 8, 10; ii, 7, 6. 

2. Razin. 



1)1-: DMNYS i)i<: TFM-MAnm': 141 

civile une odeur de putrénielioii ;iu lieu du piirluni aj^réiihle. C'est 
ici que les gentils sont entrés dans l'IiéritMge de Dieu, qu'ils ont 
souillé le leniplesîiint,qu'ilsont converii en latrines répçlis(; sainte'. 

Les marchands et ceux qui a\;nent fourni la sonniK? totale 
demandèrent aux paysans de leur écrire une reconnaissance; mais 
aucun n'y consentit. Les premiers se plaignircMit vivement au gou- 
verneur inique qui dit aux [)aysans : « Lcrivez-leur, si vous vouh^z. » 
Et ainsi ceux qui voulun^nl bien écrivirent, et ceux qui ne voulurent 
pas n'écrivirent pas. D'ailleurs, ce qui fut éciit ne servit à rien, 
car il parut un édit et un héraut pul)lia : (( (^u(^ personne n'ait à 
payer, que personne n'ait à réclamer une dette ancienne ou 
récente. )) 

Alors les marchands et les habitants de la ville qui avaient été 
traités injustement descendirent près de Mousa Ibn Mouc'ab pour 
se plaindre de l'injustice dont ils avaient été victimes. Mais ils 
étaient dans l'erreur et l'aberration de l'esprit : car ils demandaient 
justice à un homme inique, et ils pensaient que tout cela ne venait 
pas de celui-ci. Non seulement il ne leur rendit pas leur bien, [171 J 
mais il s'emporta contre le gouverneur parce qu'il n'avait pas 
demandé trois fois plus. 

Ibn Mouç'ab descendit près du roi à Bagdad. Tout le peuple de la 
région de Mossoul et de la Mésopotamie se réunit pour descendre 
à sa suite près du roi. Ils étaient là des milliers et des myriades, 
qui se lamentèrent et déplorèrent devant le prince, pendant plus 
de cinq ou six mois, l'injustice dont ils avaient été victimes de la 
partd'Ibn Mouç'ab. Personne ne trouva de secours, mais ils furent 
pris du mal des entrailles et de diverses maladies, et il n'en re- 
monta pas la moitié. Ils revinrent de là sans avoir fait autre chose 
que du mal à eux-mêmes et à leurs contrées. « Quand le roi est 
inique, tous ses ministres sont iniques \ » 



Des dicer^s supplices que les hommes eurent à subir à cette époque. 

Ce n'est pas une folie que de placer cela dans ce récit lamentable. 
Peut-être ceux qui viendront après nous, en voyant notre châtiment, 
craindront-ils le Seigneur? Il est écrit : « L'insensé est puni et le 
sage se corrigea — Voici que je nourrirai ce peuple d'absinthe, et 

1. Cf. Ps. LXXIX, 1. 

2. Cf. Proo., XXIX, 12. 

3. Cf. Proc, XIX, 25. 



142 CHROiNIQUE 

je lui donnerai à boire des eauxanières ; je les disperserai au milieu 
de nations qu'ils ne connaissaient point ^ » — En vérité « il a placé 
la tribulation sur nos épaules ■ » par le moyen des bâtons avec les- 
quels ils frappaient des coups nombreux et mortels. — Il a fait 
monter un homme sur notre tête'. Les hommes cruels ont exercé 
leur cruauté sur notre dos, ils ont prolongé leur iniquité*. Les 
Assyriens sont venus sur nous portant dans leurs mains la verge de 
colère et des lances solides avec lesquelles ils donnent les coups du 
Seigneur'. Les prophètes ont annoncé ces choses d'avance, et nous, 
nous en avons vu la réalisation sous nos yeux, nous l'avons touchée 
de nos mains, sentie sur notre corps. Maintenant nous n'en avons 
plus l'audition, mais bien la sensation. [172J 

D'abord ils se fabriquaient des bois larges de quatre doigts et 
plats des deux côtés, puis ils étendaient un homme le visage 
contre terre, et ils se plaçaient un sur sa tète, un autre sur ses pieds, 
tandis qu'un troisième frappait sans pitié sur ses cuisses, comme 
sur une peau. Kt alors fut accomplie [cette prophétie]: a Ils ont 
placé la tribulation sur nos épaules, » et celle-ci : u Tu as fait monter 
des hommes sur notre tète^ » 

En second lieu, ils apportaient deux bâtons, les serraient d'un 
bout avec des fers, et les appliquaient aux cuisses d'un individu, un 
par-dessus et l'autre par-dessous, puis un homme robuste se 
plaçait à l'autre extrémité, jusqu'à ce que les cuisses fussent 
brisées. Et ainsi fut accomplie [cette parole] : « Il a placé mes 
pieds dans des entraves \ » 

En troisième lieu, ils les suspendaient par les bras, jusqu'à ce 
que leurs membres se disloquassent, et même les femmes par leurs 
mamelles, jusqu'à ce qu'elles s'arrachassent. 

En quatrième lieu, ils les dépouillaient de leurs vêtements, les 
chargeaient de pierres et les plongeaient ainsi dans la neige et dans 
la glace. Ils versaient aussi sur eux de l'eau froide jusqu'à ce qu'ils 
devinssent inertes et tombassent la face contre terre. 

Cinquièmement, ils prenaient cinq bois, ils les fendaient tous 
par un bout, faisaient entrer dans cette fente les doigts de quel- 
qu'un, et serraient l'autre bout jusqu'à ce que les deux parties 

1. JlÎRKM., IX, 15, 16. 

2. Pu. Lxvi, 10. 

3. Cf. Ps. LXVI.ll. 

4. Cf. Ps. cxxviii, 3. 

5. Cf. I8., X, 5. 

6. Ps. LXXVI, 10, 11. 

7. Cf. Jou, xni, 27. 



Dl'! DMNVS Dl'! 1 IM.I.M AniM'i 1 l.> 

fussent ivimics cl, les doi^ls i)ris(''s. Ils |)i('ii;i,i(;nl aussi deux 
plaïudics qu'ils liaient cnsciublc par un bout et \iis |)la<;ai('nt uno 
sous les reins, l'autre sur \(\ xcnlrc, puis un liouiuic se icnait 
sur l'aulri^ bout juscpTà ce (juo les coU's fussent brisées et les 
entrailles sur le point de sortir. 

Ils fabriquaient d(^s entraves pour les bras et pour eliaque 
membre. Ils aiguisaient des roseaux et 1(îs faisaient entrer sous h.'S 
ongles. Ils faisaient des sortes de boulettes qu'ils plaçaient dans la 
cavité oculaire [173] jusqu'à ce (juc les ycHix fussent sur Ui point d*; 
sortir. Us les faisaient se tenir pieds nus et s;ins vêtement dans la 
neige et dans l'eau jusqu'à ce qu'ils devinssent pales comme des 
morts. Ils tournoyaient de gros bâtons elles frappaient sans pitié 
tandis qu'ils étaient étendus à terre. Pour eux, les fouets étaient 
inutiles, et la prison n'était pas nécessaire. 

(( Des princes ont été suspendus par les mains, » dit le prophète'. 
Qu'il vienne et qu'il voie ici les princes suspendus. Et non 
seulement cela, mais suspendus entre ciel et terre, tandis que les uns 
les frappent à coups de gros bâtons, et les autres leur mettent des 
entraves aux pieds. 

Ils n'attendaient pas qu'ils aient fini d'infliger un supplice pour 
passer à un autre. Et « ils grinçaient des dents et battaient des 
mains *. » Ils voulaientaccumulerà la fois tous les genres de supplices 
sur leurs corps. Ils les jetaient nus dans la neige; ils rassemblaient de 
grosses pierres qu'ils plaçaient sur leur dos jusqu'à ce que leurs 
entrailles crevassent, que leurs côtes et leur épine dorsale fussent 
brisées. Ils chauffaient le bain au point de le rendre brûlant comme 
le feu, ils le remplissaient de fumée et les y enfermaient nus; 
puis ils amenaient des chats qu'ils jetaient au milieu d'eux, et 
comme ces chats se brûlaient, ils se jetaient sur eux et les déchi- 
raient avec leurs ongles. Ils les enfermaient dans des chambres 
obscures où ne pénétrait jamais un seul rayon de lumière. 

Il est écrit dans l'Écriture': «J'amènerai sur toi, même les 
fléaux qui ne sont pas indiqués dans ce livre. » 

Ils accablaient les pauvres gens de tous ces tourments et 
de tous ces supplices, à l'occasion de l'impôt. 

Si cette calamité n'avait été universelle, comprenant, mêlés 
ensemble, des chrétiens et des païens, des juifs [174] et des sama- 
ritains, des adorateurs du feu et du soleil, des mages et des musul- 

1. T/ircn., V, 12. 

2. Cf. Thren., ii, 17, 15. 

3. Deut., xxviii, 61. 



144 CHRONIQUE 

mans, des sabéens et des manichéens, les dieux et les déesses ne se 
seraient-ils pas glorifiés de cette persécution amère? Mais l'affaire 
n'avait rien à voir avec la foi, et ne touchait pas plus celui qui 
adore au levant que celui qui adore au couchant. Le nom de l'ado- 
ration du Sud' disparut avec celui de [l'adoration] du Nord'. Si les 
chrétiens avaient été seuls l'objet de cette persécution, je pourrais, 
à bon droit, gloi'ifier les martyres de notre époque plus que tous 
les martyres précédents : car la mort rapide par le glaive est plus 
douce que les tourments prolongés qui ne finissent pas. — a .Je n'ai 
jamais vu, dit saint Basile, quelqu'un conduit en prison ou au 
supplice à cause de sa pauvreté. » Qu'il vienne maintenant et 
qu'il en voie des milliers et des myriades : Arabes et Syriens, 
coupables et innocents, pauvres et riches, tous indistinctement. 
Un calice d'amertume et une nourriture de colère étaient préparés 
pour tous les hommes également; pour les grands et les petits, 
pour les riches et les pauvres, comme dit le prophète^. Le riche 
mangeait continuellement l'amertume, parce qu'ils prenaient injus- 
tement ce qu'il possédait et que ses os étaient brisés par les coups; 
le pauvre, parce qu'ils exigeaient de lui ce qu'il ne possédait pas, 
qu'il ne pouvait emprunter et que personne ne le faisait travailler 
dans son champ ou sa vigne. C'est pourquoi ils mangèrent l'absinthe 
et burent des eaux amères. « Il leur donna l'absinthe pour nourri- 
ture ^ » 

Que personne ne pense, mes frères, que j'ai exagéré ici, mais 
qu'on sache que tous les calâmes et tout le papier de l'univers ne 
suffiraient pas pour écrire les maux qui de notre temps ont accablé 
les hommes. Qu'on ne nous blâme pas non plus de les avoir dimi- 
nués, car nous sommes incapables de penser à tout, et ces cala- 
mités ne sont pas arrivées dans une seule ville. [175] 

De la sécheresse et de la famine qui eurent lieu en cette année; 
et de l'inoasion du peuple méridional et oriental dans la contrée 
du Nord. 

Les prophètes nous crient comme des trompes, et proclament 
continuellement à nos oreilles, comme des trompettes : que nous 
nous convertissions au Seigneur et que nous le recherchions. Et 

1. L'islamisme. 

2. Le christianisme. 

3. Cf. Jiîri., x.w, IT). 

4. Cf. Jkiuîm., i.\, 13. 



DR DENYS DR TVAA-MAUIU'. 145 

nous, conirno des pierres, nous avons (Midurei notre cœur, nous 
avons clos nos yeux et fermé nos oreilles pour ne pas marcher 
dans les voi(»s du Sei^nieur, mais selon notre gré. ('Iiaeun de nous 
aime ce qui lui i)laîtet non ce (jui est a<^réable au Seigneur. — Il 
est écrit dans le prophète' : (( yVinsi, dit le Scij^çncur, parce qu(; ma 
maison est déserte tandis que chacun de vous court à la sienne, à 
cause de vous, les cieux ont été empêchés de donner la rosée et la 
terre de donner ses fruits. J'ai appelé la ruine sur la terre, sur les 
montagnes, sur le froment, sur le vin, sur l'huile, sur tout ce que 
produit la terre, sur les hommes, sur les animaux, sur tout le 
travail de vos mains. Vous considérez l'abondance, et vous intro- 
duirez peu de chose dans votre maison : J'ai soufllé dessus. — Vous 
sèmerez et vous ne moissonnerez point'. )) 

Toutes ces choses sont arrivées de notre temps. 

La pluie qui avait coutume de tomber en hiver a été retenue au 
ciel, et il n'y a point eu d'humidité. Aucune semence ne germa et 
ce qui germa se dessécha : surtout dans la contrée méridionale et 
orientale, et dans tout le désert. Il n'y eut que peu de chose dans 
les vallées des montagnes. 

Et ainsi toutes les confessions sortaient en procession pour faire 
des Rogations ; et toute langue, toute nation criait [vers DieuJ, d'un 
même accord, dans cette grande affliction. Les hommes, voyant que 
la pluie ne tombait pas, devinrent sans pitié et ne voulurent plus 
faire sortir leur blé, pas même pour le vendre. C'est pourquoi Tache- 
teur commença à venir le chercher. De là les pauvres tombèrent 
dans une immense misère. [176] Aussi ceux qui avaient accumulé 
du blé depuis longtemps se réjouirent-ils et tressaillirent-ils d'allé- 
gresse, ceux contre lesquels le prophète s'indigne quand il dit^ : 
(( Écoutez, vous qui méprisez le pauvre et faites défaillir le malheu- 
reux de la terre, disant: Quand le mois sera passé nous vendrons 
notre froment, quand le sabbat sera passé nous ouvrirons les gre- 
niers, nous diminuerons les mesures, nous augmenterons les prix, 
nous vendrons aux pauvres et aux malheureux les rebuts du blé. 
Le Seigneur, la Force de Jacob, a juré : Non certes, je n'oublierai 
jamais toutes leurs œuvres ; je convertirai leurs fêtes en deuil et tous 
leurs cantiques en lamentations. )) 

Ceux donc qui possédaient du froment, sachant que le ciel était 
fermé, serrèrent leurs mains et ne vendirent point de blé ; ils atten- 

1. Aggée, I, 9, 10, IL 

2. MiCH.. VI, 15. 

3. Amos, VIII, 4-7, 10. 

10 



14G CHRONIQUE 

dirent que les hommes fussent malheureux et opprimés. L'autorité 
ordonna que tout peuple et toute nation sortît en procession pour 
faire des Rogations. Peut-être, se disait-on, le Seigneur voudra-t-il 
être clément envers nous et nous ouvrir la porte de ses misé- 
ricordes. Ainsi donc, les chrétiens sortirent ayant leurs évêques à 
leur tête, les Juifs avec leurs trompettes, et les Arabes pareillement. 

Or, il plut au Seigneur d'avoir pitié de nous. Il y eut de la pluie 
et de la récolte en certains lieux. Comme dit le prophète Amos^ : 
(( Je vous ai refusé la pluie lorsqu'il restait encore trois mois 
jusqu'à la moisson; j'ai fait aussi pleuvoir sur unecité etpassurune 
autre; la pluie descendra sur une partie^ et l'autre partie sur la- 
quelle elle ne descendra pas se desséchera. Deux, trois villes se 
réuniront en une seule ville. )) 

A Mossoul.ce fléau sévit et toute la récolte se dessécha; il en fut 
de même à l'Orient et au Midi, et, comme de plus ces contrées 
avaient été désolées par la méchanceté d'Ibn Mouç'ab, les habi- 
tants les abandonnèrent et se répandirent dans cette région septen- 
trionale. Les Taglibites, les Ma'déens montèrent tous avec leurs 
troupeaux, leurs chameaux, leurs familles, et tout leur bien; ils 
remplirent la région et la dévastèrent tellement qu'il ne resta plus 
rien [177] pour la pâture des bêtes. La terre était comme si on l'avait 
balayée avec un balai. A cause de cela, tout le bétail de la région 
septentrionale périt dans l'hiver suivant. Les campagnes et les 
villes étaient ravagées. Entre autres, dans la province de Mossoul : 
Beit Garmai, llaza, Marga, Konisapor', Dasen % Qoqâ*, Salah, 
et plusieurs autres lieux que les habitants des campagnes abandon- 
nèrent pour monter dans les pays du Nord, de sorte que là les 
hommes n'avaient pas la place de se promener dans les villes ni 
dans les campagnes et que la famine était sur le point d'arriver à 
cause de leur grand nombre. 

Ainsi fut accompli sur eux ce qui est écrit : (( J'enverrai après 
eux la famine, la captivité et la peste ^ » Toutes ces choses vinrent 
avec eux et après eux. Nous raconterons en son temps la calamité 
qui les atteignit par la maladie, la captivité et la peste qui vint 
sur eux. 



1 . Amos, i\ , 7-8. 

a. Cf. HohFMANN, Auszàije ans syrisrhcn Akten persicher Martyre/', 
p. 189. — Hihl. nr., III, 739. 

3. AssEMANialu le nom avec un ris et transcrit fîesa/i (Bîbl. or., II, 114). 
Sur Dasin ou Dasen, cf. Hoffmann. Aussuye, etc., p. 202 sqq. 

4. Ville (lifTéroMle de Koka, près de Séleucie. Cf. Hihl. or., II, 114. 

5. Jkii.. .\.\i\. 17. 



L'an 1081 (772-773), nioiiniivnl, saiiil, Paul, (''vAquc do 'l'a^n-it, 
Zcinan' do Konnji et .louas d(; Boit Noiihadra. - A caiiso d(î lour 
inooontoiiloinont contre David, ces villes ne voulurent pas reocîvoir 
d'autres évoques de sa, part. Elles restc'îrent ainsi sans évoque en 
attendant la sortie de prison dti G(»org(^s. 

Cette année-là, lo roi ordonna de faire un mur autour d(; 'Aqoula. 

Ce fameux scélérat tomba dans l'avarice.» Or, l'amour de l'ar- 
gent est la racine de tous les maux*. » Il ne lui suffisait pas dos 
hommes, dos vignes, des terres, des animaux, des bestiaux, des 
montagnes pour se procurer de l'or et de l'argent, mais il usait 
constamment d'artifices vis-à-vis de tout le monde, surtout pour 
empêcher qu'il ne sortît un zouz de chez lui. [178] Quand il ordonna 
la construction du mur de 'Aqoula,il usa de ruse avec les habitants 
de la ville ; il expédia des hommes chargés de mesurer la maison de 
chacun d'eux: sa longueur, sa largeur, sa hauteur, et d'envoyer le 
maître de cette maison bâtir une pareille longueur, largeur et 
hauteur du mur : toute la dépense devait incomber au propriétaire 
de la maison. Il fît ainsi entourer toute la ville de *Aqoula d'un 
mur élevé et solide, sans dépenser une obole. 



De la profanation des tombeaux que commirent les hommes en 
déterrant et jetant les ossements qu'ils renfermaient à la face 
de la terre. 

Les maux se multiplièrent, ils se poussaient l'un l'autre, l'aile 
contre l'aile, la main dans la main. La tribulation s'aggrava outre 
mesure sur tous les hommes. On vendait tout ce qu'ils possédaient, 
on leur en prenait le prix, et ils ne savaient que faire, car on les 
persécutait pour les obliger à rapporter et à livrer des biens que ni 
leurs pères ni eux-mêmes n'avaient jamais possédés. 

Cette oppression s'étendit sur toute race ; elle atteignit même les 
animaux, les oiseaux, les poissons de la mer. A cause de l'iniquité 
de leurs princes, les hommes devinrent si audacieux qu'ils en 
arrivèrent à une grande et terrible impiété. 

Ils se jetèrent sur les tombeaux où des morts gisaient depuis long- 
temps ; ils les retournèrent, remuèrent, retirèrent leurs ossements 
de leur place et les répandirent comme le fumier à la surface de 
la terre. 

1. Il faut probablement lire Zachée. Cf. ci-dessus, p. 60. 

2. I TiMOTII., VI, 10. 



148 CHRONIQUE 

Tout ce que nous avions appris de loin à ce sujet, est arrivé chez 
nous ; nous constatons maintenant de nos yeux et non par ouï- 
dire que les hommes dispersent à la face de la terre les ossements 
de ceux qui dorment et reposent dans les tombeaux depuis les temps 
antérieurs à la venue du Christ, et qu'ils s'empressent d'en retirer 
de l'or et de l'argent. [179] Ils renversaient ainsi des sépulcres 
dont quelques-uns renfermaient plus de cinq cents cadavres, et ils 
en jetaient les ossements au dehors. En maints endroits, il y avait des 
tombeaux anciens au-dessus desquels le sol était nivelé et qu'on ne 
connaissait pas. Satan les leur indiqua. Et ainsi ils creusèrent; 
ils retirèrent et dispersèrent les ossements qui s'y trouvaient. Or, 
des vieillards nés dans le pays disaient avec serment : « Nous 
n'avons jamais entendu dire par nos pères, et nous n'avons jamais 
su qu'il y avait des tombeaux en ces endroits. » 

Ceci donnait à comprendre aux sages que Satan dirigeait ces 
hommes et les leur faisait trouver. Ce même Satan, afin de les 
pousser tous dans cette impiété, répandait de tous côtés la nouvelle 
que tel village avait trouvé de l'or et de l'argent pour une somme 
de tant de milliers [de zouz], tel individu tant de bijoux. 

Les sages n'ignorent pas que dans un sépulcre où il y a un 
millier d'hommes, il a dû entrer avec quelques-uns d'entre eux, à 
cause de la grande mortalité ou par l'inattention desensevelisseurs, 
des bracelets ou des boucles d'oreilles, ou des monnaies dans les 
ceintures. Parmi un millier il peut s'en trouver plusou moins. Et il 
arriva aussi qu'on trouva un bracelet en cuivre et que Satan le fit 
passer pour de l'or, et non pas pour petit, mais pour grand et mer- 
veilleux, et il proclamait cela dans la contrée; s'il était de fer, il le 
faisait passer pour de l'argent, afin d'exciter tout le monde à ren- 
verser les tombeaux. 

Et par toutes ces calamités que supportèrent les hommes, les 
betes des champs, les oiseaux du ciel, les poissons de la mer, les 
arbres et tout ce qui est sur la terre, et même ceux qui étaient sous 
la terre, « la colère du Seigneur ne fut pas détournée^ mais il 
étendit de nouveau sa main^ I » 

En cette môme année, on se révolta contre le patrice [180] de la 
Grande-Arménie et on le tua par le glaive. On dit que cet homme 
avait plus de cent mille esclaves. On prit aussi tout son bien que 
l'on fit conduire au roi. 

1. Is., i.\. 21. 



DR DRNYS DK TKM.-MAMRK 149 



J)c:i maiw. (jtii sn rnii/lipliL'rn/U siif In tc/wn pa/' suite des faux 
téfnoi(/na(/cs; du incnsoncjo,; dan dèhiiourti et des créanciera; 
des délations^ et de Ut nu'aéricorde de Dieu qui supporte avec 
patience nos provocations. 

Il no faut pas oincttro les choses que nous plaçons dans ce triste 
chapitre, car ceux qui viendront apr6s nous, en voyant l(^s nom- 
breux écueils sur lesquels nous sommes tombés, et quelles afflic- 
tions nous avons supportées à cause de notre malice, s'en éloi- 
gneront peut-être, et n'iront pascomuienousen dehors des chemins 
et des sentiers battus ; et les botes féroces ne les environneront 
pas, comme il nous est arrivé à nous-mêmes. 

Ce n'est pas parce que Dieu avait besoin de la miséricorde 
d'Abraham, qu'il lui révéla les crimes que les Sodomites commet- 
taient sur les voyageurs étrangers; mais pour montrer à ses enfants 
les choses mauvaises qui l'irritent et attirent sa colère sur ceux qui 
les font. Il est écrit dans le livre de la Loi^ : « Cacherai-je à mon 
serviteur Abraham ce que j'ai l'intention de faire? » Et encore : 
(( Parce que je sais qu'il commandera à ses enfants et aux enfants 
de ses enfants de marcher après lui dans les voies du Seigneur, et 
de faire le jugement et la justice. J^a clameur de Sodome et de 
Gomorrhe est montée devant moi ; leurs péchés se sont beaucoup 
aggravés. » Est-ce que Dieu a fait connaître leurs péchés à Abraham 
pour faire miséricorde à Sodome? C'était pour qu'il les fît con- 
i^aître à ses enfants en leur disant: (( Éloignez-vous de ces choses. )) 

David dit de même à son fils- : « Connais le Dieu [181] de tes 
pères; sers-le; car si tu l'abandonnes, il t'abandonnera tout à fait. » 
C'est ce qui nous est arrivé. Lorsque nous sommes sortis de la 
voie de la justice, personne ne l'a senti ; mais lorsque Dieu a retiré 
sa main de nous, toutes les créatures l'ont senti avec nous : les 
animaux, les bêtes, les poissons de la mer, les oiseaux du ciel ; 
même les morts dans leurs tombeaux, même les pierres et le bois 
ont soufïert avec nous. 

Il est écrit' : (( Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de 
toute ton âme, et ton prochain comme toi-même. )) Ayant ces deux 
commandements qui renferment la loi et les prophètes % et toute la 

1. Gen., XVIII, 17-20. 

2. Cf. I Chron., xxviii, 9. 

3. Cf. Matth., XXII, 37,39. 

4. Cf. Matth., xxii, 40. 



150 CHRONIQUE 

vigueur de la Nouvelle Alliance, nous avons fait le contraire dans 
toute notre conduite. 

Et encore' : « Tu ne tueras point. Tu ne voleras point. Tu ne 
feras point de faux témoignages. Honore ton père et ta mère. Tu 
ne convoiteras pas ce qui est à ton voisin. Tu ne donneras point 
tjn argent à usure. Tu ne prendras pas le présent qui aveugle les 
yeux des sages. Tu n'étendras pas ta main avec le coupable pour 
lui servir de faux témoin. Tu ne frauderas pas le jugement du 
pauvre. Tu ne seras pas adultère. » Or, toutes ces choses nous 
ne les avons pas seulement apprises par ouï- dire, mais nous les 
avons nous-mêmes pleinement commises. C'est pourquoi les 
hommes ne doivent pas accuser le Seigneur à cause des cala- 
mités qui sont venues sur nous. Sachons qu'il ne nous a pas 
môme traités selon nos péchés, et exaltons ses miséricordes sans 
mesure et sans limite, qui supportent patiemment nos injures et 
les iniquités que nos mains ont opérées, à cause desquelles la 
colère viendra sur les enfants désobéissants. 

Fut-il un péché dans le monde qui ne se commette chez 
nous? La lutte fratricide de Caïn% la voici chez nous. La sodomie 
est chez nous tout entière. Le mensonge, l'inimitié, le murmure 
des Israélites, la tyrannie : les voilà au milieu de nous. Les rapines, 
le pillage, les meurtres, les faux témoignages, tous les maux de la 
maison de Julien : les voilà avec nous. 

Nous voulons rapporter toutes ces choses [182] une à une, afin 
que nos enfants, comprenant notre châtiment, ne fassent pas 
comme nous avons fait, de peur que cette verge amère ne les 
atteigne aussi. 



D^obord des faux témoignages qui eurent lieu parmi nous. 

Il estécrit^ : « Les œuvres des hommes ne sont pas passées par 
ma bouche. » Et encore* : « Quiconque calomniait son prochain en 
secret, je le faisais périr. » 

Notre but, ô frères, n'est pas de vous exposer les indignités des 
actions des hommes, ou leurs calomnies, mais nous voulons vous 
montrer quelles furent les causes de cette calamité, afin que vous 

L Cf. Ex., x\, 1;3-17; Deat., v, 16-;31. 

2. Cf. Gcn. , IV. 

3. As. XVII, 4. 
i. Ps. c, 5. 



Di-: iu<:nys i)i<: 'imii.l-mafjiu': 151 

vous on éc[\rùo7. : (( car la foi a dispaiu (l<^ la l,<!rro et riioinrno 
parle à son prochain avec d(^s lèvres trompeuses \ » 

Quand un homme avait un procôs avec son voisin, il all.iit dans 
la place publiqui^ (^t appc^lail fpudrpi'un : « lié, maîlr(^ un td ! 
t(MTioignes-tu en ma faveur? » Celui-ci, lui laissant à peine achever 
sa parole, répondait brusquement et disait : (( Par la parole do 
Dieu, je suis d'accord avec toi. — De quoi s'a^nl-il? » Kt il avait 
juré avant de connaître la question. 

Ce n'étaient pas seulement les païens ({ui faisaient cela, mais 
aussi les chrétiens et des hommes âgés. En toute cause, quelle 
qu'elle fiît, si quelqu'un voulait, pour un zouz, il achetait des faux 
témoins autant qu'il en désirait. Us ne plaçaient point le jugement 
de Dieu devant leurs yeux, mais en un instant ils faisaient dispa- 
raître le pauvre de la terre. 



Des débiteurs et des créanciers ; du mensonge. 

(( Voici que tous vous avez parlé injustement, et vos mains son 
souillées d'injustice. La malice remplit leur bouche. Sous sa langue 
sont la fourberie et la ruse : l'iniquité et la fraude '. » 

(( Ne donne point ton argent à usure, et ne prends pas d'intérêt 
[183] à ton prochain. Situ prêtes de l'argent parmi mon peuple au 
pauvre qui est avec toi, tu ne seras point un créancier pour lui et 
tu ne lui prendras point d'intérêt ^ » 

Et David dit*: « ...celui qui n'a pas donné son argent à usure; qui 
fait un serment à son prochain et ne le trompe pas. » 

Toutes ces choses n'existent plus chez nous. 

Les hommes des campagnes,oppriméspardes exactions cruelles, 
venaient dans les villes et apportaient des présents à ceux qui 
prêtaient à usure. Ceux-ci, en les voyant, leur disaient : « Sois le 
bienvenu » et avec des paroles bienveillantes ils ajoutaient : « Je te 
donnerai tout ce dont tu as besoin. N'aie pas de souci ; tant que 
je vivrai, je te donnerai; tu n'auras besoin de personne. Je ne 
te demande pas de témoin, ni de caution, ni de gage : je ne 
demande ni intérêt ni rachat^ Prends, et quand la récolte seraren- 

1. Ps. XII, ^-3. 

2. Ps. Lviii, 2; X, 7. 

3. Cf. Léo,, XXV, 37. 

4. Ps. XV, 5, 4. 

5. C'est-à-dire, d'après le contexte, une promesse de rembourser en 
nature. 



152 CHRONIQUE 

trée, tu me rapporteras mon l)ien ou tu me donneras du froment ou 
du vin, au cours do cette époque. Va maintenant, et reviens dans 
quelques jours. » Cet nfïligé ayant entendu ces paroles consolantes 
s'en retournait en grande liesse à sa maison et se réjouissait, car il 
ignorait que Satan ne permettrait pas à l'autre d'accomplir ce qui 
était sorii de sa bouche : « Ses paroles sont plus douces que le miel , 
et elles sont des dards ^ ; à leur suite sont des fiels amers. » 

Ce malheureux, confiant dans les paroles consolantes par les- 
quelles l'usurier l'avait rassuré, n'était plus tourmenté pour courir 
ramasser de l'argent pour l'impôt de capitation. Il demeurait tran- 
quille dans sa maison jusqu'à l'arrivée des exacteurs. Dès que 
ceux-ci le surprenaient, il leur disait : « Attendez moi un peu, je 
vais vous l'apporter, » et il s'en allait en hâte chez celui qui lui 
avait fait espérer qu'il le lui donnerait. « Veuille, seigneur, lui disait- 
il, me donner ce que je te demande, afin qu'ils ne frappent pas du 
fouet. » Celui-ci lui répondait : (( Attends-moi un peu, » et, ou bien 
il le laissait et s'en allait, ou bien il se moquait de lui en paroles, 
[184] en lui disant: « Va aujourd'hui, et reviens demain matin. Pour 
le moment je n'ai pas suffisamment pour toi. » Il agissait de la sorte 
avec lui pendant plusieurs jours; et quand celui-ci en était aflligé 
jusqu'à la mort, après qu'il avait fait intervenir de nombreux inter- 
cesseurs, l'autre se contentait de lui dire : « Je ne te donne pas 
parce que je n'ai pas de quoi te donner, » ou bien il lui disait: 
(( J'exige de toi un écrit. » — (( Je le fais, » disait-il ; et quand l'écrit 
était fait, il le renvoyait encore avec des paroles et lui disait: <( Va 
ce soir, et reviens demain matin. » 

Et quand ceux-ci revenaient de bon matin, il leur disait: (( Je ne 
vous donne pas, si vous ne me donnez un gage. » Quand ils lui 
avaient donné le gage, il ajoutait: (( Combien me donnez-vous 
d'intérêt pour cet argent? Ist pour le rachat, combien me donnerez- 
vous de blé? car je ne le prends pas au prix courant. » 

A cause de leur embarras, ils lui vu accordaient autant que sa 
bouche demandait*. Ils lui donnaient aussi un écrit; et il leur 
demandait ensuite des cautions. Et ainsi, démentant toutes les 
paroles qu'il leur avait données au commencement, il leur prenait 
des gap^es, ils lui donnaient un écrit et souscrivaient des intérêts, il 
exigeait un rachat et demandait des cautions. 

. A peine les avait-il secourus en leur donnant, que non seulement 
ils embrassaient ses mains, mais ils léchaient la plante de ses 

1. Cf. /'•■<. i.v, 2Z. 

2. Liltéralemenl : Autant qu'il "uvr.iitsa bouche el deiuaudait. 



DK DIINYS dp: risM.-MAI.IHK 153 

piods. on (lisant: « Si d'ici (.ml de joiii-s nous ne lo nipporlons p.is 
ton bi(Mi, nous sommes d/'hiirurs dt; tout ce (pn est noir d.'ins ccX 
àcvh. )) 

Kl alors ils s'en jiHiiicnt pi'ompP'nx'nl, vondai(Mit leur l)i(;n, ot 
rasscMnblaiont leui" arj^'iMit; mais, (pi.ind ils le prenaient ot allaicMit 
pour payer et se libérer dignement, Satan, cet ennemi de tout 
bi(Mi, V(Miait et eommeneait à les atlarpier violemment par ses 
sn^'^estions : « Comment donnes-tu eet argent maintenant? On 
viendra le demander et tu n'auras ricMi à donner, puisijue tu 
as vendu tout ton bien. Celui-là n'en manque pas, il ne peut te 
faire du mal; d'ailleurs ton gage [185] reste aupr^s (hi lui, et si 
tu 1(* reprends tu devras le placer chez un autre, il vaut donc mieux 
qu'il reste chez lui. » 

Tels étaient les conseils pernicieux que conseillait le diable aux 
débiteurs, de peur qu'ils ne tinssent leur parole, qu'ils n'inspi- 
rassent confiance au créancier, et qu'ensuite celui-ci ne les sou- 
lageât. Il les portait à lui rendre les mensonges dont il s'était 
servi vis-à-vis d'eux. 

Ces conseils iniques venaient également de la conseillère, fille 
de celle d'Adam ; et alors s'accomplit dans le temps présent [la 
parole du prophète]: « Des femmes ont dominé sur nous'. » Ce 
sont elles qui gouvernaient les hommes. Elles conseillaient : 
« Fciis telle ou telle chose, » et le mari disait: « Tu m'as bien 
conseillé ; » car ces hommes ne considéraient pas les promesses et 
les serments faits au nom de Dieu, ni ce qui leur arriverait, c'est-à- 
dire que quand ils demanderaient de nouveau on ne leur donne- 
rait plus; mais le conseil de Satan et de leurs femmes leur plaisait 
avant tout- 

Il arrivait même que quand l'un d'entre eux tenait son argent 
dans sa main, et que le créancier le pressait [en disant] : « Rends- 
moi mon bien, )) parce que Satan était dans son c(]eur il refusait 
énergiquement [en disant] : « Je n'ai rien » On l'emprisonnait, 
on le frappait du fouet, et il ne rendait pas! C'est à de telles gens 
que s'adresse le Psalmiste quand il dit^ : « L'impie emprunte et ne 
rend pas. » 

Au lieu que l'emprunteur aille àla porte du préteur, celui-ci vient 
lui-même à la porte de son débiteur et le supplie ; et s'il arrive que 
la moitié de la créance soit payée, il s'estime très heureux. 

Ainsi, chez tout homme, le mensonge dominait complètement. 

1. Is., III, 12. 

2. Ps. XXXVII, 21. 



154 CHRONIQUE 



De la délation; de Voppresf^ion; du pillage réciproque 
et des faux témoignages. 

Quand les habitants du pa3's venaient solder le tribut, ils for- 
maient [186J des attroupements comme ceux de Caïphe. Ils cir- 
culaient dans les villes et s'informaient du lieu où se trouvait un 
homme possédant quelque chose en réserve : soit du blé, soit du 
vin, soit des objets mobiliers. Puis ils allaient trouver l'émir et lui 
disaient: (( Un tel doit payer une part de notre tribut. Il possède 
telle chose, chez un tel, et depuis tant d'années il n'a pas payé le tri- 
but. )) L'émir donnait alors cet ordre: a Allez, vendez son bien. » 

Si cet homme ou si quelque autre personne voulait s'opposer à 
eux, le gouverneur demandait [aux premiers] : a Avez-vous des té- 
moins contre lui? » Il en venait alors d'entre ceux de leur village 
qui témoignaient contre lui, bien qu'ils ne l'eussent jamais vu. 
Et ainsi, tandis qu'il se lamentait, ils faisaient vendre tout ce qu'il 
possédait et ne lui permettaient pas même d'approcher de son bien. 
Les unslui disaient : u Tu nous as répondu pour un tel; » les autres 
disaient : (( Tu as dans notre village une vigne, ou un jardin, ou 
un champ d'oliviers, et depuis tant d'années tu n'as pas payé ton 
tribut, » et bien que celui-ci jurât : (( .le ne suis jamais entré dans 
votre village; je n'ai pas de jardin chez vous, )) les autres cependant 
ne le relâchaient pas avant d'avoir fait vendre tout ce qu'il possé- 
dait. Le gouverneur lui-même les dirigeait dans cette voie. 

Pour cette raison, les hommes craignaient de paraître dans les 
rues, mais ils n'échappaient pas ainsi à ces scélérats; car ceux-ci 
les recherchaient, et quand l'un d'eux avait surpris quelqu'un, il 
lui disait : « Donne-moi tant, ou je te conduis à l'émir. » 

De la sorte, cette affaire était devenue un commerce très lucratif 
pour beaucoup d'hommes de la ville. Aussi remplirent-ils leurs 
maisons de rapine et de fraude. 

C'est à leur sujet que le prophète Miehéc dit, lui qui reprenait 
les rois en face' : (( Le saint a disparu de la terre, et il n'y a pas un 
juste parmi les hommes; tous tendent des pièges ; l'homme fait 
une chasse à mort à son frère. Leurs mains sont préparées pour 
[187] le mal et ils ne font pas le bien. Le prince demande : Donne; 
le juge dit : Apporte des présents; le grand expose ses désirs. Ils 
ont rejeté leur bonne nature comme un morceau d'étofTe rongé par 

1. Mine, VII. 2-3. 



in: I)i;nys di-: ri:i,i,-MAMi<i'; ITm 

la loif^iio. )) Et oiicoi'c' : (( Ne nous lie/ |»niiii à son piodios, no 
vous confiez poiiil eu vos amis. » 

Va David dit' : « Ils onl nip^uisf* Irur I.iii^mic coiiiiih' un ;rlaivc, leur 
discours coiuiuc un li*;iil, poui* le I.iuccr cui cachcilo cnuin' Tiiino- 
ceut; ils h» lauctMil, furliviuncnl, d, ils ne soiil, pas vus; ils ont formel 
des projets, ils ont oaclu'' leurs onibriches, cstim;nit (\\w l(i Soigneur 
no voitp:is! » il dit (Micorc* d'eux' : «Ils rovi(Mi(lront au soir, ils 
aboim'ont connue des chions et parcoujTont la ville. — Ils ont [jré- 
férô les nialêdiclious aux bénédictions. Ils ont revêtu les malédic- 
tions comme une armure. Elles ont |)énétré chez eux comme de 
Fc^au, dans hMirs os comme de Thuile. » 

Or, ces rapines (^t ces pillages étaient commis dans la ville par 
ces chiens enragés, paysans et citadins. Leurs bouches étaient 
ouvertes comme des sépulcres infects. De sorte que quand un de 
ces pauvres qu'ils avaient saisi leur avait échappé, d'autres le 
prenaient aussitôt, et après ceux-ci, d'autres encore. 

Isaïe a dit d'eux* : (( Comment la cité fidèle est-elle devenue une 
prostituée? Elle fut pleine de jugement et de justice : et mainte- 
nant [elle est pleine] de meurtriers. Ton argent a été méprisé, tes 
aubergistes ont mélangé l'eau, tes princes sont infidèles, tous sont 
des compagnons de voleurs.» 

Et il dit de nouveau^ : (( Des railleurs domineront sur eux; dans 
le peuple, l'homme tombera sur l'homme, chacun sur son voisin ; 
les jeunes gens se soulèveront contre les vieillards, les plébéiens 
contre les nobles. » — « Ses grands sont au milieu d'elle comme 
des lions rugissants, et ses juges comme dos loups du soir, ses pro- 
phètes sont des libertins".» — «Malheur à ceux qui songent à 
l'iniquité, qui font le mal sur leur lit, et se lèvent de bon matin pour 
faire ce qu'ils ont médité. Ils élèvent les mains vers le Seigneur, 
et ils convoitent des champs et des maisons qu'ils prennent 
de force! [188] et ils oppriment les hommesM » Michée a dit 
ces choses à propos de ces pillards et de ces scélérats, et il ajoute " : 
« Ses riches sont pleins d'iniquité, ses habitants disent des men- 
songes, leur langue est frauduleuse dans leur bouche. Moi, j'ai 

1. Mien, vu, 5. 

2. Ps. LXiv, 3-7. 

3. Ps. Lix, 6; cix, 17. 

4. Is., I, 21-23. 

5. Is., ni, 4, 5. 

6. SoPH., m, 3-5. 

7. MicH., II, 1, 2. 

8. MiCH., VI, 12-15. 



156 CHRONIQUE 

rommencé à te frapper et je te ruinerai à cause de tes péchés. Tu 
mangeras et tu ne seras pas rassasié, et la dyssenterie sera au 
milieu de toi. Tu saisiras et ne délivreras pas; et ce que tu auras 
délivré, je le livrerai au glaive. Tu sèmeras et ne moissonneras 
pas. Tu presseras l'olive et tu ne t'oindras pas d'huile. Tu presseras 
le vin et tu n'en boiras pas. » 

Quelle est celle d'entre ces choses qui ne nous est pas survenue? 
Où sont l'huile, le blé et le vin, dont vivent les travailleurs? 

Mais les pillards eux-mêmes furent atteints par le fléau plus 
cruellement que n'importe qui. 

La première année, les pauvres de la région inférieure et les 
étrangers périrent, comme nous l'avons indiqué plus haut ; la 
seconde, ceux qui habitaient au-dessus des premiers ; la troisième, 
ceux qui étaient au-dessus de ceux-ci ; la quatrième enfin, ces 
hommes rapaces et pillards périrent eux-mêmes et il ne leur resta 
rien, soit de leur bien, soit de ce qu'ils avaient pillé et rassemblé. 

Ces choses, d'autres semblables et de pires encore que celles 
prédites par les prophètes, furent opérées et accomplies par les 
hommes les uns à l'égard des autres. 

Les campagnards surtout les multiplièrent. 

Les citadins et les marchands commencèrent à mal faire, car ils 
s'empressèrent d'acheter le bien des campagnards: leurs vignes, 
leurs champs, tout leur tiavail; mais ils n'en jouirent ^pas long- 
temps, car les paysans se tournèrent contre eux, et si l'un de ces 
citadins avait dans quelqu'un de leurs villages du vin ou du fro- 
ment, ils l'emportaient pour le vendre ou le manger. 

Or, le gouverneur prêtait la main à tous ces méfaits et ne punis- 
sait personne. 

Quant aux marchands, les paysans ne se contentaient pas de les 
piller et de prendre leur bien. Ils les saisissaient et les conduisaient 
au gouverneur en disant: « Tout [le fruit de| notre travail a été 
enlevé par cet homme, ordonne-lui de payer [189] pour le village. » 
Et le gouverneur l'opprimait jusqu'<à ce qu'il le fît disparaître de 
sur la terre, et il prenait tout ce qu'il possédait, aussi bien ce qu'il 
avait pillé que ce qu'il n'avait pas pillé. 

Les riches s'enfuyaient devant les paysans comme un troupeau 
devant les loups, et ils se cachaient, abandonnant les vignes et 
tout ce qu'ils leur avaient pris. 

Il arrivait aussi parfois que des hommes allaient loyalement 
acheter du vin au pressoir [des paysans]. Ceux-ci allaient alors 
porter plainte à l'émir. Si le vin se trouvait encore dans leur 
village, le gouverneur faisait mettre les scellés dessus; s'il était 



1)1-: DiiNvs 1)1-: i l'iLL-MAFiiu': 157 

déjà inlrodiiit d;ins la ville, il s'en cmp.ir.iil. Ainsi, cl, le \ iii ci son 
prix ('Mai(MU perdus. 

Quand bien même nous multiplierions le i-rc.il des maux (jui 
sont arrivés ou quo les hommes so sont f.iii, mutuellement, nous 
resterions toujours en deeà de la totalité; (tar il est impossibh; à 
quelqu'un de les écrire à cause de leur grand nombre. Mais (;e peu 
su m taux sages. 

Disons à ce sujet, avec le prophète Jérémie' : u Mon p(;uple est 
devenu insensé, il ne mecormaît pas, dit le Seigneur. Ce sont des 
enfants stupides, il n'y en a point de sages ; car ils sont habiles pour 
le mal et ils ignorent h^ bien. J'ai regardé la t(MTe : c'est le toliu- 
bohu. En vérité, tous ont brisé le joug et coupé les liens. A cause; 
de cela le lion les brisera, les loups du soir les déchireront, le 
léopard se mettra en embuscade sur leurs villages et quiconque en 
sortira sera broyé; car leurs fautes se sont aggravées, leui'S péchés 
se sont multipliés. Ils ont exhibé leur malice comme les Sodo- 
mites ^ » 



De la deuxième année de calamité, qui fut l'an 10S5 (774-775). 

Comme nous avons écrit et fait connaître plus haut les calamités 
cruelles, [190] les rapines commises sans pitié par les adminis- 
trateurs établis dans le pays pour le sadàqat al-mâl des Arabes, 
le çauphi, la dîme, l'exil et beaucoup d'autres causes que nous 
avons indiquées ci-dessus, il n'est pas nécessaire de répéter ici aux 
hommes prudents, car ils le comprennent, que cette année ajouta 
avec beaucoup d'intensité ses malheurs à tous ceux de la précé- 
dente et de la suivante; et cela non seulement du côté de la terre 
et des hommes, mais du côté du ciel et du Seigneur. 

L'intendant du çauphi demandait impitoyablement deux pour 
un; les décimateurs se précipitaient sur les passagers comme des 
chiens enragés et dépouillaient sans pitié les allants et venants; 
ceux qui recherchaient les fugitifs, plus avides que les vautours 
qui guettent la chute des cadavres, attendaient ardemment que les 
hommes tombassent entre leurs mains. Ils tiraillaient les pauvres 
comme des vautours autour d'un cadavre. 

Que dirai-je du renversement des sépulcres, sinon ce que disait 
Jérémie qui nous a prédit la violation des tombeaux et la dispersion 

1. Jerem., IV, 22, 23; v, 5, 6. 

2. Cf. Is., m, 9. 



158 CHRONIQUE 

des ossements comme le fumier à la face de la terre, sans qu'il y 
ait quelqu'un pour les recueillir? 

11 est écrit' : « lùi ce temps-là, dit le Seigneur, on jettera les os 
des rois de Juda, et les os de leurs princes et les os de leurs prêtres, 
et les os des prophètes, et les os des habitants de Jérusalem, 
hors de leurs sépulcres. On les exposera au soleil, à la lune et à 
toute la milice céleste qu'ils ont aimés et servis, auxquels ils se 
sont attachés, qu'ils ont consultés et adorés. On ne les recueillera 
pas, on ne les ensevelira pas, mais ils seront comme un fumier à la 
face de la terre. » 

Ces choses ont eu lieu de notre temps, etnous les avons signalées 
plus haut. Cependant cette année dépassa en fait de maux toutes 
celles qui l'ont précédée ou suivie, surtout par la violation des tom- 
beaux. Et Jérémie dit aussi de [l9l] ceux qui vivent en ce temps ' : 
(( Ils choisiront la mort plutôt que la vie, tous ceux qui sont restés 
de cette race méchante, dans tous les lieux où je les ai dispersés. » 
Et de nouveau Jérémie dit ' : « Les cadavres de ce peuple seront en 
pâture aux bêtes de la terre, aux oiseaux du ciel et, il n'y aura 
personne qui les chasse. Et je ferai cesser, dans les villes de Juda 
et dans les places de Jérusalem, la voix de la joie et de l'allégresse, 
la voix du fiancé et la voix de la fiancée, parce que toute la terre 
sera désolée. )) Toutes ces choses ont reçu leur accomplissement. 
Les cadavres des hommes furent jetés en pâture aux bêtes du 
désert et aux oiseaux du ciel; car [le prophète] assimile ce peuple 
sans Dieu aux animaux et aux oiseaux immondes. 

Le bruit de la joie du fiancé et de la fiancée a cessé, car ceux 
mêmes qui étaient mariés ont rejeté leurs femmes et leur ont fait 
le libelle de répudiation à cause de la multitude des calamités. « A 
cause de la multitude des iniquités, ratfoction de plusieurs se 
refroidira*. » 

Il n'est pas nécessaire que nous racontions ces choses à nou- 
veau. Nous passerons dessus d'un pas rapide; nous nous tour- 
nerons vers l'accroissement des maux que cette année a surajoutés 
aux autres [et nous parlerons] de l'hiver rude, du froid rigoureux, 
du défaut de pâturage, de la diminution du fourrage(?) pour les 
animaux domestiques, de la mortalité de tout le bétail, de la famine, 
des maladies cruelles, de la peste qui consumait les hommes et les 



1. JÉRKM., VIII, 1, 2. 

2. Ihid., 3. 

3. JKUK.\r., VII. 33, 34, 

4. Matth., XXIV, 15J. 



DIÎ DENYS I)K tk\a-mauh(': 159 

bôtos comiuc (l<'s s.'HiIcitIIcs; di' l;i \i(»l('iicc i|ii(' hîs liiiliil.'ilits (l(;s 
vill:ig(»s ('\(M'(;aioii(, les uns sur les îuili'cs, du pillnpo d<;s lioninins, 
(les UKMiiii'cs coiniuis :ï ('.hiisc du ui;iu(|U'' d<' p.iin. de l'iiilorccplif^n 
dos rouUîs, de l.i uôcossitô où fuicul les (dinUicns de in.ni^a'i' d<', la 
vi.'iiidc pondant los jours do j(;ùiir, <'l, ni<*'ni(' d((s oad.ivros, par 
dôfaut (1(^ pain. 

Tollos sont los cliosos dont jo parloi'ai, (pu' j(î raoonKuai, (juo 
j'ôcrirai pour ceux qui viendront après nous. [192| 



D'abord de r hiver rigoureux ; de la mortalité du bétail, des 
animaux et do^ oisea/tx, et den vents violents f/ui eurent lieu en 
cet hiver. 

11 est écrit ^ : (( Je transformerai vos étés en hiver. » Cola en 
réalité est arrivé dans le monde cette année-là. 

Cette année-là, la récolte du vin fut abondante parce que Dieu 
voulait faire respirer le pauvre et mettre un frein à Tavarice de 
ces juges dont la bouche était béante. De môme que des sépulcres 
ouverts qui ne sont pas rassasiés des cadavres qu'on leur porte 
chaque jour, les gouverneurs de la province, en ce temps-là, 
n'étaient pas rassasiés des récoltes que toute la contrée leur por- 
tait. Or, Dieu donna de son riche trésor des récoltes abondantes 
pour fermer leurs bouches sordides et procurer du soulagement aux 
pauvres gens, en attendant que vienne pour eux le jour de la ven- 
geance, que leurs péchés soient à leur comble et que la mesure 
de leurs iniquités soit remplie. 

Mais l'hiver commença dès le mois de Tesri I^'^" (octobre), et une 
neige abondante surprit les vignes avec leurs raisins. Elle resta 
longtemps. Les ouvriers entraient dans les vignes pour ramasser 
les raisins tandis que la neige les recouvrait. A cause de la rigueur 
du grand froid qui sévissait, leurs grains tombaient tous à terre 
et se perdaient dans la neige. Le froid et la neige se prolon- 
gèrent, car la pluie ordinaire ne tomba pas depuis Tesri I'^^' (oc- 
tobre) jusqu'au commencement de Haziran (juin). Pendant tout 
ce temps c'était un jour de la neige, un autre des vents à fendre les 
montagnes, avec de la gelée et un froid rigoureux. 

Dieu voulut ainsi en cette année exercer sa fureur sur la contrée, 
de toutes parts, du ciel, de la terre, des quatre vents des cieux : du 

1. Cf. Zach., XIV, 6 (?). 



IGO CHRONIQUE 

ciel, par la uei^e et les fortes gelées; fl93] de la terre, en dessous 
par un froid à fendre les rochers, et à la surface par les grands 
maux que les hommes se firent les uns aux autres et qu'on ne peut 
énumérer à cause de leur multitude. 



De la defitruction du bétail et des animaux, qui survint en 
cette année; du manque de fourrage pour la nourriture des 
animaux. 

Il y eut une grande sécheresse, ainsi que nous l'avons dit plus 
haut, et les tribus des Taglibites et des Ma*déens s'assemblèrent 
avec leurs troupeaux, leurs chameaux, leurs familles et envahirent 
la région septentrionale. 

Us envahirent également la contrée du sud et la dévastèrent. Ils 
achetèrent tous les grains et les firent descendre dans la région 
inférieure. Tous les pâturages de l'extérieur furent occupés, et la 
terre fut balayée comme avec un balai. La litière et la nourriture 
étaient en petite quantité. Comme il n'y avait pas de pâturages au 
dehors, et peu de récoltes seulement à l'intérieur, tout le bétail des 
pâturages et des étables périt : les moutons, les chèvres, le gros 
bétail. 

Quand un propriétaire faisait sortir ses animaux pour les con- 
duire au pâturage, ils no trouvaient pas à manger, car il n'y avait 
autre chose que la poussière : pas même une feuille dans les arbres 
qui n'eût été consumée par la chaleur. Les animaux qui vivent 
dehors avaient mangé ce que l'on ramasse pour ceux qui vivent 
dans les étables; et ensuite ils périrent les uns et les autres, car l'hi- 
ver se prolongea longtemps et le froid fut rigoureux. Au dehors 
[régnait] le froid : au dedans la famine- C'est pourquoi tout le 
bétail de la région septentrionale périt : les troupeaux, les bœufs, 
les chevaux, les ânes De sorte que les campagnes étaient infec- 
tées de leurs cadavres en putréfaction, au point de répandre une 
odeur fétide plus que des tombeaux. [194J 

Du cent violent qui eut lieu en cette année. 

De plus, il y eut un vent violent et véhément, tel qu'on n'avait 
jam.iis vu son pareil de notre temps ou du temps de nos pères. Il 
fit périr beaucoup de gens. Le menu bétail, les gros animaux, les 
volatiles furent détruits par ce vent. 11 déracina beaucoup de 



Dl'l DI'.NYS I)l'. TIIM -MAI.IRK 1^>1 

soMKMio.cs; il soiil('\;i l;i poiissirrc de l:i Icfic ni loiiihillons scm- 
l)l;il)l('S ;'ic(Mi\ |)i(Mliiils |),ii- l;i, iicigo. 

Il s(Ml deux jours de siiile, ciiHcî \<)<'I cl l'I-lpiplL-iuic, et onsuiU; 
lo lreiz(' (l(; Scb.-il (l'rNiici-), piviiiicr <lini;iii<'.li<' de c.iin'iuo, ot lo 
lundi suivant, ('ouimc la Icnv ('l.ai(, soulevées par la gfiiïic et (ju'il 
n'y avait point criiuniiditô, toutes l(^s sinnenees furent déraeinces 
dans les tiM'raias sablonneux (M, dans les terres maigres, et elles se 
dessiVilièi-ent. Lt^s tiMièbres et rol)seuiil(' fui-ent eausées par les 
nuagesde poussière. Tous les volatib^s [uîrirent, surtout les pigeons. 
On ne sait ce qui leur arriva : ni s'ils s'avaneèrent, poussés par ht 
vent, ni s'ils tombèrent dans le désert et périrent de froid. Toujours 
est-il qu'ils périrent ainsi que les oiseaux de passage \ et un très 
petit nombre d'entre eux seulement résista. Les animaux domes- 
tiques, aussi bien que les animaux sauvages, périrent. 

De la grêle qui tomba celle année- là. 

Il tomba aussi eette année-là une grêle telle qu'on n'en a jamais 
vu de nos jours. Elle était grosse comme des cailloux et il y en 
avait de toute forme. Elle avait des arêtes (?) au nombre de deux, 
trois ou quatre, aiguës comme un glaive. Elle brisa les arbres et 
les vignes, et elle déracina les semailles. Toutes les tuiles qui cou- 
vraient les maisons furent brisées. [195] Cette grêle causa de nom- 
breux ravages à cause des grands cyclones qui eurent lieu en 
même temps. 

Le vent qui poussait la neige en nuages enlevait les eaux tom- 
bées sur la terre et les faisait monter contre celles qui descendaient 
du ciel, en sorte qu'il semblait à ceux qui les voyaient que la 
terre elle-même les élevait et les projetait directement à la face 
des cieux. 



Du retour dans la contrée de Mousa Ihn Mouç^'ab; des gouver- 
neurs quil établit, et des maux que les hommes eurent à souffrir 
de leur part. 

Comme nous l'avons dit plus haut, lorsque l'année de ce per- 
vers, qui était l'année précédente, fut achevée tous les [habitants] 
des contrées de la Mésopotamie et de Mossoul s'assemblèrent et 

1. Traduciion douteuse. Voir la préface du texte syriaque. 

11 



102 CHRONIQUE 

descendirent' pour so plaindre^ des maux qu'il leur infligeait. 
Mais ils se trompèrent en pensant que la justice résidait auprès 
d'un liomnie inique et ami des voleurs. 

Au lieu de trouver le bien qu'ils espéraient, ils ne firent qu'ex- 
citer sur eux sa malice. Non seulement il ne les écouta pas, mais 
il réunit toutes les pétitions que les pauvres gens lui avaient fait 
parvenir pour se plaindre de leurs maux, et il les remit à Mousa. Il 
le combla d'honneurs et lui donna le pas sur tous ses grands. Il lui 
prescrivit d'établir des gouverneurs choisis parmi eux mêmes; 
chaque ville devait elle-même en fournir un. 

(^uand il eut reçu cet ordre, il revint en fureur, rugissant 
comme un lion sur sa proie. De même qu'une bête sauvage ajoute 
à ses premiers méfaits lorsqu'elle parvient à s'échapper du piège 
où elle était tombée, ainsi cet homme redoubla de malice lorsque 
le roi l'eut soutenu par sa parole. 

Dieu lui-même lui tendit la main, comme dit Jérémie' : « Prends 
de ma main ce calice de vin de fureur, et tu en feras boire [196] à 
toutes les nations vers lesquelles je t'enverrai. Elles boiront, elles 
seront troublées et tomberont en défaillance en présence du glaive que 
j'enverrai parmi elles. Et je pris le calice de la main du Seigneur, 
et j'en fis boire à toutes les nations vers lesquelles le Seigneur m'a 
en\oyé. » — Il dit encore "^ : (( Buvez, enivrez-vous, chancelez et 
tombez ; vous ne vous relèverez pas à la face du glaive que j'en- 
verrai parmi vous. » — r^t il dit de nouveau* : a Vous serez 
exempts de châtiment? Vous n'en serez pas exempts. Car j'appelle 
le glaiv^i sur tous les habitants de la terre, dit le Seigneur, {yen 
haut le Seigneur rugira; et du lieu de sa sainteté il fera entendre 
sa voix et rugira contre sa demeure. Le cri de celui qui foule : aïe, 
aïe, retentira contre tous les habitants de la terre. Le bruit en est 
parv(;nu jusqu'aux extrémités de la terre, car le Seigneur entre en 
jugement avec tous les habitants de la terre. » 

En vérité, le Seigneur est entré en jugenhMit avec tous les habi- 
tants de la terre, en cette année; car il n'y eut aucun peuple, aucun 
royaume qui fût en paix, mais tous pareillement furent saisis par 
la calamité, tous bui-ent le calice de la main du Seigneur! 

Les Perses furent excités et se soulevèrent parce qu'on ne leur 
donnait rien; les Arabes furent écrasés par les exactions; les Juifs^ 



1. Près du khalife. Cf. ci-dessus, page Itl. 
a. .Ir.it.. \\v. l.'i-17. 

3. Jr.it,, x,\v, l;;?. 

4. Jkii., x.w, ii'.>-:U. 



i)i': Di'.NYs i)i-: Ti'.i.r,- MAiiin': lO.'i 

les ClinHiiMis cl iivcc eux les l'I^yplicMis, Ins Ar'iiK'iiirns, I(»s Siii- 
(Ihions cl tous lospcMiph^s rurciil, .•i(îc.'il)l<''S (riiii Inmd impôt. 

Ci\c\ inontro dôjà (piMls oui l)u à ce ralicc - <( 'lu .-is f;iit voir ,i 
ton peuple lies clioses dures; lu leur ;is l'ait boire un vin troublcV.» 

Le territoii'e des Koniains ne lui pas excMiipt de cette eruell(3 
alllietion. Mais, eonnue eeuv de nos nalions, leurs chefs tombèrent 
également dans ravarice; car la |)olion d'un mcme calice est [pré- 
parée] pour tous les ptmples. — (( J'ai rassasié le misérable de pré- 
férence j\ riiomme noble*. » 

Ilabaeuc a ditencore'' : « Mois, toi aussi, [197] ettombeen dc-fail- 
lance. Le calice de la droite du Seigneur t'environnera; l'opprobre 
cachera ta gloire. Car l'iniquité du Liban te couvrira: le ravage 
des animaux t'épouvantera, à cause du sang de l'homme, de l'ini- 
quité du pays, de la ville, et de tous ses habitants. » Le prophète 
montre que le premier calice que la terre et ses habitants burent 
l'année précédente venait des mains du Seigneur, quand il enseigne 
et dit : « Le calice de la droite du Seigneur te couvrira; et l'op- 
probre efïacera ta gloire. » 

u Voici que je place dans Sion un écueil, une pierre d'achoppe- 
ment : quiconque tombera sur elle sera brisé; et celui sur qui elle 
tombera sera écrasé*. — » Cela se réalisadans Mousa. Ceux qui le 
recevaient attiraient sur eux la colère, et ceux qui ne le recevaient 
pas, le glaive. De tous côtés [surgissaient] les maux. 

Il revint, comme nous l'avons dit plus haut, et le Seigneur posa 
des écueils à tous les peuples par son intermédiaire, et il les accabla 
par le froid, la gelée, la neige, la glace, en sorte qu'ils ne pouvaient 
sortir pour fuir en sa présence, à cause de la grande violence du 
froid. Si l'un d'eux parvenait à s'enfuir, il revenait promptement, 
sans que personne courût après lui, et avec autant d'empressement 
que celui qui l'instant d'auparavant était en prison, et s'en va à sa 
demeure. 

Le prophète ne nous a pas dissimulé cela, mais il dit^ : « Si tu 
places ton refuge en haut, je te ferai descendre de là; si tu le places 
en bas, même dans les enfers, je te ferai monter de là, et je te 
livrerai entre les mains de ceux qui recherchent ta vie. » Et 
encore : u II le foulera aux pieds comme la boue des places publi- 



1. Ps. LX, 3. 

2. Habac, ti. 15. 
8. Habac, ii, 16. 

4. Cf. Is., VIII, 14; xxviii, 16. 

5. Cf. Abd.,4; Jér., xxx\iii,16; Amos, ix. 2. 



164 cinioMQUK 

ques, comme lo fumior à la faco do la terre, et il n'y aura personne 
pour le délivrer. » 

Le Seigneur a prophétisé ce qui devait nous arriver. Quand ce 
[Mousa] revint, il rugit comme un lion sur sa proie. Il chercha 
et trouva des hommes violents et sans pitié, qu'il établit gouver- 
neurs [198J dans leurs propres villes. Cela surtout fut nuisible 
pour les pauvres gens, car ils ne pouvaient pas tromper [le gouver- 
neur] qui était originaire de l'endroit et pour qui rien n'était caché. 
Ceux-ci, à leur tour, choisirent les notables de la ville et de la con- 
trée et se les associèrent. Dès lors ils se livrèrent ouvertement au 
brigandage : eux et le gouverneur; et personne ne leur en deman- 
dait compte. 

Les pauvres furent profondément atïligés, leurs mains faiblirent, 
leur cœur défaillit, leurs reins furent brisés en apprenant l'arrivée 
de ce scélérat, et leur espoir s'évanouii. « Parce i\ue la frayeur 
qu'ils redoutaient leur est arrivée, ce qu'ils appréhendaient leur 
est arrivé. N'ont-ils pas dissimulé? X'ont-ils pas gardé le silence? 
Ne sont-ils pas resiés dans le repos? C(ipendant l'indignation est 
venue, » comme dit Job'. 

Il les établit donc gouverneurs: un pour chaque village. Avec 
cet homme, il y en a\ ait beaucoup d'autres. Leurs exactions sur- 
passaient l'impôt de capitation qu'ils percevaient : car c'étaient 
des voleurs, des brigands, des dél rousseurs de grands chemins. 
Il choisit ces hommes-là pour les établii* juges ! — Il est écrit': 
« Quand les rois sont iniques, tous leurs ministres sont iniques.» 

Ainsi donc ils conmiettaient leurs exactions sur les pauvres gens 
avec une grande ^iolence, des coups et des châtiments cruels. Ils 
recevaient pour récompense plus de la moitié de ce qu'ils avaient 
extorqué, et ensuite ils revenaient de nouveau prendre un certain 
nombre de zouz, pour leur peine. Ils les formaient à vendre leur 
bien pour en faire leur proie. Ils le vendaient, et ceux-ci le pre- 
naient pour leur récompense. Ils remplirent ainsi leurs maisons 
(lu birn des oiphclins et des veuves, et vendirent leurs chèvres, 
leurs bd'ufs et tout ce qu'ils possédaient. Parfois l'un d'entre 
eux se rendait dans un li<Mi qui ne possédait rien. Il commençait 
par exiger sa récompense, et ensuite il opprimait les habitants 
et vendait leur bien. Aurait-on trouvé un homme plus criminel? 
Les chefs de district [199| et les préfets étaient complices de cette 
impiété. C'étaient eux surtout qui pratiquaient le brigandage. 



1. Jon. ni. 24-25. 

2, l'ror., xxix. 12. 



hi". ih:nvs 1)1-: 'ii:i,i, maiiim': 105 

(( 'l'os piMiicns soiil, inli(lrl(»s cl, compiignoiis de voloiirs'. » Ils cxi- 
g(»;ii(Mil (1(m;('S iiialliiMinMix .'ivcc, diiroh'' un ou deux tiers-; ils ne 
connaissiiicMit ni coninKMiccinfMit ni liu. Ils ne laisnicnt point 
savoir (u^ (pTils onlevaiont ; on ignorail, ce (pi'ils .'irracliaicnt ou 
ce qu'ils abandon naicMil. Ils :ip;iss;ii(Mit coniino dos voleurs, des 
brigands, d(îS (h'^roussiMn-s do gr;inds chemins. Ils s'emparaient 
des notables et d(N hommes libi-es du p.iys <'t vendaient leur bé- 
tail avec tout ee qu'ils possédaient: ils les faisaient périr (!t b^s fai- 
saient disparaître de la faee de la t(ure. 11 ne leur suffisait pas de 
prendre tout ce qu'ils possédaient, ils exigeraient même d'eux ce 
qu'ils ne possédaient pas. 

Il établit des intendants pour les nombreux impôts du mdàqat 
al-màl des Arabes, et ceux-ci les réclamèrent plusieurs fois. Ils 
tirent payer les tributs anciens (?). A quiconque était imposé 
pour dix zouz, ils en demandèrent trente et parfois quarante. Ils 
créaient de leur propre chef des contrif)utions extérieures!?) qu'ils 
imposaient au pays, en dehors des villes, sur les passants et sur 
les routes. Il arriva qu'ils en frappaient les étrangers établis dans 
le pays et qu'ils les réclamaient des néophytes musulmans aussi 
bien que des chrétiens; car ils ne se préoccupaient pas de l'intérêt 
de l'islamisme, mais bien de satisfaire leur cupidité et leur avarice. 
Ils fixaient et imposaient sans pitié les taxes au pays et aux 
champs des Arabes, sans connaître l'importance des récoltes. 

Tels étaient le fondement et la base des maux. Les gouverneurs 
y ajoutèrent ensuite, et les chefs de district pareillement, enfin les 
courriers et les préfets les aggravèrent de nouveau. Et ainsi, en eux 
tous, dominaient sans pitié le brigandage, la fraude et l'injustice. 

Le prophète Isaïe parle de ces gens quand il dit^: « Malheur 
à moi ! les prévaricateurs ont prévariqué; les prévaricateurs ont 
prévariqué de la prévarication: La crainte, la fosse, le lacet sont 
pour toi, [200|ô habitant de la terre! Quiconque fuira à la voix de la 
crainte, tombera dans la fosse, et quiconque remontera du milieu 
de la fosse sera saisi par le lacet. Les cataractes du ciel se sont 
ouvertes et les fondements de la terre sont ébranlés. Par le déchi- 
rement sera déchirée la terre; par l'ébranlement sera ébranlée la 
terre; parle chancellement chancellera la terre comme [un homme] 
ivre; elle sera enlevée comme une tente. Son iniquité l'accablera, 
et elle tombera, et elle ne se relèvera plus. » 



1. is., I, 2:5. 

2. Deux ternies de l'impôt. Cf. ci-dessus, page 133. 

3. Is., XXIV, 16-20. 



166 CHRONIQUE 

Ils pratiquèrent l'iniquité sans pudeur. La terre fut agitée et 
ébranlée, et les hommes s'en allèrent de village en village, d'un 
lieu dans le lieu voisin. Leur iniquité s'aggrava, «et la terre fut 
dévastée, et sa face fut dénudée, et la loi a péri ; car l'esclave est 
devenu comme son maître, le prêtre est comme le peuple, celui qui 
emprunte est plus dur que celui qui prête, le débiteur plus [dur] 
que le créancier' ». 

Isaïe dit aussi à leur propos': « Voici que le Seigneur dévastera 
la terre, et il la mettra à nu; il aflfligera sa face et il dispersera ses 
habitants, et [comme] sera le peuple, ainsi [sera] le prêtre; [comme] 
l'esclave, ainsi son maître; [comme] la servante, ainsi sa maîtresse; 
[comme] le prêteur, ainsi celui qui emprunte; [comme] l'acheteur, 
ainsi le vendeur; [comme] le débiteur, ainsi le créancier. Parla 
dévastation sera dévastée la terre, par le pillage elle sera pillée, 
car le Seigneur a parlé. L'univers a pleuré, s'est dissous, s'est 
afïaibli. La terre est devenue semblable à ses habitants. La loi est 
devenue vaine, les préceptes bons ont été changés en préceptes 
mauvais, les prescriptions de la justice éternelle ont été trans- 
formées » en iniquité, en impiété, en brigandage. Satan a dit aux 
démons : (( Ah! voici que mon œil les voit.» Il a dit à ses mi- 
nistres: (( Poursuivez-le et saisissez-le. » 

Personne ne se révoltera, personne n'échappera à l'impiété 
petite ou grande. Il a tendu son filet et tous les enfants d'Adam se 
sont pris dedans. Sa main est comme un nid dans lequel sont 
rassemblés tous les peuples. Personne, ni évêque, ni prêtre, ni juge, 
n'est exempt de péché, ou de calomnie, ou de rapine, ou de [201 1 
dénonciation, ou d'injure, ou de malédiction, ou de haine, ou de 
murmure, ou de brigandage, ou d'adultère, ou de violation des 
sépultures. Toutes les semences du diable sont maintenant semées 
dans tous les hommes. Chacun s'elïorce de mal faire selou son 
rang et son pouvoir. 

En voyant ces choses, le prophète a dit' : (( A cause de cela la 
terre siégera dans le deuil, et ses habitants seront coupables. La 
moisson s'est lamentée, la vigne a langui. Teux qui se réjouis- 
saient de c(ï'ur ont sangloté. La joie et les cymbales ont cessé; le 
bruit de ceux qui se livraient à l'allégresse s'est calmé, le son 
joyeux de la harpe est devenu muet. Ils ne boiront pas le vin au 
milieu des chants. Toute liqueur est devenue amère pour ceux qui 

1. Cf. Is., xxiv, 2. 

2. If».. XXIV, l-ô. 

3. Is., XXIV. 6 11. 



Dl'! DMNYS Dl-: 'll'.LI. M \iii:i; 107 

la l)oi\(MU. Lr village ;i (''!('• pillt'i; lous les celliers oui él^'î fri-iiiés. 
Il y iuii;i mit' vlaiiiciir sur l;i place |)iil)li(|ii(î :m siijci. du vin. )> 

La joi(» ;i p;iss('', l;i (Liini» a C(»ssc : au li(Mi d'elles uo soiil la di'îsu- 
laliou, la misère, les amertumes. 

Ces chos(îs ne sont pas v(inues jusfiu'à nous par la l'enomniée, 
mais nous les voyons devant nos yeux. 

Los hommes s(» firent mulu(dlement tous les maux, ils osèrent 
s'atla(iuor aux moines, au.x reclus, aux stylites; ils en firent dos- 
cendre plusieurs de leurs colonnes, ils en firent sortir (U\ leurs cel- 
lules de réclusion. Les moinescpii vivaieiM ciiastement et saintement 
dans les pieuses congrégations des monastères curent principale- 
ment à souffrir l'oppression, la persécution, les coups violents, k 
propos des exactions de ces juges. Que celui qui lit sache et com- 
prenne que jamais on n'a vu dans le monde persécution plus vio- 
lente que celle de cette année. Si elle n'avait été mêlée, de sorte que 
tous les peuples furent opprimés et eurent à en souffrir plus que de 
toutes les précédentes, j'aurais à glorifier les martyres d'aujourd'hui. 
Si quelqu'un possédait quelque chose et voulait fuir, il était 
emprisonné comme dans des liens, jusqu'à ce qu'il fût dépouillé de 
tout et qu'il ne lui restât plus rien. Dès qu'il était spolié de tout, il 
pouvait s'enfuir, mais tant qu'il avait quelque chose [202] il ne le 
pouvait. S'il prenait la fuite, la route elle-même le dépouillait. S'il 
arrivait qu'il déposât quelque chose dans la terre, l'endroit même 
le dénonçait : « Voici le bien d'un tel; venez, prenez le. » S'il 
confiait son dépota quelqu'un, celui-ci se faisait son spoliateur et 
lui prenait son bien au lieu des voleurs et des brigands. 

A ce propos le prophète Abdias dit': (( Si tu t'élèves comme l'aigle, 
et si tu poses ton nid parmi les astres, je t'en ferai descendre, dit le 
Seigneur. » Et il dit encore-: a Comment ont-ils fouillé Ésaii, et 
fureté dans les choses qu'il avait cachées? » — 11 fallait voir com- 
ment ce qui avait été caché par quelqu'un était promptement mis 
au jour. 

Osée dit aussi ^: (( A cause de la grandeur de l'iniquité, la 
démence a prévalu ; » et encore* : (( La démence est dans la maison 
de Dieu. ))La démence s'est multipliée parmi tous les hommes avec 
l'iniquité, le mensonge, les acceptions de personne. 

(( Mon peuple m'a méprisé et ne m'a pas connu. Ce sont des fils 



1 . A n n . , 4 . 

2. //>/>/., 6. 

3. Osiiii, IX, 7. 

4. IhuL. 8. 



168 CHRONIQUE 

insensés, intelligents pour le mal et ignorant le bien. J'ai considéré 
la terre: et c'était le tohii-bohn, » dit saint Jérémie\ Toute la 
terre fut un véritable tohu-bohu ; les tc'mèbres du péché et de l'ini- 
quité ont couvert sa face. 

Tout le bétail de lacontrée fut vendu. Les marchands de bestiaux 
devinrent plus nombreux que les étoiles du ciel, comme nous dit le 
prophète Nalium'. [On vendait] deux ou trois chèvres pleines pour 
un zouz. autant de brebis ou un bœuf pour un zouz,un âne pour un 
zouz, un mulet pour dix zouz. Tout ce qui restait de l'épizoo- 
tie s'en allait au vent. Leurs objets précieux et magnifiques qui 
avaient été pillés par les juges, étaient aussi vendus pour rien. Un 
objet qui valait vingt ou trente zouz, s'en allait pour deux ou trois. 

Quand la contrée fut ainsi anéantie, on était à l'approche des 
saints jours du carême, et on entrait dans les semaines appelées 
« de joie» [203] et que nous n'appellerons pas, nous, a de joie )) 
mais d'amertume, de tristesse, d'angoisse ; car alors la calamité fut 
plus grande que dans tout le reste de l'année. 

Le fléau se prolongea ainsi pendant tout le saint carême jus- 
qu'après le dimanche (( nouveau^ ». Il n'y eut ni fête ni dimanche: 
on ne fit point les prières qu'on avait coutume de faire pendant les 
jours du carême et des Rameaux, môme les dimanches. Les chré- 
tiens arrachèrent tous les ustensiles (?) Me fer ou debois de leurs mai- 
sons et les vendirent; ils en arrachèrent les portes et les vendirent, 
attendant un temps meilleur ; enfin ils arrachèrent même les 
solives de leurs maisons et les vendirent, puis ils abandonnèrent 
les ruines de leurs demeures et s'en allèrent dénudés, errant de 
village en village, d'un lieu dans un autre. C'est ici qu'il faut dire 
avec le prophète Jérémie' : « Le peuple a mangé de l'absinthe, il a 
bu des eaux amères ; ils ont été dispersés parmi des nations in<'on- 
nues à eux et à leurs pères. Le glaive a été envoyé à leur suite jus- 
qu'à ce qu'ils fussent consuuK's. » Isaïe dit aussi : " (( Ils seront 
comme des daims en fuite, comme un troupeau dechèvresqui n'ont 
personne pour les rassembler. Chacun retournera vers son peuple, 
et l'homme s'enfuira vers son pays. » l\t encore": (( Leurs maisons 
seront remplies de gémissements; les démons y bondiront; les 

L Jkk., IV. 22-2^. 
2. Nahu.m, m, K). 

;5. Premier dimaiioho apirs l*.'i'|ii«^s. <l;ms lo riin syrien. 
\. Il faut pout-éirc lire rchruia, ;ui li(;ii <lo rtujrahi {[uv porlo le nisc. 
h. .Iki! . . i\. 15-1(3. 
f\. Is.. Mil. 11. 

7. Ihi'/.. :il-2;i. 



DM l)|^N^S Dl-: TKM.-MAI.IRl': 1^9 

aulnic.lu^s s'y iiisl,;ill(!r()nl. I.cs sin-inis c-liaiiU'i-oiit dans leurs pa- 
hiis, cl los clincals dans I(mu's (ulificiîs voInptn(?ux. » 

Nous ne di'Nons p;is sculcnjcni diiv <|ue « I(^ s;i(MMfio(; (;1, la liba 
tion sonl bannis de l.i maison dn S(Mjj;n<'ni' ' , » mais (|ne les livres 
liturgiques (?) des églises oui rU\ iiiTacin's et, N'endus, (pie le r(3sl(; a 
été brillé dans le feu, quo leurs vasos saeaN'S ont été dc-truits. Los 
vignes ont été dévustéos ; la vendange a. pleuré*. Les c.liainps ont 
produit des épiiies i^t des joneos ; l(3s figuiers se sont d(îssécliés ; 
les oliviers furent détruits; les grenadiers, les datlieis, les pom- 
miers, et tous l(>s arbres ont péri, ('/est pourcpioi la, joie a (lis[)aru 
de parmi les hoinnu^s ; b^s travailleurs se sont enfuis et leurs mai- 
sons sont devenues la demeure des bêtes sauvages. [204| 



De la calamité qit eurent à t;iihir les Iiahitan/s des rarnparjnes par 
suite de la déprédation^ et des maux causés par le fait des 
paysans eux-mêmes. 

Nous n'avons pas voulu non plus laisser cela en dehors de ce 
récit lamentable plein d'angoisse et de cruelle douleur. 

Déjà j'ai dit plus haut que l'établissement de gouverneurs origi- 
naires du pays fut plus nuisible que tous les maux antérieurs et 
postérieurs. Comme si sa propre rapacité ne suffisait pas, [chaque 
gouverneur] se choisitcommeauxiliaires les gens les plus vils et l^s 
plus misérables qui ne laissèrent pas mînie un clou dans la mu- 
raille sans l'enlever, car ils étaient rapices comme les loups du 
soir. Ils ne possédaient rien, et là ils acquirent des richesses par 
leur brigandage avec la complicité de leur gouverneur. Ceux qui 
jusqu'alors avaient été assassins, détrousseurs dechemins, ivrognes, 
impudiques, tendeurs d'embûches pendant la nuit, crocheteurs de 
maisons, sont aujourd'hui juges! — Voyez, mes frères, l'œuvre des 
péchés, et entre les mains de qui ils jettent ceux qui les commettent. 
Ainsi qu'il est dit : Le méchant sera vengé par le méchant. — 
Voici entre les mains de qui nos péchés nous ont jetés, et ce que 
furent pour nous ces exacteurs avares et impitoyables. 

En percevant l'impôt de capitation et beaucoup d'autres, ils 
en exigeaient plusieurs fois le montant. Ils vendaient tout ce que 
possédaient les hommes et ils en prenaient [le prix]. Non seulement 



1 . JOKI., I, 9. 

2. Cf. Is., XXIV, 7. 



170 CHRONIQUE 

ils exigeaient ilaiis un lieu l'impôt qui était dii, mais plusieurs 
fois le même impôt. Il n'y avait ni commencement, ni milieu, ni 
lin [à leurs exactions]. Ils tombaient et se jetaient sur les pays en 
disant : (( La part de tel village est de tant; il reste tant de milliers 
[de dinars à payerj. » Et ils allaient l'imposer de nouveau. Quand 
par la violence ils avaient obtenu la somme, ils recommençaient à 
l'exiger. Personne n'osait prendre la parole, car tout le monde 
craignait d'être surtaxé par le juge. Ils s'emparaient des notables 
et les pressuraient [205] sans pitié : au point qu'ils en firent périr 
et en détruisirent plusieurs. 

Les paysans eux-mêmes donnèrent la main aux malfaiteurs. Ils 
s'attaquaient aux hommes, enlevaient et vendaient tout ce qu'ils 
possédaient. Ils disaient, en mentant : « Tu as dans notre pays 
une vigne, ou un jardin, un bois, un champ d'oliviers, » ou : « Tu 
as répondu pour quelqu'un, » ou : « Tu es soumis chez nous à la 
capitation, et voici tant d'années que tu n'as pas payé le tribut. 
Paie maintenant que nous sommes gênés. » 

Pour de tels ou de semblables motifs, les paysans saisissaient 
les hommes pauvres et les pillaient. Le juge lui-même leur appie- 
nait h. agir ainsi, il leur prêtait la main et ne leur demandait pas 
compte de ce qu'ils faisaient. Ils tombaient sur un passant, s'en 
emparaient, suscitaient contre lui de faux témoins [qui disaient] : 
« Celui-ci est solidaire de notre tribut. » Il afiirmaitavec serment : 
(( Jamais je n'ai \\i ces hommes, ni eux ne m'ont vu. » Ceux-ci 
disaient : u II est solidaire de notn^ tribut. » Et il se trouvait parmi 
eux des faux témoins qu'ils produisaient contre lui. Ainsi ils ven- 
daient son bétail, son bien et tout ce qu'il possédait. Ils circulaient 
dans les villes comme des chiens qui flairent par terre les traces 
de leurs maîtres, des animaux ou d(,'s troupeaux. Ils s'informaient 
de ceux (jui ivaient ([uelque dépôt: soit du froment, soit du fer' 
soittoute autre marchandise, et ils s'en emparaient. Il fallait les 
voir circuler dans les villes, par troupes, épiant un homme et 
disant : « Un tel est des nôtres. » Celui qui échappait à l'un éUiit 
saisi par d'autres, qui le conduisaient chez d'autres encore. S'il 
arrivait qu'il eût caché quelque chose, soit dans la terre, soit chez 
quelqu'un, l'endroit même le criait, comme une femme enceinte 
saisie par les douleurs de l'enfantement. C'est dans ces circons- 
tances ou dans des circonstances semblables ou dans des circons- 
tances analogues que les hommes passèrent les saints jours du 
carême. 

Venons-en maintenant aux autres maux que les [206] villageois 
se firent entre eux. 



DK DKNYS I)I<: TKLI.-MAMIll'-: 171 

(( Ils iront. (I(^ violonco on violonoc '. » l*it nous, nous ii'ons rU; 
miLUX iMi ni;iu\. k (Jîir les (^xcrômcnls [suc(;r»lonl.] aux cxcrcniiinls, 
cl 1(3 vomisscnicnl au vomissenirnt '. — 1^1 après une nouvelle, 
viendra une autre nouvelle •'. » 



J)e Cainortnnic (lue 1rs Iiomnins (''proiivri'c.ni par suite de la con- 
vention; et du pillnr/e que les rillaf/eoin exercèrent les uns 
contre les autres. 

Puisque (( le Seigneur causa la flestruclion et le retrandienient 
sur toute la terre * )), on put voir ici la flestruclion de toute chose. 
Et la colère du Seigneur ne s'éloigna pas encore de nous, parce 
que nous n'avons pas cessé de coninieUre do nombreux péchés; 
mais de jour en jour nous ajoutons h nos fautes, comme un homme 
qui s'est imposé une charge considérable et qui, au lieu d(^ l'alléger, 
y ajoute au contraire. Le Seigneur s'est quelque peu indigné : et 
nous, nous avons continué à mal faire. A propos de cela, Jérémie 
cric vers nous en disant* : u Ainsi dit le Seigneur : quand même 
Moïse et Samuel se tiendraient devant moi, mon âme ne p-'-ncherait 
pas vers ce peuple. Chasse-les de devant ma face. Qu'ils s'en 
aillent. Et s'ils te disent: Où irons-nous? Dis-leur: Ainsi dit le 
Seigneur: A la mort celui qui [est destiné] à la mori, au glaive 
celui qui [est destiné] au glaive, à la famine celui qui [est destiné] 
à la famine, à la captivité celui qui [est destiné] à la captivité. 
J'enverrai sur eux quatre fléaux, dit le Seigneur : le glaive pour 
tuer, les chiens pour déchirer, les oiseaux du ciel et les bétes de 
la terre pour dévorer et détruire. » Maintenant le Seigneur nous 
a chassés de sa présence; et ni l'oblation, ni l'expiation, ni les 
hommes justes qui sont parmi nous, n'ont pu réconcilier le Sei- 
gneur avec nous. Mais il a dévasté la contrée. Les hommes sor- 
tirent de leurs maisons, des chiens tombèrent sur eux pour les 
déchirer, des oiseaux pour les dévorer sans pitié. Et même [ces 
gens] étaient pires que les chiens et les oiseaux, car ceux-ci, 
[207] quand ils ont mangé et sont rassasiés, cessent de déchirer. 
En dehors de cela, [l'animal] ne dévore pas, ne broie pas, ne piétine 
pas ce qui reste. Ces bêtes rapaces au contraire ont dévoré : elles se 

1. Ps. LXXXIV, 7. 

2. Is., xxvni, 10. 

3. JEU., Li, 46. 

4. Is., X, 23. 

5. Jiiii. . XV, 1-4. 



172 CHRONIQUE 

sont rassasiées, et ont emporté dans leurs demeures ce qui restait. 

Ce n'est pas assez de tous les maux que nous avons racontés. 

11 faut encore y ajouter ceux-ci. Lorsque l'impôt de capitation était 

déjcà presque entièrement soldé, un homme cruel nommé ' , 

celui-là même dont nous avons parlé plus haut, fut envoyé dans 
le pays. Il vint à Amida, à Arzoun et à Maipherkat. A Amida, 
parmi les gens du pays se trouvaient des hommes méprisables et 
avares qui Arzoun, à Maipherkat 

[Le tc.rtc rst t/-o/) inutile en ce pa-'^.'^afje, /)onr qail soit possible de le res- 
tituer acee certitude et d'en donner nne traduction littérale. Le sens cepen- 
dant parait siipisamwent : Cet indicidu commit dans ces cilles, et surtout 
à Amida. arec la complicité du cjoucerneur et des r/ens du pays, toute 
sorte d'iniquités. Il exir/ca trois /ois plufi qu'il n'était du pour V impôt; les 
paticrcs, les éiranQers, et firinci paiement Les marchands, furent les cictin^es 
de SCS exactions.^ 



. . . .[208] Quand les pauvres virent que ce brigandage manifeste 
ne cessait pas, que |ces exacteurs] n'avaient ni honte, ni crainte de 
Dieu, que ce principe de tous les maux ne leur 'demandait pas 
compte des méfaits qu'ils commettaient perpétuellement dans la 
contrée, ils se révoltèrent. (( Nous avons donné, disaient-ils, pour 
nous et pour nos voisins ; nous avons payé notre impôt et celui 
qui n'était pas dû par nous. Quand donc seront-ils rassasiés de notre 
chair? Nous ne donnerons plus rien, car nous ne savons où prendre 
de quoi leur donner. )) 

Quand le gouverneur entendit cela, il frappa des mains, grinça 
des dents et, comme un lion, devint avide de sang. Il rassembla 
contre eux lous les brigands et les assassins de la ville. Il envoya 
son lieutenant, et avec lui des hommes criminels et sanguinaires, 
les notables du pays, des paysans scélérats et sans pitié. Celui-ci 
réunit parmi les campagnards une troupe nombreuse armée de 
lances et de frondes et s'avança contre eux. Les paysans de leur 
côté firent beaucoup de mal à tous les assassins et à tous les 
^•oleurs qui se trouvaient parmi eux, et ils firent subir à leurs 
frères des maux tels que la hiiigue est impuissante i\ les narrer. 

Or, le lieu qui s'était révolté se trouvait dans les montagnes et 
dans la région septentrional(\ Il s'appelait Toutis. Le peuple était 
composé de Syriens et d'Ourtéens qui se partageaient la région, 
c'est-à-dire l'Arménie IV". Il y avait dans celte région un endroit 

1. Ra/.in. Cf. ci-dessus, p. 13{J, el ci-dessous, p. 17.i. 



Di-: DMNYs 1)1-: 'ii:iJ,-.M AMin'; 173 

(jiii fournissait du ploinl), (!<' r;ir^('iil (;L (l';iuli<'s Miiu«M'.'iis (l(^ fer. 
A (îiiusc (le la gi'andc (jalaniiu'- (pii s'<*'(ail ('nij);ir(''(^ dr loulc la tenu, 
d(^s lioiunu's se rass(Mnl)l(''n'nL m si pjraud iionibro dans cr lieu où 
il y a\;iil du |)l()uil>, (pic Tcudroil (l<'\ ini un vasUî (';ini|) cl (juc h; 
roi y iMal)lii mruic uu «^ounciiicui-. I )c lous lieux les Iiouiimos se 
l'cuuinMil. (Ml ('(M cudi'oil. et y crcusèi'CMit des fosstîs grandes et pro- 
fondes pour ('lierchcr lo plonil). [209] 

Or, l'ai'niéi^ dos paysans se dii'ig(^a vers le lieu qu(î nous avons 
désigné. Ils voulaient leur imposer la eontrilnuion. Mais Icîs gou- 
veiMK^urs persans ne voulurent pas y consentir. « La plupail 
(renlu^ eux, disaient-ils, sont dci votre j^ays; ils paient le trii>ul et 
l'impôt. » Ceux-ci ne se laissèrent pas convainon^; ils se dispo- 
sèrent h se battre avec acharnement et à piller tout ce qui appar- 
tenait aux autres. Les Perses donnèrent l'ordre à ceux qui habi- 
taient le camp de se préparer à les combattre et à les empêcher 
d'entrer près d'eux, s'ils ne voulaient pas être massacrés. 

Quand ceux qui n'étaient pas du camp fondirent sur eux et com- 
mencèrent à les tuer, tous ceux qui travaillaient le plomb pi-irent 
la fuite en présence du glaive. Comme on était encore en hiver, 
il y avait dans cette région une neige épaisse; la glace s'était 
môme fixée sur l'orifice des fosses, et les excavations qui étaient 
remplies d'eau à cause des neiges ne se reconnaissaient pas. Beau- 
coup d'hommes tombèrent en fuyant dans ces fossés et la plupart 
d'entre eux furent suffoqués et périrent ensevelis sous la glace au 
fond de ces excavations. Ils en tuèrent aussi beaucoup par le 
glaive; ils ne leur firent point grâce et les dépouillèrent. Ils 
pillèrent tout le camp. 

Que le propliète Jérémie vienne donc en personne et qu'il dise à 
ce propos^ : ((Tous nos ennemis ont ouvert leur bouche contre nous. 
Nous sommes dans la crainte, lefïroi, la fosse et la ruine. Mes 
yeux ont laissé couler des ruisseaux d'eau à cause du brisement 
de la fille de mon peuple. Mes ennemis, sans motif, m'ont pris à la 
chasse. Ma vie est tombée dans la fosse. Ils ont jeté sur moi des 
pierres. Les eaux ont débordé au-dessus de ma tête. » Qu'il ajoute 
encore ce qui fut dit par un autre' : (( Celui qui fuira à la voix de 
l'effroi tombera dans la fosse; celui qui s'échappera de la fosse 
tombera sous le glaive; celui qui évitera le glaive tombera dans la 
captivité. )) Rien de tout cela n'a manqué ici. [210] Les chrétiens 
n'eurent pas même pitié de leurs compagnons quiavaientété suffoqués 

1. T/ifcn., IH. 49-54. 

2. Is., XXIV, 18. 



174 CHUONIQUF. 

ou tués, et ne los retirèrent pas pour les enSevelir. Si par hasard ils 
en reliraient un. c'était pour le dépouiller de ses vêtements, et ils 
l'abandonnaient nu à rorifice de la fosse. 

Quant aux maux qu'ils firent dans cette contrée, il conviendrait 
de n'en point parler, d'abord parce que peut-être personne ne 
nous croira, à cause de leur malice; ensuite de peur que les païens 
n'en aient connaissance et ne disent que les chrétiens ne craignent 
point Dieu, puisque leurs œuvres sont pires que celles des mages. 
Cependant, afin de faire connaître quelles sont les causes qui ont 
amené sur nous cette calamité, pour que ceux qui verront nos 
œuvres prennent garde à eux, et aussi afin de montrer les miséri- 
cordes de Dieu qui supporte avec patience nos provocations et la 
multitude de nos malices, nous en dirons quelque chose. 

Ils s'avancèrent donc sur eux, et à cause de la neige abondante 
qui se trouvait sur la terre, ils ne purent s'enfuir. Et s'il arrivait 
qu'ils s'enfuissent, les autres allaient sur leurs traces, les trou- 
vaient et les jetaient dans la neige , eux , leurs biens , leurs 
femmes, leurs enfants. Ceux-ci tremblaient et devenaient pâles 
comme le sel, à cause de la rigueur du froid. Et au lieu d'avoir 
pitié d'eux, ils dépouillaient les hommes, les femmes, les enfants, 
et les laissaient nus, sans vêtement ni chaussures. Ils leur enle- 
vaient même leurs caleçons et ne craignaient pas de découvrir la 
nature. Ils commettaient même sans honte des impudicités sur 
leurs femmes et leurs filles, en présence les uns des autres. Le 
scélérat qui était à leur tête statua que tout ce qu'un homme saisi- 
rait appartiendrait à cet homme. En sorte que lui-même et ces 
brigands qui s'étaient adjoints à lui et étaient venus avec lui, 
purent satisfaire et accomplir leur convoitise et leur rage. 

Les paysans et leurs chefs étaient plus durs que les [21 1] païens 
et n'eurent pas la moindre pitié pour leurs frères. Ils firent subir 
leur malice à ceux qui étaient respectables aux yeux de tous. Ces 
détrousseurs de grands chemins détruisirent tous les objets à 
l'usage des hommes; ils consumèrent par le feu ceux qui étaient 
en bois, brisèrent ceux de terre, prirent joour eux-m.êmes ceux 
d'airain ou de fer. Ils ne hiissèrent ni lit, ni porte, ni vase, 
ni bassin, sans le détruire par le feu. Ils brisèrent les amphores, 
les outres, les marmites, les cruches. Ils burent du vin qui 
s'y trouvait autant qu'ils i)urent, et répandirent le reste à la 
surface de la terre. S'il arrivait qu'un récipient fût enfoncé dans 
le sol et qu'ils ne pussent le briser, l'un d'eux, saisissant sa 
lance, en perforait le fond, et le vin s'écoulait au sein de la terre. 
Ils firent de même pour le miel : ils en mangèrent tant qu'ils 



1)1-: Di'.N'Ys iH". ri:i.i.-MAinti': 17."» 

pur(MU(M. rvp;iii(liiviit, \i\ n^sW. sur la U^ri'c ils brisrrciil, les ruches 
(les iiIhmIIcs et l(»s ploii^ènMil, d:iiis r(Mii, de sorte (jn'(îlles |M'rin'ur, 
loilU^s. Ils (Uiroiil r;iii(l;u;e (le fiiii'e eelii pMi* l(^ conseil (1(^ S;it;ui qui 
leur t.ra(,'îi la voie pour en \(Miii' à rire pii-cs (pic les p;iïcns <pii se 
Irouvaienl parmi eux. llsoscreiil, inan<i;ei' iU' la viaii(l»M'l, du lio- 
niage peudaiU les saiiils jouis du e;irciue (;1. (ircul l)eaucou|) 
d'autres actions p(M'nieieus(îs. lui sorte (pie (piand le, hi iiit de e(; 
qu'ils avaient fait à leurs frères arriva jus(|u'à nous, n(jus fûmes 
plongés dans uno grand(i douleur, dans les pleurs et dans une pro- 
fonde angoisse, et nous nous ('^tonnâmes en voyant jus(iu'â (^uel 
point le Mauvais séduit les lionnnes. 

Ils osèrent même s'altaxpier à r('»glise qu'ils dépouillèrent; ils 
enlevèrent ses livres et tous les objets du culte sacré. Comme ils 
avaient renfermé leurs femmes dans les églises, les païens y 
entraient eux-mêmes et usaient d'elles au milieu des temples. C'est 
ici qu'il faut pleurer avec Jérémie et dire' : [212] « Sion, — c'est-à- 
dire la sainte Église, — a perdu sa beauté. Ses prêtres sont liumi 
liés, et elle-même est plongée dans l'amertume. L'ennemi s'est 
levé, l'oppresseur a porté la main sur toutes ses choses précieuses. 
Elle a vu entrer dans ton sanctuaire les Gentils que tu avais défendu 
de laisser entrer dans ton assemblée. » Et encore ^ : « Us ont 
humilié les femmes de Sion. » 

Ces calamités eurent lieu dans cette région. Ils emmenèrent les 
hommes enchaînés comme des assassins, rassemblèrent tout leur 
bétail et le conduisirent avec eux. Ils parcoururent ainsi de nom- 
breux villages, chassant les paysans, pillant et entraînant les 
habitants. 

Razin passa à Arzoun et à Maipherkat, et quand il vit le bri- 
gandage des gouverneurs de ces villes, il les condamna à de grands 
tourments et à de violents supplices; au point qu'ils furent ron- 
gés de vermine et moururent '. Il brisa leurs mains et leurs pieds 
dans des entraves, et il enleva tout ce qu'ils avaient pillé. 

Dieu les livra aux mains de ce cruel scélérat, et toutes les souil- 
lures qu'ils avaient commises retombèrent sur eux-mêmes. On 
disait d'eux qu'ils s'emparaient dans les rues des jeunes imberbes 
et les souillaient. Les scribes et les changeurs impies, qui étaient 
chrétiens, faisaient prendre et amener des jeunes filles qu'ils 
souillaient, aussi bien les filles du peuple que les filles des no- 



1. Tlircn., I, 6, 4, 9, 10. 

2. Thrcn., v, 2. 

3. Cf. Act., XII, 23. 



17G CIIRONIQUK 

tables. En vérité, ils n'avaient point do honte, et ne connaissaient 
point de réserve, ceux qui osèrent s'attaquer aux fiancées du Christ. 
Dieu les livra aux mains d'un plus méchant qu'eux-mêmes. « Le 
méchant tire vengeance du méchant, et le Seigneur d'eux deux. » 
Celui ci donc, ayant vu leurs œuvres mauvaises, les fit venir, 
leur perça les narines et leur mitun frein, comme aux chameaux; 
il [213] leur fit un trou au front, y suspendit des tablettes' et leur 

fit attacher des chaînes par lesquelles on les tirait. Celui il 

le livrait au valet pour qu'il le tournât en dérision sur la place 
publique. Il les jeta ensuite en prison. Il ne leur donnait du pain 
que pour leur conserver la vie. Il s'élevait de toute part de la mai- 
son dans laquelle ils étaient enfermés une odeur de putréfaction pire 
que celle d'un tombeau. .l'ai noté quelques-unes de ces choses afin 
qu'en les voyant les chefs placent Dieu en face de leur conscience, 
qu'ils n'agissent pas selon leur gré et contrairement à l'honnêteté ; 
et aussi afin qu'ils sachent qu'il y a une loi, même pour celui qui 
fait la loi, et qu'ils comprennent que le prince qui se conduit d'une 
manière déréglée perd promptement et rapidement le titre de 
prince, qui fait sa gloire, et reçoit en échange celui de tyran, qui 
est plein d'insanités; ce qui est le commencement de la démence. 



De la famine qui sécit sur les hommes; de la cruelle maladie 
et de la grande peste gui survinrent en cette année. 

Il est écrit dans le prophète' : a Voici que je nourrirai ce peuple 
d'absinthe, et je lui forai boire des eaux amères ; et je le disper- 
serai parmi des nations qu'il n'a point connues. J'enverrai après 
eux la faim, la peste, la captivité et le glaive. » 

Toutes les choses prédites par le prophète arrivèrent; et non pas 
moindres, mais bien plutôt pires. Il y eut une grande atlliction 
dans les pays du Sud, à cause de la sécheresse dont nous avons 
parlé plus haut. Toute la contrée méridionale et orientale fut sou- 
levée par la cruauté et la persécution de Mousa Il)n Mouç'ab. 
Leurs habitants envahirent la Mésopotamie. Les villages et les 
villes, les maisons et les champs vu furent remplis: au point qu'on 
ne pouvait circuler ou se fixer (|U(M(jue part à cause d'eux. Cela 
aggrava l'aflliction qui pesait sur [214] les pauvres et les ouvriers 
de la Mésopotamie, car personne ne leur donnait de salaire, personne 

1. En guise de jougs. 

l'. JKniÎM., IX, If), IG; cf. xxiii. 15 ; \xi\ . 10. 



DM I)i:nvs I)I-: ri:i,i, m aiiim': 177 

n'(Mii|)l()y;iil un seul d'tMili't' eux. Si ((ucliiii'im oUV.iit, de l.r;i\ .-lillcr 
;ui prix (le s;» siMile iioiiri'il.iii'c, il s'en troiiv.'iil. pai'iiii <'ii\, .'i,ul;int 
((u'oii voulait., (jiii coiisciitaicnl, .'i liMAaillci-, ;il()is iiiriiic ({u'oii m; 
leur (loiiiiail pas le pain suilisiiiiL Ils circulaicnl autour des iii;ii- 
sons, lioninirs vl It^nuics, (Mifanls et vieill.'Lrds, tout, l(i jour s.'ins 
cesser ; quand ils a[)(M'C(waicnt, (jU(dquo part u\ui porter ouverte, 
trente ou quarante d'entre eux s'y préeipilaiout à la fois. Au 
comniencement, tout le inonde leur faisait l'aumône. Mais quand 
la. f()ul(> de ees pauvres, de ces étrangers, de ces affamés, se 
fut accrue outre mesure, on c(^ssa de leur donner ; car les 
habitants craignaient de manquer eux-mêmes et do devenir 
plus malheureux que ceux-ci, et de plus, le gouverneur, par la 
fraude et le vol, avait enlevé tout le froment des propriétaires et 
l'avait fait vendre. Les pauvres eux-mêmes ne furent pas exempts 
de péché. Parmi eux, des jeunes gens valides se firent des vête- 
ments comme pour des lépreux, des infirmes, des aveugles, et 
avec une audace sans pudeur, ils circulaient courbés comme des 
infirmes et ils se jetaient sur celui qui ne leur donnait pas et le 
frappaient à mort. Un individu ne s'éloignait pas d'une porte avant 
d'avoir obtenu ce qu'il demandait. A cause de leurs imprécations, 
les hommes avaient peur d'ouvrir leurs portes. Les scélérats qui 
agissaient de la sorte descendaient ensuite au marché vendre le 
pain qu'ils avaient mendié et s'acheter de la viande et du vin. De 
sorte que les hommes, voyant cela, cessèrent de nouveau de 
secourir les pauvres ; mais ils tombèrent dans une grande 
afïliction, car les scélérats dépourvus d'humanité qui faisaient ces 
choses et considéraient cela comme un métier, [21 5J attaquèrent 
les maisons, les moulins et tous les endroits. Les habitants des 
diverses contrées de la Mésopotamie se réunirent et gagnèrent les 
villes à cause de la famine. Tout leur bien était vendu et personne 
ne voulait leur prêter. Ils mangèrent de la viande et du laitage 
pendant tout le carême. A cause du vil prix du bétail, partout on 
leur donnait de la viande tant qu'ils voulaient. En certains lieux 
cette famine s'aggrava sur les indigènes, à cause de la multitude 
des étrangers, au point qu'ils s'attaquèrent aux cadavres des 
morts. 

Les étrangers qui avaient abandonné leur pays à cause de la 
■ famine, pour ne pas 5^ périr, étaient précédés, accompagnés et 
suivis, partout où ils allaient et venaient, du glaive et de la 
peste. 

Ils mangèrent l'amertume, ils burent le fiel, ils furent dispersés 
au milieu des nations qu'ils ne connaissaient point. [Dieu] envoya 

12 



178 cHiiOMQUi!: 

après eux le {glaive, la captivité, la famine et la peste, jusqu'à ce 
qu'ils fussent consumés'. 

Us furent plongés dans cette aflliction tout le temps de l'hiver. 
Quand les jours un peu plus chauds arrivèrent et qu'on commença 
à apercevoir de l'herbe, ils se précipitèrent sur la verdure* des 
champs et s'en rassasièrent à la manière des bêtes. Ils en re- 
cueillaient qu'ils apportaient au marché et qu'ils vendaient pour 
s'acheter du pain. Leur couleur était celle de l'herbe verte. Ils 
n'en étaient point rassasiés, comme le sont les bestiaux. 

En eux fut accompli ce que dit le prophète*': « Tu mangeras et 
n'en seras point rassasié; car la dyssenterie sera au milieu de toi. » 
Il en fut ainsi maintenant. Ceux-ci mangeaient et n'étaient point 
rassasiés. Ils tombèient tous dans la maladie des entrailles ; les 
portiques, les marchés, le devant des boutiques, les tours, les édi- 
flccs^ tous les lieux étaient remplis par eux. 

Ensuite plusieurs maladies diverses s'emparèrent d'eux: [216] 
les ulcères, les pustules, le mal du ventre, le mal des yeux, la fièvre, 
sans parler d'autres maladies comme les dartres et la rougeole* et 
plusieurs autres qu'on ne connaît pas. Les hémorrhoïdes et l'hydro- 
pisie furent très fréquentes. 

Nous entendîmes dire qu'il y avait à Mossoul une maladie 
dans laquelle la tête de ceux qui en étaient atteints se tuméfiait, 
puis ils tombaient promptement et mouraient, au point qu'on ne 
suffisait pas à les ensevelir. Nous regardions cela comme une fable; 
mais la chose ne tarda pas à arriver chez nous. Ce mal se répandit 
peu à peu dans les villes de la région inférieure et arriva jus(ju'à 
nous. Voici comment la chose se passait. Il s'emparait d'abord du 
sommet delà tête, puis il progressait peu à peu et descendait jus- 
qu'au cœur qu'il saisissait. Alors l'esprit éiail troublé; l'éclat des 
yeux disparaissait, l'individu perdait connaissance et demeurait 
immobile comme un mort. Il restait ainsi de longs jours privé de 
toute connaissance humaine. Si l'homme qui était frappé de ce mal 

1. Cf Ji':iii-;.M., xxiv, 10. 

'^. Le mot signifie propromcnt /''//az/JP^ ; mais il semble qu'on doive lui 
donner ici un sens plus large. 

3. Micu., VI, 14. 

4. Ces (IfMix expressions rendeiU approximativement le texte. Le mot 
Uirnifta ( r:z: Oloao; ) signifie hi/iin, et le mol iiardin signifie Icofturd (ou 
(//'(lins ei partieulirremeni ;f/-ains de ijt-vnadc]. Il s'agit donc en premier lieu 
d'une njaladie «jui tachelail la peau; peul-rlre les dartres ou la variole, 
tenant au nom de la seooM<le maladie, le ms. porte har saniô qu'il faudrait 
peut être c.)rrigei' en Ou/' souindja, liii. le fils, de La /'oicjcu/'. c'est-à-dire 
la rougeole. 



1)1-: 1)|-:nys di-: 'ii:i,i, mai.iim': 170 

iKî fM,is;iit p;is sou l(*sl,;iin('nt (1rs le premier ou le second jour, il ne 
lui éUiil, plus possible ensuite de le fiiire. S'il arrivait (|u'aprês 
(iuel([ue temps il retrouvât ses sens et l'usage de la parole, il s'é- 
veillait eomme d'un profond sommeil, m; sa(di.iut p.'is niAinr; s'il 
avait été malade, et, si la faiblesse de sou eorps \(\ lui permettait, il 
se levait. 

Ce mal s'cMuparait du môme individu plus de eiuq ou six fois. Il 
y en avait qui sueeombaient dès la première ou la, seconde attaque, 
mais il y eu avait aussi qui frappés plus d(î cinq fois étaient en- 
core repris par le mal. Sur beaucoup de ceux ((ui étaient atteints, 
il poussait des bubons blancs qui se desséchaient après un jour ou 
deux, puis des rougeurs qui disparaissaient aussi, et alors appa- 
raissaient des taches livides. Et quand on avait supporté toute cette 
infirmité [21 7J pondant longtemps et qu'on se croyait sur le point de 
recouvrer la santé, on était pris par le ventre. Celui qui échappait à 
ce mal était saisi par les pustules et les dartres(?). On trouvait quatre 
ou cinq individus qui gisaient dans un même lieu, ayant chacun une 
maladie différente : car la maladie de l'un ne ressemblait pas à celle 
des autres. On en trouvait qui soufïraient des pustules, du ventre, 
des bubons, des hémorrhoïdes, de ce mal qui trouble le cœur: 
toutes ces maladies se trouvaient à la fois sur le môme individu. Et 
après avoir souffert tout cela il tombait mort; car la faim et la soif 
le torturaient plus vivement que ces maladies. Ils gisaient dans les 
portiques, les édifices, les églises, les tours, les marchés : ils étaient 
étendus sur le fumier, accablés de diverses maladies. D'autres, 
poussés par la faim, circulaient dans les villes. Ils se tenaient près 
d'une porte jusqu'à dix, vingt ou trente à la fois, affligés les uns de 
pustules, les autres d'ulcères, les uns souffrant du ventre, les 
autres d'autres maladies. Et tandis que ces calamités tombaient sur 
leurs corps, la cruelle affliction de la faim et de la soif les obligeait 
à se traîner sur les mains et les pieds pour demander du pain de 
tous côtés, alors que ceux mêmes qui étaient disposés à faire l'au- 
mône ne suffisaient pas à donnera ceux qui venaient à leurs portes. 
A cause de la multitude de ceux qui allaient dans les maisons, ceux 
qui gisaient dans les rues étaient opprimés par la faim et la soif. 
« Ils seront jetés sur les rues de Jérusalem par le glaive, la famine 
et la peste, et il n'y aura personne pour les ensevelir, eux, leurs 
femmes et leurs enfants. [218] Je répandrai sur eux leur propre 
malice. Si tu sors dans les champs, voici des tués par le glaive ; 
si tu entres dans le village, voici des exténués de faim\ )) 

% 

1. JlÎRÉM., XIV, 16, 13. 



180 rnn(^NiQi:K 

Celte maladie s'abattit sur l(^s villes, et l(^s habitants commen- 
cèrent à succomber comme des sauterelles. On redoutait d'y entrer 
par crainte tant de l'aufoiité que des maladies et de la peste. Ils 
se jetèrent sur les hommes, attaquèrent les routes et détroussèrent 
les passants. Ils se jetaient sur eux, les pillaient, les dépouillaient, 
les tuaient, non pas tant pour courir après l'or ou l'argent que pour 
avoir du pain ; de sorte que beaucoup d'hommes furent tués parce 
que l'un d'eux portait et conduisait aux siens de la farine ou du 
froment. Pour un c/rp/dza ou cinq'...., ils versaient sans pitié le 
san£2: d'un homme. 

Des contrées entières osèrent envahir et piller d'autres contrées, 
couper les routes et dévaliser les passants. La couleur de ces gens, 
quand ils abandonnaient leur pays, était comme celle de l'herbe 
verte. Ils allaient vendre le fruit de leur travail pour s'acheter du 
pain; ils en mangeaient sans mesure et bien tôt tombaient aux portes 
de la mort. Parfois, tandis que l'un d'entre eux tenait le pain dans 
sa main et mangeait, il devenait noir comme un sac, se repliait en 
arrière, tombait et rendait l'âme. Cela arriva à beaucoup d'entre eux. 
Ils commencèrent à mourir en si grand nombre que les hommes ne 
pouvaient sufhre à les ensevelir pendant tout le jour. 

Dieu n'abandonna pas les i)auvres. Sa bonté et sa miséricorde 
s'étendit sur eux. Ils furent saisis et tombèrent les premiers dans 
cette maladie, au point que les rues et tous les lieux en étaient infec- 
tés. Ainsi à ce nioment où les hommes possédaient encore quelque 
chose, [219] chacun prenait soin d'eux selon ses moyens. Ceux 
d'entre eux qui mouraient étaient ensevelis avec grand honneur. 
Les habitants apportaient des cercueils et des linceuls dont ils les 
revêtaient; ils les accompagnaient et les déposaient dans leurs 
propres tombeaux, au milieu des oflices et des psaumes, comme il 
convient à des chrétiens. Ils rassemblèrent aussi ceux qui étaient 
frappés et gisaient dans les rues, accablés par la maladie, la faim 
et la soif; ils les firent (Mitrer dans un grand édifice, où ilsétablirent 
quelqu'un pour prendre soin d'eux. Chacun selon sa force les 
prenait et les transportait. Mais quand la calamité envahit le pays, 
tous furent également dans le besoin. Ceux qui avaient été riches 
étaient devenus des mendiants. « Ceux qui se nourrissaient déli- 
cieusement sont maint(Miant étendus dans les rues ; ceux qui ont 
grandi dans la pourpre dorment maintenant sur les immon- 
dices ^» 

1. Le nom de la mesure est cmis dans le nisc. » 

il'. Thrcn.. iv, 5. 



DK l)l:N^s iH'! ri:i,i. -M ai.iim': 181 

\,r iik'muc proplK'l.»' .)<''r(''iiii(' ajoiilc' : (( l-cur face, c.^l (Icvciiii.; 
plus noue (pic (les (•h;irl)()iis ; ils n'oiit. p;is ('.t('' rccormiis sur h*s 
phuu'S pul)li(pu's; leur peau s'rsl .'iIImcIk''' :'i, leurs os, clNr s'est 
(losscc-luHM'l, <'st devenue eouuue du l)«)is. Plus heureux ceux (|ui 
ont (Hô tuôs p;ir lo {^I.'un'o (pie ceux (pli sont morts de f;iiin; p;iree 
(prils oui ('té consumés, comme ceux (pii on! éié fi;ipp('s et sont 
étendus dans h^s cluimps. » 

Ainsi en étail-ii de ceux (pii fuient atteints par ces maladies; car 
ils furent enlevés des mes et ensevelis. Le flc'^au s'emp;u"a, des s(}i- 
«>neurs des \ illes, et ils lomhc'KMit Ions à la fois, jjjrands et petits, 
(Mifants (^l vieillai'ds, j(Mines gens et j(!unes (illes. Do sorl(! (pie si 
vous entriez dans vingt maisons, à peine trouviez vous un homme 
qui put donner de l'eau à son voisin. Tous gisai(Mit comme morts, 
incapal)l(*s de discerner le bien du mal. 

De même qu'on a dit plus Iniut qu'il n'y avait pas une; maison dans 
laquelle il n'y eût des morts, de môme ici on peut dire qu'il n'y avait 
pas de maison, [220] pas même une seule, dans laquelle il n'y 
eût des malades. Et on peut ajouter avec Jérémie' : (( La langue 
de l'enfant à la mamelle s'est attachée à son palais par la soif; les 
petits enfants ont demandé du pain, et il n'y avait personne pour 
le rompre et le leur donner. » 

En effet, s'il restait dans une maison une ou deux personnes qui 
ne fussent pas frappées de maladie, elles gisaient étendues par la 
faim qui les faisait souffrir plus que ceux qui étaient malades; car 
il n'y .avait personne pour leur faire et leur cuire du pain. Ceux 
qui gisaient étendus par les diverses maladies, souffraient, eux 
aussi, de la faim et de la soif; car les gens étaient trop affaiblis pour 
pouvoir se lever et donner de l'eau aux autres. 

Le fléau s'aggrava et la peste commença à sévir parmi eux : de 
sorte qu'on enterrait en un seul jour deux ou trois personnes de la 
même maison. On emportait à la fois dans un même cercueil la 
mère et sa fille, le père et son fils, ou les deux frères ensemble. 
Deux frères étaient enterrés en même temps, l'un d'un côté de la 
ville, l'autre de l'autre côté; on apportait leurs cercueils, on les 
réunissait ensemble, on les conduisait au tombeau et on les plaçait 
l'un sur l'autre; et souvent, au même moment, il arrivait que leurs 
parents rendaient le dernier soupir. 

Le mal s'appesantit sur les notables et les chefs de famille. 
Tous les prêtres de l'église d'Amida succombèrent dans cette peste. 

1. Thrcn., IV, (S, U 

2. Thrcn., iv. 4. 



182 CHRONIQUE 

Le fléau commença à se répandre peu à peu et à sortir des ville 
pour envahir leurs environs. Il tomba sur les campagnes; et comme 
il avait fait dans les villes, ainsi fit-il <à l'extérieur. 

Ici fut accomplie la parole d'isaïe' : « Tu as bu de la main du 
Seigneur le calice de sa colère ; tu as bu et épuisé le calice du 
tremblement. De tous les fils que tu as mis au monde il n'en est pas 
qui te soutienne; de tous les fils qu'elle a élevés il n'en est pas qui 
prenne sa main. Deux maux sont tombés sur toi : qui s'attristera 
sur toi? Le pillage et la destruction, la faim et le glaive : qui te 
consolera? Tes fils [221] ont été jetés par terre. Ils dorment dans 
tous les carrefours, semblables k la bette fanée, pleins de l'indi- 
gnation du Seigneur et de la réprimande de ton Dieu. » 

La couleur de tous les hommes qui échappèrent à cette maladie 
était, en efïet, celle de la bette fanée parla gelée. Ils étaient tous 
chauves, de sorte que le moine et le prêtre ne se distinguaient que 
par leurs vêtements. On ne pouvait distinguer un prêtre d'un 
séculier: car ils étaient également rasés. La vue et l'ouïe s'affaibli- 
rent et ne reprirent leur force que longtemps après. Tant que l'été 
dura, cette maladie s'aggrava. 

Quand arriva l'époque de la moisson dans le Beit'Arabayé, tout 
le peuple de la contrée septentrionale, même les étrangers, s'as- 
sembla pour descendre moissonner, au seul prix de leur pain. 
Les femmes et les serviteurs descendirent aussi. C'est l'habitude 
chez ce peuple du Nord que les jeunes gens descendent moissonner ; 
mais à cette époque, les vieillards et les serviteurs, les femmes et 
les enfants descendirent, à cause de la grande calamité qui pesait 
alors sur eux. 

Lors donc qu'ils furent descendus et eurent mangé du pain h 
satiété, tous tombèrent dans diverses maladies. En sorte que les 
routes et les chemins, les hauteurs et les bas fonds en étaient 
remplis; à la ville, à la campagne, partout, ils tombaient comme la 
sauterelle. 

Ils n'avaient d'autre salaire que le pain nécessaire à cha?un 
d'eux. Beaucoup, dit-on, s'en allaient dans les champs, etdês qu'ils 
avaient mangé et étaient rassasiés, ils tombaient morts. De sorte 
qu'il en sortiiit vingt et en rentrait cinq. Quand les propriétaires 
de la moisson apprirent cela, ils iw laissèrent plus entrer dans leurs 
champs que ceux fjui ax.iimt bonne» niim» et étaient valides. Ils 
leur donnaient pour salaire cin(| oboles par jour, ou tout au plus[222] 
dix. Ainsi, les hommes firent moissonner leur moisson (pii était 

1. Is., Li, 17-20. 



Di'. I)i;nvs di; 'ii:i.r.-M \nin': \^'\ 

al)on<l.'i.nl(\ sniiv; piti<^ pour l<'S forces de ces iiimIIkmhvmix ; (!l ils iio t 
loui" (lomi.iiVut p;is lurmc du p;i,iii sec, ;ï s;ili(Hô, non p;is à f^nuso du 
l:i (lisctlc, iM.iis parct» qu'ils avaicul niauvais voulf)ir. 

Noms fcM'ons aussi counailn» les uiaux ciius(''S i)ai' les liouinics, ai 
la violalion dos s('puliui't'S cl [la spoliation] des dôfuiUs. 



Do la Piolation (lo>i tomhrai/r cl do la apoUalinn des flrfitnls. 

Le prophète Jéréinie nous a prédit le renversement des tombeaux. 
Il a parlé d(^ la dispersion de leurs ossements comme le fumier à 
la l'ace de la terre, sans personne pour les recueillir. (( En ce temps- 
là, dit le Seigneur, on jettera les os des rois de Juda, et les os de 
ses princes, et les os de ses prêtres, et les os des prophètes, et les os 
des habitants de Jérusalem hors de leurs sépulcres; on les exposera 
au soleil, à la lune, à toute la milice céleste, qu'ils ont 
aimés, servis, suivis, recherchés et adorés. Ils ne seront point 
recueillis ni ensevelis; comme un fumier, ils seront sur la face 
de la terre ^ . )) 

Satan s'est attaqué vivement à nous, à cause de nos péchés, qui 
sont plus nombreux que les siècles, les temps et les nombres 
nombreux, et qui ont fait que nous avons subi cela. 

Ils retournèrent les hommes et jetèrent sans pitié leurs ossements 
hors des tombeaux. Comme un homme tire une pierre de la maison 
et la jette dehors: ainsi tiraient-ils et jetaient-ils leurs ossements 
hors de leurs tombeaux. Ils ne se préoccupaient point de les remettre 
en place quand ils avaient satisfait sur eux leur rage et leur ava- 
rice. S'il se trouvait des hommes vertueux et craignant Dieu pour 
les blâmer à cause de cette malice, de cette iniquité, [223] de cette 
impiété, ils disaient: (( Quel mal faisons-nous? » ou bien: « Où 
prendre pour donner [l'impôt] ? » Lorsqu'on leur demandait : 
(( Trouvez-vous quelque chose ? )) ils répondaient aussitôt, d'accord 
avec les paroles de Satan leur père et leur chef : « Nous trouvons. » 
Et quand on en interrogeait un : « Toi-même, qu'as-tu trouvé? » il 
disait : « Moi, je n'ai encore rien trouvé; mais un tel a trouvé tant 
et tant de pendants d'oreilles, de ceintures, de colliers d'or; et dans 
tel village on a retiré tant d'or ou d'argent. » Satan leur apprenait 
à dire ces paroles futiles, pour leur honte. Et quand on interro- 
geait celui que 1 on prétendaitavoirfait une découverte, sa trouvaille 

1. Jkk , viii, 1, 2. 



184 CHROMQIE 

était ou un pendant d'oreille en cuivre ou une ceinture de fer. 
Telles étaient leurs découvertes; mais Satan, au moyen de ses 
ouvriers, les proclamait des merveilles par milliers et par myriades, 
afin que tout le monde s'associât à lui dans cette impiété. 11 leur 
donna pour récompense le feu de l'enfer. 

Comme les générations fidèles des temps passés lui avaient 
résisté et qu'il n'avait pu exercer ses desseins sur elles pendant leur 
vie, ses ministres le satisfirent et accomplirent maintenant ses 
désirs en dispersant leurs ossements. L'ennemi de tout bien se 
joua de nous et de nos ancêtres : de ceux-ci, parce que leurs 
ossements furent dispersés; de nous, parce que nous accomplîmes 
nous-mêmes cette œuvre. 

De même que ceux-là avaient succombé à divers fléaux : de 
même diverses maladies tombèrent sur les hommes, et la parole 
de l'Écriture disant que quand les tombeaux sont ouverts, de nom- 
breuses pestes envahissent les villes, s'accomplit. 

Par suite de la grande liberté que les hommes avaient prise de 
violer les sépulcres, ils en vinrent à spolier même les morts que 
l'on ensevelissait actuellement. Au point que quand les ensevelis- 
seurs enterraient un mort et retournaient [224] chercher son voisin, 
lorsqu'ils revenaient, le premier était déjà dépouillé. Ils retournaient 
de même les fosses des Arabes et des Juifs. Quand ils avaient 
spolié un mort, il l'enterraient de nouveau pour qu'on ne s'en apercent 
pas, ou ils l'abandonnaient nu, étendu sur sa face, et s'en allaient. 
Aussi, dès que les gens s'aperçurent de cela, soit parce qu'ils sur- 
prirent quelques-uns des violateurs de sépultures, soit parce qu'ils 
trouvèrent les objets des défunts chez eux, ils ne laissèrent plus le 
mort qui venait d'être enseveli sans gardien, ni jour ni nuit, 
jusqu'à ce qu'il tombât en putréfaction. Us couvraient de chaux, 
jusqu'à ce qu'ils fussent dévorés par la teigne, les vêlements précieux 
dans lesquels il était enveloppé, et les imbibaient d'huile de cèdre. 
Pour ce motif, il y avait de nombreux veilleurs au milieu des 
cimetières des Syriens, des Arabes et des Juifs ; car ils n'abandon- 
naient pas un mort sans gardien avant qu'il tombât en pourriture 
et en j)utréfaction. Ces scélérats et ces voleurs n'épargnaient jvis 
même un pauvre qui avait été enseveli avec une chemise usée ou 
un lambeau de vêtement. 

Nous trouvons meiiiion dans le ])ro[)hète d(^ la violation des 
sépultures, mais non |)as de l.i spoliation des morts. Mais nous 
autres, nous avons suipassé par nos impiétés et nos iniquités tous 
les maux mentionnés et non mentionnés dans les Ecritures. Con- 
fessons donc la bonté incommensurable et incompréhensible du 



Kl': DKNYS i)i: ri:ij,-M.\i.ii{i'; 18.") 

S('i;^iU'ui' \is à-vis de ses ciir.iiils l'îgarôs, qui supporlo nos [)r(jvoca- 
tioiis et kl grimdcur de noirr. in.ilicc. 



J)(^ l(( (h'striiction raiisr<! par la prsic, ci des bries /t'/'occs 

qui aortii-cnt cnstiitc 

Apivs (juc Jioiis l'ûincs lombc^s dans tonio cette im|)i(''l('' et dnris 
toutes les iiii(|iii(és détestables : dans le niensonp;o, dans la rapine, 
dans le pillage mutuel, dans la, calomnie, dans la médisance [225] et 
le brigandage, dans Tadullèie, dans \() vol, dans lt>faux t('inoignage, 
dans l'assassinat, dans les dénonciations réeipio(iuos, les maux com- 
mencèrent à nous envimnner de toutes parts. Nous n'avons pas fait 
pénitence et nous ne nous sommes pas tournés vers le Seigneur, 
mais nous avons remué de leur place les morts qui dormaient; alors, 
le Seigneur se tourna vers nos ceuvros. Dieu nous abandonna et 
tous les maux se réunirent contre nous, comme dit le prophète^ • 
(( J'assemblerai sur eux tous les maux; je les livrerai en proie à mes 
traits; ils périront de faim, ils seront livrés à l'esprit du mal. Je les 
livrerai à l'oiseau de proie, et j'exciterai contre eux la bêle féroce. 
Le glaive les ravagera au dehors ; au dedans, la frayeur. » — 
Isaïe a dit aussi- : (( Il sera en même temps abandonné aux oiseaux 
des montagnes et aux bêtes de la terre : et les oiseaux se rassem- 
bleront autour de lui, et les bêtes de la terre s'irriteront contre 
lui. )) — llabacuc a dit': « Tu seras rassasié de mépris au lieu de 
gloire. Bois, toi aussi, et sois assoupi. Le calice de la droite du 
Seigneur t'environnera et le mépris couvrira ta gloire; car l'iniquité 
du Liban te couvrira, et le ravage des animaux t'étourdira à 
cause du sang de l'iionmie et du ravage de la contrée, de la ville et 
de ses habitants. » — Saint Jérémie dit encore'' : « Chasse-les de 
ma présence, et qu'ils s'en aillent. Que s'ils te disent: Où irons- 
nous? tu leur diras: Voici ce que dit le Seigneur : A la mort celui 
qui [est destiné] à la mort; au glaive celui qui [est destiné] au 
glaive; à la famine celui qui [est destiné] à la famine; à la 
captivité celui qui [est destiné] à la captivité. J'enverrai sur eux, dit 
le Seigneur, quatre fléaux: le glaive pour tuer, les chiens pour 
déchirer, les oiseaux du ciel et les bêtes de la terre pour dévorer et 
mettre en pièces; et je les livrerai au tremblement. » Et de nouveau 

1. Deut., XX XH, 23-25. 

2. Is., x\ m, 6. 

3. Hab., II, 16, 17. 

4. Jihi., XV, 1-4. 



186 CIIKOMQLK 

il dit' : « Si tu sors dans les champs, voici des tués par le glaive; 
si tu enln^s dans le village, voici des morts de faim. )) 

Lorsque les maux se furent multipliés à cause du gouverneur, de 
la disette, de la famine, de la peste, des diverses maladies [226] qui 
fondirent sur les hommes, ceux-ci abandonnèrent leurs maisons 
et allèrent se fixer dans les montagnes et les vallées. Là, ils péris- 
saient comme la sauterelle, de la faim, de la peste, du froid, et ils 
étaient dévorés par les oiseaux et les animaux, sans personne pour 
les ensevelir. 

Cette peste s'appesantit sur les contrées inférieures et désola toute 
cette région. De sorte que des cours où il y avait eu quarante ou 
cinquante personnes restèrent sans un sc^ul habitant. A Mossoul, on 
sortait de la ville plus de mille cercueils par jour. Dans la région 
de Xisibe, plusieurs villages qui étaient devenus importants furent 
totalement ruinés. Tous les grands d(^ la contrée moururent. Cette 
peste fit surtout périr les prêtres des villes et des campagnes. Dans 
le monastère de Qartamin, quatre-vingt-quinze hommes périrent de 
cette peste, surtout les notables; dans le monastère de MarÇaliba', 
tous les supérieurs moururent. Les champs, les villages, les 
grandes cours des villes restèrent déserts. 

Après cette peste [on vit] certains animaux, elfrayants et 
terribles, qui n'avaient peur de rien. Ils ne s'enfuyaient pas devant 
les hommes et n'avaient pas peur d'eux; ils en firent périr un grand 
noniI)re. Ils ressemblaient quelque peu à des loups, mais ils en 
différaient en ce que leur museau était petit et long; ils avaient de 
grandes oreilles comme les chevaux. Le poil (jui était sur leur 
épine dorsale ressemblait k des soies de porc; il était long et 
redressé en haut. Ces animaux firent de grands ravages parmi les 
hommes dans le Tour 'Abdin. On disait qu'ils avaient dévoré dans 
un certain village plus décent personnes, et dans beaucoup d'autres, 
vingt, quarante, cinquante. [227] L(*s hommes ne pouvaient 
rien contre eux, (H ils n'avaiiMit point peur. Si par hasard quelques 
hommes en poursuivaient un, ils ne l'effrayaient aucunement et 
l'animal ne s'enfuyait point devant eux, mais il se retournait contre 
ceux-ci qui lâchaient leurs armes; il sautait sur eux et les mettait 
en pièces. Ils entraient dans les maisons et les cours, enlevaient les 
enfants ' et sortaient sans (jue [)ei'S()nne |(mu' r(>sist;"il. Ils montaient 

1. Jki:.. mv. 18. 

2. Ou couvent de l,i <'ri>i.r. Il y a iihisiours niona.stôres de ce nom. Luii 
d'iMix. — probat)lomciU celui dont il est ici que*Jtion, — se trouvait près de 
Hah. dans le Tour '.Mxlin. Cf. R.\u IIkîim., chrnn. rrrlcs., FI. :^22 ; I, ô(V.>, n. 

A. Dans le sens du laiin fuivr. 



IH'l DI-.NVS dp: 'Ci:!.!, M Mil!!': 1K7 

la nuit sur los Kmm'.-isscs, tMiIev.-iicMJl les cufaiils de leur lil <'l (Icscrii- 
d;ii(Mit sans ((uo pcrsoniK! pûl s'y ojjposcr. Les cliiciis (mix-mk'mik'S 
n'.'iboyaioJil [)oinl (rontrn (uix. De soi-tc (|ii(', pour ce. inolif, la coiilnM» 
subit uiK» ôpr(Mivo aiiH^'in» vi \)\\\s (\[\n\ (pic toutes celles (piVllc nvail 
supp()i't('(vs. l)(Mi\ ou trois lioiuiut's iic p()U\ a irni, ('ir<'ul(!i' ('iiseiiil)l('. 
( )n Ui' voyait plus (i(3 bétail dans h» pays, car tout avait éU' (b'von''. 
(,)uau(l, en ed'et, l'un d(» ces animaux envahissait un troupeau de 
chèvres ou de moulons, il en enlevail, plusieurs. 

Et que dire à propos d(3 ce cruel lléau, si ce n'(!sl (ju il nous fut 
envoyé par Dieu? Car il est uianifeste pour tout le moiuhî ((u'ils 
avaient recju de Dieu cette foi'('(\ puistpn^ ni les clii(ms, ni les 
hommes ne pouxaieni nuire à un s(;ul d'entre eux. 

Il a dit : u J'assemblerai sur eux tous les maux'. » Voici les 
châtiments impitoyal)les du iril)ut, d(3 la fuiu^ d'un lieu dans un 
autre. Voici encore la famine, la peste, les diverses maladies. 
Voici la rapine, le pillage que se font mututdlement des pays 
voisins. Non seulement tout le bétail a péri cette année, mais voici 
les oiseaux de proie qui, partout, dévorent les cadavres des hommes 
qui gisent sans sépulture. Et a\'ec tout cela, voici encore les bêtes 
féroces ! 

Ces animaux passèrent dans l'Ar/.anène et firent de grands ra- 
vages dans chaque village, [228] ainsi que dans la contrée de Mai- 
pherkat, et sur le mont Çahia. A Amida, ils causèrent quelques 
dommages. 

(( Et par tout cela la colère du Seigneur n'a pas été détournée de 
nous; mais il a de nouveau étendu sa main^ » Cependant, s'il n'a 
pas écarté sa verge, c'est que nous ne nous sommes pas écartés 
nous-mêmes de nos œuvres détestables, mais nous y avons ajouté, 
et nous les avons plusieurs fois doublées. De sorte que nos méfaits 
se sont succédé sans interruption, et le Seigneur a de nouveau 
étendu sa main pour nous corriger. 

[// mangue ici un ou plusieurs feuillets dans le manuscrit.] 

Ils s'emparaient aussi des Arabes et des Syriens à propos des 
héritages etles vexaient cruellement et amèrement. Ils n'admettaient 
point la parenté selon ce qui est écrit dans la loi des rois ; ni qu'on 
établît d'héritiers, excepté le fils [qui pouvait faire héritier] son 
père, le père son fils, Toncle son neveu, et le neveu son oncle. 

1. Deut., xxxn. 23. 

2. Is., V, 25. 



188 CIIRONIQUK 

On (échappait avoc difficulté à ces bétes féroces. Le prophète 
Joël dit. en effet ' : « Ses dents sont comme les dents d'un lion, et ses 
molaires comme les molaires d'un lionceau. Il a réduit ma vigne 
en un désert; il a arraché mon figuier, l'a jeté par terre, l'a décor- 
tiqué, et ses rameaux sont devenus blancs. » 

Ici, il arriv.i que ce que il enleva, et ce qui resta fut 

extorqué par l'émir préposé aux héritages. Il dépouilla les hommes, 
et leurs rejetons blanchirent dénués de tout. 



Sixièmi'ineni : de In mort de Vèinir d'Amida ; du, lirre qui avait 
été rt'dicjé ; du soulaf/ement qui en rènulta pour les notablea du 
par/s qui étaient eniprinonnês. 

Le temps nous fait défaut pour raconter les ninux qui survinrent 
à Amida en cette année, car elle souffrit alors de cette calamité 
plus que toutes les autres villes. [229] Mais comme la tribulation 
n'est encore qu'au début et n'a pas pris fin, je parlerai du commen- 
cement de ce fléau. 

Nous amènerons saint Isaïe, — car il a vu d'avance ces maux 
et il est plus éloquent que nous, — et avec lui son collègue Jérémie, 
afin que « le discours soit confirmé par la bouche de deux 
témoins- ». 

f( La ville a été remplie do clameurs, la cité fortifiée a été rem- 
plie de cris, ('eux des tiens qui ont été tués ne sont pas tués par le 
glaive, ni mon s nu combat. Tous tes princes ont fui ensemble ce 
IhViu, et ils ont été enchaînés. Ceux qui s'étaient rassemblés au 
milieu de toi ont été garrottés, le reste s'est enfui au loin. A cause 
de cela j'ai dit: Laissez-moi pleurer amèrement la dévastation 
de la fille de mon peuple; car c'est un jour de pleurs, de clameurs, 
d(; pi(»tin('mriit, de lamentation. Et le Seigneur des armées [vous] 
invitc^ra en ce joui'-là à pleurer, à gémir, à raser [vos] cheveux, à 
revêtir \{\ sac''. » Sur\ienu(* encore le proj51iète Jérémie [dont les 
paroles mieux que celles d'aucun nutie] expriment la douleur et la 
Inmentation. « Je succombe à ma douleur, mon cceur est triste en 
moi-même. Voici la voix de la lille de mon peuple qui s'élève d'une 
terre lointaine. Je suis contristé à cause du brisement de la fille de 
mon peup](\, et la stupeur s'est (Mu parée de moi, car la guérison de 

1 . ^()V^.. I. fi. 7 
•2. fh'ur .. MX. l.i. 
:^. Is.. Nxii, -2-0, U 



|)i: DMNYS l)i: l'I'.I.I. MAHKl': ISI) 

l;i lilh; de mon priiplc n'csl. pMs p.iil.iilc. (»hii (loiinrr.i :'i iii;i. u'-lc 
(le rcaii cl ;'i, mes \(mi\ iiiif loiil.iiiic de l.iriiics. d. je plciiici'ai joui' 
cl, iiuil sur le Idisciiiciil, (l(; l;i (illc de mou |)cu|)l<'? i)\\\ me l.iis^cr.i. 
(Unis le (h'seil, (l;iiis \\\\i) c,;il);mo (le voyageur, vX j'abandoDiiei'a i 
inoii peuple, cl, je me rclii'crai d'eux, (;ai' tous soiil, ;i<lLill(;r(;s, cL 
imc assciubh'c de. hkmiIcui's? Ils oui, lauc(' leurs langues comme 
avec un arc; ils s(^ soûl, forlilics sut* la Ici-re |)ai' le mensonge ri 
non par la (idc'dilê, pare(> (|ii'ils oui, pass('' d'uu uial à nu aulrc lual 
et qu'ils n'ont pas coiniu le Sci<j;ncur'. » 

C'es maux et (1(^ [)ii'es eucorc^ s;^ mulliplièrent <m e(»ne ann(''o à 
Amida, ville de laMcsopotauiie, |230] j)ai' le l'ail de cet émir indigne 
et despote qui y était veini. 

Or, il arriva ({u'un gouverneui-, originaire de Callinice et nommé 
Mabdoul, s'y rendit. C'était un homme impie, avare, (jui ne se 

préoccupait point de Dieu dans ses actions. Ainsi. ce Mabdoul 

dans 



[Ici coniinc/ice le rcfso (l((. /i'uiUct qui ,^e troacc artaelLcnœnt Le (Icrnicr 
dans le manuscrit., et qui parait lui acoir serri de couverture. Beaucoup de 
mots se trouvent ainsi en partie e[îaccs et le texte n'oJJ're j)lus de sens 
suioi. On reconnaît cependant que l'auteur parlait des maux que cet indioidu 
fit soulf'rir aux Iiommes, principalement aux paucres, aux ceuoes et aux 
orphelins, dans la cille et la rcr/ion d' Amida, sur le mont Aisouma [cf. ci- 
dessus, p. 60, M. 5), et à Samosate. Selon son usage, Denys reproduit ici 
de longues citations des prophètes. \ 



[Il manque ici un ou plusieurs feuillets clans le manuscrit 



les hommes ne pouvaient pas passer ni approcher des envi - 

rons de cette maison, à cause de la forte odeur de putréfaction qui 
en sortait et se répandait très loin. Si quelqu'un était contraint 
d'aller jusque-là, parce que quelqu'un des siens s'y trouvait, il 
était incommodé par cette odeur pendant un jour ou deux. 

Ici nous devons dire avec le prophète Isaïe- : « De même qu'on 
rassemble les œufs abandonnés, ils ont rassemblé tout le pays; et 
il ne s'est trouvé personne qui remuât l'aile, qui ouvrît la bouche 



1 Ji'ai., vui, 18, 21,22; ix, 1-3. 
2. Is., X, 14. 



1V)0 CHHONIQUH 

OU qui munnuràt. » Les Arabes et les Syriens, [231] les grands et 
les petits, les maîires du pays et les étrangers furent rassemblés 
sans qu'il y eût quelqu'un pour remuer l'aile, ouvrir la bouche et 
parler. 

Que le prophète David vienne donc aussi, qu'il voie le temple 
saint souillé et devenu un lieu d'ordures, comme le temple de 
Baal détruit par Gédéon', et qu'il dise- : « G Dieu! les Gentils 
sont entrés dans ton héritage; ils ont souillé ton saint temple. Ils 
ont fait de ton église sainte un lieu d'ordures, et il s'élève du 
milieu d'elle une odeur de putréfaction, au lieu du parfum 
agréable. » 

Isaïe a dit^ : « A cause de cela la terre sera dans la désolation et 
tous ses habitants seront c<)upal)les. La terre a pleuré, et elle est 
demeurée dans le deuil; l'univers a pleuré et s'est dissous; car 
toutes les tables ont été remplies de vomissements et d'excré- 
ments, sans laisser de vide. » Le prophète leur a dit, parlant au 
nom du Seigneur'* : « Je leur ai dit : Voici mon repos : soula- 
gez ceux qui sont fatigués; et tel est mon apaisement. Et ils n'ont 
pas voulu écouter. — Et telle fut la parole du Seigneur vers eux : 
Excréments sur excréments et excréments sur excréments; vomis- 
sement sur vomissement et vomissement sur vomissement. » 

On pouvait voir ici leurs excréments et leurs vomissements, 
leurs tables de toutes parts couvertes d'excréments. 

Quelles larmes, quelle douleur peuvent suffire lorsqu'on voit 
des hommes nobles et délicats prendre leur pain dans leurs mains 
pour manger et, devant eux, le fumier accumulé sur le fumiju*; 
alors que d'autres auparavant étaient sortis à cause de la répu- 
gnance de cet endroit! 

A propos de ces choses le prophète Joël dit et s'écrie"' : (( Prêtres, 
ceignez-vous et pleurez; hurlez, ministres de l'autel; mitrez, cou- 
eh('Z-\ous dans les sacs, ministres de mon Dieu; » non « parce 
que lu libation et le sacrifice ont disparu, » mais parce que 
l'église fut rejetcîe et abandonnée par le Seigneur aux mains des 
étrangers ! [232 J 

Alors que tous les hommes étaient plongés dans cette grande 
afiliction, cet im[)ie prit h* livre écrit au commencement de 
l'année, sous forme de ta'dil. Quiconque n'y était pas inscrit ou 

1. Cf. Jti'l.. VI. 3i. 

îi. /'>-. i.xxi.x. 1. 

?>. Is., wiv. »i, 4; XXVIII. 8. 

4. Is., xxviii, 12, i:{. 

5. Joël, i, IJ. 



ni'" iu:nys di.; ri:i.i.-M \iiin': lîM 

n'i'lail pas iii:ii'((ii('' sur les ni.iins, fui, frappi'' «riiin! amciiflc (l(; 
(juaraiiit' liiiil /on/, (|iii <''iaii porUMî à soixaiii»', on di; ii-cnliiciiM^, 
on (le viii^l.-ciiKj ou (le (piin/r. 1 1 en iii ainsi si)i'l,ii' Ix^auconi) ; mais 
les j)a,n\ l'cs cl Itvs indigoiils rcsiri'cnl, en prison cL cnicnil à souflVii' 
(le la laini cl, de celle odeur de pui.rc'il'aclion. 

Il saisit les notables à, la place de leurs enfanis, de leurs fWti'es, 
de leurs parents <iui ir(*'laienl. pas inscrits sur ce livrii (N'.taillé, et il 
les frappa, d'anjcndos. Il s"(Mn[)ara aussi do (îoux (pii (''laiciit inscrits, 
et IcMir causa des doinniages c()nsi(l(M'ai)les. Il choisit d(3s lioniiiKîS 
(lébaueliès et ivrognes et se h)s ass()(;ia. (.'eux ci déiion(,'aiont petits 
et grands; ils les reclierchaigit et les lui jiinenaient. Do la sorte 
persoime n'échappa sans qu'il Tcùt obligé à payer, soit pour lui- 
mèin(\ soii pour ses parents, ou sans qu'il lui eût cherché que- 
relle. 

Il s'empara de nouveau des habit^mls de la contrée et les forea à 
traiter avec lui ; et à ce sujet il y (mt beaucoup de contestalions. 

11 frappa IcHirs chefs jusqu'à les faire mourii"; il di'pouilla et |)illa 
chacun selon son bon plaisir, sans que personne le blâmât ou lui 
demandât : (( Que fais-tu? » La fidélité ou la véracité ne se trouvait 
chez aucun d'eux. Ils saisirent, en effet, les habitants de la ville et 
firent un traité avec eux relativement à leurs enfants et à leurs 
parents moyennant deux mille [dinars]. Quand ils les eurent reçus, 
ils ne cessèrent pas de mal faire, mais ils leur infligèrent des amendes. 
Ils leur suscitaient des difficultés de tout genre. Ils sortaient sur 
les routes et les chemins, et quand ils s'emparaient des usuriers (?) 
ou de ceux qui ne l'étaient pas, ils les dépouillaient également et 
leur enlevaient tout ce qu'ils avaient. [233] 

Dieu, dans sa miséricorde, fit que cette calamité eût lieu au mois 
de yar [mai] ; dès lors les hommes se cachaient dans les montagnes, 
comme des colombes dans les anfractuosités. Il n'y eut plus sur les 
routes ni allant ni venant, car cette persécution s'étendait en tous 
lieux. Les honnnes périssaient de faim et craignaient d'entrer dans 
une ville ou un village. Si parfois quelques-uns d'entre eux avaient 
quelque chose à vendre pour s'acheter du pain, ils amenaient avec 
eux leurs femmes, et dès qu'ils approchaient de la ville, ils en- 
voyaient celles-ci dans la cité, tandis qu'eux-mêmes restaient 
cachés dans les moissons, mourant de faim, attendant [le retour de] 
celles qu'ils avaient envoyées, les uns deux jours, les autres trois, 
les autres quatre, ou môme d'un dimanche à l'autre; ils se tenaient 
dissimulés, comme des colombes, dans les tombeaux et les récoltes, 
torturés par la faim; et parfois quand [la femme] revenait, c'était 
en vain qu'elle avait fait son acquisition. C'est maintenant que 



11.);^ CHRONIQUE 

nous pouvons dire : (( Au dehors siégera le glaive et la famine, et 
à rintérieur la crainte '. » 

Cette fureur s'appesantit aussi sur les habitants de Téla, d'Êdesse, 
de Ijarran.' — Le prophète dit, en effet-: (( C'est la malédiction 
qui sort sur la face de toute la terre. » 

Quand ce fléau cruel arrixa sur les habitants de Nisibe, voyant 
qu'on les taxait sans miséricorde, qu'on s'emparait de tout allant 
ou venant, qu'on se jetait sans pitié sur les campagnes, les notables 
du pays s'assemblèrentet descendirent trouver Mousa. Ils essayèrent 
de lui persuader de faire une convention avec eux, mais il ne le 
voulut pas. Ils lui demandèrent de l'acheter les contributions exté- 
rieures que leur avaient infligées ses envoyés, et qu'au moins ces 
chiens rapaccs ne pussent entrer dans leur pays. Il ne leur accorda 
pas cela; mais il s'empara d'eux, [234] les jeta en prison, à 
Mossoul, et les fit charger de chaînes. Il jura sur sa personne que 
tant qu'il tiendrait le pouvoir ils ne sortiraient pas de là. Beau- 
coup de gens intercédèrent pour eux, mais il ne les-écoula point. 
Ils restèrent en prison jusqu'à ce que le Seigneur les délivrât et 
que ce tyran reçût le châtiment qui lui était dû. 

Il est temps maintenant de nous détourner de cette calamité 
pour nous tourner vers un autre fléau. 

Dijcièmement : des émirs préposés à la dinie^ et des émirs 
préposés au çauphi. 

Je parlerai du serpent qui naquit de cette vipère, et des fruits 
détestables qu'elle répandit sur nous. 

Ceux que cette vipère envoyait dans le pays étaient plus mau- 
vais que le serpent. Ils vinrent, entrèrent dans la ville et firent 
recenser sans pitié tout ce qui appartenait aux habitants. Si un 
homme n'avait ni froment ni orge, mais en achetait au marché 
pour manger, ils lui en inscrivaient mille f/ribè, à un autre deux 
mille, à un autre cinq, à un autre dix, et jusqu'à quarante ou cin- 
quante mille f/rihù. Sans entrer dans la maison de chacun pour 
voir ce qu'il y avait, ils inscrivaient ce que le diable leur suggérait. 
Ils fin'iit d(^ même à l'égard des boutiquiers, des grainetiers, dos 
marchands d'huile, des négociants de toute sorte qui étaient dans 
le bazar. Ils les [taxaient) sans pitiéet leur réclamaient l'impôt. De 

1. Cf. Dcut., \\\ii. ii."). 

a. /.VCJIAU., V. 3. 



\)i: i)i;\vs i)K 'n«:i,L-MAMui'; 193 

soi'Lo (|uo si l'uii d'eux \(>iidaiL tout (•<> qu'il y iivail dans sa bou- 
tique, il n'obtenait pas plus de la nioitiù de ce qu'on lui demandait. 
Et, tandis «iiic les hoiunics subissaient cette grand(i o[)pression à 
cause de l'impôt, du dêeimateur, de la eapiiation, le eauphi faisait 
de son vMé autant de mal (ju'il pouvait, saisissant (!t pillant tous 
ceux qui entraient ou sortaient. [235 1 

C'est ici que nous pouvons dire : (( Tout ce qu'a laissé la saute- 
relle ailée, le bruclius l'a mangé, et tout ce qui a écbappé à celui-ci, 
la nielle l'a dévoré'.» Ainsi tout ce qno. la capitation a laissé, 
l'usurier (?) l'a enlevé, tout ce que l'usurier (?) a laissé a été pris par 
le décimateur, et tout ce (jui a échappé à celui-ci a été pris par le 
gaupbi. — « Quiconque écliappera à la voix de la frayeur tombera 
dans la fosse, et quiconque remontera de la fosse tombera dans le 
filet, et quiconque se délivrera du filet sera dévoré par la bête 
féroce'. » 



Du aecond émiv prcpoaé aux éiahles^. 

Quand Khalil Ibn Zadân, l'émir des étables dont nous avons 
parlé plus haut*, mourut, Abou 'Oun"'prit sa place. Les gouverneurs 
établis par Ibn Mousa s'opposèrent aux siens et les chassèrent de la 
ville. Alors vint un Persan envoyé par le roi, homme violent, dur, 
sanguinaire, qui troubla tout le pays. Tous les Arabes de la contrée 
eurent à souffrir de sa part, car il se mit à faire ce que les Persans 
n'avaient pas coutume de faire. 

L'usage des Persans à l'origine était d'emprisonner longtemps 
sans miséricorde. Celui-ci se mit à tuer en frappant, et même à 
crucifier. Une grande calamité s'empara des Syriens, partout où il 
alla, tant à cause du logement des bêtes de somme que des dé- 
penses causées par sa troupe ; car ils logeaient chez les habitants et 
toute leur nourriture ainsi que celle de leurs bêtes de somme était 
aux frais de ceux-ci. 

Le prophète a dit "^i « Tous viennent au butin. » Avant d'aller 
imposer une ville, il envoyait en avant un courrier préparer un 
endroit et y remiser les bêtes de somme. Cet envoyé arrivait à la 

1. Joël, i, 4. 

2. Is.,xxiv, 18. 

3. Cf. ci-dessus, p. 136. 

4. Cf. page 106. 

5. Probablement ie même personnage déjà mentionné phis haut, p. 109. 

6. Hab., I, 9. 

13 



194 CHRONIQUE 

ville vingt jours d'avance et commettait toute sorte de maux et de 
déprédations. [236] Il sortait [avec ses soldats] sur les routes et les 
campagnes, et ils saisissaient les mulets et les chevaux, emmenaient 
même les colons et les enfermaient dans des maisons ou des cours. 
Ils relâchaient quiconque leur donnaitdeux zouz par mulet ou par 
cheval, et s'emparaient de son voisin. Ils allaient aussi sur les 
routes el dans les khans, au dehors de la ville, pour s'emparer des 
ânes des pauvres. Ils leur prenaient un zouz par âne et les relâ- 
chaient. Ils sortaient aussi dans la contrée et exigeaient des 
hommes qu'ils amenassent leurs bêtes de somme. Quand ils les 
avaient amenées, ils se mettaient à leur demander des zouz : deux 
zouz par mulet, un zouz par âne. Ils emmenaient les bêtes de 
somme de tous ceux qui ne les leur donnaient pas. Ils emmenèrent 
de la sorte beaucoup de bêtes de somme, prises dans le pays, sur 
les routes, au marché, et ils les enfermèrent dans des cours. Les 
hommes avaient ainsi beaucoup à souffrir à cause de leurs dépenses 

et de celles de leurs bêtes de somme, et lorsque nombreux, 

lui-même arrivait. On prenait aussi les bêtes de somme des 
marchands et des passants. On saisit ainsi beaucoup d'animaux 
appartenant aux pauvres, pendant des jours et des mois nombreux, 
et on ne les relâcha point avant qu'ils eussent vendu tout ce qu'ils 
possédaient pour subvenir à leurs dépenses. On ne voulut leur 
laisser ni leur donner quoi que ce soit. — L'Écriture dit' : « Ils sont 
plus empressés que les loups du soir; ils voleront comme un aigle 
affamé vers sa nourriture; » et encore^ : « Tous viennent au butin. » 

Disons aussi quelque chose au sujet de cet homme lui-même. 

Quand on entendait parler de lui dans la contrée, la frayeur et le 
tremblement s'emparaient de tout le monde. Il commem^a à frapper 
sans pitié, à tuer et même à crucifier. Dans chaque ville où il 
entrait, il faisait crucifier deux, trois ou cinq personnes, et les 
hommes tremblaient en sa présence. [237] Ils disaient qu'il ne 
faisait périr que [les voleurs], les assassins, les détrousseurs de grands 

chemins; or, nous avons appris pour la plupart, mais aussi 

des Messaliens qu'on appelle zélateurs, mendiants et sj/TTat \ 



1. IIam., I, 8. 

2. Ihi(/., 9. 

3. « Haeretici isli saoculo iv, in Mesopotaniia exorti, et inde per Syriam 
(lilatati. loti in oralioiics intonti cetera neglii^cbaiit, et, abjrctis, propler fal- 
sain (nan^'clii inteiinctalioneni. bonis fortunae, otiosi cnal)ant per vices ot 
plaieas, viris promiscue cnni nniUcribiis domiiontibus. » lia editores Chron. 
prrlrs. Hak Hkimiaki, I. col. r)7;{, n. îi, ex s. Epiphanio {IJacrcs. lxxx) et. 
Tljeodorelo (Utirrct. /ub. iv.ll). 



1)1-: DMNYs Di-: 'n-:LL-MAF.iiii': 105 

fl ti-iAorsa toutes \v.s villes (1(; la réf^ion iiif(M'i(Mir(^ <1(î la Mi'sopo- 
tami(\ frappant, tuant, eruciliaiit, (U. parvint à Ainida,. 

11 y ri'sta l()n<;teiiips et y fit rinKîifier (piatn; lioinnii's; puis il 
passa à Maiplicrkat, et de l;ï il revint à Amida où il se fixa. ]*ît 
lorsque 



[/jG rente manque dans le manuscrit. ] 



TABLE DES ÎVOMS PROPRES 



Aaron l'Interprète, 9. 

Aba, vv. d'Amida, 58, 60, 61,70, 

85, 86, 90, 96. 
^Abbas (= ^Ali), 8, 9, 39, 40. 
*Abbas. frère de Yézid III, 30. 
\\bbas, émir de Mésopotamie, 

70, 72, 74, 80-82, 89, 99, 100, 

105, 107, 108, 113, 122, 123. 
'Abbas, général, 14. 
'Abd al-Aziz, 30. 
'Abdallah (V) Ibn Mohammed 

(=AI-Saffah), 55, 62, 97. 
'Abdallah (II) Ibn Mohammed 

(= Al-Mansour), 55, 58, 62, 

75, 67, 97, 99. 
'Abdallah (III) (=Al-Ma'moun), 

XV. — V. Ma'moun. 
'Abdallah al-Batal, 25. 
'Abdallali Ibn 'Ali, 62. 
'Abdallah Ibn Merwan, 45. 
'Abdallah Ibn Tahir, xvi xix. 
'Abdallah Ibn Zobaïri, 9. 
[Ibn] 'Abdallah. —V. Djarrah. 
'Abd el-Malik, 9, 10, 18, 30. 
Abdias, 167. 
Aboubeckr, 5, 6. 
Abou Djaffar, 97. 
Aboulabbas al-Saffah, 55. — V. 

'Abdallah ^^ Ibn Mohammed. 
Aboulwalid, H. 



Abou Mouslim, 62. 
Abou 'Oun, 109, 193. 
Abourin, 18. 
Abraham, xxxiir, 1, 149. 
Abraham, an ti patriarche, xi, 

XII, XIV, XVI, XVII, XX, xxn. 
Adabin, 6. 

Adam, 131, 153,166. 
Adam Ibn Yézid, 92. 
Afrique, 75. 

'Aïn al-Djarr, 'Ain Gara, 40. 
Ainsworth, 60. 
Aisouma, 60, 189. 
'Aki, 46, 57. 
'Axpoivoç, 25. 

Alains, 21, 72. 

Alep, X, 7, 23, 59. 

Alexandre, xxx, 1, 22, 84. 

Alexandrie, xviii, xxiv, 58, 84. 

'Ali, XVI, xvii. 

'Ali,8. — V. 'Abbas. 

[Ibn] 'Ali. V. Saleh et 'Abdallah. 

Amanus (mt), 12. 

Amida, x, xxx, 4, 5, 7, 11, 14, 
18-20, 29, 41, 48-50, 58, 60, 
61,65, 70,72,74, 82, 85, 86, 
90, 92, 96, 172, 181, 187-189, 
194, 195. 

Amos, 52, 67, 146. 

'Ananites, xx. 



TAHU'l DI'IS NOMS l'KoIMtKS 



v.n 



Anastase II, einporoiir, 11. 

Anast;is(i l'IstliiopiiMi, (>.'>, ()(). 

Anastîiso, iiioiiic, \x\. 

Anath, lOU. 

Ancienne (égl.) d'Jùlesse, 9, :i3. 

Ani, 71. 

Anikia(c;ouv. de), wiii. 

Anne, 2t. 

Antêchnst, 108, 117. 

Anti-Liban, 40. 

Antioche, xiv, xvi, xviii, xxiii, 

XXIV, xxxiv, 3, 8-12, 21, 41, 

58, 59, 70, 83, 84. 
Antonin, 19. 
Antonin le Rhéteur, xix. 
Anzeta, 56. — V. Ilanazit. 
Anzitène, 49. 
'Aouph, 48, 49. 
'Aphsin, XXIV. 
Aphtonius (couv. de Bar), ix, 

XII. 

Apsimare (Tibère-), 11. 
*Aqoula, 'Aqouléens, 4, 44, 55, 

72, 129, 147. 
[Beit] 'Arabayê, 182. 
Arabes, 4, etc. 
Arade, 7. 
Aradzani, 12. 

Aram, Araraéens, 10, 92, 94. 
[Beit] Aramoyé, 26. 
Arbèle, 45. 
Ardebil, 23. 
Arménie, Arméniens, xxxiv, 

6, 7, 23, 39, 51 , 54-56, 75, 77, 

80,89, 101, 102, 163. 
Arménie (Grande-), 74, 148. 
Arménie IV«, 56, 103, 172. 
Arsacides, 74. 
[Beit] Arsani, xxxi. 



Aisanic, Arsaniosatc, 89. 

Arsanias (fl.), 12, 89. 

Arsidonie, 91. 

Artabas, 24, 25. 

Arzanène, 58,85, 187. 

Arzoun, 49, 92, 172, 175. 

As, 6. 

[Ibn| Asa'ad,72. 

Asie, 1,3, 7. 

Asie-Mineure, 36. 

Asmosat, Asmousat, 89. 

Assemani, ix-xi, xx, xxix,xxxii, 

XXXIV, 3, 4, 7-11, 17, 18, 23, 

24, 27, 28, 30, 57-60, 6i, 72, 

90, 96, 99, 102, 146. 
Assur, Assyrie, Assyriens, 1, 2, 

8, 43, 74, 79, 100, 109, 132, 

141. 
Athanase I^^", patr., 3, 4, 7. 
Athanase II, patr., 10. 
Athanase III, patr., 21, 41. 
Athanase Sandalaja, 41, 58, 59. 
Athanase (couv. de Mar), 61, 85. 
[Ibnal-jAthir, 6. 
'Attiq, 27, 28. 
AI-Aaiz (^Abdallah), 30. 

Baa], 190. 

Baalbeck, xxv, 40. 

Ba'altan, 60. 

Babylone, xx, 27. 

Bagdad, xiv, xvii, xx, xxiii, 

XXIV, xxvii, 44, 87, 122, 124, 

141. 
[Beit] Baïtan, 100, 108. 
Balad, xxiii, 4, 122. 
[Beit] Balas, 23, 24. 
Balat, 49. 
Balik, IX, 28. 



108 



DENYS DK TFLL-MAHHK 



Balissus, 23. 

Balthazar, 97. 

Bar Bahloul, 90. 

Barbai issu s, 23. 

Bar Ilébréus, ix, x, xiii, xvi, 

XXI, XXIV, XXVII-XXIX, XXXIV, 

3, 4, 7-11, 21, 22, 24, 28, 31, 
41, 44, 58 60, 72, 92, 186. 

Baronius, 4, 7. 

Barra^ya. — V. Goubba. 

Basan, 75. 

Basile (st), 144. 

Basile, iiiaphrian, xii, xv. 

Basile (= Lazare), xx. 

Basmouriks, xxiii. 

[Al-]BatalCAbdallah),25. 

Batna-Saroug, 7, 9. V. Saroug. 

Bedjan, xxvi. 

Behnam (Mar), xxvi. 

Beit 'Arabayé; — Aramoyé; — 
Arsam; — Baitan ; — Balas; 
— Garmai ; — Kéwila. ; — 
Ma'ada; — Nouhadra; — Qi- 
douna ; — Rama ; — Sam mar ; 
Tahoumê; — Zabé. — V. le 
deuxième vocable. 

Belalidori, 6. 

Bélier. 63. 

Beni-IIas(^m, 39- 

Bernstein, 30. 

Bosmé — V. Tell-Be.smé. 

Béthanicie. 

Bozold, xxx. 

Ih'maie, xxiii. 

Hir Koum, x.xiii. 

liithynic. 36. 

Bizonafcouv. de), xiii. 

[Ibn] Boctari, 49. 

Borra, 129. 



Boraïka, 46, 49, 55. 

Bsammyrites, xxiii. 

Budge, XXX. 

Bf/amites, JBt/rmndes, xxiii. 

Byzance, 4. V. Constantinople. 

Çabih. —V. Çalih. 

Çahya (mt), 49, 56, 187. 

Caïn, 150. 

Caïphe, 154. 

Çaliba (couv. de Mar), 186. 

Çalih Ibn Çabih, 55. 

Callinice, ix, xii-xvii, xxviii, 24, 

28, 58. 60, 61,64,70, 82,99, 

101, 108, 189. 
Camp des Perses, xviii. 
Cappadoce, 4, 13, 24, 36, 67. 
Cardos (mts), 71. 
Caspiennes (Portes), 21. 
Castrum/erreum, 24. 
Caucase, 21, 23. 
Cedrenus, 6. 
Cellarius, 89. 

Césarée de Cappadoce, 24, 77. 
Césarée de Palestine, 6. 
Chalcédoine, 43. 
Chaldéens, 45. 
Chypre, 7. 
Cilicie, xxvii, 36, 
Circésiura, xv, 23, 60. 
Çofa, 9. 
Coluc, 18. 
Constant II, 8, 9. 
Constantin I'"^ xxx, xxxi, xxxiii, 

1. 
Constantin (Iléraclius-), 8. 
Constantin (=:: Constant II), 

«,9. 

Constantin III Pogonat, 9, 11. 



'rAHI.I' IH:S NOMS l'iMH'IMS 



VJ[) 



Consl.'uUin IV (^opronymc, :JI, 

2r>, 28, nf), r)(;. 

Const;inliii, gôiUM'.il, l* 1. 
ConsUuitin, vv. d'Mdessc, IS, 1 1 . 
Conslanlin, «'v.do S;nnosiUe,'ll, 

58, GO, 01, 70, 00. 
Con.stant.inoi^lo, xwii, 1:2, 24,84- 
CosriKs (''V. irAniida, 18, 19, 41. 
Covaic, X. 

Croix (couv. do la), 186. 
Cureton, xxxi. 

Cyriaquo, pair. d'Anlioche, xi. 
Cyriaque, év. d'Amida, 4, 5. 
Cyriaquo, év. de Dara (?), 122. 
Cyriaque, év. d'Edesse, 7 9. 
Cyriaque, év. du Tour 'Abdin, 

GO, 122 (?). 
Cyrrlius, xi, xiv, xvii. 
Cyrus, 30. 

[Bar] Dadai. — V. Jean. 

Dahaq, 42. 

Daiçan, 29. 

Dakoum. — V. Tell-Dakoum. 

Damas, xvi, xxiir, xxiv, 40, 41. 

Daniel, prophète, 108, 117, 124. 

Daniel, év. d'Edesse, 9. 

Daniel, moine, xxiii. 

Daniel, juif, xx. 

Dara, xv, xxviii, xxix, G, 18, 
20, 55, 58, 60, 70, 87-90, 120, 
122, 147. 

Dasen, 146. 

David, psalmiste, 149, 151, 155, 
190. 

David, maplirian, xxvii. 

David, év. de Dara, antipatriar- 
che, 58, 60, 68, 87-90, 122, 147. 

David, juif, xx. 



Dcnha 1''', pair., w. 

Denysde 'lell-Mahré, ix, x, ete. 

Denys (I'"''), év. de ila.i'r;in, 58, 

GO, 8G, 9(J. 
Denys (II), év. de, lianaii, 90. 
Deyrik, 58. 
Derbond, 21. 

Diarbekir, 7. — V. Amida. 
Djaiïar, 97. 

Djarrah Il)n 'Abdallah, 22. 
Djézireh, G. 
Djor (Porte de), 21. 
Do vin, G. 
Dozy, 45, 103. 
Duchesne^ 1. 
Duval, 3, 6-8, 11, 18, 29. 

Édesse, x, xviii, xix, 1, 3, 4, 6-9, 
11, 14, 15, 18, 29, 30,41, 49, 
58,60,61,64-66,72, 90, 116, 
138, 192. 

Édesse (montagne d'), 64. 

Egypte, Égyptiens, xvn-xix, 
xxni-xxvi, 8, 26, 43, 52, 75, 
84. 

Elias, patr. d'Antioche, 11, 14, 
18, 21. 

Elias, év. d'Edesse, 90. 

Elias, év. de Singar, 60. 

Élie, prophète, 19. 

Elisée, 21. 

Éloul, village, 47. 

Émèse, 41, 60. 

Éphèse, xxxi, 1. 

Erzeroum, 82. — V. Qaliqala. 

Ésaû, 167. 

Esdras, 49. 

Etienne, fils de Paul, 48, 49, 55. 

Etienne, év. de Haboura, 60, 90. 



200 



DKNYS DE TELL-MAHRÉ 



Euphrate, xv, 4, 7, 12, 23, 24, 
26, 28, 40. 44, 45, 59, 60, 74. 
Eusèbe, xxx, 1. 
Eusehona (couv. d'), xvi. 
Eutal. Eiitéliiis, xxx, 86. 
Euthonius, xii. 
Eutyclîius, xxiir. 
EG/J-at, 194. 
f:ve, 60. 
Ezéchias, 75. 

Gaba, 100. 

Gabaalh deSaul, 100, 108. 

Gabita, 6. 

Gabriel, év. d'Édesse, 11. 

Galatie, 36. 

['Ain] Gara, 40. 

Gamach, 74. 

[Beit] Garmaï, 146. 

Garperd, 74. 

Géants, 95. 

Gédéon, 190. 

Geizer, xxxi. 

Georges, patr.d'Antioche, 59-61, 

64, 68,70. 83-89, 147. 
Georges, chorév. d'Amida, xxx. 
Georges, préfet,4 . 
Georges, moi ne, 96. 
Gifn(s 1:î8. 
Girah, 22. 
G 00 je (de), 6. 

(jOubba-BarravM, xi, xi\, xvi. 
Gomorrhe, 119, 149. 
(Jrallin, xxxiv. 

(ir/îgoire, patr. d'Antioche, x. 
(irégoire, 49. 

(irégoire de Naz lance (sO, xix. 
Giiidi, XNX, XXXII, \\xi\ . 24, (iO. 
Gutscliniid, xxxi. 



Habacuc, 45, 163, 185. 

Habib, général, 8. 

Habib, év. d'Édesse, 11, 14-16, 

18. 
Habib (couv. de Mar), 58, 85. 
Hahil (couv. de Mar), 15. 
Haboura (fl.), xv, 60. 
Haboura, 60, 61, 63, 90. 
Hadjadj, 30. 
Hagar, 10. 
Hah, 186. 
Haïbari, 42. 
llallier, xxxiv. 
Hara, 49. 
Harab, 84. 
Harbaz, 86. 
Harew, 84. 
Hanazit, 49, 56. 
Hani, 24. 
Hani, 86, 119. 
llarourites, 27, 42, 46. 
Harran, 4, 14, 18, 30,41,42,49, 

55, 58-60, 68, 69, 86, 87, 89, 

90, 99, 103, 122, 192. 
Hase m, 39. 

Hassan Ibn Qa*ataba, 72. 
I.îassen, 8. 
Hasya, Hassioli, xv. 
Haza, 14(). 
Hazro, 48. 
Héli,71. 
Héliopolis, xxv. 
Héraclée, x. 
Héraclius, 4-6, 8, 96. 
Hérat, SI. 
Hesmi (couv.), 50. 
Hiérapolis, 7. 
Hini, 86. 
Hins-Maslaniah, ix. 



TAHLE I)i:S NOMS IMlOIMlMS 



L^Ol 



m via N'aamonsis, 4. 

Ilisjim, IS, 22-2[, 27-:U), '^2, :]•), 

■10, 75, 1)7. 
Iloirmann, i\, US, a), MO, J 17. 
IJonis, XVI. 
llossain, 8. 
fibn] lloubeïra, 45. 
Huns, 21. 

Ibéric, Ibériens, 21, 49. 

Ibn [Les noms commençant 

par Jhn sont placés sous le 
vocable qui suit ce mot]. 

Ibrahim, 30, 40. 

Inde, 75. 

Iraq 'Arabi, 24. 

Isaac, pair. d'Antioche, 58, 59. 

Isaac de Ninive, xxvi. 

Isaï (Jessé), 91. 

Isaïe, 40, 108, 132, 155, 166, 168, 
182, 185, 188-190. 

Israël, Israélites, 26, 27, 123. 

Izala (mt), 42. 

Jacob, 145. 

Jacques, patr. d'Alex., xvni. 

Jacques d'Édesse, x, 1, 4, 7, 9. 

Jacques le Juif, 4. 

Jané, év. de Téla, 90. 

Jean (st), apôtre, 124. 

Jean I^^^", patr. d'AntiochC; 7. 

Jean II, patr. d'Antioche, 41, 58. 

Jean III, patr. d'Antioche, xxviii. 

Jean, év. des Arabes, 4, 7. 

Jean d'Asie, xxxi, xxxii, 1,3,7. 

Jean, év. de Callinice, 61, 64, 

70, 83-85. 
Jean,év. de Dara, xxviii, xxix. 
Jean-Baptiste (égl. de St-), 7. 



.Ic'iii IJ.ir Aphtonius, ix, xn. 

.|(Mii H.ir hadaï, -17-49, 55,50. 

Jcnii, nioiiH.', \v. 

Jean, moine, (50. 

Jérémic, xxv, 31, 32, 39, 56, 

136, 140, 157, 158, 162, 168, 

171. 173, 175, 181, 183,185, 

188. 
Jérusalem, 4, 31, .32, 100, 101, 

108, 122, 140,158,179, 183. 
Job, 76, 164. 
Joël, 44, 106, 188, 190. 
Jonas, 4. 
Jonas, év. de Beit-Nouhadra, 

60, 147. 
Joseph, xxv. 

.loseph, patr. d'Alexandrie, xxiv. 
Josèphe (Flavius), xxx. 
Josué le Stylite, xxxi, 49, 90. 
Juda, 158, 183. 
Judas Iscariote, 58, 97, 118. 
Jules Africain, xxx. 
Julien I^"!*, patr. d'Antioche, x, 3. 
Julien II, patr. d'Antioche, 10, 

11. 
Julien, 150. 

Justin II, XXXI, XXXII, 1. 
Justinien l^^', 1. 
Justinien (= Justin II), 3, 11. 
Justinien II, 11. 
Justinien IV (inconnu), 3. 

Kaisoum, x-xii, xxiii. 

Kepher Touta, xv, 101. 

Kermé, 60, 147. 

[Beit] Kéwila, 71. 

Khalil Ibn Zadan, 106, 193. 

Kharpert, 74. 

Khazares, 21, 23, 72, 99. 



202 



DKNYS Dli TELL-MAIlRi; 



Khoraçnn, 43, 62y 84. 
Koka, 146. 
Koiiisapor, 14(3. 
Kosroès 11,3. 
Koufa, 44. 
Koufites, 72. 
Kousan, 56, 57, 102. 
Kousanites, 72. 

Land, xxxii, 7, 26, 60. 

Langlois, 23. 

Lazare, 16. 

Lazare (couv. de Mar), 50. 

Lazare Bar Sablitlia, év. de 

Bagdad, xx, xxi, xxxiii. 
Lazare, périodeiUe, xxx. 
Lazare, juge, xxiii. 
Lazare, esclave, xxii. 
Lebeau, 10. 
Lée, XXXIV. 

Léon (III), 12-14, 24, 25, 28. 
Léonce, 11. 
Lequien, xxiii. 
Liban, U, 40, 163, 185. 
Lycaonie, 36. 
liVsinie, 36. 
[Beit] MaSida, 40, 50. 
Mabdoul, 180. 
MaboLig, 7, 43, 51). 
Ma*déens, 146, 160. 
Maipherkat, 41, 46-49, 55, 58, 

50,92,172,175,187,105. 
Maknias, 100, 108. 
Ma'nioun (al-), XV, xvii, xx-xxiv, 

XX\ FI. 

Manichéens, 68-70. 

Mansour (al ), 55.07.— V.*Al)d- 

allah. 
Maraq, 28,20. 



Marga, 30. 60, 146. 

Marda. — V. Mardin. 

Mardas, 18. 

Mardin, xi, 26, 58, 60, 70, 90, 

101, 105, lOfJ. 
Marie (couv. de Ste-), xxix. 
M a routa, 120. 
Mars (planète), 63. 
Martin (P.), xxxir, xxxiv. 
Mar\\an. — V. Merwan. 
Masé (fl.), 62. 

Maska (Bar). — V. Sévère. 
Masius, 62. 

Maslamali, 11 14, 21,23, 34. 
Masrita (Tell-), 42. 
Mattaï (couv. de Mar), xii, xxvi, 

97. 117. 
Matthieu (st), xxvi. 
Matthieu, év. d'Alep, 7. 
Maures, 75, 99. 
Maurice, 3. 
Maurice, 3, 4. 
MajpoO'Opo', 43, 
Maurus (nit), 12. 
Mèdes, Médie, 72, 75, 99. 
Méditerranée, xviii. 
Mélêce, patr., 84. 
Mélik Ibn Sébib, 25. 
Mélik IbnTouf, 80. 
Mélitène, 12, 25, 55, 67, 80. 
Mère de Dieu (égl. de la), 43. 
Mère de Dieu (couv. de la), 64. 
Merw an I"'", 9. 
Merwan (II) Ibn Mohammed, 

23, 39-42, 45, 56, 75, 97. 
[Ibn] Merwan. — V. 'Abdallah. 
Mésopotami«% x-xii, xiv, xviii, 

XXVI, XXIX, 6, 8, 15, 26, 28. 

30, 40-42, 46, 56, 58, 61-64. 



1 Ahl.I'; DKS NOMS l'kolMtl'iS 



^03 



07, (;R, 70, 80, 8:.>-Hl, S7, Hl), 
<);?, l)K 1():{, 107-10!). 110, II!)- 
121, IJl, V27, 1 II, Kil, 17(;, 
177, 18!), l!ll. 

Messaliens, 194. 

Metisoundi, 45. 

Mich6e, 67, IT)!, 155. 

Michel le Grand, 23. 

Mikaël, pair. d'Alex., 58. 

Migas (= Miles), 50. 

Miles (couv. de Mar), 50. 

Mo'awia V'-, 7, 8. 

Mo'awia II, 9. 

Mohammed, 4, 39, 129. 

Mohammed Ibn Tahir, xvi-xix. 

Moïse, 26, 30, 52, 110, 128, 171. 

MOSSOUI, XV, XXIII, XXVI, XXVII, 

28,40,45. 55, 60, 72,88, 91- 
93, 97, 100, 117, 119, 122, 
141, 146, 161, 178, 186, 192. 

[Ibn] Mouç'ab. — V. Mousa. 

Mourad-tchaï, 12, 74,89. 

Mousa Ibn Mouç'ab, 91, 92, 100, 
110, 113, 122, 125, 127, 130. 
135, 136, 141, 146, 161-164, 
176, 192, 193. 

Moulasim fal-]. xxvii. 

Moyse, év. de Nisibe, xxix. 

Nahum, 44, 168. 
Narsès, général, 3. 
Narsanbad, Narsibadié, 92. 
Nasr, 24. 

Nectaire, patr., 84. 
Néocésarée, 24. 
Nil. xviii, XXVI. 
Ninive, xxvi, 1, 62. 
Ninus, 1. 
Nirha-Barzi, 30. 



Nisibe, XV, xix, xwn, wix, 1 1 , 
28. 15,72, 101, 108, 116, 18(), 

No'aini Ibii Thabil, 10. 
Noé, 71 . 

Nockicke, 49, 84. 
Nonus, archidiacre, xix. 
[Beil) Nouhadra, 60, 147. 
Nubi(\ xxNii. 
Nubiens, 75. 

'Omar (I<-'), 6, 7, 10,18. 

'Omar (II), 13. 14, 17. 

Ophni, 71. 

Opsiciuin, 24. 

Osée, 167. 

'Otman, klialife, 7, 8. 

'Otman, émir, xv. 

Ourtéens, 49, 51,54,57, 172. 

'Oubeidallah Ibn Boctari, 49. 

'Oubeidallah Ibn a s- Sari, xvii. 

Palestine, 4, 36, 138. 

Paphlagonie, 24. 

Paspasat, village, 47. 

Paul (st), apôtre, 70. 

Paul, év. de Tagrit, 60, 90, 147. 

Paul, arménien, 48, 55. 

Payne Smith, xxxi, 61. 

Pelozonium, 24, 25. 

Perse, 75. 

Phalkat, 26. 

Pharaon, 123. 

Philiponos, xix. 

Philippique, empereur, 11. 

Philoxène, év. de Bagdad, xx. 

Philoxène, év. de Nisibe, xix, 

xx, XXVII. 

Phinées, 71. 

Phis, village, 46, 47. 



204 



DENYS DE TELL-MAHRE 



Phocas, empereur, 3-5. 

Phrygie, 25. 

Pierre, patr. d'Antioche, 3. 

Pilier (monastère du), xiii. 

Pockoke, XXIII. 

Pont, 24. 

Portes Caspiennes, 21. 

Porte de Fer, 21. 

Porte des Turcs, 21, 22, 39. 

Procope, hist., 7, 8. 

Procope, général, 8. 

Putiphar, xx\'. 

[Ibn] Qa'ataba. — V. Hassan. 

Qaliqala, 80, 82. 

Qaliu, général, 28. 

Qalouq, 18. 

Qaraah, 74, 75,96, 102. 

Qarqaphta (couv. de), 61, 84. 

Qartamin (couv. de), xi, 41, 58, 

61, 90, 180. 
Qatara (couv. de), 49. 
Qen-Nésré(couv. de), ix-xiii, XV, 

XXVIII, 59, 60. 
[Beit] Qidouna, 64. 
Qoqâ, 146. 
Qoré, village, 30. 
Qoré Ibn Tliabif, 46. 
Qoulab, village, 46, 47. 
Qoubé (couv. de), 50. 

Rabsacès, 75. 
Radad, 80. 
[Er-]Rakkab, ix,28. 
Rjiraa, KM), 108. 
[Beit] Rama. 117. 
Razin, 138, 140, 172, 175. 
Renaudot, xviii, xxiv, 58. 
Résiliât (couv. de), 50. 



Rhodes, xxv. 
Risan, 61. 
Ris'aïn, xx. 
Ritter, x. 
Roboam, 57. 
Romains, 4, etc. 
Rome, 84. 
Rouge (mer), 36. 

Sabas, év. d'Amida, 41. 

[Bar] Sabhtha, 20. — V. Lazare. 

Sabinusj év. de Téla, 90. 

Sachau, 12. 

Sacy (de), xvii. 

[Al-]Saffah. — V. ^\bdallah. 

Sagistan, 84. 

Saint-Martin, xxxiv, 6, 21, 56, 

57,71,74, 82,86,89. 
Salal.i, 146. 
Saleh Ibn ^\li, 55. 
Salera, 55. 
Salomon, 108. 
Salqat (fl.), 81. 
[Beit] Samniar, 26. 
Saniarie, 109. 
Samosate, x, 41, 58, 60, 61, 70, 

90, 189. 
Samuel, 30, 171. 
Sandalaja. — V. Athanase. 
Sanin, Sanoun (couv.), 50. 
Saqsaqi, 42. 
[Ibn as] Sari, xvii. 
Saroug, xwiii, 7, 9, 10, 70. 
Saturne (planète», 63. 
Saiil, lOO, 108. 
Scété, xxix. 
Scythes, 90. 
[IbnJ Sébib, 25. 
Séleucie-Ctî^siphon, 26, 146. 



lAULI-: DKS NOMS PHOI'KI'.S 



2i):i 



Sénad, 12. 
S(Mm:iclirrib, 7.'). 
Sor^iiis, gonôral, 71. 
S(M'gouna, «'V, (l(^ M.'iidiii, r)S, 

(10, 70. 1)0. 
Sergouiia, êv. de 'rdl-BesiiKs 

85. 
Sévère le Grand, patr. d'Antio- 

clie, XVIII. 
Sévère Bar Maska, pair., 1), 10. 
Sévère (I»^'), év. dWmida, 41. 
Sévère (II), év. d'Aiiiida, 41, 58, 

70, 85. 
Sévère, év. d'Édesse, 3, 7. 
Siegfried, xxxi. 
Siffin, 1). 

Sigara, Singara, 28, 60, 118. 
Silas (couv. de Mar), xxviii, 10, 

11. 
Siméon (st) le Stylite, xvi. 
Siméon, anti patriarche, xvi, 

xvii, xxvii. 
Siméon de Beit-Ar.^am, xxxi. 
Siméon, év. d'Édesse, 7, 64-66. 
Siméon, év. de Harran, 4, 14, 

18, 41. 
Sindh Sindhiens, 72, 75, 99. 
Sion (= Jérusalem), 56, 100, 132, 

163. 
2x':pTo;, 29. 

Socrate, hist., xxxi, 1. 
Sodome, 19,71, 119,149. 
Soliman, 1, 13,40. 
Soliman Ibn Hisam, 24. 
Sophène, 26, 74, 102. 
Sophonie, 139. 
Souda, 47. 
Suniiœ^ 4. 
Synada, 25. 



Syrie, x, xii,xv,.\\i, wiii, .\.\\ ii, 
K, H,r)l, r)t, 77,80. 

laalnhrnscs (-:= Taglibitcs), 4, 
Taglibites, 146, 160. 
'l'agril, xii, w, xxi, xxiii, xxvi, 
xwii, S,(;(), 88, 90, 117, 147. 
[IbnJ Tabir. — V. ^\bdallab ot 

Mobammed. 
[Boit] Taboumé, 71. 
Tanis, xviii, xix. 
Tarmel, 20. 
Tarmil Raba, 20. 
Taurus (mt), 49. 
Téla, 11, 18, 49, 90, 192. 
Téléda, xv. 
Tell-Besmé, 58, 85. 
Tell-Dakoum, 19, 72, 86. 
Tell-Mahré, ix, xlii. 

Tell-Masrita, 42. 

Tell el-Menaliir, xlii. 

Térek, 21. 

Thabit Ibn No'aïm, 40. 

[Ibn] Thabit (No'aïni), 40. 

[Ibn] Thabit (Qoré), 46. 

Théodore, patr. d'Antioche, 8, 9. 

Théodore, év. de Callinice, xiv. 

Théodore, év. d'Édesse, xix. 

Théodore, év. de Kaisoum, xii. 

Théodore, fils de Merwan, 4. 

Théodore, frère d'Héraclius, 6. 

Théodore le Reddounien, 7. 

Théodose, 13. 

Théodose le Jeune, xxx, 1. 

Théodose, fils de Maurice, 3. 

Théodote,év.d'Amida, 11,14,18. 

Théophanes, 3, 5, 6, 8-10, 18, 
23-25, 29, 43, 55, 72, 74. 

Théophylacte, 3. 



;:^0(] 



DENYS r)I<: TKI,L-MAHRK 



Thilaticomum, 19. 
Thomas, niapliriari, xxvii. 
TlioiiKis, év. d'Aniida, 5, 7, 11. 
Thomas d"Héraclèe, x. 
Tliomas, archidiacre, 9G. 
Thomas le Stylitc, 11, 18. 
Thomas (égl. de Mar), 59. 
Tibcriade, xx. 
Tibère- César, 13. 
Tibère- A psi mare, 11. 
Tillis, 21. 
Tigre, XXIII, 28, 29, 51, 00, 71, 

72,82, 122. 
TiSpa, 49. 

Timothée, patr. d'Alex., 84. 
Timothêe, év. d'Édesse, 58, GO, 

Gl, G4. 
[Ibn] Touf (Mélik), 80. 
Tounou, 13. 

Tour 'Abdin, GO, 72, 119, 18G. 
Toutis, 172. 
Tripoli de Syrie, 8. 
Tuch, G2. 

TuUberg, xxix, xxxi, xxxiii. 
Turcs, 21-23, 39, 72. 
Turquie, 138. 
Tyane, 13. 
Tzour (Porte de), 21. 

Valentin, patrice, G. 
[Ibn] Wahab, G7. 
Walid (I^^"-), lu, 11. 
\Valid(II), 30, 39,40. 
Weil, XV, XXIV, xxvii, 22, 25, 
30, 40, 42, 45, G2, 101. 



Wright, X, XIX, xx, xxvim-xxxii, 

1,3, 11,28, 19. 
W'iistenfeld, xvn, xxiv. 

Yâdh, G. 

Yakout, G, 28, 42, 45. 

Yakoub, 42. 

Yaqoub (couv. de Mar), xiii, xx. 

Yézid Ibn Mo'awia, 8. 

Yézid (I«n, 9. 

Yézid (II), 17, 18. 

Yézid (III), 30, 40, 41. 

[Ibn] Yézid (Adam), 92. 

Zab, 45, GO. 

[Beit] Zabé, 45. 

Zacharie, év. d'Edesse^ 6G, 90. 

Zachée, év. de Kerma, 60, 147. 

Zachée (couv. de Mar), xiv, 

xxviii. 
[Ibn] Zadan. — V. Klialil. 
Zaïd, 90. 

Zaïd (forteresse de), 74. 
Zaita, Zeita, 23. 
Zeinan, év. de Kerma, 147. 
Zeitoun, 23. 
Zo\ara(Mar), 118, 119. 
Zo*ara (église de Mar), 7. 
Zo'ara, moine, 97. 
Zobaïri, 9. 
Zohaïr, 28. 
Zouqenin (couv. de), x, xxx, 7, 

41, 54, 58, G5, 85, 8G, 90. 
Zozime, 23. 



CHALON-SUR-SAONE, I.MP. I IIANÇAISK liTOHIKNTALE DK L . MARCEAU. 



(MllU)iNinili: 



DK 



IIENYS \)\i TKLL MAIN 



\\i 



QUATIÎ i KM K 1>A R TI l-i 



PUBLIKE ET TRADUITE PAR 



J.-K. €ll4»OT 



TEXTE SYRIAQUE 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUK DE RICHELIEU, AU PREMIER 

1895 



!>UKr\(]K 



Dans l liilroduclion (puî nous avons luisc; (mi U\U' de 
U{)\\'c liaduclioii Iraiicaise de cet oiivraîje nous avons 
parlé de la vie et des anivres de Denys de Tell Alahi'é, 
et nous avons donné une descriplion sommaire du ma- 
nuscrit CLXII de la bibliothèque Vaticaiie, d'après lecpud 
nous publions le texte de cet auteur. 

11 nous reste, pour compléter notre travail, à faire 
ici (juelques observations de détail qui concernent plus 
particulièrement le texte syriaque de la Chronique. 



I 



Le ms. , avons -nous dit, se compose présentement 
de 17/1 feuillets. La quatrième section de la Chronique, 
précédée de la préface mise par Denys en tête de la 
partie origmale de son œuvre, commence au verso du 
fol. 192 et occupe la fin du codex ^^l 

Mais le volume présente plusieurs défectuosités. La 
foliation actuelle , que nous reproduisons en marge de 
notre édition, est moderne et ne correspond nulle- 
ment à l'état primitif du ms. Celui-ci était composé de 
cahiers de Imit et de dix feuillets. Cette divergence ne 



o 



^'^ Jusqu'au fol. 122, le manuscrit est un palimpseste copte, ce qui 
rend la lecture des premières parties de notre Chronique assez difficile. 



A 

IMI'IllMI.Rir. SAllONALt. 



—«•>♦! Il )•«+-- 



permet pas de cU^lenniîior avec certilude combien de 
pages ont disparn. Les cahiers sont numérot(^s au pre- 
mier feuillet. 

Au fol. i39 commence le cahier 16 [a-]- Le ms. 
peut donc avoir perdu, dans la partie qui précède, jus- 
qu'à dix-huit feuillets. Le cahier 16 a huit feuillets 
seulement et pai'aît complet. Le texte du moins n'in- 
dique pas de lacune. 

Le fol. i/io est marqué ^ [19]? ce qui donne à 
entendre que deux cahiers entiers [jL et -*-], soit de 
82 à 4o pages, ont disparu. J'ai omis de noter cette 
lacune dans le texte [p. j-3]. Elle avait d'abord échappé 
à mon attention, le fol. 189 terminant régulièrement 
un chapitre et le fol. i/io en commençant un autre. 

Le fol. 1 Bo a est marqué JLs [21]; mais c'est là une 
erreur due à la -simple transposition d'un cahier. La 
signature -o [9.o]se retrouve au fol. 160. J'ai rétabli le 
texte dans son ordre naturel. 11 était d'ailleurs indiqué 
en dehors de la pagination, par la citation biblique 
terminant le fol. i5g, dernier du cahier 91, qui se 
trouve brusquement coupée au milieu d'une phrase et 
continue au fol. 170, premier du cahier ca^ [-^^J- ^1- 

pp. CHJiJD, wm.^JD, sIXSf. 

Le cahier cxo, actuellement le dernier du ms. , ne 
comprend plus que cinq feuillets [170-1 7/1], encore 
n'est-il pas certain que les trois derniers lui appar- 
tiennent. Les fol. 170 et 171 étaient l)ien les deux 
premiers de ce cahier; mais les trois autres appartenaient 
peut-être au cahier suivant. Denys a annoncé qu'il par- 
ierait de trois années de calamités. Le récit des mal- 



-►!-»•( III )•« I 



licurs (le la |M'(Miiiri(* <'l de la (Iciixiriiic anin'c occupe, 
|)()iir cllaculM^ environ <li\ icnillcis. | (11. pp. avaiD, ^^2Lo |. 
Il est A ci()ir(M|Mc le calilcr *^o in' snllisail, pas pom* la 
narration de la (in des calannt/'s de la deuxième et dn 
tontes rell(\s de la troisième anné(^ |io8() d(;s (Jrecs], 
à la(]U(dle s'arriHait la (llironi(|U(\ [Jne phrase de la 
page Aat | I. i-,') | donne à entendre que le rc^cit se rap- 
porte à cette dernière année. H est certain en tous cas (jue 
le fol. 1 7/1 doit s(^ lire avani les loi. \'j9.-\ "y.'). L'énumè- 
ration des tilrcvs de chapitres | \!^m.9 JL^u^, p. v-*_ûf , 1 y; 
et |utt>v? JL^;.-*., p. j.::^^, 7] ne pc^it laisser aucun 
doute à cet égard. Nous avons donc cru devoir réiahlir 
l'ordre primitii'dans notre édition (^). 

Mais en aucun endroit nous ne nous sommes permis 
de transposer le texte pour rétablir l'ordre chronologique 
comme l'a fait Assemani dans son analyse ^^\ 



u 



Wright écrivait il y a une dizaine d'années qu'on ne 
pourrait apprécier comme il convient le mérite de Denys 
qu'après la publication de sa Chronique ^^). 

^'^ Je pense qu'il y a encore au fol. 157 a, une légère transposition 
due à une erreur de copiste qui a probablement introduit dans le texte 
deux notes marginales en intervertissant leur ordre respectif. Notre édi- 
tion [p. M»», 1. i5-2o] suit exactement le texte, mais il semble qu'il 

serait plus naturel de lire, 1. i5 : «1»))? ^? a-»« -.lil)? o;:^» 

'ZIo 3>]o. >s^»)?, et de reporter les mots .m-lol ^? lwi^^^ à la ligne 19 
après )y^ |>Boo?, ou mieux encore à la ligne 20 après 11)^3, 

^*' Voir l'Introduction qui pre'cèfle notre traduction française , p. xxxiv. 

^^^ Syriac Literature , i" e'dition. Encyclop. Brilann., XXII, 8û5. 



y>*t rv 



(Iciles, celle publicalioii ne louiiiera guère à I a\an- 
la<T[o (le railleur. H seiait diflicile de trouver un écri- 
vain dnn style pins incorrect et pins bizarre. Cette 
inlériorité très marquée sur les auteurs antérieurs et 
poslérieurs s'explique par le milieu et le temps dans 
lesquels vivait notre patriarche. C'était Tépoque où la 
langue arabe supplantait dans Tusage vulgaire l'idiome 
syriaque (^l Ce dernier cependant n'était pas encore 
passé à l'état de langue savante, il s'apprenait encore 
par l'usage et non dans les grammaires, et l'usage avait 
déjà introduit, comme à toutes les époques de trans- 
formation, de profondes modifications dans le langage 
vulgaire. Dans les siècles suivants, lorsque l'arabe fut 
devenu la langue usuelle, le syriaque passa à Télat de 
langue savante; les lettrés l'étudiaient selon les règles 
établies par les grammairiens, et de là la supériorité 
des écrivains postérieurs, de Bar llébréus par exemple, 
sur notre auteur. En lisant les écrits de Denys on sent 
qu'il pensait en arabe et les constructions grammaticales 
de sa synlaxe portent fortement l'empreinte de cette 
inlluence. On lemarquera en particulier l'emploi si fré- 
([uent de cette construction qu'on a coutume d'appeler 
rr nominatif absolue' et (jue les grammairiens arabes 
nomment r proposition à double face t). Il est inutile d'en 
donner ici des exemples, car elle revient à chaque page, 
pres(|ue à chaque phrase. 

Toulefois le style de Denys ofl're de telles anomalies 
(pril est ])ermis de se demande^' si l'état de décadence 

"' Cf. [{. ni'V\F., UiaUnrr (Vl'ùlcssr. p. ^).l\'.\. 



lilléraiiMî de son sircJc siillil à rw rcinlrc ('oiiii)!!; cl s il 
lie laiil y joiiidiM^ un (Irl'aiif naliiicl (r.'i|)litii(l(^ rlir/ 
IVîcrivain. Aussi ([iiand nous disons (|U(^ laiih^ui' o('.cu|k; 
le premier raii<j parmi h^s tM-rivains jacohitesdu ix'sièele 
cela doit sVnUMidre de rimporlanec de ses (3crils et non 
pas de son mérite lilléraire. 

On comprend, d'après co cpii vient d'Atre dit, ([ue 
Téditioii du texte de Deiiys n'était pas absolument 
exempte de diflicultés, et le nombre de celles-ci est 
encore accru par la mauvaise exécution de l'unique ma- 
nuscrit dont nous disposions. Maljjré tous nos eiïorts, 
nous n'avons point la présomption de croire que nous 
les ayons toutes surmontées. Nous en signalerons ici 
quelques-unes, en commençant par celles que nous 
pourrions appeler graphiques, avant de passer aux sin- 
gularités orthographiques qui semblent appartenir au 
système défectueux de l'auteur. 



111 



La négligence du scribe qui a exécuté le manuscrit 
du Vatican a été pour nous la cause de nombreux 
embarras. Dans bon nombre de passages la lecture ma- 
térielle est douteuse. La plupart du temps le contexte 
permet de l'établir avec certitude; mais il n'en est pas 
de même lorsqu'il s'agit des noms propres. Ainsi les 
lettres **,-*, j, et même parfois û, -^ et"^, ne se 
distinguent pas suffisamment et consistent en jambages 
d'égale hauteur. 

D'après cela, la lecture de certains noms propres, de 



B 

tMPnntrT\ie nationale. 



ceux surloiil dans lesquels plusieurs des lettres dont 
nous venons de parler sont groupées ensemble, ne saurait 
être absolument garantie. Nous signalerons en particulier 
les suivants : 

JLjIo:^^ [jld 7, i3, 19] peut aussi se lire 1LuIq!^3 
et JLfd:^a on )L*>aL:^3. — ^-::i^ [^ 2] pourrait ma- 
térielloment n'être autre chose que l'adjectif indéfini 
K*i^fc3. Le contexte toutefois exige un nom propre. — 
;^^jL [w«.fi3, 2 4] doit évidemment être corrigé en ;.^a. 
[Gf.^ iG, 90; jxD 28]. — Le nom del'évêque de Téla 
wj- [)LD 10, 17] pourrait se lire w-j (chez notre auteur 
pour M-oj). J'ai préféré, après Assémani, la première 
lecture qui n'est pas insolite. (Cf. BibL or., I, 467). — 
^oi [-*û5 5/i] et ^1^1 [jL^jD i/i] désignent probablement 
le même personnage, et il faut adopter l'une ou l'autre 
leçon pour les deux passages, w^i doit être préféré, car 
la lecture ^^1 est incertaine, d'après l'état du ms. en 
cet endroit. 

L'écriture au verso du fol. i56 est en grande partie 
effacée. Nous avons reproduit [pp. >f - of] ce qu'on en 
peut lire et nous avons restitué de notre mieux, d'après 
leurs vestiges, un certain nombre de mots. Ces resti- 
tutions sont placées entre deux traits verticaux, ||. 
Quant au verso du fol. 17/1, actuellement le dernier 
du manuscrit, il est presque entièrement illisible. Nous 
avons du nous borner à en résumer le sens d'après ce 
(pi'on en peut déchiffrer [^^^]- 

Puis(|ue je parle de l'élat matériel du manuscrit, je 
ferai encore observer qu'il n'a point les alinéas que j'ai 
cru utile d'introduire dans le texte. 



( VII )•«•»-- 

(loimiic raviutdrjj'i ImiI I('iii;ii'(|ihm TuIIIx'I'ij, 1rs points 
(lia('-i'ili([U(\s (\{. les siijMcs (h: poiicinalioii oui rlr, pour 
la |)lu|)ai'l, ajoulés poshM'iiMirciiHMil. vA d mikî manières 
ii"ir|>;Mli(^r(\ A rnosur(^ (|uOii avaiic<', ces si<jii(is di;- 
vieiiiUîiiL de plus (Ml phis rares, cl, veis la lin du volume, 
on n'en rencontre prescpn; plus aucun. Nous n'avons 
pas cru devoir en tenir compte habituellement, et nous 
avons ponctué le texte d'après le s(^ns de la [)lirase. 

L'usajje du rtbbui n'est pas moins inconstant cjue celui 
du point diacritique. Nous l'avons partout ajouté sur 
les noms de nondire, lorsqu'il ne s'y trouvait pas. 

Nous avons voulu toutefois donner un spécimen de 
la ponctuation du manuscrit. Jusqu'à la page o, 1. 12, 
notre texte reproduit exactement tous les signes qui se 
trouvent dans ce dernier. 

Le quadruple point final [♦] ne sert pas seulement, 
dans le manuscrit original, à marquer la fin des phrases, 
mais aussi à mettre en évidence les noms propres (voir 
les exemples que nous avons conservés, pp. oco i-3; 
^^s 9 1-24) et les passages bibliques dont il marque 
parfois le commencement et la fin. 

Le ms., ainsi que je l'ai déjà insinué, porte un certain 
nombre de corrections postérieures. Les unes sont dans 
le texte même. Elles paraissent être de la main d'Assé- 
mani. L'addition du o final après la 3"" pers. masc. plur. 
du parfait (cf. ci-après, p. x) en constitue la majeure 
partie. Je les ai toutes introduites dans mon texte en les 
plaçant entre crochets, et je les ai conservées alors même 
qu'elles ne semblaient pas j ustifiées , comme par exemple : 

B. 



-9»{ V 1 1 1 WC-I-^- 



On trouve aussi, ajoutées à la maige, un certain 
nombre d'additions, qui paraissent être de la main du 
copiste lui-même. Ce sont le plus souvent des mots omis 
dans le texte et que nous avons insérés à leurs places 
ies|)ectives en les plaçant entre parenthèses (). 

Enfin nous avons du quelquefois, pour comjiléter le 
sens, ajouter de nous-mème certains mots^^^ que nous 
avons placés entre doubles crochets [()] pour les dis- 
tinguer des corrections d'Assémani [], et des additions 
marginales (). 



IV 



Sans voidoir transformer cette préface en un commen- 
taire philologique, je me crois cependant obligé de 
donner quelques explications sur certains mots et de 
signaler quelques-unes des nombreuses fautes de co- 
piste et des non moins nombreuses anomalies dont j'ai 
parlé plus haut. 

On peut faire remarquer tout d'abord que l'auteur 
n'observe pas une orthographe constante pour les mêmes 
mots. Ainsi il écrit indifféremment ^\ [v-*ro 22] et 
^-*io) [<i£o 6); m. mil! [oco /i] et jaijll [)so 1 6]; ILo;^ 
[1 1] et |J — 0^0» I o 1 o |; ^^<rJ [f^^^^ 1 fi^ 20] et ^^«^^-^r^ 
I s*-o io|; JLcoVoa et JL^d*^ [h 1 /i , 26]; |La-a-o et 
)lcL=L^ |v5^ :{, iG]; 1;^ [^ 'J.'}] et \'^)j [li 5]; 
1;^^ el |;.-JKïï, [-=î^ i- i^O' ^^^ ^^^ 1;^ ["^^ î) , 6]; 



''^ Le litre a ('fralemont été ;ijr)iilé par nous. Ibns !«• iiianuscrit le 
texte (le la juc-face fait suite à la troisième partie de la Chronique sans 
aucune iutcri uption. 



»>•( l.\ )»C I 



jb>Qmajp cl |L^fai> | là f), y 1; wcafava^mQ»! cl wcoo»v>>ma| 
I oi* 7, i .'{ I; JLoa2) 1 ? *> '> 1 cl, .m*f>a3 1 o (| 1; )La-^;-- 
1^^ 1 ;i I cl. Ilo-^o;^ |jLio i|; IsL^ cl lla'is , |)liir. 
JLs^ (il; ^^2^ [ o, I o, 11]; );.-.io) | «-..ri i | vl | ;. , v> -î^. 
[wJr^jD if)], cl, ])eiil,-ôtre )w^) [jlcd i8j, [Auv. Jli»^Na^ 
cl Ij'^^I [f^^ S |; etc. 

Dans les noms transcrits du [jrec, l'emploi du o cl 
du »* est anssi 1res inconstant, comme d'ailleurs chez 
tous les auteurs. On trouve indiiïeremment les foi'mes/ 

|o>r>nna| , JLâaiQ.axAâ| et plusSOUVCUt joiOfn.a) ; or>fM>vvN 

.mr>^iX.f> ["^^ ^] ^^ ^flOQ-û-i^ijo [w-.-jD 1 1 |, etc. 

Il tant attribuer à des fautes de copiste des leçons 
telles que : J^^-..J^^L [? 19] poui' J^^-M.i^*aL) ; JUâMoy 
[ck-» 20] pour Jl.^099; -o»aSoo» [<^ûaiD 1.3] pour 
»*«aJîao«î "^"^ [**-^ ^3] pour Uj^; od;.^^ [*-\'\ro 5] 
pour *floo;^U> ; yoafoi:^ [*^ ?] pour yoo^^.'^w^; ^^^«:^±^acD 
[jl^ 6] pour ^■;:s.aro; )J^.*-i*j [j^ -y] pour ^JL*^; etc. 

De même, ucaa^^^ [oj 8] pour .gY^v^v> (voir la note, 
traduct. , p. 5 o) , "^^^ [ «^o 1 9 , s^^ 9 ] pour ^^ , u^U 
[ju iG] pour C^*^), s'expliquent facilement par la con- 
fusion des lettres v^,^^ et>a^. Par une confusion ana- 
logue, au lieu de : ^*-«-^^[v^^ 20] le manuscrit porte 
J^.^s^. La leçon ?,-.l) [^21] pour ,-1) vient aussi pro- 
bablement d'une faute du copiste; son texte devait 
porter ^l). — De même ILio [©»» 21] paraît une faute 
pour ^^àiM*io. Cependant on trouve encore ^^^^.^.^0 [)j 6], 
qui prêtait moins à la confusion. 

Je ne sais s'il faut ranger dans la même catégorie les 
formes telles que J^...^-J^wl• [c^ 16] pour J^-)J^^J^^. 
Peut-être faut-il y voir une simple transposition de la 



lettr(3 ), ;ni;ilogii(* à celle du o qui est constante dans 
certains mois, comme Ijo^û^ [?] '-^ ' ^^^ '-^^*' ^' ^9' 
29.; etc.] pour Lioa:^; j^o^ [Islo 22] pour )l<ii^; 
)^o) I «^-^sojD 10 I pour ho^; jLvo^Juo [♦.'^û-o 12] pour 
JL^^ojd; |w>Q.iO [ousf 1 -^ J pour Ha^iD; etc. 

J'ai cru reconnaître une transposition semblable dans 
le mot ]J^oi [«,iD 20] qui aurait été ainsi écrit pour 
llo^l; mais il est très possible qu'il y ait là simplement 
une faute du copiste pour IJ^^oi (cf. cîvf 21). «.z^^JJ 
[^:i^ /i], pour j^t^î^ n'est pas absolument insolite. 

On trouve aussi le ^ transposé presque constamment 
dans )Lai-.2c« [jLS 2/1 etc.], pour )lo i v> >o^; et on a 

Notre auteur affectionne, en général, la suppression 
des lettres quiescentes. Ainsi on trouve : 

o^t) [il i5, CH£) 1 6] de préférence à o^l); L;.iol) 
[^f 22] de pi'éférence à L;^o|L|; j^^M>i) [^^a 5] pour 
%a*û>U|; axiol) [v^^jD 5] pour aj-io)L). Dans Içs noms, 
il ])référe ^^ol [ JLdî 1 | à ^w-oL; JL ^ Q m . ^ |v^ 1] à Jb^ûroa^; 
\l^ \k^^ 22 I à |l)j.io; oJ^3 [^^ t A I à «IJlâ; ]ij:i^ 
[oujD 19] à ]i.^i^\. On trouve aussi y| [«3] pour ^-1 . 
h'^*^ [ci^ iG] poui' jlj;^JLd; iJL^ [o, 1] pour f)JL:>, etc. 

On peut encore observer que l'emploi de la forme 
Peut, (juand elle répond au sens passif, est préféré à 
celui des formes Elhpeel ou Ellipanl; par exemple : 
^.io [ Ir» 12] de préférence à ^.ioll, J^c^d:k^ [jLi 19, 
«£o 8, v;^ j 7 I de préférence à J^.vi^K•.); etc. 

L'absence du o et du ^ quiescents est constante aux 
3"'" pers. masc. et fém. ])lur. du parlait. (iCtte manière 
d'écrire est d'ailleurs hMMpienli chez tous les écrivains 



i >( \1 )•< I • 



r 

;uilcriours à Ja(([iMîs (Tlidi^ssc», (ît V\ Icxlc, (!<' notre aiihiur 
inoiilrc (|ur les i'è<;l(îs Iracéos ])ar ce |;raniriiairioii iroril 
pas nié l'criios de siloL, inriiic |)ai*mi les Jacohihîs. On 
trouve (lonc^^^i^ , c^J^-o, jixfio,"^^^, etc., pour o^^^^ ou 
^^^ïiAjo, o^J^vD ou v*i>J^o, o\ag> ou vi>v>n>, etc. Cette ni Ame 
su|)[)ression a lieu à rinipératil'. Ainsi on rencontre 
w^oJ^o |vkJD 17] pour a=>oJ^^. Les lettres ([uiescentes, 
l(» o surlout, ont été très souvent ajoutées sur le nis. 
par une main postérieure, comme je l'ai indiqué. 

Par une étrange bizarrerie, la 3''pers. masc. sing. du 
parfait présente précisément la forme du pluriel. Notre 
auteur écrit <î^-o, ©C^, etc., pour^^^uD, -I^, etc. Cette 
particularité orthographique, qui avait déjà été remar- 
quée dans la Chronique de Josité le Slylile^^\ doit s'expliquer 
par la contraction du pronom persoimel o« avec la 
forme verbale; ainsi <^^^ est pour o« "^^è^, o»"^ pour 
00» ^ (Cf. R, DuYAL, Gram. syr., p. 290, 365). 

La suppression du o a aussi lieu constamment à 
l'imparfait de tous les verbes ^e-waw. On trouve ainsi 
yoi^jb [^^io 1 7 ; jt^jD 1 i] pour yQi^ojLi; yo\.»^ \^^:^u^ 9] 
pour yOfo^^ ; yoJ^.^^aJ [ JL» 7 ] pour yoLQ:^aj ; yovin t [ jliD 2 ] 
pour ^o^ooi^j; y(i^-f [o^ 10] pour yo..^aAj, etc. Ces 
anomalies engendrent parfois quelque confusion : ainsi, 
dans le dernier cas, sans l'emploi du^ devant le ré- 

^'^ Comme la Chronique de Josué a été précisément conservée dans 
la troisième partie de la Chronique de Denys de Tell Mahré, et que son 
texte n'existe dans aucun autre ms. que celui dont nous nous servons 
pour la présente publication , on peut toujours se demander si ces formes 
appartiennent bien à Josué , ou si elles ne sont pas plutôt le fait de 
Denys ou du copiste qui a transcrit les œuvres de ce dernier. 



->[ XII )•<^— 



{jime, on aurait pu croire qu'on avail affaire à l'im- 
parfait du verbe I^a-, (jui se construit de préférence 
avec '*^. 

Celle (Hi'anjje ortho<;raphe est même appliquée à 
l'impératif. Ainsi, on a yo^L [^"^ûjd i8] pour yO^oL; 
yOioi [«-^"^ûjo i8, 9/1] pour yoioo,. 

11 en est de même du ^ dans les verbes de cette caté- 
cTorie. On trouve yonnaj [a:^ 18; o^ 9] ])oiir ycafn.Oi 1; 
^•^1 [cH-JD '2/[] poui' t^— «k-l; y>v>fnK^ [«-^fcX) 19] pour 
^^^v^^mlJ^oo. Je ne crois pas qu'il faille voir une suppres- 
sion analogue dans les formes telles que ^«^.^a^ et 
s^>,i>XA [ sï^JD 9., 1 3 , 17] pour ^^^vm et ^^.^..Xi^ , ;.^ 
[jL^ /i] pour w^, suppression qui donnerait au par- 
ticipe passif la forme de l'actif; mais il faut plutôt y 
reconnaître une confusion dans l'emploi de ces deux 
participes. 

De même qu'à la S'' pers. fém. plur. du parfait, le -. 
final est ordinairement supprimé, et ceci est particuliè- 
rement choquant, dans le suffixe fém. sing. de la 9*^ pers. 
«-^, ([ui ne scMlislingue plus alors du masc. y,. On trouve 
ainsi s^2> [^^ 9] pour sm '\ ^; ^.^.^^.^ [^^ 9, 3] pour 
s^ji*^^; ^ [y.^ '-i'i] pour o^rC:^, etc. 

D'ailleurs notre auteur ne semble pas avoir apporté 
beaucoup de soin dans l'enqiloi des sullixes. On trouve 
assez fréquemment le masculin ])our le féminin et réci- 
prof|uement('^. Ainsi on a yoo»^ 1 1 >f> x» 1 1, m x> 7, 
aof 1 7 J pour ^-.oî:^; yOCHiio [as^ 1 8] j)()ur ^ooio; ^00*3 

^'' Lo nom propre du llenve Jt^wo? est considërë par notre auteur, 
contrairement à l'usage, romme un féminin fu, 7, c^c.]. 



— ►»•( Mil ) 



c^xjo I I pour ^«CH3; ^o^d^^l ^8 | pour o^ou^k^: ^(ydvrxi 

(a\s ('\(»in|)K's (Haiciil, iih^iik^ iiti peu plus nomhfoux 
([ue ceux ([uc Ton Iroiivei'a; aw l(\s ayant coiisid/uYîs, 
dans les picniiùr(3S pa{j(is, comme; (hîs fautes d(; copiste;, 
je les ai (|uel([U('(ois cori'ijjes; mais ils s(; sont pirsontcs 
ensuite en si {jrand nomhre (|uc j'ai di\ linir j)ar y r(;eon- 
naître une des nombreuses bizarreries de l'ortbojjrapbc 
de Denys. 

Au sujet des suHixes je lerai encore remar(|uer la 
feçon anormale dont ils sont joints au nom ou au verbe. 
Ainsi le texte porte: om^^a. [? 28] pour <»^*^; w»o*ax^-j 
[k=î^ l'y] pour ^<Ma^i.^j; w*o^oJ^-^ [a^ i3, 18, «j 10] 
pour »^o»a-,i^wj; 0^0^) [h 5] pouroa-ot); ^<mo;^) [♦^ 1, 
CH— ., «-i 1 0] pour ^ocH-f-l, et par suite «©;.-.) [^=^^] de 
préférence à **o»a-';-); ch-v^*.^ [oiS 'ji] pour ôv-.v^j-»; 
yoaijj^ L^û? 1] pour yooM?^-». On trouve même ^o^l'^^oid 
[v^û^ 10]; l'auteur aurait-il voulu écrire yo«U<x:iiô? 

Voici encore des contractions qui se rencontrent chez 
notre auteur : ^«.3:^*;.-^ [w-.co 23] pour ^ ^^ ^v. ^a-^; 
|;.^;po [^:::i. 10] pour );.^| w^viio. — Il faut probable- 
ment en reconnaître une dans le mot )♦. v\a.:> [o-û 12] 
que j'ai traduit par ce baptistère n , parce que j'avais cru 
y voir, d'après le contexte, une leçon fautive pour J^w^ 
|*:bû:^; mais le nom de lieu )f^^ J^^*3 se retrouvant plus 
loin [cHJ 2/1], il faut maintenir la leçon du manuscrit 
et traduire Beit Mdada. Cette contraction )^vjjû-3 pour 
)f^.io i^*3 représente la forme arabe que l'on retrouve 
également dans 1^0*012» [^sto 1] et )f?ooHwt^ [j^*^"^ 1^] 



pour Hfwoj J^^-^. Jl laiil cgaleiiieiit reconnaître une 
conlrarlion du même genre dans u^ûasI [^n^ 2] qui 
est ])our wûQA^^L, forme que notre auteur emploie de 
préférence à Jlv>nr>^^l. — o*.;^ [i-jo 5] paraît être 

pour CH^;^£D. 

J^a suppression du ^ dans des formes telles que : 
yV^»- [^^ 2/1] poui' yv— J^«►, )*i-co) \^s 12] pour 
|;;-.-û>) , y^^y^ [-l^uD il] pour yaaJ^^,a, semble in- 
admissible et paraît devoir être imputée à la négligence 
du scribe. • 

Dans bien des cas l'assimilation du l et du ? est ex- 
primée dans l'orthographe comme elle l'était dans la 
prononciation. Ainsi on a : ^^^i^L [v;^* 16] pour^^-^^L; 
yd^^L [v 3] pour ydïK^^L; yd^^-j [v;^^ 17] pour 
yd^.^«-i; yd^N«*J^.j [*^^*^ ^7] pour yQ:^^9i^o; >nf>*^J^.J 
[Jb 17] pour ycua-l*?J^J; o-j?) [JLd kj] pour o^^U;^??! 
[^-D 5] pour>ù.»^L); etc. 

On trouve aussi dans les verbes des permutations 
entre les lettres de même organe, par exemple : w^.^J^.io 
[o^i 16] pour w^l^^io. q:^j..^.£o) [w-^ 2/1, oa^ 10] 
pour q:^j.^J, et quelques autres. — ox^^^l [wi^ 19] 
est pour o^âJ^j»). 

Ces permutations se rencontrent encore dans les 
noms , surtout entre les lettres quiescentes , par exemple : 
JL*JL» \of^ 21 I pour JL-j; ^--*a \yj^ 16] pour ^JLû; 
lio-^û 1*^ 21] pour Iv^JLo. etc. On en rencontre éga- 
lement entre d'autres consonnes, comme dans : jL^^;j3 
[o$i«D 1 1] pour JL^;.^. 

I) après cette dernière orthographe, je suis porté à 
croire (jue Iw,^;^ | o»:^aiD (j . 1 ',) , 1 T) ; \.>ûj^ .1 . etc.] n'est 



♦ »>•( w ) 

|)rul,-(^lr(' |);is, coiiimc je TiiNiiis cru, pour U^^^x^oa^^xD, 
lUiiis pour U-^-kgo ( U^ojixd) (|ui ;i le inruir scus. 

Vu l;i [)r()])(;MsioM de raulcui' à suppriuicr \rs l(;l,lr(;s 
([ui osée h les, rjuldilioii de IcUres r|)('iillirli(|U(;s ;i lieu 
(le sur|>r('U(lr(\ Ou Irouvi; (•epcMidaul : JLiL)f | JLax) '>. i | 
pour ii)?; '^>w^>)l I «-.x> 1 o: Ajd (I | à ca)U\ d(3 ^^^-j^lL; 
**^, I cîs. 1 ') J pour »*jj; |J^^JiJ 1^*^ -^- ; '^ •^> I |><>i"; 
ILli, oie. Celte dcriiiere leçon serait peut-iHre à nuiijei* 
parmi les fautes de copiste. On rencontre encore JL13A1 
[ds» ij ])()ur JL^-^j, etc. 

Je pourrais multiplier ces exemples d'anomalies, 
d'erreurs ou de particularités. Il me suffira d'en avoir 
sifjnalé rpielrpies-uns. Je n'ai point eu le dessein de 
donner une liste complète des irré[jularités que pré- 
sente le texte de notre auteur; mais j'ai tenu à en citer 
un bon nombre dans chaque caté[jorie, afin que le lec- 
teur soit bien persuadé que les formes anormales qu'il 
rencontrera dans ce volume ne sont point dues à des 
erreurs typographiques. Elles ont d'ailleurs été signalées, 
pour la plupart, dans le texte même, à l'aide d'un asté- 
j'isque qui indique que telle est bien la leçon du manu- 
scrit. 

Gomme on le voit par un simple examen, presque 
toutes les irrégularités ont pour raison fondamentale 
que l'auteur se conformait pour l'orthographe à la pro- 
nonciation beaucoup plus qu'aux règles de la gram- 
maire ou de l'étymologie. Je ne pense pas qu'on puisse 
en rendre compte suffisamment par l'hypothèse que 
notre manuscrit aurait été écrit sous la dictée par un 
scribe inexpérimenté. 



-— 1-9«{ wi y 



Une autre parlicularilé du style de Denys consiste 
dans remploi assez fréquent de mots arabes. Il était 
naturel qu'il conservât en syriaque la forme des noms 
propres, comme •-^, ^jcLs. [> 5]; >■•»», J^ [*^^ ^]' 
ja-.vaj , |<Uj [cH.io yj; ^o::^, cjj^ft[,j 1 1], et d'autres dont 
la transcription est indiquée dans les notes de notre 
traduction; on comprend encore qu'il se soit servi des 
termes techniques comme : Uc^a:^, J^is- [v^ 8, etc.]; 
**30j,i^[^^-û5,6, i3;v^JD29;JLa-o 3;^ i5, etc.]; 
|ldbK;ï5^,^^==. [cHJUo i; JLajD 5, 7, 10, etc.]; ^^>:bCL^ ^î>, 
JUt Ai^XAs? [Aj^-o !2 5; oUiD i, 7]; oJ5l, ijliyi [jLajD 21]; 
Jl^;.io, l^y> [cHûûiD 1 y; a^^ 18]; ILao. JL« [?^^ 1 8, etc.]; 
d^^.^, AÎU [w-w» 3] etc.; mais à côté de ces mots il en 
emploie d'autres dont l'usage montre la grande in- 
lluence que l'arabe avait déjà exercée sur la langue 
vulgaire, par exemple : l^^o^, ù^^LL [<^j^ 2 1 ; om^ 7]; 
vk-^, ^Aj [^ 6, 8; )t^ F)]; l^^M., iil^yi [oî^jd 17]; ;o>oi, 
pj^jcû [1 2, /i; K 1 1]; |VjL3,^l^o [wjD i3], etc. 

Il faut encore, semble-t-il, rapprocher de l'arabe le 
verbe •Aa.^ cr cacher, se cachen? [chj 2 i ; JLo 7 ;^^jd 2 2 ; 
A^io A; v^^^ (), tîlc.] que j'avais d'abord considéré 
comme une faute |)our Jla..^. Je suis porté à croire que 
ce n'est pas l'équivalent normal de la racine j*Ulo, mais 
bien la transcription directe du verbe JiJia qui entre 
autres sens a celui de rr fuir dans un pays éloigné ti, signi- 
fication assez voisine de rrse cacher -n. 

Il faiil pi'()babl(»Mi«'ii( aussi chercher une origine 



-«-#-»•( XVI f )•€«• 

araix' an mol |^^«^.^ <|ui s(! Iroiivt; (huix fois ainsi dis- 
lincliMiK^nl (Mîi'il | Ljo 17, v^*x) 5 |. La foiine syriarun» 
il Ia(|ii(îll(î on ponnail, sonjjcM' (^st )i^^;.l^, (pn; Wnv I5ali- 
loul (lonn(^ comme (M[uival('nl tl(^ jo!^ — i^ |)lur. ^L:^! , 
ff tribus nomades -n; mais le conloxle |)ai'aîl, s'opposcîi' à 
celle reslilnlion. J'avais cru y nîconnaîlrc nn dérivé, 
correct on incoiTect, de la racine ^U. cr avoir hesoimi, 
sifj^nifiant cries choses nécessaires i^ et dans le cas pré- 
sent [ILujjd? )J^-^] cf les choses nécessaires aux animaux, 
le fourrage ->•) ; mais on devrait alors plutôt trouver )J^s5^ . 
En somme, ce n'est peut-être qu'une faute du copiste 
pour iJ^JiL^, forme insolite que l'auteur aurait pu em- 
ployer dans le sens de rrce qui fait vivre ')i les animaux. 
Le mot JL*ds« [v^ajD 17, cnaa^ 'J 2 , etc.] ne doit 
évidemment pas être rattaché à la racine syriaque v.^^ 
Cf fendre 1^ mais bien à l'arabe ^^ erse réconcilier, faire 
la paix, régler les conditions de la contribution de 



guerres. 



Le mot Ij^ [ooio là, jlld 7 , etc.] que nous avons 
ordinairement traduit par ce acre i^, et quelquefois sim- 
plement par Cf champs?, n'est encore autre chose que 
l'arabe ^jii^, mesure de superficie qui signifie propre- 
ment ce ce qu'une paire de bœufs peut labourer en un 
joum. 

VI 

Encore quelques observations de détail , et nous en 
aurons fini avec cette préface déjà trop longue. 

Les divers noms d'insectes [p-^— ^-^j] et de ma- 
ladies [p. .j», JL^ — a*^] donnés par l'auteur, mérite- 



->•( WllI 



raient dètro l'objet crune attention particulière. xAlal- 
heiireuscment le contexte n'indique guère le sens précis 
([u'il convient de leur attribuer, et nous croyons inutile 
de citer ici les explications que le lecteur trouvera faci- 
lement sous chacun de ces noms dans le Tlusminis de 
P. SmitI), ou mieux encore dans l'édition de liar Biddoul 
de R. Duval. Parmi les noms de maladies, nous avons 
essayé d'expliquer les mots JLaai^il [a^^ s], ^!;.â [a^^ 2 , 
ju» 3] et Q.'tiiidw> [o-»^ 2] qui est peut-être une faute 
pour JLû.^ac0 ;j^ (voir trad., p. 178, n. /i). 

Il en est de même des divers noms d'impôts, la plu- 
part empruntés à l'arabe, et dont on pourrait peut-être 
déterminer le sens plus précis en les comparant aux 
données des auteurs musulmans. Parmi ces noms, il en 
est un qui nous a particulièrement embarrassé et que 
nous avons traduit diversement, selon le contexte. C'est 
le mot JL^^Hû.co, qu'Assémani avait pris pour un nom 
propre [ JLo -22, voir trad. , p. 90 , n. /i], et qui ne paraît 
pas toujours employé avec la même valeur [«^^aiD i/i; 
lUttiD i/i, 16; ^f 22; oî^^ /i, etc.]. Je suis persuadé 
qu'il doit se rattacher à la racine arabe kiuv. 

Je ne sais trop dans quelle série d'anomalies il con- 
viendrait de placer le mot J^w|J^wl• [^^^^^ ^ -0 ^"' ^ ^^^ 
corrigé postérieurement sur le manuscrit en |^w|J^WM. 
On ne voit même pas bien le sens de cette dernière 
forme. C'est peut-être sim])lement un adverbe dérivé de 
L^^ ou de !♦.— , cr récemment T) ou rr joyeusement 17 (?) 

Le mot ^^sk^^^f [?^ i^i] ne semble pas moins 
étrange. J'ai songé à le décomposer en );-3 v-^^^j, et à 
traduire rrles mouches du désert ti; mais en l'élléchissant 



t>*{ \l\ )•<' 



aux M()tnl)i(Mi\ (Miipi'inils (ails par DtMiys à la liil)l(!, 
\{' crois (jinl iaiii, y r(;c()iiiiail.r(^ une allusion ou un 
(îniprunl, au livre I i\vs Kois, v, .'5 {Vulfi'., III, iv, i>.3) 
ou le texte hébrciu porte d^didn Dns-iD. Ce |)assa{J[e a 
(l'aiHcurs lui-mAme beaucoup exercé la sagacité des 
coinnieiitateurs. De toutes leurs opinions, il semble 
([iron doive |)référcr celle ([ui veut y voir le désignation 
des fc oiseaux de ])assa{jcii, par op|)()sition aux oiseaux 
doinesti([ues, ou tout au moins, des oiseaux qui vivent 
dans une certaine liberté, comme les pi[][eons, par oppo- 
sition aux volatiles nourris dans les basses-cours. 

IlojDi [^ fi] semble être une faute du copiste pour 
ILo^i [cf. JL^ 3]. — Le mot ^chmxcî^jd [v^ v.o] qui 
n'oifre pas de sens, me paraît être une altération d'un 
dérivé quelconque de la l'acine ^â:î:^iD, et désigne proba- 
blement les livres liturgiques [cf. JL» 20]. 

La forme ll^ajc [U^d ^'9] paraît singulière. Si elle 
ne se rencontrait plusieurs fois, on pourrait songer à y 
voir une faute du copiste pour U^oa.. Il faut sans doute 
la rattacher à l'arabe Jxii. 

La lecture du mot •ocH-.'^a^? [*^^^^ ^^] ^st douteuse; 
d'après le manuscrit on pourrait aussi lire yootvt^*,»?. — 
Mais par contre, celle de Jij««^;^A.io [^-a-o 7, v>^v>x> 1 1 ; 
cf. «^^f 3.] qui se rencontre ici, je crois, pour la pre- 
mière fois, est absolument certaine. Il en est de même 
de Jlj;.*^ [cî^ 2, etc.]; cette leçon est constante dans 
le ms. , et c'est par inadvertance qu'il m'est arrivé une 
fois ou deux d'imprimer fw^^b^. 

Le texte biblique auquel le passage de notre auteur 
w^AuD 17-18, fait allusion (Is., xxix, ili; cf. I Cor., 1, 



19) porte hion Ii^ojijco rr sa[jesr; mais dans notre ms., 
par suite de la trans|)osilion <lu o (voir les exemples 
cites plus haut), on lil JljldsJLcD, forme qui, si elle était 
admise, signifierait plutôt rr insensés -n. 

J'ai traduit le verbe w-n-, dont l'usage est assez fré- 
quent chez notre auteur [<^r^ 6, oi-i y, JLd^ 10, etc.], 
par ff rassembler. -n Le plus souvent j'aurais pu lui con- 
server le sens cr d'être opprimé t^, mais dans un passage 
[v:^? 7] il ne paraît pas susceptible d'un sens autre que 
celui de (r réunir, rassembler t), sens qui s'adapte bien à 
tous les cas de son emploi. Ce sens explique d'ailleurs la 
formation du mot |u-^ cr troupeau ti. 

Le mot JLs^âo qui sert à désigner les empereurs aussi 
bien que les khalifes, a été littéralement traduit par 
ff roii?, mais le lecteur ne saurait se méprendre sur les 
divers sens qu'il convient de donner à ce mot, selon 
le cas. 

Je rappellerai enfin que, pour l'intelligence d'un cer- 
tain nombre de passages, il faut se souvenir que Denys 
se sert du mot JLL^ pour désigner les Omiades et leurs 
partisans, par opposition à JLxd*^ qui désigne les Abbas- 
sides. 

Nous n'avons point la prétention de croire que notre 
travail soit exempt de tout re|)roche; mais, en raison 
même des dillicultés que nous avons exposées plus haut, 
nous pensons pouvoir compter sur la bienveillance de 
nos lecteurs |)our excuser les faiites qui ont pu échapper 
à notre attention. 

J.-H. (llUHOT. 



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5 ^ .6, 2 ji» .i3 o» .i5, i3 
16 o««A -13 «mS .5 «xo .17, 12, 8 

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38, 19 jL::v> .)^wo :<i5'ȉo 

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l5 jE^A .2''l, 28 CuStXD .7, ^t , 2 OA 

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10 ig^ao .18 ^^^ .9 <^«AA ."^Uj; 

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17, t/i, l'J (uo .ao «io .8 v^» .1 



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17 •» .?! 3 la ,17 «M^ . 1 A s^. 

1 1 Q.^ .1 wnO .do, 18 ,1/1 Aâ 
JLrus .31,8^ .18, 17, 16 .^-o 
jLsuo .9 «,00 .19, 18, 8 olOO .5 
mS^jd .16, i5, 8, 3 ,^.Aia .17, 16 
8, I s^ao .ai, 7, a »-fc>QO .ao 
a a «^.lo . ■) 1 «Mïoid .16. 11, 1 •.'uid 
ai^i ,^) .3 KiD .6 A^A .f) v^o 



1 5 ^ééso .11, 9 JLo . w^^^S : k*^a<»^ 

11, 6 J^ .i5 s^ ,20, i5 Aa> 
16, 8. 6 ^ .21 ^aô .8 .g^ .i3 
1 1 ij&is .i3 \ji .20 ^ .19, 16 
21, 12 uo .17, 8 s^ .if), i5 
1 6 jL^o M ois . 1 4 , 11. 5 cha 

23 9 .JLa;âooi :««^a*^ 

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20, 19 )L .3 » .21 ^ .i3, 11 ««. 
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22 Otto .2 v^^ .19, 18 02^ .12 

21 M*0 .16, 1 0.fi» .3 QJ .23 0(J 

2 3, 21, 16 J^ .17 s^ .7 >8^ 

11, 10 fA .18 *a .2 JL^ .11 qV 

18 jLfiOO .17 «2^J0 .iG, 16 

1 G w*«ao .6 o»v .11,3 t;^ . JLo*7o) 

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j ^ «iv^ ^ oLa-:> a2^a^ :)Ll:>«.^ o^a^^a^o alâb^jo o«.^^|o 
*.ou^o |«.c^auQOo JLuDOJ C^L|; ^^"^ ^^ :w»oC^^ >^o» aH i V>»v> 
JL— >;, VI ^ |J^ n > ^ jfco iJ^J^^ittio â| )L»^ Loo»? <^ig^ Ul 






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Fol. i']fi i 



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4 fVAte i*^^? IlotOiiKld ido(0 



15 

[Il manque ici un ou plusieurs feuillets dans le manuscrit.^ 

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)oo« |ôcA -.^L o^ )oot ^If uui) ^^^ '«oô^ )J^^<^2^^ ig^>â-*t 



«~o :^j.^o ;.^>^« ^CH^ .m^^ oo«o '.^J^ot |J^.^»2^v ^JL:»«jO 

5 ^j^to»-co ^--►Vl ^o-â ^"^^f '.JLiof) «J^J-2^ 0):^a>i^ |J^^-.io ô) 

J^-^^Jî^iol) Duo ^)>^•;^ .^Jii^ll JL-«iiK? .llio -"^ ^i-udU 

.o;xdL|o |)l^o9 h<y> ^ '. |«»m^| o«^ «▲^jl^J^^.jl %oo^ .JL^^jd^ 

.0 r>»s. \ n .>oC:>» |:3;.jLfo '.o;.£d|L| |w«â|Js^ ow^j^sJL|9 

10 L;^9 ôi;^L ^^s^ |\i^^ ;.^;.^L| «^oja^A. *.L;.^| )lio^^.^bo 

IwiD .|^sxj:>9o JLa^99o |..^^d^99o |Na39 JL^o^f ^'^l^ .wC^û:^ 

000^9 JL^fj JL^j 3| llb otJ^^^ . JLcLcDf I j ^ SS> o 

1o ^^^ . |J^ 0..^.>*9 JL^H ^ v»V>V ^L;.39 0«^b\^ ^iD |o« .J^i^ 

J^ n^»-jo JU9 ^^&^ .s^*^| IcH^Lo Iw^a^L) w.va^ L;^9 ô^w^L 
ô«;.3L ^^i^ JLCl^^oo |v>v> . l^ J^*,'\^o :|bâ2o99 JL^g^v» ^l>vo 

^^^!g^ :)L^9jL3 Q i iiV llox^^^oo Uo |;.AaA3 .yOo»J^an^^ 
•>Q^«^ U JuiV>S>o :a.aâ^ IJ^^A.^^2^ |J^Jà^^ ^f 



K'^^J^JD ''^.:^-* ♦.-^iolo .)Lo*, l^a^^^ «^lo •.^S«o;9>i»v^? |i^iJL:> 
w3oLo Ul ^t^ — * — ^ JL^;*-ioJ o»JL^o? jBo U ^CH^û ^J:^ch^o 
(1 ^ I ^ Ul : CH..,^^-:^A. ^ ^^ U ocM d^ )oi^ .Uo^ o««^| 

;|K ft > -» ^^^ 1^ • . -> o L^— U ,J:bi^ 3lî U^-l .|JL^ 5 

•>|Lo;w^a3 ^J^b&w o««-»l! JLoL JL;.^ ^^xDo|o 

[// manque ici un ou 'plusieurs fp.wUetu dans Je manuscnl.\ 



Fol 



^M^3o»^ u «...â .>^*|w<»^-^o k^\ *m£^ ^o^ ooo« ^i nriMV^o 
Jl rf>ov> I ^ ou»l^^ Jl^o ^1 *.uiLj|9 ot;.fia3 ^^«;.^ JLau^-^ ooo« 
;■ SN. I^fo I ;, Vv JL^Io i^]i |w3 ^ w:^ oto^Lw? '«JLsL^f 10 
^oO^o ooo« ^''^^'^ Jj^oJL^ ^J^ot 3| *>o«9^ JLi*! W3 o| JL*| 
JL^9)^ jbuA, ^1 ^o^aJLiL9 :^^w»|a^ JL.2U w^^ ^1 .|la^wi*9 
.•jLoyo >.% ^J^.2L^ «.^^lih^ «JL^^It JLio^f JL^JlJ «^1 ^ota^jijo 
^^^ JL^fot ♦ o>.„» ooxp 90^0 ot«.A.o Of^jLÔ «A». a o^N. «*lLo 

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<*ooot ^^>a*'>.i9 ^J^ot I9LI 0^x390;^ lo«? |J^M»09 ^^&k.O 

^ é c» "^ ^ ;.— à^j ^^8^ «l?^ )>^*iA3 '.©^ w»o«? ^Jïb»*! 



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Fol. 171 



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